Wednesday 14 November 2007

Georges Corm :« C’est une erreur grave de continuer de considérer qu’il existe encore une civilisation musulmane »

lundi 12 novembre 2007

Eminent spécialiste du Moyen-Orient et de la Méditerranée, consultant auprès de divers d’organismes internationaux, ancien ministre des finances de la République Libanaise (1998-2000), Georges Corm est également l’auteur de plusieurs ouvrages dont « Histoire du Moyen-Orient. De l’Antiquité à nos jours » paru récemment aux éditions La Découverte. Un livre incontournable pour mieux comprendre une région complexe souvent réduite à des représentations préconçues.

Quelle est la spécificité géographique du Moyen-Orient ?

C’est incontestablement la diversité et le contraste des climats et des milieux géographiques, ce qui a contribué à forger, au côté d’autres facteurs, des modes de vie sociale différentes et plurielles que les progrès de l’urbanisation n’ont pas réussi à réduire, comme cela a été le cas dans les pays industrialisés.

Le Moyen-Orient est bordé par plusieurs mers (il y a donc des sociétés de pêcheurs), il contient de vastes déserts (sociétés bédouines), mais aussi des plaines fluviales (sociétés rurales), des massifs montagneux impressionnants (sociétés montagnardes isolées). Il est à la fois carrefour de plusieurs continents et donc centre de routes commerciales et militaires stratégiques, mais c’est aussi le continent où l’on peut vivre isolé dans les immensités désertiques ou sur des villages nichés au creux des massifs montagneux imposants.

Berceau des trois monothéismes, le Moyen-Orient se réduit-il uniquement à sa dimension religieuse ?

Contrairement à l’opinion courante, je pense que le marqueur religieux est le moins important dans l’histoire du Moyen-Orient qui est principalement caractérisée par l’existence de grandes structures d’empires multi-ethniques et multi-religieux qui se sont succédés, et aux côtés desquelles ont pu, à certaines périodes, exister de petits royaumes (celui des Nabatéens à Pétra, celui de la reine Zénobie à Palmyre, celui de Juda), de cités-Etat durables ou éphémères.

Certes, le religieux peut exprimer ou cristalliser des conflits et des oppositions d’intérêts de puissance ou encore des situations d’oppression. Il n’est pas le moteur premier des évènements. Les conquêtes subies par les Moyen-Orient ou les invasions qui ont pu partir de son territoire ont été le résultat des dynamiques des sociétés envahies ou conquérantes et de l’ambition des hommes.

Sur le plan proprement religieux, je crois que le passage du paganisme au monothéisme a été plus important et significatif que la rivalité des deux monothéismes chrétien et musulman ou que la marginalisation historique du judaïsme. Le monothéisme, en effet, a plus de difficulté à accepter le maintien du pluralisme religieux que le paganisme ou les religions cosmologiques d’Extrême-Orient, comme je m’en suis expliqué longuement dans ma thèse de doctorat il y quarante ans où je montre, par ailleurs, que des trois monothéismes, c’est l’Islam qui a eu autrefois la plus grande plasticité*, contrastant avec la rigidité actuelle.

Vous utilisez dans votre livre l’expression « géologie des cultures » qui caractérise selon vous l’histoire du Moyen-Orient ?

Oui, j’ai voulu montrer la complexité des données anthropologiques de la région. Cette complexité, en dehors des périodes exceptionnelles en qualité, mais nombreuses, de métissage culturel, est aujourd’hui totalement ignorée.

La rétraction des identités complexes des peuples de la région dans le religieux ou dans des nationalismes ombrageux et étriqués– et souvent un mélange des deux – constitue un appauvrissement considérable de la richesse culturelle dont nous sommes les héritiers au Moyen-Orient. C’est évidemment l’expression de la décadence et de la dynamique d’échec que nous vivons collectivement en tant qu’Arabes.

Nous avons, en effet, un patrimoine grec très important (treize siècles au moins de présence grecque ininterrompue au Moyen-Orient), ainsi qu’un patrimoine syriaque, araméen, phénicien, sans oublier l’important patrimoine arménien, et surtout sans oublier le patrimoine Amazigh au Maghreb et le Kurde au Machrek. Tous ces riches patrimoines ne sont pas intégrés dans nos cultures, qu’elles soient turque, iranienne ou arabe, et nos connaissances historiques.

