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Histoire des Guérin - 13 - Les Guérin De Fontaine






13-LES GUÉRIN DE FONTAINE





Le lignage des Guérin de Fontaine porte «de gueules à l’aigle monocéphale d’or» Il remonte au moins au treizième siècle, car en 1232, la paroisse portait déjà le nom de «Fons Guarini» et dépendait du sire de Beaufort (-en Vallée, Maine et Loir)

La petite histoire mentionne un premier Guérin de Fontaine dont je n’ai pu relever le prénom ni ses hauts faits, bien qu’il ait dû normalement participer aux combats de la guerre de cent ans. Nous savons cependant qu’il était passionné de chasse. Lois d’Anjou , qui la connaissait, lui avait octroyé en fief viager le droit de chasser «la grosse bête» dans les bois qui dépendaient de son duché «entre les rivières de Loyre et du Loir, moyennant une redevance annuelle d’un éperon d’or» C’est un tarif comme un autre qui, pour le créancier présentait l’avantage d’échapper à l’érosion monétaire.


Hardouin Guérin de Fontaine
? - 1399


Hardouin, fils de ce premier personnage, possédait les seigneuries de Fontaine-Guérin, du Vieil-Baugé, de Gée, de l’Ile du Loir, La Roche-Abilen, Plessis au Jau, Brion, les fiefs et seigneuries de Bessé, Saint-Pierre du Bac, Chappes et Couturelles, toutes situées dans les environs de Baugé. Il disposait en outre du droit de pêche et possédait plusieurs moulins banaux sur le Couasnon. Par contre, il devait distribuer sous forme de petits pains, sept setiers de blé devant l’église, le jeudi saint et le 15 août de chaque année.

-

Il s’était battu contre les Anglais à la suite du duc d’Anjou, frère de Charles V, lieutenant général du roi en Languedoc qui avait entrepris la reconquête de la Guyenne entre 1369 et 1377. Hardouin batailla sous les ordres de Jean III de Bueil , mais je n’ai trouvé aucune autre mention sur notre personnage à part la prise de Montpellier en 1378.
En 1392, Hardouin sollicita des lettres d’octroi identiques à celles qui avaient été délivrées à son père. Louis d’Anjou étant mort en 1384, sa veuve Marie de Blois (?-1404) lui confirma ces mêmes droits pour qu’il continue à exercer sa passion. Un service en valant un autre, Hardouin alla guerroyer en Provence dans l’armée du duc d’Anjou, qui se trouvait alors en guerre contre la famille de Turenne

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Ce conflit marginal à la guerre de cent ans opposait deux branches de la famille d’Anjou. Il avait été provoqué par Raimon-Roger, comte de Beaufort et vicomte de Turenne, donc un de ses voisins qui revendiquait le paiement des créances de son oncle, le pape Grégoire XII contre le nouveau pape Clément VII qu’il attaqua en 1386 tout en s’opposant à l’alliance entre le nouveau pape et la maison d’Anjou et les terres qu’elle détenait en ¨Provence.
Raimon Roger possédait les places fortes de Saint-Rémy et des Baux en Provence et se trouvait en opposition contre Louis d’Anjou, qui à ses yeux, avait eu la mauvaise idée de devenir comte de Provence en 1384. Ces alliances avaient donc tout naturellement amené Raimon de Turenne à se faire l’un des agents de la politique du duc de Bourgogne.
Raimon, en dépit de plusieurs traités et des substantielles rançons qu’il avait empochées, avait recruté des routiers, menacé Avignon et ravagé la Provence et le Comtat Venaissin pendant quinze ans.

A l’occasion d’un affrontement que je n’ai pu ni dater ni localiser, Hardouin fut capturé et enfermé au château de Meyrargues , mais comme il taquinait volontiers les muses, il tuait le temps en rédigeant son «Trésor de vénerie»:

«Au château de Meyrargues en Provence
duquel on voit bien la Durance»

Son poème de 1948 vers octosyllabiques fut terminé le 10 décembre 1394. On le sait grâce à l’auteur qui prit soin d’y transcrire cette date. La première partie décrit les diverses manoeuvres de la chasse, les fanfares ou «cornures» de quête, de chasse, de requête, de l’eau, de prise et de retraite lorsque la chasse est achevée. Elles sont illustrées dans l’un des deux manuscrits par des miniatures dans lesquelles les différentes fanfares font l’objet d’une notation musicale qui n’a pu être déchiffrée.
La seconde partie, qui en est la plus importante, énumère les grands chasseurs du temps, puis il enseigne la chasse au cerf en développant considérablement ce que ses devanciers avaient écrit sur le sujet.

