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Le destin d'un Capitaine, le Film

Archiviste de sa mémoire, le capitaine classe les photos de ses guerres perdues. Il sait aujourd’hui que « c’est toujours dans le dos des soldats que se jouent les guerres menées au front. » Et s’il devait résumer, au seuil de sa vie, ce qu’il ressent, cela tiendrait en un seul mot : l’abandon.
 
Le film

Archiviste de sa mémoire, le capitaine classe, sur son ordinateur, les photos de ses guerres perdues. Il sait aujourd’hui que « c’est toujours dans le dos des soldats que se jouent les guerres menées au front. » (Boualem Sansal, Le serment des barbares, 1999) Et s’il devait résumer, au seuil de sa vie, ce qu’il ressent, cela tiendrait en un seul mot : l’abandon.

Pour Georges Oudinot, comme pour d’autres d’officiers de sa génération, tout commence en Indochine.

Partis pour prendre une revanche sur une défaite totale, celle de 1940, ils vont être emportés dans la guerre révolutionnaire où toutes « les règles d’emploi », comme ont dit dans le langage militaire, ont été remises en question. Qu’elles soient éthiques, en particulier au niveau de la recherche du renseignement, ou tactiques, puisque, dans ces nouveaux conflits, l’ennemi n’est plus seulement le soldat.

L’abandon… Il s’inscrit sur l’écran de l’ordinateur dans des visages : d’abord ceux des hommes qu’il a engagés dans ce que les généraux et les gouvernements appelaient une « guerre subversive » alors qu’elle allait devenir une guerre de libération nationale. Et, pour commencer, les commandos qu’il a formés, embryon d’une armée vietnamienne qui s’effondrera sous la poussée du Vietminh, après le retrait américain. Ces supplétifs seront les premières victimes de la grande vague de décolonisation qui va mettre à bas l’Empire français.

Victime de ce qu’on a appelé le « mal jaune », le corps expéditionnaire n’oubliera jamais l’Indochine. Et c’est dans les rizières que se forgera le mythe « para ».

Après un troisième « séjour », terme au parfum touristique particulièrement inadéquat, c’est le départ « d’Indo ».

Pour Georges Oudinot c’est un arrachement. Il n’entre pas à l’École d’état-major, passage généralement obligatoire pour tout officier qui veut gagner ses étoiles. C’est le refus de la carrière. « Je n’étais pas le capitaine qu’ils attendaient »

Il s’inscrit aux cours donnés par les Affaires algériennes, chargées de former les officiers des SAS (Sections Administratives Spécialisées), qui seront créées en 1955. Au confluent du civil et du militaire, elles s’inscrivent dans la lignée des « Affaires indigènes » au Maroc, ces officiers chers à Lyautey, dont le héros fut Bournazel, « l’homme à la tunique rouge », dont le portrait était encore affiché, avant guerre, dans certains collèges, pour l’édification des élèves. Mais l’Algérie n’était pas un protectorat et l’action des SAS arrivait tard pour corriger des décennies de discrimination et un sous-développement.

Volontariste et avant tout homme d’action, Georges Oudinot va tout faire pour prouver le contraire.

 
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