Accueil arrow Au delà de la SAS arrow Démographie et décolonisation

Le destin d'un Capitaine, le Film

Archiviste de sa mémoire, le capitaine classe les photos de ses guerres perdues. Il sait aujourd’hui que « c’est toujours dans le dos des soldats que se jouent les guerres menées au front. » Et s’il devait résumer, au seuil de sa vie, ce qu’il ressent, cela tiendrait en un seul mot : l’abandon.
 
Démographie et décolonisation

De 1930 à 1955, les effectifs de sa population ont progressé de 8 %. Ceux des Musulmans de 70 %. La poussée démographique de ces derniers ne pouvait que mettre en cause non seulement leur position prééminente mais leur survie. Comment éviter l’écrasement ? Cette question de la protection de la minorité pied-noire fut, avant comme après la seconde guerre mondiale, au centre des débats sur le statut de l’Algérie.

Craignant d’être submergés, mais ayant aussi l’impression d’être majoritaires, en tout cas indispensables, dans l’ « Algérie utile » :celle des régions côtières et des grandes villes, les Européens, pour la plupart, ignoraient le « bled », pauvre, montagneux et peuplé.

Forts de l’apport incontestable qu’ils représentaient pour le pays, ils crurent qu’ils pourraient résister au vent de l’Histoire. Ni la métropole, ni les nationalistes algériens ne leur ont finalement proposé d’autre issue. Comment en particulier préserver les droits des Européens d’Algérie, après l’application du principe démocratique « un homme, une voix ».

À l’exception d’une minorité de «libéraux», les « Pieds-noirs » ne manifestèrent donc aucun excès d’enthousiasme pour des réformes éventuelles. La seule qui allait dans le bon sens fut le Statut de 1947. Ce statut accordait un budget autonome, voté par une Assemblée algérienne élue et dotée de pouvoirs économiques étendus. Mais pour protéger la minorité européenne, il instaura un double collège électoral et institua au sommet de toutes les insti-tutions locales, une parité entre les deux communautés. Le principe «un homme, une voix» était donc sacrifié.

Le double collège comportait un redoutable effet pervers : dans chaque camp, il favorisait les extrêmes. Ou plutôt, il défavorisait les modérés auxquels il interdisait de se faire élire en rassemblant des voix tant chez les Européens que chez les Musulmans.

 

Les rendez-vous manqués avec l’Histoire

Si les Européens d’Afrique du Nord, descendants de pionniers, ont toujours été porteurs de solides valeurs de travail et d’initiative, ils ne se distinguèrent pas par un sens politique très perspicace.

Ils furent républicains quand Napoléon III arrivait au pouvoir. Dans les années 1940-43, ils prirent parti pour le Général Giraud, alors qu’il eut fallu être dans le camp du Général De Gaulle. En 1958, ils provoquèrent le retour de ce dernier, alors que sa première préoccupation était de donner à la France sa place parmi les Super Grands et de préparer son entrée dans le club atomique. Surtout, ils ne comprirent pas que le monde changeait à Bandung avec l’inévitable décolonisation.

L’exode et le rétablissement

En 1962, malgré les prétendues garanties accordées par les «accords» d’évian, qui sont restées lettre morte, les Pieds-noirs furent contraints de quitter le pays où leurs aïeux avaient vécu durant cinq ou six générations. Les assassinats et les enlèvements d’Européens se multipliaient, les meurtres perpétrés par l’OAS servant de justification. On n’a jamais retrouvé ne serait-ce que les tombes de plusieurs milliers de «disparus». Les massacres d’Oran, furent le point d’orgue de cette apocalypse de la présence française.

Plutôt mal accueillis en Métropole, partis le plus souvent avec une simple valise, « les Pieds-noirs » ont réussi, en France, et parfois ailleurs, un remarquable rétablissement. Au moment de leur «rapatriement», ils ne représentaient que 2 % de la population française. L’esprit pionnier, et leur énergie vitale, ont repris le dessus.

 

 
< Précédent   Suivant >
© 2008 Le Destin d'un Capitaine
Webmasterised by ICS
 
Professionelle Joomla Templates - kostenlos