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Histoire des Guérin - 11 - Les grands Maîtres

(rédaction 22.5.92)





11. LES GRANDS MAÎTRES





Aucune autre famille ne peut avancer un tel nombre de Grands Maîtres dans les deux ordres de moines soldats stationnés en Terre Sainte. On en dénombre trois chez les Hospitaliers et un chez les Templiers. Les armoiries de trois d'entre eux ont l'honneur de figurer à la Salle des Croisades du Château de Versailles. D'autre part trois Guérin de Montaigu dirigèrent à eux seuls la Cinquième Croisade, dite «du roi de Hongrie» , sans doute parce qu'il n'y parut que le temps de se faire valoir. C'est pourquoi il est préférable de raconter cette quatrième Croisade qui fut dirigée par trois tenant de notre nom.

-

La Croisade avait commencé par une réunion d’État-major tenue à Saint-Jean d'Acre en 1217, à laquelle participaient Guérin de Montaigu, quatorzième grand maître des Hospitaliers, Eustorge de Montaigu, archevêque de Nicosie et Guillaume de Chartres, grand maître du Temple qui, on le verra plus tard, sera remplacé par Pierre Guérin de Montaigu à la tête des Templiers.
La Croisade débarqua devant Damiette le 29 mai 1218 dont elle s'empara le 5 novembre 1219 après un siège de dix huit mois. Mais les croisés italiens, au cours même des combats contre les musulmans, réussirent à chasser les Français de Damiette le 21 décembre, avant que les Hospitaliers et les Templiers, pour une fois d'accord, reprennent la ville le 6 janvier 1220. Enfin sagement réconciliés, les ennemis d'hier défilèrent ensemble le 2 février, toutes bannières déployées devant la population arabe dont on devine les sentiments.
Triste événement que beaucoup d'auteurs passent pudiquement sous silence. Il ne manquait plus que la crue du Nil. Elle se produisit en plein été. L'armée dut capituler le 30 août, soulagée de pouvoir se retirer alors que le sultan avait précédemment offert Jérusalem en échange de leur départ. Cet échec était du une fois de plus à l'absence d'organisation des Latins, aux querelles de préséance des barons et à la stupidité de certains chefs. Le plus néfaste avait été sans conteste le légat du pape, prétentieux, hautain, obtus et parfaitement incapable.





GUÉRIN DE MONTAIGU
? - 1227
Quatorzième Grand Maître des Hospitaliers


On ignore son prénom, bien que certains le nomment Pierre comme son homonyme et contemporain, Grand Maître des Templiers que nous verrons plus loin. Par contre, on connaît ses armoiries. Il portait «de gueules à la tour crénelée d’or et maçonnée de sable» . Elles sont exposées à la salle des Croisades du Château de Versailles .
Élu Grand Maître en 1207, il avait porté secours au roi d'Arménie Cilicienne Léon II et ensemble, avaient vaincu les Turcs, ce qui était dans l'ordre des choses. Ce qui l'était beaucoup moins est qu'ils avaient également vaincu le comte de Tripoli Bohémond IV et ses alliés les Templiers.
Par le traité du 22 mai 1207, le roi d'Arménie, voulant s'attacher les Hospitaliers, leur avait cédé par avance la ville de Jabala (Gibel), puis en septembre 1210 la ville de Salepf avec les deux forteresses de Châteauneuf et de Camard . L'Ordre se trouvait ainsi en pleine Cilicie, mais beaucoup trop loin de ses bases habituelles, si bien que Constantin, régent d'Arménie racheta Selefke en 1226 à l'Hôpital.

-

Des négociations eurent lieu en septembre 1210 avec le sultan de Damas afin de transformer en traité de paix la trêve qui avait été conclue auparavant. Jean d'Ibelin, Guérin de Montaigu et Hermann de Bardt étaient d'avis d'accepter les offres du sultan. C'était compter sans la continuelle animosité entre les deux Ordres des Hospitaliers et des Templiers. Il suffisait que l'un d'eux émettre un avis pour que l'autre prenne le parti contraire. Philippe de Plessiez fit échouer les négociations. C'était à nouveau la guerre et le sultan de Damas vint assiéger Saint-Jean d'Acre. Guérin contribua à le repousser et rétablit le château de Césarée qui était tombé en ruines.