Le grec et le syriaque sont cantonnés dans un rôle mineur de langue liturgique dans ce qui reste d’églises orientales dans la région. Quant aux gloires des civilisations anciennes, pharaonique, babyloniennes, perses, elles sont aujourd’hui ignorées des habitants de la région, tout comme l’est en fait la gloire des civilisations que l’Islam a fertilisé du temps des deux Empires Omeyyade et Abbasside (y compris l’Espagne andalouse) qui ont pratiqué un syncrétisme culturel et une ouverture d’esprit philosophique peu commune.

L’Islam rétréci, formaliste et étriqué que beaucoup revendiquent aujourd’hui n’est évidemment pas celui de l’Islam qui a donné au monde une civilisation magnifique et plurielle.

Tout cela semble enterré, oublié, au profit d’une médiocrité culturelle (avec des exceptions bien sûr, comme dans le cinéma ou la poésie et la peinture, ainsi que dans le roman,) encouragée par le fonctionnement globalisé des médias qui appauvrit les esprits partout dans le monde. Même les œuvres remarquables produites par les penseurs de la période de la Nahda arabe (de 1825 à 1950) sont oubliées et remplacées par une littérature politique indigeste et creuse, prisonnière du rétrécissement des identités à la seule appartenance religieuse (avec ses modalités différentes, mais non reconnues par ceux qui s’en prévalent) ou ethnique ou tribale ou étroitement régionale.

J’ai voulu montrer aussi la permanence de socles géographiques qui ont porté la successions de civilisations et d’empire qui ont dominé le Moyen-Orient et bien individualiser pour le lecteur les trois grands groupes ethnico-lingusitiques qui dominent le Moyen-Orient : les Perses, les Turcs (notamment depuis la chute de Byzance) et les Arabes tombés très vite sous la domination des Turcs Seldjoukides puis Ottomans, après leur extraordinaire exubérance et renaissance que leur apporté la prophétie coranique.

Les causes de la décadence des civilisations notamment musulmane du Moyen-Orient sont-elles anthropologiques ou historiques ?

Je crois que c’est une erreur grave, comme je l’avais dit précédemment dans un interview avec vous, de continuer de considérer, contre toutes les évidences, qu’il existe encore une civilisation musulmane ou qu’il y a des valeurs musulmanes communes qui organisent la vie des musulmans partout dans le monde.

Entre un grand bourgeois marocain et un membre de la police des mœurs islamique en Arabie saoudite et un paysan musulman indonésien ou iranien, je ne vois pas très bien ce qu’il y a de commun, pas plus qu’entre un villageois chinois musulman et un paysan égyptien ou irakien, etc…, on pourrait multiplier les exemples.

Il y a eu une merveilleuse civilisation musulmane qui a brillé au Moyen-Orient, en Andalousie, aux Indes et en Asie centrale sous diverses couleurs, arabe, persane ou turque et souvent le mélange passionnant de la culture spécifique de ces trois peuples. Elle est terminée, tout comme sont terminées les périodes d’or du christianisme oriental ou celle du christianisme européen qui ont pu organiser la vie de plusieurs peuples différents avec des langues de culture commune aujourd’hui mortes (le latin ou le syriaque), mais comme est terminée aussi la civilisation grecque ancienne ou byzantine.

Je dirai que c’est une loi de la nature, de l’histoire, que les civilisations ou les cultures et les langues qui les portent soient périssables ou, en tous cas, qu’elles se transforment, s’adaptent plus ou moins bien aux changements majeurs de puissance qui se manifestent dans les sociétés ou entre les sociétés.

Probablement, cet attachement viscéral à la notion très imaginaire de Oumma et de civilisation ou de valeurs musulmanes ou arabo-musulmanes ne fait que traduire une réaction psychologique de compensation à l’état de déchéance dans lequel sont plusieurs sociétés qui ont pour religion principale l’Islam. C’est un remède qui aggrave le mal en figeant les capacités créatives et de renouvellement de l’esprit, de la culture et même de la vraie spiritualité religieuse dont nous avons tant besoin, en ces temps de fanatisme religisio-politique.

Vous affirmez que l’irruption des puissances européennes, puis américaines semble avoir définitivement brisé les structures politiques du Moyen-Orient ?

Les structures d’empire sont cassées depuis longtemps. Il y a d’abord eu les guerres très longues et ravageuses entre les deux empires ottomans et Séfévide (perse) pour le contrôle du Caucase, de l’Asie centrale et de la Mésopotamie. Elles ont épuisé les deux empires et en ont fait une proie facile pour les puissances européennes et la Russie, en pleine expansion et ascension, ce qui leur a permis de dominer longtemps ces sociétés dites musulmanes et de les coloniser ; cela a permis aussi le succès de l’entreprise de création d’un Etat pour les Juifs en Palestine.

