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17.01.2022

Mozambique: la SADC prolonge le mandat de sa force antiterroriste

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Le 12 janvier, les chefs de gouvernement de la Southern African Development Community (SADC), réunis à Lilongwe (Malawi) ont dévidé de prolonger le mandat de la force conjointe déployée dans le nord du Mozambique pour assister les forces gouvernementales dans leur lutte contre les rebelles islamistes.

Dans leur communiqué final, les chefs d'Etat se sont félicités des "progrès" réalisés (point 11 de la déclaration) et ont prolongé (mais sans en préciser la durée) le mandat de la SAMIM (SADC Mission in Mozambique). Les soldats venant d'Angola, du Botswana, de RDC, du Lesotho, du Malawi, d'Afrique du Sud, de Tanzanie et de Zambie vont donc poursuivre leur mission dans la province du Cabo Delgado. Ils sont sous les ordres d'un Sud-Africain, le Major General Xolani Mankayi.

La version française du communiqué est à lire ici.

Les rebelles de l'ISCAP (l'État islamique en Afrique centrale) poursuivent malgré tout leurs attaques dans la province du nord, revendiquant ce week-end au moins deux raids le 13 contre des localités de Citate et Macomia:

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On se souviendra, enfin, que la mission européenne EUTM Mozambique a été lancée l'an dernier:

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Dix pays ont envoyé des formateurs qui vont entraîner 11 compagnies mozambicaines sur deux ans.

14.01.2022

La Suède confirme qu'elle quittera la TF Takuba cette année

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Les militaires suédois quitteront cette année la force Takuba qui regroupe des forces spéciales européennes au Sahel, a annoncé vendredi la ministre suédoise des Affaires étrangères (photo ci-dessus EMA). "Nous avons d'ores et déjà décidé que nous quitterons cette année la force Takuba", a déclaré Ann Linde à la presse en marge de la réunion à Brest (Finistère) des ministres européens des Affaires étrangères.

Les Suédois ont rejoint en février 2021 la task-force mise en place par la France au Mali. Cette mission suédoise était prévue pour durer un an.

Par ailleurs, un officier supérieur suédois assure depuis novembre dernier le commandement de cette force pour une durée de quatre mois. Le 4 novembre, une cérémonie de passation de commandement de la TF Takuba s’était déroulée sur la Base opérationnelle avancée (BOA) de Ménaka, marquant le transfert d’autorité entre le commandant français de Takuba, le général de brigade aérienne Philippe Landicheff, et son successeur suédois, le colonel Peter.

Et les Casques bleus suédois?

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"La question qui se pose est celle de savoir ce que nous allons faire avec la Minusma" (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali), a-t-elle ajouté. La Suède déploie des Casques bleus au Mali depuis 2013.

Actuellement, quelque 300 Casques bleus suédois sont au Mali au sein de la force onusienne (photo Harandane Dicko).

A noter que la force de la Minusma a été commandé jusqu'à récemment par le général suédois Dennis Gyllensporre.

 

 

Jeux de coudes dans l'espace aérien malien

La France estime que ses avions militaires disposent d'une entière liberté pour entrer dans l'espace aérien du Mali, bien que ce dernier ait fermé ses frontières en réponse à des sanctions ouest-africaines.

Dès lundi, le ministère français des Armes avait rappelé que "nous avons un statut juridique qui nous permet de circuler et de faire un certain nombre de choses et ne doutons pas que les pays de la Cédéao qui ont fermé leurs frontières avec le Mali permettront que les mouvements militaires se poursuivent".

L'ambassade de France à Bamako a parlé jeudi d'"incompréhension" devant les accusations du gouvernement malien de "violation manifeste" de l'espace aérien du pays.

Dans une lettre datée de mercredi, le commandant de la force française Barkhane, le général Laurent Michon, a écrit au chef d'état-major malien pour lui rappeler que les appareils et les véhicules français jouissaient d'une "pleine liberté de circulation" en vertu des accords existants. La voici:

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Le gouvernement malien avait dénoncé mercredi la "violation manifeste" de l'espace national la veille par un A400 de l'armée française faisant l'aller retour entre Abidjan et Gao, importante base française au Mali. Dans un communiqué (lire ci-dessous), Bamako a dit décliner toute responsabilité quant "aux risques auxquels les auteurs de ces pratiques pourraient s'exposer".

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06.01.2022

Une pétition en faveur d'Olivier Dubois, actuellement le seul otage français au monde

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Olivier Dubois est un journaliste français âgé de 47 ans qui est porté disparu au Mali depuis avril 2021. Il est aux mains d’un groupe armé terroriste sahélien. Sa famille se bat qu’il ne soit pas oublié. Une proche de l’otage, sa soeur Canèle, a accepté de témoigner; elle annonce le lancement d’une pétition pour sensibiliser les autorités françaises et maliennes et les faire œuvrer à la libération de l’otage.

Que sait-on des circonstances de sa disparition ?
Olivier Dubois est mon frère. Il est actuellement le seul otage français au monde. Journaliste basé au Mali depuis 2015, il a disparu le 8 avril dernier dans l’est du pays. Il tentait d’y rencontrer l’un des chefs du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (le JNIM). Certains de ses contacts dans la sphère djihadiste s’étaient portés garant de sa sécurité. On sait qu’il a laissé ses affaires (téléphone, passeport) dans sa chambre du Motel des Askia, à Gao. Son fixeur l’a accompagné dans une rue où attendait une voiture avec plusieurs hommes.
L’alerte sur sa disparition a été donnée discrètement par l’ambassade de France au Mali deux jours après, quand il ne s’est pas présenté à son vol retour vers Bamako. C’est son ex-compagne qui a prévenu la mère d’Olivier, le 11 avril. Nous n’avons eu confirmation de sa disparition qu’après avoir nous-mêmes contacté le Centre de crise et de soutien (CDCS) du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.
Dans les premiers temps, nous devions garder le silence pour ne pas gêner les recherches, insistait le CDCS. Mais nous ne savions pas encore si Olivier était otage ou juste « invité » par ceux qu’il voulait interviewer.
Le 5 mai, une vidéo, sans estampillage du JNIM, a été diffusée d’abord par le média de propagande djihadiste Wareeth al-Qassam, puis relayée en masse via Twitter. Il y expliquait être aux mains du Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans. Depuis, nous n’avons eu connaissance d’aucune autre preuve de vie, pas plus que d’une revendication officielle. Le CDCS dit n’avoir aucune information non plus. 