-

Il contribua avec ses deux homonymes à la malheureuse campagne d’Égypte de 1219-1221 qui se termina si mal à Damiette. Cette guerre une fois terminée, il fut appelé en Occident par le pape Honorius III, accompagné de Jean de Brienne , de Raoul, patriarche de Jérusalem et de Guillaume Cadel, précepteur du Temple, dans l'espoir d'obtenir des secours de l'Europe. Il débarquait à Brindisi en fin octobre 1222 et assistait à l'assemblée de Fiorentino près de Rome. Le pape y avait réuni l'Empereur Frédéric II et Hermann von Salza pour essayer une fois de plus de résoudre les affaires de Terre Sainte.
Ils visitèrent les cours de France, d'Angleterre et d'Espagne dont ils reçurent de belles paroles à défaut de secours substantiels C'est au cours de ce séjour qu'il entra en relations avec la reine Ingeborg de Danemark, veuve de Philippe-Auguste. Elle avait institué une messe anniversaire au prieuré de Saint-Jean des Hospitaliers en mémoire de la mort du roi. Frère Guérin, en qualité de Grand Maître des Hospitaliers, agréa la fondation et promit d'envoyer douze prêtres et un prieur.

-

Il retrouva la Palestine dans l'anarchie. Le comte de Tripoli s'était emparé d'un château de l'Ordre et avait fait écorcher un chevalier et poignarder un autre. Guérin et ses Hospitaliers envahirent alors ses terres pour en obtenir réparation.
En 1228, Guérin conseilla au pape de rompre la trêve conclue auparavant avec les musulmans, mais refusa de se joindre à Frédéric de Hohenstaufen lorsqu'il débarqua en Palestine. Seule l'intervention du pape réussit à adoucir leur opposition.
Le Grand Maître Guérin mourut en Palestine en 1230. Un autre Guérin lui succèdera trois ans plus tard dans son magistère.

BIBLIOGRAPHIE: Schlumberger dans «revue archéologique» 1876 B.XXXII p. 237-238


PIERRE GUÉRIN DE MONTAIGU
1169 - 1232
Grand Maître des Templiers


D'origine auvergnate, il serait né vers 1168 au château de Montaigu en Combrailles (Allier). Il est même le personnage le plus ancien de ce lignage dont on connaisse à la fois le prénom Pierre associé au nom de famille Guérin. Il avait été successivement Grand Prieur du Temple en Auvergne, Maître en Espagne, puis grand Prieur en Provence avant d'obtenir une haute charge en Terre Sainte.
Il participa à l'assemblée de 1217 à Saint-Jean d'Acre avec ses homonymes et peut être cousins, le Grand Maître des Hospitaliers et l'archevêque de Nicosie. Il prit part à la première campagne de 1217 en Palestine qui se termina en échec, faute de préparation suffisante. Le seul avantage pour le Temple avait été la construction du commencé en février 1218. Cette forteresse sera le dernier îlot de résistance des Croisés en 1291 après la perte définitive de Saint-Jean d'Acre.

-

Il participa activement au siège de Damiette entre mai 1218 et novembre 1219. Les Templiers construisirent des «maremmes», ou catamarans d'attaque portant une grande plate-forme avec plusieurs tours et une ceinture de créneaux, quelque chose comme l'ancêtre du cuirassé. Le grand maître du Temple étant mort le 26 août 1219, l'Ordre, réuni en assemblée élurent Pierre Guérin de Montaigu pour lui succéder. Cette nomination répondait au fait qu'un autre Guérin de Montaigu était à la tête de l'ordre rival des Hospitaliers et qu'un troisième, archevêque de Nicosie, dirigeait l'armée franque. Il est permis de penser que ce choix ait été voulu pour apaiser l'hostilité permanente entre Templiers et Hospitaliers, car elle semble s'être notablement réduite au cours de la présence de nos deux personnages à la tête des deux ordres.
Par malchance, la Croisade était dirigée par un légat du pape parfaitement incapable, et comme tous les incompétents, jaloux de ses prérogatives. Pierre Guérin, qui connaissait beaucoup plus que lui les données de la politique et de la stratégie, n'avait pas réussi à imposer ses opinions. Il s'en expliquera dans ses .

