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Le destin d'un Capitaine, le Film

Archiviste de sa mémoire, le capitaine classe les photos de ses guerres perdues. Il sait aujourd’hui que « c’est toujours dans le dos des soldats que se jouent les guerres menées au front. » Et s’il devait résumer, au seuil de sa vie, ce qu’il ressent, cela tiendrait en un seul mot : l’abandon.
 
Oudinot parle

Le Commandant GEORGES OUDINOT

La vraie déchirure, pour moi, ce fut quand j’ai quitté l’Indochine. Je me suis rendu compte qu’on était, réellement, des pions sur un échiquier. Ceux qui commandaient, et qui nous avaient fait casser la gueule pendant quelques années en Indochine, étaient des gens qui ti-raient les ficelles à Paris : la ficelle gauche, la ficelle droite… et puis qu’il se trouvait toujours un général pour nous donner un ordre et un soldat comme nous, pour l’exécuter. »

« En 1956, les appelés sont là parce qu’on les y a envoyés. C’est le brave type de Saône-et-Loire, de bons types, prêts à n’importe quoi. Dans le fond, les unités n’avaient qu’un défaut, c’est qu’elles n’étaient pas commandées. On leur avait dit : « Vous serez rentrés chez vous pour la Noël «, donc ils attendaient Noël ! »

« En 1957, la tactique du FLN, c’était la terreur. »

« Comme me diront plus tard la majorité des gens: « Quand on a le couteau sous la gorge, qu’est-ce que vous voulez qu’on fasse, mon capitaine ? », et je le comprenais fort bien »

« En juin 1958, quand de Gaulle a dit : « Je vous ai compris », on n’a pas cherché à comprendre ! Du moment qu’il nous avait compris, on était per-suadé qu’il avait compris ce qu’on pensait ! »« Début 1961, quand le Général a organisé son referendum. Alors là, les kabyles n’ont plus rien com-pris du tout. Ils ont dit : « L’Algérie algérienne ? Aujourd’hui c’est l’Algérie algérienne : demain on s’entrégorge ! Et ils ne se trompaient pas. »

« Le gros problème, pour nous soldats, c’était de prendre la position de révolté. Quand on a été élevé au nom de la discipline militaire, il fallait réellement en avoir plein le sac, plein les bottes, pour en arriver là ! Et croyez moi, ce n’est pas de gaîté de cœur qu’un soldat se dresse contre l’ordre établi. J’ai été un rebelle parce qu’on m’y a poussé, on m’y a acculé. »

« Quand je suis parti en Algérie, ils venaient de me faire perdre une guerre en Indochine, j’avais décidé de ne pas en perdre une deuxième. On m’a donné les moyens de gagner cette guerre, j’ai honoré les moyens qu’on m’a donnés. J’ai cru sincèrement que j’étais sur la bonne voie, que le bonheur de la Kabylie était au bout du chemin, et c’est sur ce chemin là que j’ai voulu les emmener, ils m’ont suivi et malheureusement, l’issue a été fatale pour eux comme pour moi. »

 
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