J’ai tendance, cependant, aujourd’hui à penser que les excès des Américains et des Israéliens sont en train d’amener progressivement à des situations de rupture, à des changements qualitatifs (le succès du Hezbollah dans la guerre de l’été dernier, par exemple), annonciateurs, peut-être, d’un renversement futur de la décadence.

Mais pour accélérer une sortie de l’état de déchéance, il faudrait plus de lucidité et de courage intellectuel et, notamment bannir les utopies religioso-politiques dont j’ai parlées, pour pouvoir analyser la réalité sans œillères et déconstruire nos propres contradictions et sources internes de décadence, pour pouvoir ensuite bâtir une culture arabo-berbère au Maghreb, arabo-syriaque au Machrek, qui permette la renaissance de nos sociétés et de la créativité.

Selon vous, le vide de puissance des régimes arabes du Moyen-Orient est un facteur d’instabilité ?

Oui, bien sûr, les discordes permanentes des régimes arabes, leur absence totale de solidarité pour face aux défis de la situation présente sont le plus grand facteur de maintien de l’état de déchéance de nos sociétés, sans parler de leur autoritarisme ou semi-autoritarisme, suivant les cas et de leur complicité avec les autorités religieuses pour brider la pensée politique ou religieuse critique.

Cette faiblesse, par ailleurs, attire l’intervention des puissances externes au Moyen-Orient ou bien permet à l’Etat turc ou à l’Etat iranien d’être dominants sur la scène régionale ou de contester la domination américano-israélienne, ce qui amène certains régimes arabes à demander encore plus de protection des Etats-Unis ! Le comble de la décadence.

Votre conclusion est particulièrement pessimiste sur l’avenir du Moyen-Orient qui souffre d’un réel déficit démocratique

C’est moins le déficit démocratique que le déficit de pensée et de créativité qui me préoccupe. L’attitude de l’Occident et sa façon d’appliquer les principes du droit international avec deux poids, deux mesures, ont décrédibilisé dans de très larges pans de nos sociétés l’idée même de démocratie, telle qu’elle est prêchée par les Occidentaux. Même dans la demande de « démocratisation » de nos sociétés, on ne peut s’empêcher de constater l’hypocrisie politique. En effet, cette demande ou cette exigence ne s’exerce que de façon opportuniste sur tel ou tel régime suivant son comportement vis-à-vis des intérêts occidentaux et d’Israël.

Je me sens honteux quand je vois comment certains jeunes de nos pays tombent dans le piège et parlent ou écrivent comme des « occidentaux politiques », si vous permettez l’expression. En réalité les comportements politiques européens et américains vis-à-vis du Moyen-Orient compliquent énormément la tâche, car ils entraînent par leur influence et leurs moyens médiatiques et académiques beaucoup d’intellectuels arabes ou de jeunes étudiants à inscrire leur réflexion et leurs travaux, consciemment ou inconsciemment, dans ces politiques opportunistes consistant à cibler tel ou tel régime arabe suivant la conjoncture des intérêts géostratégiques occidentaux.

Cela au lieu de consacrer leurs énergies intellectuelles à une meilleure saisie de la réalité complexe de leurs pays et de leurs régimes politiques et à consacrer leurs talents à bâtir du neuf et du dynamique en dehors des langues de bois « démocratiques » et « arabo-musulmanes » ou islamiques.

Il y a tellement à faire dans tous les domaines pour tenter de mettre en route une dynamique de renaissance dans nos sociétés, que vraiment il ne faut pas se laisser prendre dans les agendas intellectuels des décideurs, grands médias et recherches académiques en Occident ou dans les universités des pays arabes qui suivent les modes intellectuelles externes ou se concentrent sur l’identité de nos sociétés, analysées comme exclusivement « musulmanes ».

La nature d’un régime politique n’a jamais empêché la réflexion ou la connaissance de se développer. Elle peut les entraver, mais non arrêter un mouvement de renaissance si l’on veut bien se préoccuper d’en semer les graines et d’augmenter nos savoirs et nos connaissances du réel complexe.

La Renaissance européenne, s’est déroulée durant la période sombre et fanatique des guerres de religion en Europe, la philosophie des Lumières à pris son essor sous des régimes politiques, tous autoritaires et de droit divin.

Cessons de nous raconter des histoires !