-

Le 7 septembre 1228, Pierre Guérin accueillait l'empereur Frédéric de Hohenstaufen à Saint-Jean d'Acre. Cet empereur, croisé mais excommunié, à peu près athée, anticlérical et islamophile, fut aussi mal reçu par les Templiers que par le reste des habitants de Terre Sainte. Lorsque Frédéric se dirigea vers Jaffa avec une faible troupe de chevaliers, accompagné des Chevaliers Teutoniques, craignant que l'empereur ne soit l'objet d'une attaque par surprise, Guérin de Montaigu et ses Templiers, Bertrand de Thessy avec ses Hospitaliers, suivirent les impériaux à faible distance afin de les protéger en cas de besoin.

-

Pierre Guérin de Montaigu assista avec l'étonnement que l'on devine au traité du 18 février 1229 entre Frédéric et le Sultan, par lequel ce dernier lui cédait Jérusalem, Bethlehem et Nazareth. Par contre, Frédéric, qui s'estimait également empereur en Palestine, avait forme le projet de s'emparer par surprise de Jean d'Ibelin et de notre Pierre Guérin, ses deux principaux opposants, et de les déporter dans les Pouilles. Prévenus à temps, ils se firent bien garder et Frédéric n'osa pas poursuivre son plan, bien qu'il ait tenté de s'emparer de Château-Pélerin, la forteresse des Templiers.
On assista alors à un spectacle qui aurait pu être comique en d'autres circonstances. En butte à la révolte des barons et à la population de Terre Sainte, Frédéric fit quand même la paix avec ses adversaires et rembarquait le 1 mai 1229 pour l'Occident, injurié à son passage par les bouchers de Saint-Jean d'Acre qui jetèrent sur lui des tripes puantes.

Pierre mourut en 1232 à une date inconnue, et fut remplacé à la tête de l'ordre par Armand de Périgord. Il nous a laissé une relation de la campagne d’Égypte. Rédigée avec le souci du détail militaire, elle révèle les intentions et les plans des participants. Elle met en cause la stupidité du légat du pape qui conduisit la Croisade à sa perte. Mais dans cette critique Pierre avait parfaitement raison.

BIBLIOGRAPHIE: René Grousset: «Histoire des croisades» 1936





EUSTORGE GUÉRIN DE MONTAIGU
Archevêque de Nicosie


Comme ses homonymes, originaire de la famille auvergnate de Montaigu, il fut nommé archevêque de Nicosie à Chypre en 1217. Dès cette même année, il participait aux deux conseils de guerre de 1217 et 1218 et prit part à la Cinquième Croisade, dite du roi de Hongrie.
De retour à Chypre, il se plut à construire des églises dans le style desquelles il introduisit et mit à la mode le nouvel art gothique.

-

En 1225, il couronna le jeune roi de Chypre, Henri I de Lusignan. Il assista au séjour de l'empereur d'Allemagne Frédéric de Hohenstaufen pendant l'été 1228 au cours duquel ce dernier s'était en fait emparé des leviers de commande du pays. Il y avait laissé des garnisons allemandes et rallié des en partant pour la Palestine. Les Chypriotes profitèrent de son absence pour se soulever contre l'occupant et réussirent non sans peine à vaincre à la fois l'armée de Frédéric et ses collaborateurs lors de l'affrontement décisif du 14 juillet 1229. Eustorge perdit son neveu Gerold lors de cette libération.
Il se trouvait également sur les plages en janvier 1230 lorsque l'armée chypriote empêcha le débarquement d'un commando allemand qui cherchait à replacer Chypre sous la domination impériale.

-

Eustorge répondit une fois encore à l'appel de la Croisade lorsque Saint-Louis le chargea de constituer une base de ravitaillement à Chypre. Il fit si bien les choses que la croisade y resta tout un hiver au cours duquel les Égyptiens eurent tout le temps de se préparer à la résistance.
Eustorge embarqua avec Saint-Louis le 13 mai 1249 pour Damiette, qui fut toujours fatale aux Latins. Fait prisonnier le 6 avril 1250 avec toute l'armée, il mourut à Damiette le 28 avril 1250.

BIBLIOGRAPHIE: Enlart: «l’art gothique et la renaissance en Chypre» T.I - Mas Latrie:«Évêques de Chypre» dans Archives de l'Orient Latin» II p.214-229 - Gaston Paris: «Mémoires de ¨Philippe de Novare» dans Revue de l'Orient Latin 1902 p.167.