Hardouin, être sensible, souffrait malgré tout du mal du pays et avouait qu’il préférerait «dedans Fontaine-Guérin estre». Tous les prisonniers en pensent certainement de même, mais tous ne sont pas comme lui de délicats poètes. Il sera finalement libéré après l’arbitrage qui eut lieu en 1389 et auquel participa son homonyme Guérin VIII d’Apcher. Je renvoie le lecteur au chapitre: «Ceux du Gévaudan»

-.

Une fois rendu à la liberté, il épousa Marie de Bueil, tout juste nubile, fille de son ancien capitaine Jean de Bueil, promu entre temps Grand Maître des Eaux et Forêts du Maine et de l’Anjou. Le petit-fils de ce dernier, Jean V de Bueil (1405-1478), dit «Le fléau des Anglais» subira le baptême des armes sous Jeanne d’Arc à Orléans en 1429 et figurera parmi les vainqueurs à Castillon , le 17 juillet 1453.
Du mariage d’Hardouin, naquirent deux enfants. Le premier est Jean Guérin de Fontaines qui suit. La seconde est Renée qui épousera Jean de Daillon. Veuve en 1399, Marie, encore jeune, épousera Jacques de Bueil. C’est l’exemple comme un autre d’une dot qui revient à la famille après un mariage entre cousins.

BIBLIOGRAPHIE: Pauphilet, Pichard et Barroux: «Dictionnaire des lettres françaises» Fayard 1964 - Réédition du «Trésor de vénerie» en 1856 à Metz par H. Michelant et en 1855 à Paris par Jérôme Pichon.


Jean GUÉRIN de Fontaine
1396 - 1423


Il est né vers 1396 du personnage précédent. Encore mineur, il était écuyer en 1412. En 1417, il répondit à l’appel du comte d’Armagnac, désireux de réparer les pertes immenses d’Azincourt en 1415 et lutter contre les Anglais qui se préparaient à envahir le Maine. Juvénal des Ursins parle ainsi de lui:

«le seigneur de Fontaine et Messire Amboise de Loré se rejoignirent ensemble et assemblèrent le plus de gens qu’ils purent ... les dicts de Fontaine et de Loré portaient et faisaient grand dommage aux Anglois»

Au hasard des combats, notre personnage était revenu dans sa petite seigneurie de Fontaine.Son château, ruiné par tant de combats ne représentait plus que sa motte féodale aux ruines indéfendables. Le château primitif avait été bâti par Foulques Nerra, puis avait été reconstruit par les Plantagenets sur l’autre versant du coteau, près de l’Altrée. Yolande d’Aragon, reine de Sicile et comtesse d’Anjou, le fera fortifier et remparer en 1430.
A cette époque, Jean de Fontaine commandait la place de Baugé, quand les Anglais tentèrent de conquérir les terres situées au nord de la Loire. Elles appartenaient à Yolande d’Aragon, belle mère du dauphin Charles, une femme énergique qu’il leur étaient conseillé de neutraliser.
Le soin de conduire l’offensive avait été confié à Thomas de Clarence . Ayant rencontré une certaine résistance devant Angers le 14 mars, il s’était installé à Beaufort en Vallée et se dirigeait vers le nord, pensant que la région était dégarnie de troupes et que les Armagnacs ne disposaient que de faibles garnisons incapables de lui résister.