Propos recueillis par Saïd Branine


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Vos réactions et commentaires sur cet article

Par amazone - le 13 novembre 2007

Fidèle à vous même Tarmaillac, toujours prét à "insulter" vos détracteurs dés que ceux ci vous contre-carrent...La paupérisation des esprits dites vous ? La paupérisation des esprits ce sont TF1 et A2 que vous semblez prendre comme référence pour développer vos interventions, la paupérisation des esprits c’est la reprise des thèmes trés colons que vous développez à chacune de vos interventions, la paupérisation des esprits c’est de n’avoir comme vous qu’une lecture verticale des faits, la paupérisation des esprits c’est de se regarder écrire en alignant les mots les uns derrière les autres sans en comprendre la portée à partir du moment où ils riment, et dans cet art là, vous excellez, mon ami.

Sur ce, je vous laisse à vos divagations.

Par Taremaillac - le 13 novembre 2007

Lola sachez bien que nous avons beaucoup plus en commun que ce qu’un novice pourrait entrevoir a premiere lecture. Votre colere vous emporte parfois, et je crois avoir le meme elan de revolte qui inscrit ma pensee dans une perspective peremptoire, mais jamais sectaire.

Jamais sectaire si ce n’est a la lecture des interventions d’Amazone ou d’Ideal. Parfois, je me demande s’il ne s’agit pas de la meme personne car deux esprits aussi tenus et en voie de pauperisation, c’est terrible. J’ai concocte un article avec des choses bien precises, une approche somme toute equilibree tout en repectant mon point de vu. J’essaye de me baser sur des faits, des informations disponible partout, en l’occurence en France et en Algerie. Amazone aurait-elle/il une connaissance minimale de l’histoire de l’Algerie ? Bien sur que la France a gagne la sale guerre, mais elle a perdu politiquement, d’ou les accords d’Evian, le gouvernement Ben Bella, le coup d’etat de Boumedienne... aie aie aie ! C’est dur des fois ! Bien, en ce qui concerne l’assimilation : depuis quand les Francais ont essayes d’assimiler les colonises ? C’etait des citoyens de 3eme zone !!!!! Jamais les colonise n’ont ete des consideres comme des citoyens, a peine des humains. Alors ne parlez pas pour dire des conneries plus grosse que le Sahara.

Enfin, j’ai dit de la France qu’elle est belle, certes, mais aussi qu’elle doit faire face a sa memoire et son manque de liberte individuelle, de liberte d’expression. Ce n’est pas rien !

Pour finir, au fan-uk whatever, ecrire "Que certains de vos detracteurs a cours d’arguments "bottent en touche’ en se refugiant dans un nationalisme outrancie a relents xenophobes prouve a quel point vous avez raison et souligne leurs manque de credibilite." ne signifie rien du tout. Je suis d’accord avec vous quant a la manipulation de la langue de Moliere a la TV Francaise : ca fait mal aux oreilles parfois !

Salut.

Taremaillac.