GUÉRIN
Seizième Grand Maître des Hospitaliers
? - 1236


Il fut élu Grand Maître des Hospitaliers en mai 1230 à la mort de son prédécesseur Bertrand de Taxis. On ignore son origine, mais on connaît ses armoiries. Il portait «d’argent à l’aigle bicéphale éployée de sable». Elles figurent à la Salle des Croisades du Château de Versailles.

Dès son avènement, il était confronté avec Bohémond IV d'Antioche. Les Hospitaliers avaient autrefois soutenu contre lui Raymond Roupen, un prétendant d'origine arménienne, et avaient réussi à le mettre sur le trône. En signe de reconnaissance, celui ci leur avait donné plusieurs forteresses.
Le sort toujours contrariant avait voulu que Bohémond parvienne à recouvrer son trône en 1219 et à titre de représailles, mette la main sur tous les biens de l'Ordre qui se trouvaient sur ses terres. Le conflit durait depuis plus de dix ans. Les Hospitaliers faisaient la guerre à Bohémond et à ses alliés les Templiers. Ce fut une chance que les belligérants soient enfin las de ces conflits qui affaiblissaient la Chrétienté contre l'adversaire commun. Le patriarche Gérold de Lausanne profita de leurs bonnes dispositions pour les réconcilier le 27 octobre 1231.

-

On sait que l'empereur d'Allemagne avait tenté un coup de force contre Chypre comme on l'a vu plus haut. Les Francs de Palestine avaient envoyé à Chypre une armée de secours. Elle y était encore si bien que la Terre Sainte se trouvait momentanément dégarnie de troupes. Les Allemands en profitèrent pour s'emparer de la cité de Beyrouth en 1231, la citadelle continuant à leur résister. L'armée chypriote étant alors disponible, elle débarqua à son tour en Palestine et permit enfin la victoire contre l'empereur

Entre-temps le pape Grégoire IX, s'était réconcilié avec l'Empereur, estimant qu'il avait probablement abusé du goupillon en excommuniant un croisé, même s'il pouvait lui reprocher son manque de conformisme personnel, religieux et politique et son caractère par trop déroutant. Les deux grands Maîtres, Guérin, celui de l'Hôpital et Armand de Périgord, celui du Temple, heureusement du même avis, penchaient maintenant du coté de Frédéric II. Ils allèrent à Beyrouth le rencontrer, accompagnés du bayle de Venise et des consuls de Pise et de Gênes afin de proposer un accommodement.
Faute d'accord, les combats reprirent, même si Entre-temps les alliances se soient profondément modifiées. Le sort donna la victoire aux Francs de Palestine et l'Empereur se dirigea à nouveau vers Chypre. J'espère que le lecteur se retrouvera dans cette guerres entre Chrétiens, qui se traduisit par des voyages maritimes successifs. Pour la suite des événements, qu'il voie la paragraphe qui concerne Eustorge.

-

La lutte pouvait reprendre contre les musulmans. Bohémond IV le borgne était mort en mars 1223, et les relations s'étaient adoucies avec son fils Bohémond V . On se souvint alors que le malik de Damas ne s'était pas acquitté du tribut qu'il s'était engagé à verser aux Hospitaliers.
Guérin mit sur pied en octobre 1223 une armée qui se rassembla dans la plaine de la Beka au sud du krak des Chevaliers. Elle comprenait cent chevaliers, quatre cents sergents à cheval et quinze cent hommes de pied. Armand de Périgord et trente Templiers de la principauté d'Antioche se joignirent à lui avec quatre vingt chevaliers de Jérusalem et cent chevaliers de Chypre. La campagne dura une dizaine de jours et n'eut pratiquement aucun résultat, l'ennemi s'étant retiré sans combattre. C'était déplacer beaucoup de monde pour le service de recouvrement des impayés.



On ignore aussi bien la date que les conditions de sa mort. La dernière mention qui le concerne date de mai 1236.