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Notre Guérin, renseigné par un espion, savait que les Anglais étaient proches et avaient pris ses dispositions lors lu conseil de guerre du vendredi saint 21 mars. «ayant entencion de donner bataille aux Anglois, au champ de la Lande Charles ... lundi prochain parce que le jour de Pasques estoit trop grande feste...et moult eust volontiers combattu les Angloys ... mais les Angloys estoient en nombre trop excessif. Et ainsi qu’il estoit en doubte de les assaillir ou non, luy fut rapporté que le comte de Bouquan escossoys et le maredchal de La Fayette estoient là près avecques quelque nombre de gens d’armes, qui alloient au secours de monseigneur le daulphin. De ces nouvelles fut moult réjouy le seigneur de Fontaine et alla où l’on luy avoit dit que estoient iceulx de la Fayette et Bouquan... Lors assemblèrent iceulx de la Fayette et Bouquan leurs bandes avecques le seigneur de Fontaine et les Angevins en un lieu nommé le Vieil-Baugé, et là leur bataille ordonnèrent, deliberez les Angloys à combattre» Par un heureux hasard, les Écossais de Jean Stuart se trouvaient disponibles à proximité:ainsi que les Français du maréchal Gilbert de La Fayette Ils n’hésitèrent pas à rejoindre Guérin de Fontaines pour en découdre avec les Godons. Guérin, enfant du pays, en connaissait les moindres recoins et avait choisi un terrain propice à la surprise, le «champ de la Lande-Charles», mais par respect envers l’interdiction canonique de combattre le dimanche, il avait fixé le jour de l’attaque au lundi suivant.

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Clarence ignorait qu’il avait maintenant une véritable armée devant lui, supérieure au quinze cents hommes dont il disposait. Le hasard voulut aussi que ses éclaireurs fassent prisonniers quatre Écossais qui devaient souffrir de déprime, car ils lui décrirent les Français comme une force assez négligeable. Fort de cette conviction qu’il ne prit pas la peine de contrôler, Clarennce ordonna aussitôt le combat bien que l’on soit la veille de Pâques: «allons courir sur ces ribauds et les mettons tous à mort, car ils sont nôtres». C’était le samedi saint 22 mars.

Pressé qu’il était de combattre, Clarence et sa troupe arrivèrent devant un petit pont sur le Couasnon, au val Boyer, gardé par des archers écossais. Poursuivant sa marche, il se heurta devant Baugé au lieu dit le Pont des Fées, à un petit détachement français commandé par Jean de la Croix en route pour rejoindre Jean de Fontaine. Surpris, les Français se réfugièrent dans l’église Saint-Laurent de Baugé, alors en ruines et s’apprêtaient à résister dans le clocher. Clarence négligea cette faible résistance incapable de contrecarrer ses plans.
Il ne savait pas que les Français de Guérin de Fontaine et les Écossais de Jean Stuart l’attendaient à Vieil Baugé où ils l’attaquèrent. Clarence, surpris par cette attaque en force aussi soudaine, trouva la mort au premier affrontement, peut être de la main de Carmichaël de Douglasdale qui avait une dent contre lui. Les autres Anglais, surpris et démoralisés, furent taillés en pièces. Les pertes françaises se montaient quand même à onze cents hommes.Les Anglais qui avaient survécu, déconfits se replièrent en Normandie Les rubriques disent qu’ils se cousurent des croix blanches pour feindre d’être français, passèrent sabs être reconnus au pays de Maine et se sauvèrent ainsi des Angevins qui les poursuivaient.

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Le bilan, cette fois ci, était favorable aux Français. Plus de douze cents chevaliers anglais étaient restés sur le champ de bataille avec Clarence et quatorze autres seigneurs, sans compter les six cents piétons prisonniers qui n’avaient pu fuir. L’étendard de Clarence sera porté en triomphe au Puy Notre-Dame (actuellement Le Puy en Velay) en signe de victoire. On dépêcha un courrier au dauphin Charles pour lui faire part que «environ quatre heures après dîner fut faite la déconfiture du duc de Clarence» .Le dauphin en avait bien besoin car la victoire de Bauge en 1421 était la première victoire française après le désastre d’Azincourt en 1415. Elle avait coupé court à l’habituel raid de pillage des Anglais en Anjou et permettait de nouvelles espérances. Jeanne d’Arc pouvait venir.
Jean Guérin avait bien mérité du dauphin qui, le 26 février 1422, lui donna la erre de Saint-Jean des Mortiers en marque de reconnaissance. Connaissant la pingrerie du futur Charles VII, cette attribution devait donc être amplement méritée. Jean Guérin épousa lors Jeanne Amenart dont j’ignore le lignage. Il sera capitaine de la ville du Mans nouvellement reconquise et poursuivra la lutte contre les Anglais comme nous le dit Jean Chartier :