Par Fadhel - le 13 novembre 2007
RECTIFICATIFs :Mes excuses à tous Faute à d’abord Tous les chrétiens ,certains juifs et agnostiques se sont convertis.Dés lors,le problème est le suivant et c’est la loi musulmane :les Berbères qui n’étaient ni musulmans ni chrétiens ni juifs n’avaient plus leur place dans un califat.
Par Fadhel - le 13 novembre 2007
propos de Lola et Taremaillac : Je salue d’aborrd cet entretien avec Georges Corm.C’est incontestablement une analyse réussie.Mais,elle ne tient pas compte de la dimension spirituelle(je ne dis pas fanatique).De grâce,laissez-nous une part d’imaginaire :le monde souffre tellement de platitude.Voilà mon ami Taremaillac encore en ébullition .On va finir par vous prendre pour un Arabe !Trêve de plaisanterie :ce qui compte,c’est la sincérité et la faculté de se rectifier.Un ami malgache me disait : « De la confrontation,jaillit la lumière ».La France a été confrontée à l’échec de la colonisation.L’Algérie,à part la récupération de la dignité(c’est fondamental) est confrontée à l’échec du développement(elle n’est pas le seul pays).Par conséquent,de ce double échec,on ne peut s’attendre à un débat serein.M. Taremaillac,qui met en cause l’apport de la France à l’humanité ?Certainement,pas moi,qui a des diplômes français et même de Grande Ecole.Je profite donc de tout ce qui valorise le génie français.Malheureusement,Outre-Atlantique,les diplômes français ne sont pas reconnus,du moins,il y a une vingtaine d’années.D’autre part,il y a des aspects qui me bouleversent par moments :le manque de confiance des Français en eux-mêmes.La civilisation française est –elle en train de dépasser une large fraction de ses propres géniteurs ? Vous dîtes que le multiculturalisme est facteur d’instabilité.Vous avez peut-être raison ;mais,alors,pourquoi vouloir l’imposer aux Arabes ?Vous parlez des massacres berbères.Si vous faites allusion aux pays récents,c’est d’ordre politique.L’islam ne massacre jamais à titre ethnique.Il y a des Arabes qui ont péri par leur opposition à l’islam. Quand les Arabes sont arrivés en Afrique du Nord,les habitants « naturels » étaient des descendants de Romains ,de Barbares européens,de Phéniciens de religion catholique et des Berbères juifs ou chrétiens ou agnostiques.Tous les chrétiens et certains juifs se sont convertis.Dés lors,le problème est le suivant et c’est la loi musulmane :les Berbères qui n’étairent ni chrétiens ni juifs n’avaient plus leur place dans un califat. SURTOUT DU CALME ,LES ENFANTS !SALUT !
Par Chahid - le 13 novembre 2007
J’apprécie beaucoup les analyses de Georges Corm, il est franc, direct et évite toujours la langue de bois. Un fin connaisseur de la région. Rien à dire. Toutefois, sa dénonciation continue de cette « dynamique de l’échec » ne dépasse pas la « description » et sombre parfois dans un « pessimisme » sans horizons, contrairement à Edward Saïd et sa « dynamique active ». Le monde arabe ou musulman n’est pas tout à fait comme le présente souvent Georges Corm, qui, ne l’oublions pas, est un nationaliste arabe, et nous savons tous que le nationalisme arabe des Nasser, Assad etc. est en partie responsable de cette « décadence », « utopies religioso-politiques », « médiocrité culturelle »… La Nahda arabe que regrette Georges Corm, s’est brutalement arrêtée dans les années cinquante avec la création et la domination des partis dits « nationalistes » (Baath etc.) qui, d’apparence prônaient le « socialisme », la « laïcité » etc. mais en pratique ont reproduit la machine de déclassement social dont ils étaient victimes sous le colonialisme. Les élites nationalistes en bons « intermédiaires qualifiés » pour l’ancien colonisateur, ont délaissé et abandonné le reste des citoyens pourtant partenaires décisifs de l’indépendance. Les élites nationalistes ont trahi le monde arabe, il est un peu révoltant de constater qu’ils sont les premiers à se lamenter et stigmatiser l’« islamisme » des laissé-pour-compte. Les élites nationalistes arabes ont été vaincues en six jours par Israël, que veulent-ils encore ?! Nous sommes juste en train de digérer les conséquences de cette catastrophe. Quand Adonis (poète syro-libanais) parle de l’« extinction des arabes », je cours lire le regretté Edward Saïd pour me ressourcer : « Au-delà de tout ce qui est vrai à propos des Arabes, il y a une dynamique active en action, parce qu’en tant qu’êtres humains réels, ils vivent dans une société réelle avec toutes sortes de courants et contre-courants qui ne peuvent être aisément caricaturés en une masse bouillante de violence et de fanatisme (…)L’argument plus important que j’essaie cependant de faire ressortir est qu’il y a aujourd’hui un écart très grand entre nos cultures et sociétés et le petit groupe de gens qui dirigent présentement ces sociétés. Un tel pouvoir a rarement été concentré, historiquement, sur un petit groupe formé des divers rois, généraux, sultans et présidents qui dirigent les Arabes. Ce qu’il y a de pire dans ce groupe, presque sans exception, est qu’ils ne représentent pas le meilleur de leur peuple. Ce n’est pas seulement une question de manque de démocratie. C’est qu’ils semblent se sous-estimer eux-mêmes radicalement, ainsi que leur peuple, d’une telle façon qui les enferme, qui les rend intolérants et craintifs face aux changements, apeurés de s’ouvrir à leur peuple et par-dessus tout terrifiés à l’idée de fâcher "Big Brother", c’est-à-dire les États-Unis. Au lieu de voir leurs citoyens comme la richesse potentielle de la nation, ils les regardent comme des coupables conspirateurs qui envient le pouvoir du dirigeant. ».
Par Eric - le 13 novembre 2007
Merci Heorges Corm pour cette analyse qui nous éclaire sur le Proche-Orient qui est pour moi un ensemble complexe .
Par Azeddine Hmimssa - le 13 novembre 2007
Je pense que M. Corm, avec tout le respect que je lui dois, semble se tromper. Ce qui fait peur en occident, ce n’est pas la situation précaire de la société et la position dégradée des régimes dans le monde arabo-musulman, c’est surtout cette force et ce potentiel unificateur qui réside dans le Message de l’islam. Ce potentiel fait tellement peur que l’institut de recherche de la CIA s’attend à ce que d’ici 2020 un système politique, transcendant les frontières laissées par la colonisation, verra le jour et fera de ce monde une force qui défiera politiquement le monopole des États-Unis comme son monopole économique a été défié par la Chine. À ce sujet je vous conseille fortement la lecture du rapport : Mapping the Global Future 2020 http://www.dni.gov/nic/NIC_2020_project.html , préparé par la National Intelligence Council). Ces principes unificateurs de la Oumma sont entrain de reprendre vie et de refaire surface avec le développement des moyens de communication (Télévision satellitaire et Internet surtout) et de transport. Ces principes sont entrain de se transformer en mouvements islamiques matures, bien structurés et avec une vision approfondie après les échecs et les mauvaises expériences précédentes : violence (Annidham Al-Khass des frères musulmans des années 50, Aljamaa Al-islamiya égyptienne, Al-Qaida et ses franchises,…etc.) , jeux démocratiques biaisés (Yémen, Égypte, Jordan, Maroc, Pakistan…etc.), alliances douteuses avec les régimes totalitaires(Soudan, l’Arabie Saoudite). Avec la crise actuelle que vive le Moyen-Orient, la prospérité que vive la Malaisie, les nouvelles expériences en gouvernance des islamistes turques, ces principes fondateurs se transforment actuellement en un levier pour se libérer de la situation actuelle et joueront un rôle majeur, dans les années qui viennent, dans l’encadrement du mouvement de libération des sociétés musulmanes d’une façon semblable à ce qui se passe actuellement en Amérique-latine.
Par Amazone - le 13 novembre 2007