BIBLIOGRAPHIE: Delaville & Le Roulx: «Hospitaliers» p.167-168 - René Grousset: «Histoire des croisades» 1936 -




FIN DE CHAPITRE


(rédaction 22.5.92)





11. LES GRANDS MAÎTRES





Aucune autre famille ne peut avancer un tel nombre de Grands Maîtres dans les deux ordres de moines soldats stationnés en Terre Sainte. On en dénombre trois chez les Hospitaliers et un chez les Templiers. Les armoiries de trois d'entre eux ont l'honneur de figurer à la Salle des Croisades du Château de Versailles. D'autre part trois Guérin de Montaigu dirigèrent à eux seuls la Cinquième Croisade, dite «du roi de Hongrie» , sans doute parce qu'il n'y parut que le temps de se faire valoir. C'est pourquoi il est préférable de raconter cette quatrième Croisade qui fut dirigée par trois tenant de notre nom.

-

La Croisade avait commencé par une réunion d’État-major tenue à Saint-Jean d'Acre en 1217, à laquelle participaient Guérin de Montaigu, quatorzième grand maître des Hospitaliers, Eustorge de Montaigu, archevêque de Nicosie et Guillaume de Chartres, grand maître du Temple qui, on le verra plus tard, sera remplacé par Pierre Guérin de Montaigu à la tête des Templiers.
La Croisade débarqua devant Damiette le 29 mai 1218 dont elle s'empara le 5 novembre 1219 après un siège de dix huit mois. Mais les croisés italiens, au cours même des combats contre les musulmans, réussirent à chasser les Français de Damiette le 21 décembre, avant que les Hospitaliers et les Templiers, pour une fois d'accord, reprennent la ville le 6 janvier 1220. Enfin sagement réconciliés, les ennemis d'hier défilèrent ensemble le 2 février, toutes bannières déployées devant la population arabe dont on devine les sentiments.
Triste événement que beaucoup d'auteurs passent pudiquement sous silence. Il ne manquait plus que la crue du Nil. Elle se produisit en plein été. L'armée dut capituler le 30 août, soulagée de pouvoir se retirer alors que le sultan avait précédemment offert Jérusalem en échange de leur départ. Cet échec était du une fois de plus à l'absence d'organisation des Latins, aux querelles de préséance des barons et à la stupidité de certains chefs. Le plus néfaste avait été sans conteste le légat du pape, prétentieux, hautain, obtus et parfaitement incapable.





GUÉRIN DE MONTAIGU
? - 1227
Quatorzième Grand Maître des Hospitaliers


On ignore son prénom, bien que certains le nomment Pierre comme son homonyme et contemporain, Grand Maître des Templiers que nous verrons plus loin. Par contre, on connaît ses armoiries. Il portait «de gueules à la tour crénelée d’or et maçonnée de sable» . Elles sont exposées à la salle des Croisades du Château de Versailles .
Élu Grand Maître en 1207, il avait porté secours au roi d'Arménie Cilicienne Léon II et ensemble, avaient vaincu les Turcs, ce qui était dans l'ordre des choses. Ce qui l'était beaucoup moins est qu'ils avaient également vaincu le comte de Tripoli Bohémond IV et ses alliés les Templiers.
Par le traité du 22 mai 1207, le roi d'Arménie, voulant s'attacher les Hospitaliers, leur avait cédé par avance la ville de Jabala (Gibel), puis en septembre 1210 la ville de Salepf avec les deux forteresses de Châteauneuf et de Camard . L'Ordre se trouvait ainsi en pleine Cilicie, mais beaucoup trop loin de ses bases habituelles, si bien que Constantin, régent d'Arménie racheta Selefke en 1226 à l'Hôpital.

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Des négociations eurent lieu en septembre 1210 avec le sultan de Damas afin de transformer en traité de paix la trêve qui avait été conclue auparavant. Jean d'Ibelin, Guérin de Montaigu et Hermann de Bardt étaient d'avis d'accepter les offres du sultan. C'était compter sans la continuelle animosité entre les deux Ordres des Hospitaliers et des Templiers. Il suffisait que l'un d'eux émettre un avis pour que l'autre prenne le parti contraire. Philippe de Plessiez fit échouer les négociations. C'était à nouveau la guerre et le sultan de Damas vint assiéger Saint-Jean d'Acre. Guérin contribua à le repousser et rétablit le château de Césarée qui était tombé en ruines.

