Al-Ahram Hebdo, Egypte | Mobilisation en bloc de la presse
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 Semaine du 21 à 27 juin 2006, numéro 615

 

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Egypte
Justice. Les journalistes s’élèvent contre le procès de trois des leurs, poursuivis pour avoir publié « la liste noire » des magistrats ayant facilité la falsification des résultats des dernières élections législatives.

Mobilisation en bloc de la presse

Alors que les journalistes attendent la promulgation de la loi promise annulant les peines de prison pour délits de presse, trois journalistes, actuellement jugés devant une cour pénale, risquent la prison. Waël Al-Ibrachi, rédacteur en chef exécutif de l’hebdomadaire indépendant Sawt Al-Omma, Hoda Abou-Bakr, journaliste dans le même journal, et Abdel-Hakim Al-Chami, directeur de rédaction d’Afaq arabiya, journal de tendance islamiste, ont comparu dimanche devant la cour, après avoir publié « la liste noire » des magistrats qui, selon eux, ont facilité la falsification des résultats des dernières élections parlementaires. L’audience s’est déroulée en présence des accusés et de nombreux membres de la confrérie, le principal groupe d’opposition, du mouvement d’opposition Kéfaya (Ça suffit), ainsi que de représentants d’organisations de défense des droits de l’homme. Le président du tribunal, Gamaleddine Safouat, a fixé la prochaine audience au 16 septembre.

« Il est paradoxal que ce soit nous qui soyons jugés, et non les juges impliqués dans la fraude », a affirmé Al-Ibrachi à l’issue de l’audience, soulignant que « le pouvoir cherche à terroriser tous ceux qui appellent à la réforme politique ». « Nous n’avons accusé personne, nous avons simplement demandé qu’une enquête soit ouverte sur l’implication de certains juges dans des cas de fraude et nous avons le droit de le faire », a-t-il ajouté.

C’est le magistrat Mahmoud Seddiq, dont le nom figure sur cette liste, qui avait intenté un procès contre ces journalistes. Cette décision de poursuivre les trois journalistes devant la cour est intervenue quatre jours après l’annonce du verdict du Conseil de compétence dans l’affaire des deux juges Mahmoud Mekki et Hicham Al-Bastawissi, qui avaient émis des accusations à l’encontre de certains de leurs collègues chargés de superviser les élections législatives de novembre 2005. La proximité chronologique des deux affaires a laissé penser que la pénalisation de ces trois journalistes était liée au règlement de comptes entre le gouvernement et les magistrats revendiquant l’indépendance de la justice vis-à-vis de l’exécutif. C’est ce que pense notamment Abdallah Al-Sennawi, rédacteur en chef du quotidien Al-Arabi. Celui-ci estime que le Conseil suprême de la magistrature aurait mieux fait d’ouvrir une enquête pour clarifier les faits. « S’il s’avère que les magistrats figurant sur ladite liste noire sont coupables, ils doivent être jugés, dans le cas contraire, les journalistes devront être tenus de publier des excuses dans leurs journaux », explique Al-Sennawi, qui estime que ce genre d’affaires doit être réglé à l’amiable afin de préserver la liberté de la presse et les bonnes relations entre la presse et l’institution judiciaire.

Respect mutuel

Pour défendre leurs collègues, un grand nombre de rédacteurs en chef appartenant aussi bien aux journaux pro-gouvernementaux qu’à ceux de l’opposition se sont mobilisés. La semaine dernière, ils se sont réunis au siège de l’hebdomadaire Al-Osboue pour se mettre d’accord sur un plan d’action. Ils ont proposé dans un communiqué de tenir une réunion avec les membres du Conseil suprême de la magistrature, ceux du conseil du Syndicat des journalistes et des représentants des journaux égyptiens afin de trouver une issue à l’affaire des trois journalistes en procès. Il s’agirait également, selon le communiqué, de souligner le respect mutuel sur lequel est basée la relation entre la communauté des journalistes et les juges. En outre, les journalistes réunis la semaine dernière ont formé un comité de suivi regroupant les rédacteurs en chef Magdi Al-Gallad, du journal privé Al-Masri Al-Yom, Abdallah Al-Sennawi, de l’hebdomadaire Al-Arabi, et Abdel-Ati Mohamad, de l’hebdomadaire Al-Ahram Al-Arabi, pour soutenir les trois journalistes en question. D’autres réunions de ce genre sont prévues à titre périodique au siège des divers journaux. « On doit envoyer un message fort au gouvernement pour montrer l’indignation de l’ensemble des journalistes face au jugement de nos trois confrères », affirme Magdi Al-Gallad. Nombre de journalistes ont prôné l’escalade, appelant leurs collègues à réserver des encadrés noirs en Une des journaux comme signe de protestation, d’autres sont allés jusqu’à demander la suspension de publication des journaux indépendants et de l’opposition.

En attendant, le cours des événements ne permet pas de présager l’issue de cette lutte engagée en faveur de la liberté de la presse. Samedi, le ministre de l’Information, Anas Al-Fiqi, a affirmé que le projet de loi interdisant l’emprisonnement des journalistes pour délits de presse sera soumis au vote lors de la session parlementaire en cours, niant toute intention d’ajourner la promulgation de cette loi. Parallèlement, au sein du Parlement, le député Hicham Moustapha Khalil, du Parti National Démocrate (PND, au pouvoir), a présenté un projet de loi où il proposait l’emprisonnement des « diffuseurs de rumeurs ». Même si, sous le feu des critiques, le député a retiré son projet, beaucoup se sont demandés s’il ne s’agissait pas d’une tentative menée en sous-main par le gouvernement pour maintenir la menace d’emprisonnement des journalistes après l’annulation de la loi en vigueur. Le report du procès des trois journalistes à septembre prochain pourrait avoir comme objectif de juger ces derniers conformément à la prochaine nouvelle loi sur la presse. Mais tout reste à voir.

Sabah Sabet

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