La politique d’assimilation dont vous faites référence s’est avèré être un échec cuisant, et ce depuis bel lurette, puisque cette politique a été appliquée pendant le colonialisme sur nos parents et grands parents. On en connait aujourd’hui les conséquences.

Vous soulevez le problème du boum démographie des pays musulmans ce qui semble vous chagriner. Etes vous chagrinez par l’effet inverse en France et en Europe avec une population tellement vieillissante qu’il faut à l’europe à l’heure actuelle faire appelle à l’immigration pour la rajeunir ?

Quant à votre vision des rapports entre les kabyles et des chaouis en algérie permettez moi de vous dire que cette vision est complétement coloniale. Je crois que les arabes et les kabyles d’algérie savent trés bien que les bombardiers français qui survolaient leurs villages ne faisaient pas de différence entre les kabyles et les arabes pas moins d’ailleurs que leurs tortionnaires. Je vous rappelle aussi que dans le gouvernement passé et actuelle les kabyles et les chaouis sont trés bien représentés. Votre réflexion sur la majorité des arabes algeriens qui ne supportent pas les kabyles et les chaouis c’est aussi débile que d’affirmer que la majorité des français ne supporte pas les Corses, les Basques ou les Bretons.

Vous parlez du FLN qui a viré un million de pieds noirs, auriez vous oubliez que les pieds noirs dont vous parlez avaient choisi leur camp depuis longtemps, en optant pour la nationalité Française ? C’est un choix qu’ils ont dû assumer et qu’ils ont malheureusement du payer, en étant chassés de l’algerie. Ne falcifiez pas l’histoire en faisant des amalgames entre tout et n’importe quoi, et en sortant des faits de leurs contextes.

Quant à la position de la France en algerie et ce dés l’indépendance, je vous renvoi aux accords d’Evian. Vous semblez bien connaitre l’algerie alors vous devez aussi savoir que les algériens n’ont pas gagné cette guerre mais qu’ils ont négociés l’indépendance de l’algerie avec tout ce que cela implique comme avantages pour la France...et comme droit d’ingérence...

Vous encensé votre pays et c’est tout à votre honneur alors permettez aux intervenants d’encencer les leurs. Ils ont aussi le droit d’estimer que leur pays est à nul autre pareil, une terre riche en culture, en histoire, une terre d’une beauté exceptionnelle, peuplée par des gens hors du commun...

Quant à moi, qui vous dit que je vis en France ? Et quand bien cela est le cas où est le rapport ? Pour vivre en France fait-il montrer patte blanche, en montrant son amour pour cette patrie au point d’en occulter ses erreurs et ses fautes ?

Par oumma.com-uk-fan - le 13 novembre 2007

A Lola

Permettez moi de saluer la pertinence de vos interventions qui n’a d’egale que la limpidite de votre expression ecrite. Que certains de vos detracteurs a cours d’arguments "bottent en touche’ en se refugiant dans un nationalisme outrancie a relents xenophobes prouve a quel point vous avez raison et souligne leurs manque de credibilite. Telespectateur assidu de Canal Algerie a londres ou je reside depuis 20 ans, Je suis frappe par l’eloquence des journalistes et intelectuels algeriens lorsqu’ils manient la langue Francaise.