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Il contribua avec ses deux homonymes à la malheureuse campagne d’Égypte de 1219-1221 qui se termina si mal à Damiette. Cette guerre une fois terminée, il fut appelé en Occident par le pape Honorius III, accompagné de Jean de Brienne , de Raoul, patriarche de Jérusalem et de Guillaume Cadel, précepteur du Temple, dans l'espoir d'obtenir des secours de l'Europe. Il débarquait à Brindisi en fin octobre 1222 et assistait à l'assemblée de Fiorentino près de Rome. Le pape y avait réuni l'Empereur Frédéric II et Hermann von Salza pour essayer une fois de plus de résoudre les affaires de Terre Sainte.
Ils visitèrent les cours de France, d'Angleterre et d'Espagne dont ils reçurent de belles paroles à défaut de secours substantiels C'est au cours de ce séjour qu'il entra en relations avec la reine Ingeborg de Danemark, veuve de Philippe-Auguste. Elle avait institué une messe anniversaire au prieuré de Saint-Jean des Hospitaliers en mémoire de la mort du roi. Frère Guérin, en qualité de Grand Maître des Hospitaliers, agréa la fondation et promit d'envoyer douze prêtres et un prieur.

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Il retrouva la Palestine dans l'anarchie. Le comte de Tripoli s'était emparé d'un château de l'Ordre et avait fait écorcher un chevalier et poignarder un autre. Guérin et ses Hospitaliers envahirent alors ses terres pour en obtenir réparation.
En 1228, Guérin conseilla au pape de rompre la trêve conclue auparavant avec les musulmans, mais refusa de se joindre à Frédéric de Hohenstaufen lorsqu'il débarqua en Palestine. Seule l'intervention du pape réussit à adoucir leur opposition.
Le Grand Maître Guérin mourut en Palestine en 1230. Un autre Guérin lui succèdera trois ans plus tard dans son magistère.

BIBLIOGRAPHIE: Schlumberger dans «revue archéologique» 1876 B.XXXII p. 237-238


PIERRE GUÉRIN DE MONTAIGU
1169 - 1232
Grand Maître des Templiers


D'origine auvergnate, il serait né vers 1168 au château de Montaigu en Combrailles (Allier). Il est même le personnage le plus ancien de ce lignage dont on connaisse à la fois le prénom Pierre associé au nom de famille Guérin. Il avait été successivement Grand Prieur du Temple en Auvergne, Maître en Espagne, puis grand Prieur en Provence avant d'obtenir une haute charge en Terre Sainte.
Il participa à l'assemblée de 1217 à Saint-Jean d'Acre avec ses homonymes et peut être cousins, le Grand Maître des Hospitaliers et l'archevêque de Nicosie. Il prit part à la première campagne de 1217 en Palestine qui se termina en échec, faute de préparation suffisante. Le seul avantage pour le Temple avait été la construction du commencé en février 1218. Cette forteresse sera le dernier îlot de résistance des Croisés en 1291 après la perte définitive de Saint-Jean d'Acre.

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Il participa activement au siège de Damiette entre mai 1218 et novembre 1219. Les Templiers construisirent des «maremmes», ou catamarans d'attaque portant une grande plate-forme avec plusieurs tours et une ceinture de créneaux, quelque chose comme l'ancêtre du cuirassé. Le grand maître du Temple étant mort le 26 août 1219, l'Ordre, réuni en assemblée élurent Pierre Guérin de Montaigu pour lui succéder. Cette nomination répondait au fait qu'un autre Guérin de Montaigu était à la tête de l'ordre rival des Hospitaliers et qu'un troisième, archevêque de Nicosie, dirigeait l'armée franque. Il est permis de penser que ce choix ait été voulu pour apaiser l'hostilité permanente entre Templiers et Hospitaliers, car elle semble s'être notablement réduite au cours de la présence de nos deux personnages à la tête des deux ordres.
Par malchance, la Croisade était dirigée par un légat du pape parfaitement incapable, et comme tous les incompétents, jaloux de ses prérogatives. Pierre Guérin, qui connaissait beaucoup plus que lui les données de la politique et de la stratégie, n'avait pas réussi à imposer ses opinions. Il s'en expliquera dans ses .