Où en sont les efforts pour le faire libérer ? Que disent les autorités françaises et maliennes ?
Depuis la vidéo puis une confirmation rapide du Quai d’Orsay, sur site France Diplo, plus rien... L’État ne dit mot. Il n’y a eu aucune prise de parole de l’État ou de communiqué sur le cas d’Olivier, juste des réponses laconiques à des questions de journalistes. Les officiels français n’ont pris contact qu’une fois avec nous depuis l’enlèvement. Ni nouvelle du MAE ni information de la présidence française malgré l’insistance de nos courriers et demandes verbales. Le 12 novembre, nous avons écrit à Emmanuel Macron. La réponse fin décembre a été froide, sans empathie.
"Tout est mis en œuvre pour le faire libérer", répètent les officiels français, sans jamais plus d’explications. Rien non plus du côté des autorités maliennes… Ni relation, ni information de leur part, même si elles avaient rapidement ouvert une enquête pour "disparition inquiétante".

Après la diffusion de la vidéo, le Parquet national antiterroriste français a ouvert une enquête pour "enlèvement en bande organisée" et en "relation avec une entreprise terroriste". A notre demande, le PNAT nous a reçus une fois : pas d’infos données. Et depuis, aucune nouvelle de l’enquête judiciaire en cours.

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Vous lancez une pétition. Pourquoi et où la signer ?
Olivier est l’otage français dont ne parle pas. Pourquoi ? Ce n’est pas normal. Il est temps d’agir pour ce citoyen. C’est pourquoi nous avons décidé d’interpeller les chefs d’État français et malien sur la situation d’Olivier. Lorsque les évènements du 13 novembre ou l’attaque contre Charlie Hebdo, entre autres, ont eu lieu, la population française a condamné ces attentats de manière unanime. Les gens se sont mobilisés en descendant dans la rue pour dire NON à ces actes sordides. Aujourd’hui nous demandons la même mobilisation et proposons aux Français et aux Africains d’être signataires de cette pétition pour faire libérer Olivier, qui est une victime française du terrorisme à l’étranger.
Cette pétition qui se signe sur change.org, est un appel à la mobilisation. La libération d’Olivier Dubois doit être une priorité des États français et maliens. 

27.12.2021

Mali: le Kremlin réaffirme son droit à fournir une assistance active à ses partenaires maliens

flamme.pngLa Russie va continuer de fournir une aide militarisée au Mali via des filières étatiques, selon un haut responsable de la diplomatie russe cité ce lundi par l'agence RIA: "Nous continuerons de défendre les intérêts légitimes de Bamako aux Nations unies ainsi que de fournir une assistance active à nos partenaires maliens dans les sphères militaires et militaro-techniques dans le cadre des filières étatiques", a déclaré Piotr Ilichev, directeur du service du ministère russe des Affaires étrangères pour les organisations internationales. Dans cet entretien, le diplomate a expliqué que les dirigeants au pouvoir au Mali pouvaient coopérer avec les partenaires de leur choix pour combattre les insurgés islamistes, la réduction des effectifs de l'opération Barkhane risquant, selon Moscou, de déstabiliser davantage la région.

Le 24 décembre, Bamako, par la voix du porte-parole du gouvernement, avait affirmé que des personnels russes, relevant de l'Etat russe, étaient bien présents sur le territoire malien (lire le communiqué ci-dessous). 

Le porte-parole a aussi répondu aux "accusations occidentales" (lire mon post ici) concernant la "prétendue" présence de mercenaires russes, du groupe Wagner, sur le territoire malien:

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Les liens avec l'Etat russe sont notoires. Ainsi, en octobre dernier, un avion cargo parti de Russie a livré quatre hélicoptères, des armes et des munitions au Mali, une opération réalisée selon les autorités maliennes intérimaires dans le cadre d'un accord commercial conclu entre les deux pays.

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Ces hélicoptères ont été officiellement remis à l'armée de l'Air malienne le 26 novembre. "En présence de l'ambassadeur de la Russie au Mali", précise le communiqué des FAMAs. Ces quatre hélicoptères sont basés sur la BA de Sénou, à Bamako.

Quel statut?
On peut toutefois se poser une question sur le statut des personnels russes qualifiés de "formateurs" déjà déployés au Mali. Sont-ils membres des forces armées russes? Ou bien sont-ils des employés privés travaillant pour des entreprises sous contrat avec l'Etat russe, comme de nombreux contractors qui sont sous contrat avec un Etat et qui remplissent des missions de formation, de soutien logistique, de renseignement, de sécurité etc. dans un cadre légal? Des clarifications sont donc attendues sur le statut de ces personnels russes que l'on trouve déjà à Bamako et à Sévaré. Une telle clarification contribuerait à la transparence. 

Si devait avoir lieu au Mali un éventuel autre déploiement de personnels russes, chargés eux de missions de sécurité des biens et des personnes, les Etats malien et russe auraient tout intérêt à clarifier la nature de leur statut et de leurs prestations.