6 décembre 1998




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SONDAGE. Plus de la moitié des entrepreneurs alémaniques estime que les retraites anticipées et les temps partiels flexibles permettent de créer du travail. Mais cela est insuffisant pour résorber le chômage, avertit l'Office fédéral du développement économique et de l'emploi

La réduction flexible du travail peut favoriser l'emploi


Esther Mamarbachi
En raison de la crise et du chômage, l'Office fédéral du développement économique et de l'emploi (OFDE, ex-Ofiamt) a mené une enquête inédite sur la flexibilisation du temps de travail. Publiée vendredi à Berne, elle montre qu'une réduction flexible du travail peut contribuer à réduire le chômage. Les retraites anticipées et les temps partiels à la carte constituent les deux modèles les mieux à même de créer de l'emploi. L'hypothèse d'une réduction généralisée du temps de travail a été écartée. Une lacune que dénonce l'Union syndicale suisse (USS), qui a lancé en mai dernier une initiative populaire demandant une réduction du temps de travail hebdomadaire à 36 heures.
«Il s'agit avant tout d'une étude sur la réduction individuelle du temps de travail», précise d'emblée Stefan Wolter, chef de la politique du marché du travail à l'OFDE. La réduction généralisée du temps de travail ne fait pas partie de l'étude: chaque entreprise présente des caractéristiques spécifiques auxquelles correspondent des modèles particuliers.» L'Etat ne saurait donc, estime Stefan Wolter, défendre un seul paradigme. Il doit aider chaque PME de ce pays à trouver le modèle qui lui convient. Pour ce faire, l'OFDE publiera d'ici l'été prochain un manuel ad hoc. Tous les modèles d'aménagement du temps de travail qu'il contiendra répondront à quatre conditions: créer des emplois (et pas seulement aménager le travail existant), doper la productivité de l'entreprise, être acceptée par les employés et s'adapter à la taille des PME (qui constituent le principal tissu économique helvétique). L'étude de l'OFDE a été réalisée par deux chercheurs de l'Université de Berne. Elle se base sur un sondage réalisé en 1997 auprès de 1649 entreprises, uniquement alémaniques (!): avant tout des PME du secteur industriel (54%) et tertiaire (46%). Les sondés avaient d'abord à se prononcer sur la faisabilité des modèles proposés. Plus de la moitié (56%) des entreprises jugent réalisables les propositions de temps partiel flexible et de réduction de la durée de la vie active par retraite anticipée ou progressive. Plus l'entreprise est grande, plus ce sentiment est partagé. Par ailleurs, le temps partiel flexible est mieux accepté là où il est déjà très généralisé, notamment dans les administrations publiques. De plus, les entreprises de services y sont davantage favorables que l'industrie. En outre, un tiers des entreprises sondées pensent que la réduction du temps de travail annuel peut être concrétisée. La proportion baisse à un quart pour le modèle dit du passage de témoin ou d'escorte. Ce concept prévoit de coupler les départs progressifs des employés âgés à l'engagement de chômeurs ou de jeunes diplômés. Ainsi, le retraité se retire progressivement de son poste tout en transmettant son savoir-faire à son remplaçant. Enfin, seule une entreprise sur dix croit en la faisabilité des réductions hebdomadaires, qu'elles prévoient ou non le maintien du salaire. Deuxième question posée aux sondés: quels modèles permettent-ils de créer davantage de travail? Après les retraites anticipées (54%) et les temps partiels à la carte (50,3%), un tiers environ des entreprises donne sa préférence au modèle du passage de témoin ainsi qu'à la réduction annuelle du temps de travail. Enfin, la diminution hebdomadaire du travail intéresse moins de deux entreprises sur dix. Pour le directeur de l'OFDE, quels que soient les modèles choisis, ils ne permettront pas de «créer des miracles» pour résorber le chômage. Ils doivent s'inscrire dans un effort plus général. L'USS, quant à elle, ne conteste pas les modèles proposés, mais les trouve trop frileux. Ce qu'il faut affirme, Serge Gaillard, c'est une réduction généralisée du temps de travail. Le syndicaliste estime que l'étude pêche par légèreté en balayant d'un revers de la main cette idée sans même daigner l'étudier.


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