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Le 7 septembre 1228, Pierre Guérin accueillait l'empereur Frédéric de Hohenstaufen à Saint-Jean d'Acre. Cet empereur, croisé mais excommunié, à peu près athée, anticlérical et islamophile, fut aussi mal reçu par les Templiers que par le reste des habitants de Terre Sainte. Lorsque Frédéric se dirigea vers Jaffa avec une faible troupe de chevaliers, accompagné des Chevaliers Teutoniques, craignant que l'empereur ne soit l'objet d'une attaque par surprise, Guérin de Montaigu et ses Templiers, Bertrand de Thessy avec ses Hospitaliers, suivirent les impériaux à faible distance afin de les protéger en cas de besoin.

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Pierre Guérin de Montaigu assista avec l'étonnement que l'on devine au traité du 18 février 1229 entre Frédéric et le Sultan, par lequel ce dernier lui cédait Jérusalem, Bethlehem et Nazareth. Par contre, Frédéric, qui s'estimait également empereur en Palestine, avait forme le projet de s'emparer par surprise de Jean d'Ibelin et de notre Pierre Guérin, ses deux principaux opposants, et de les déporter dans les Pouilles. Prévenus à temps, ils se firent bien garder et Frédéric n'osa pas poursuivre son plan, bien qu'il ait tenté de s'emparer de Château-Pélerin, la forteresse des Templiers.
On assista alors à un spectacle qui aurait pu être comique en d'autres circonstances. En butte à la révolte des barons et à la population de Terre Sainte, Frédéric fit quand même la paix avec ses adversaires et rembarquait le 1 mai 1229 pour l'Occident, injurié à son passage par les bouchers de Saint-Jean d'Acre qui jetèrent sur lui des tripes puantes.

Pierre mourut en 1232 à une date inconnue, et fut remplacé à la tête de l'ordre par Armand de Périgord. Il nous a laissé une relation de la campagne d’Égypte. Rédigée avec le souci du détail militaire, elle révèle les intentions et les plans des participants. Elle met en cause la stupidité du légat du pape qui conduisit la Croisade à sa perte. Mais dans cette critique Pierre avait parfaitement raison.

BIBLIOGRAPHIE: René Grousset: «Histoire des croisades» 1936





EUSTORGE GUÉRIN DE MONTAIGU
Archevêque de Nicosie


Comme ses homonymes, originaire de la famille auvergnate de Montaigu, il fut nommé archevêque de Nicosie à Chypre en 1217. Dès cette même année, il participait aux deux conseils de guerre de 1217 et 1218 et prit part à la Cinquième Croisade, dite du roi de Hongrie.
De retour à Chypre, il se plut à construire des églises dans le style desquelles il introduisit et mit à la mode le nouvel art gothique.

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En 1225, il couronna le jeune roi de Chypre, Henri I de Lusignan. Il assista au séjour de l'empereur d'Allemagne Frédéric de Hohenstaufen pendant l'été 1228 au cours duquel ce dernier s'était en fait emparé des leviers de commande du pays. Il y avait laissé des garnisons allemandes et rallié des en partant pour la Palestine. Les Chypriotes profitèrent de son absence pour se soulever contre l'occupant et réussirent non sans peine à vaincre à la fois l'armée de Frédéric et ses collaborateurs lors de l'affrontement décisif du 14 juillet 1229. Eustorge perdit son neveu Gerold lors de cette libération.
Il se trouvait également sur les plages en janvier 1230 lorsque l'armée chypriote empêcha le débarquement d'un commando allemand qui cherchait à replacer Chypre sous la domination impériale.

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Eustorge répondit une fois encore à l'appel de la Croisade lorsque Saint-Louis le chargea de constituer une base de ravitaillement à Chypre. Il fit si bien les choses que la croisade y resta tout un hiver au cours duquel les Égyptiens eurent tout le temps de se préparer à la résistance.
Eustorge embarqua avec Saint-Louis le 13 mai 1249 pour Damiette, qui fut toujours fatale aux Latins. Fait prisonnier le 6 avril 1250 avec toute l'armée, il mourut à Damiette le 28 avril 1250.

BIBLIOGRAPHIE: Enlart: «l’art gothique et la renaissance en Chypre» T.I - Mas Latrie:«Évêques de Chypre» dans Archives de l'Orient Latin» II p.214-229 - Gaston Paris: «Mémoires de ¨Philippe de Novare» dans Revue de l'Orient Latin 1902 p.167.