«et entre autres un jour (1422) averti y avoir une grosse compagnie d’Anglais en armes au bourg de Neufvy au pays du Maine, marchèrent contre eux le dit seigneur de Fontaine faisant l’avant-garde, lequel si vertueusement s’y porta que les ennemis furent déconfits et la plupart d’entre eux occis ou prisonniers, auquel lieu on voit encore les sépultures de ceux qui y furent occis que l’on appelle le Cimetière des Anglois» Jean Chartier, historiographe de Charles VII confirme le fait:«Les Anglais, après grande résistance furent desconfits par ledit sire de Fontaines et y en eust que tuez que pris, de six à huit vingt...»

Un autre jour, Guérin de Fontaine et les capitaines voisins tombèrent sur un convoi anglais chargé des produits du pillage de Segré qu’ils s’apprêtaient à mener en Normandie avec un troupeau de douze cents bovins. Ces richesses changèrent de propriétaire pour la plus grande satisfaction de nos services de trésorerie et du ravitaillement Le 26 janvier 1423, il est envoyé sous les ordres de Baudouin de Champagne au secours de Meulan.

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Notre personnage ne profita pas longtemps de ses honneurs. Le dauphin Charles, désireux de conquérir la Champagne pour couper en deux les terres des ducs de Bourgogne, avait mis le siège devant Cravant, près d’Auxerre, occupée par les Bourguignons. Ce fut un désastre que Juvenal des Ursins raconte ainsi.

«Le roy Charles fit passer la rivière de Loyre à ses gens et assiéger à grande puissance la ville de Cravant laquelle tenait le parti du duc de Bourgogne. Et estoit le chef dudit siège le connestable d’Écosse lequel avoit avecque luy plusieurs grands seigneurs ... chose pitoyable à veoir (car) plusieurs aultres capitaines françois, escossois et espaignols s’enfuirent et laissèrent les aultres vaillans mourir»

Jean Guérin de Fontaine y trouva la mort avec deux ou trois mille franco-écossais. C’était le 30 juillet 1423. Il n’avait que vingt-sept ans. Sa veuve, encore jeune se remaria le 26 septembre 1427 avec Olivier de la Porte.

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A l’endroit où eut lieu la bataille de Baugé, au lieu dit la Bataille une table commémorative en grès a été érigée en 1840, à droite de la route allant de Baugé à Vieil-Baugé. La commune de Fontaine-Guérin érigea à son tour une statue en 1894. Elle représente Jean Guérin de Fontaine en armure, l’épée à la main, guettant prêt à foncer contre une attaque anglaise. Un fer de hache d’armes, retrouvé sur l’ancien champ de bataille est fixée sur le coté du monument. Le bouclier qu’il porte montre ses armoiries en écartelé, jointes à d’autres que je n’ai pas pu préciser.

Deux tableaux s’inspirent de la victoire de Baugé. Le premier, peint en 1839 par Albert de Dreux, présenté à l’Exposition Centennale de l’Art Français en 1900, est au musée de Narbonne. Le second, exécuté en 1837 par Alphonse Lauvarden, se trouve au musée du Château de Versailles, salle 3, tableau 29.


BIBLIOGRAPHIE:: Celestin Port: «Dictionnaire historique du Maine et Loir» dans Archives d’Anjou Tome 3 - Henri Grimoux: «Notice historique sur le sire Jean de Fontaine» - J. Lebreton: «Biographie du sire Guérin de Fontaine, capitaine gouverneur du Mans, vainqueur des Anglais à Baugé en 1421» Imprimerie Gaston Pare Angers 1894 - Juvenal des Ursins, édition de 1661 - abbé David Colasseau: «Histoire de Baugé»




FIN DE CHAPITRE




Date de création : 16/07/2007 @ 17:50
Dernière modification : 19/02/2013 @ 14:08
Catégorie : Histoire des Guérin
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