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Le destin d'un Capitaine, le Film

Archiviste de sa mémoire, le capitaine classe les photos de ses guerres perdues. Il sait aujourd’hui que « c’est toujours dans le dos des soldats que se jouent les guerres menées au front. » Et s’il devait résumer, au seuil de sa vie, ce qu’il ressent, cela tiendrait en un seul mot : l’abandon.
 
Ils disent

 

HELIE DENOIX DE SAINT MARC

«Le général Challe m’a appelé par mon prénom, « Hélie, je vais vous demander quelque chose de terrible ». Il l’a répété deux fois. « Dans quelques heures j’entreprends une action illégale contre le gouvernement de mon pays car j’estime qu’il trahit l’armée, ce qui n’est pas très grave » Il a ajouté : «elle a l’habitude ». « mais parce que ce pouvoir légal va trahir tous ceux que nous avons mis à nos côtés sur cette terre d’Algérie car nous sommes en train de négocier avec nos adversaires ». A l’issue d’un long silence, j’ai dit au général Challe : « Mon général, je me mets à vos ordres et je crois que le Premier Rep va me suivre ». En quelques secondes j’avais cessé d’être l’officier loyaliste, légaliste que j’avais toujours été et que j’aurais toujours voulu demeurer et j’étais devenu un officier rebelle »

«Je crois qu’il ne faut pas mentir à des hommes qui risquent leurs vies, qui risquent la vie des autres et ce qui est beaucoup plus grave, dans des conflits de ce genre, risquent la vie des hommes et des femmes des pays où ils se battent et qu’ils ont engagés à leurs côtés. Aujourd’hui où des conflits se déroulent qui ressemblent étrangement au conflit d’Algérie que nous avons connu, il faut supplier le pouvoir politique de dire la vérité aux soldats »

 


MAURICE FAIVRE

«Leur motivation sécuritaire se doublait souvent d’une volonté de vengeance contre les gens du FLN qui avait tué des membres de leurs familles, cela s’est produit assez souvent, et il faut savoir qu’au point de vue statistique, dans les années 56 et 57, 300 musulmans, tous les mois, étaient assassinés. Le FLN s’est imposé à la population musulmane d’abord par la terreur en même temps qu’il menait leur propagande »

«Pendant des années, l’histoire des harkis se heurtait à un triple silence. Le silence des algériens d’une part pour lesquels tout le peuple était unanime derrière le FLN et Guerre de Libéra-tion, Les harkis étaient des traîtres donc ils n’existaient pas et il ne fallait pas en parler. Le silence du gouverne-ment français ensuite, parce qu’ayant été abandonnés en 1962, il valait mieux ne pas évoquer leurs problèmes, et enfin le silence des harkis eux-mêmes qui, ayant vu sur le terrain le massacre de leurs frères et de leurs cou-sins ayant des difficultés à rejoindre la France et à s’intégrer dans la communauté française, ont préféré ne rien dire, même à leurs enfants. Ils n’ont pas raconté leur histoire »

 


RENE MAYER

«Pieds Noirs » c’est un sobriquet dont nous avons été affublés. Nous nous ne som-mes jamais appelés comme ça nous-mêmes. On disait, les Français d’Algérie, les européens d’Afrique du Nord, on disait toutes sortes de choses mais « pied-noir » c’est un mythe. La vérité c’est qu’il fallait que les français de France prennent leurs distances, ne serait-ce que pour garder bonne conscience. Il fallait trouver un moyen de dire « ces gens-là ne sont pas comme nous. »

« Vous savez que je ne faisais justement pas parti de l’opinion générale, j’ai fait parti des libéraux, comme Albert Camus. Ce que je reprochais à mes compatriotes, c’était de ne pas avoir une stratégie pour faire face à la mondialisation, au mouvement d’anti-colonisation. Ils ont été pour Girault et pas du tout pour De Gaulle qui ne leur pardonnera jamais. Ils ont tout le temps fait les mauvais choix. Ils manquaient de sens politique ». « Les européens d’Algérie étaient loin d’être monocolores. Vous savez bien sur qu’il y a eu une municipalité communiste à Oran, que le maire de Bougie était un des cadres de la SFIO, qu’il y a eu à Constantine une alternance tantôt socialiste tantôt mRP ou centre droit, c’était tout à fait représentatif de l’éventail politique européen, contrairement aux clichés répandus à profusion aujourd’hui de fascistes, etc. »

«Je pense que la guerre d’Algérie a été une guerre inutile. Qui imagine aujourd’hui que l’Algérie n’aurait pas en définitive été, un jour, indépendante ?

De quel côté bascule l’Algérie, de quel côté va basculer le monde musulman Est-ce que c’est vers une civilisation occidentale, laïque, ce qui ne veut pas dire sans religion et multiculturelle, ou bien est-ce que c’est dans l’obscurantisme et le sectarisme ? »

 

 

 
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