GUÉRIN
Seizième Grand Maître des Hospitaliers
? - 1236


Il fut élu Grand Maître des Hospitaliers en mai 1230 à la mort de son prédécesseur Bertrand de Taxis. On ignore son origine, mais on connaît ses armoiries. Il portait «d’argent à l’aigle bicéphale éployée de sable». Elles figurent à la Salle des Croisades du Château de Versailles.

Dès son avènement, il était confronté avec Bohémond IV d'Antioche. Les Hospitaliers avaient autrefois soutenu contre lui Raymond Roupen, un prétendant d'origine arménienne, et avaient réussi à le mettre sur le trône. En signe de reconnaissance, celui ci leur avait donné plusieurs forteresses.
Le sort toujours contrariant avait voulu que Bohémond parvienne à recouvrer son trône en 1219 et à titre de représailles, mette la main sur tous les biens de l'Ordre qui se trouvaient sur ses terres. Le conflit durait depuis plus de dix ans. Les Hospitaliers faisaient la guerre à Bohémond et à ses alliés les Templiers. Ce fut une chance que les belligérants soient enfin las de ces conflits qui affaiblissaient la Chrétienté contre l'adversaire commun. Le patriarche Gérold de Lausanne profita de leurs bonnes dispositions pour les réconcilier le 27 octobre 1231.

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On sait que l'empereur d'Allemagne avait tenté un coup de force contre Chypre comme on l'a vu plus haut. Les Francs de Palestine avaient envoyé à Chypre une armée de secours. Elle y était encore si bien que la Terre Sainte se trouvait momentanément dégarnie de troupes. Les Allemands en profitèrent pour s'emparer de la cité de Beyrouth en 1231, la citadelle continuant à leur résister. L'armée chypriote étant alors disponible, elle débarqua à son tour en Palestine et permit enfin la victoire contre l'empereur

Entre-temps le pape Grégoire IX, s'était réconcilié avec l'Empereur, estimant qu'il avait probablement abusé du goupillon en excommuniant un croisé, même s'il pouvait lui reprocher son manque de conformisme personnel, religieux et politique et son caractère par trop déroutant. Les deux grands Maîtres, Guérin, celui de l'Hôpital et Armand de Périgord, celui du Temple, heureusement du même avis, penchaient maintenant du coté de Frédéric II. Ils allèrent à Beyrouth le rencontrer, accompagnés du bayle de Venise et des consuls de Pise et de Gênes afin de proposer un accommodement.
Faute d'accord, les combats reprirent, même si Entre-temps les alliances se soient profondément modifiées. Le sort donna la victoire aux Francs de Palestine et l'Empereur se dirigea à nouveau vers Chypre. J'espère que le lecteur se retrouvera dans cette guerres entre Chrétiens, qui se traduisit par des voyages maritimes successifs. Pour la suite des événements, qu'il voie la paragraphe qui concerne Eustorge.

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La lutte pouvait reprendre contre les musulmans. Bohémond IV le borgne était mort en mars 1223, et les relations s'étaient adoucies avec son fils Bohémond V . On se souvint alors que le malik de Damas ne s'était pas acquitté du tribut qu'il s'était engagé à verser aux Hospitaliers.
Guérin mit sur pied en octobre 1223 une armée qui se rassembla dans la plaine de la Beka au sud du krak des Chevaliers. Elle comprenait cent chevaliers, quatre cents sergents à cheval et quinze cent hommes de pied. Armand de Périgord et trente Templiers de la principauté d'Antioche se joignirent à lui avec quatre vingt chevaliers de Jérusalem et cent chevaliers de Chypre. La campagne dura une dizaine de jours et n'eut pratiquement aucun résultat, l'ennemi s'étant retiré sans combattre. C'était déplacer beaucoup de monde pour le service de recouvrement des impayés.



On ignore aussi bien la date que les conditions de sa mort. La dernière mention qui le concerne date de mai 1236.

BIBLIOGRAPHIE: Delaville & Le Roulx: «Hospitaliers» p.167-168 - René Grousset: «Histoire des croisades» 1936 -




FIN DE CHAPITRE



Date de création : 16/07/2007 @ 12:08
Dernière modification : 19/02/2013 @ 14:08
Catégorie : Histoire des Guérin
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