Quel contraste avec nos journalistes hexagonaux !. Habitant en angleterre, les anglicismes saugrenus et omnipresents ne me font pas sourir

La culture francaise dont j’essaie d’etre un ambassadeur a ma maniere en Angleterre est en plein declin. La nostalgie sterile que les musumans eprouvent fera bientot parti de l’imaginaire des francais !

Comme l’indique YA-SIN le carcan politico-religieux des societes musulanes empeche un renouveau de la pensee. Il me semble que chaque Musulman est responsable de son propre salut et ne peux interceder en faveur de qui que se soit. Donc quelle est l’utilite d’une police religieuse.

Lorsque je me ressource en France je suis choque par la pauvrete des rapports humans en comparison avec les societes musulmanes. Lisez le livre de Micel houellebecq "les particules elementaires.

C’est ce que souligne Hele Beji dans son remarquable essai, "Une force qui demeure". Ahmed Manai, directeur de l’Institut tunisien des relations Internationales ecrit a propos d’hele Beji : "Elle a pu grace a la tolerance de ses parents, observer les traditions sans en subir les containtes ni les interdits. Elle y a decouvert un monde spirituel ou s’est forge l’itineraire de sa liberte."

Par Lola - le 13 novembre 2007

Encore un petit truc, Taremaillac, juste le temps de ma petite pause internet qui a remplacé ma pause cigarette (une addiction contre une autre et Dieu seul sait laquelle est la + nocive mais, bah !).

Vous n’arrêtez pas de parler, (les autres aussi, rassurez-vous), de misère dans les pays arabes ou musulmans.

Etes-vous donc aveugle à ce point pour ne pas voir, pour occulter, l’immense misère qui sévit en Occident ?.

Certes, elle n’est pas la même que celle qu’on vous présente tous les soirs au journal de 20 heures sur TF1.

Elle se dissimule plutôt bien mais n’en n’est pas moins réelle et profonde.

Par Lola - le 13 novembre 2007

A Taremaillac,

Je pourrais vous répondre point par point mais cela serait trop fastidieux pour mes petits moyens.

Une seule chose : j’ignore ce qu’est la haine. Mais la colère, ça oui, je n’en suis pas encore guérie !

Depuis que j’ai ouvert les yeux dans ce monde, je n’ai connu que le racisme anti-arabe et anti-arabo-musulman (avec de merveilleuses années de répit après l’Indépendance de l’Algérie) !.

Et je suis kabyle.

Je n’ai pas choisi de vivre en France et cela ne me gêne aucunement d’y être vue comme algérienne, bien au contraire.

Mais je tiens à vous dire que ma présence ici n’a rien d’illégitime quoique vous en pensiez.

Et j’aime la France qui est l’un des plus beaux pays au monde.

Et j’adore Paris.

Et je rend visite à sa patronne, Sainte Geneviève ainsi qu’à Sainte Catherine Labourré.

Et j’entre dans ses magnifiques églises.

Et je visite les Tombes des rois de France.

Et je m’intéresse au plus haut point à son histoire, surtout médiévale.

et puis et puis ... .

Il existe une France qui m’est très proche et qui ne semble pas être la vôtre.

Désolée.

Par Taremaillac - le 13 novembre 2007

Je ne suis pas de ceux qui tournent autour du pot : bien sur que l’assimilation est la cle de la paix sociale. Le multiculturalisme dans un pays comme la France ne mene qu’a des conflits. L’integration est un mot issue des media qui ne signifie rien du tout : bien des musulmans sont integres et pourtant toujours vus comme des etrangers. L’assimilation ne passe pas par une negation de sa conscience ou de sa religion, mais par l’acceptation de l’identite Francaise si on a vocation a vivre et mourir en France, fonder une famille en France, bref, etre Francais.

Le probleme avec des gens comme vous, Lola, outre votre rage et violence sous-jacentes, c’est que vous vous considerez comme Algerienne et que vous refusiez de vous assimilee a la France. C’est votre droit le plus absolut, mais alors vous devez en assumer les consequences a l’egard de la communaute nationale qui vous voit telle que vous vous presentez : une Algerienne, donc une etrangere. Encore une fois, c’est votre droit le plus legitime. De nouveau, ne vous etonnez pas de n’etre pas completement Francaise, consequence naturelle de votre choix.

Je ne suis pas un barbare. Je suis contre toute forme de torture ou mutilation. Je ne souhaite emasculer personne, avec ou sans guillemets.

L’imaginaire auquel je fais reference est celui mentionne avec brio par Georges. Si cet imaginaire est depasse pour les musulmans des pays musulmans, il doit l’etre d’autant plus pour les musulmans en Europe. Or, ce n’est pas le cas. Il suffit pour s’en convaincre de lire les interventions telles que les votres. Par consequent, si les musulmans en terre d’islam sont vautres dans un delire imaginaire, que dire de vous et vos accolites en France, Lola ? Vous aurez assez de resources cerebrales pour repondre a cette question, j’en suis sur, mais il vous manquera le courage d’accepter que vous avez eu tort durant toutes ces longues annees a precher votre opinion a vous meme et autour de vous, jusqu’a ce forum.

Personne ne parle de table rase. Personne ne parle de se detacher de quoi que ce soit.

Vous n’avez pas compris les mains article qu’oumma.com consacre a la oumma : il n’existe pas d’oumma. L’oumma est tellement heterogene dans sa constitution depuis l’egire jusqu’a nos jour qu’il ne convient pas de parler d’un ensemble de reference mais plutot d’un ensemble de referant : le Coran, les Haddiths principalement. Et encore, faute d’instruction adequate, la transmission des savoirs est limitee, voire erronee dans bien des cas en fonction de la tradition locale et des specificite ethniques et regionales.

Croyez vous que croire, ou ne pas croire, influe un tant soit peu dans l’approche des problemes souleves par l’article de Georges ? Allez-vous jetter l’anatheme sur les kaufars, leur denier l’intelligence de comprendre les ressorts de l’article et des problematiques qu’il souleve ? Vraiment, je me demande si vous avez autant de tolerance que vous en exigez des autres...

L’islam a le vent en poupe, c’est vrai. Le fait que les pays musulmans soient souvent pauvres, mal eduques et en plein boum demographique resultant d’une gestion socio-economique catastrophique ne vous chagrine pas. Le fait religieux s’est toujours inspire de la misere materielle et morale, mais ca, vous n’y pretez aucune attention.

Attention : je parle ici de l’islam dans les pays pauvres en tant que fait religieux, non pas en tant que religion. Le meme phenomene a lieu dans toute les societes lorsque la misere regne : les ames se refugie a l’ombre du ou des dieux disponibles.

Vous me reduisez a un fetu de paille. C’est courtois. C’est gentil. Ca vous grandit d’ailleurs. Sachez que ce fetu de pays que je suis se doit d’etre compare a la poutre que vous avez dans l’oeil et dont vous n’etes meme pas consciente.

Je remercie oumma.com, avec qui je ne suis pas toujours d’accord, loin de la, car certains articles sont des gages certains a un debat ouvert, eclaire.

Lola, vous voyez la haine partout. Je ne hais point. Je peux dire par contre que ce sentiment ne vous est pas etranger. C’est d’ailleur ce sentiment qui vous pousse a ecrire, certainement pas je ne sais quel elan de charite.

Si vous vous exprimez en Arabe, ecrivez en Arabe. C’est une tres belle langue, avec une tres belle calligraphie, comme en ont temoigne les artistes en terre d’islam depuis des siecles. N’allez pas ridiculiser et desacraliser une langue en la transposant dans un Francais des plus inadaptes, des plus inintelligibles, des plus laids.

Je ne partage pas les valeurs qui sont colportee par des paroles sans saveurs. Je suis de ceux qui jugent sur les actes

Vous suggerez que l’Occident cherche a dominer les autres dans le but de les spolier, les humilier, les déposséder de leur âme, leur Etre profond : c’est une accusation grave. Vous qui etes Algerienne, connaissez-vous l’histoire tragique des Berberes lors de l’invasion Arabe de l’Algerie ? N’ont-ils pas ete spolies, humilies, depossedes de leur ame (au sens propre), de leur etre profond ? Aujourd’hui encore, la majorite arabe Algerienne a du mal a accepter les Chaouis ou les Kabyles.

Que dire des Indiens, des Incas, des Chinois etc. Comprenez-vous que conquerir et dominer est le moteur meme de l’histoire jusqu’a nos jours ? Que tous les peuples l’ont fait ? Que tous l’ont tente ? La poutre a laquelle je faisais allusion tout a l’heure est gigantesque, votre parti pris sans limites, et parfois votre ignorance abyssale.

Votre definition du "vivre ensemble" (Nous voulons vivre aux côtés des autres dans le respect, la dignité. Partager avec eux ce qui nous lie et cultiver ce qui nous différencie comme on cultiverait un jardin de fleurs pour un concours de beauté.) est centree sur le communautarisme impose a l’autre, a la mode anglo-saxonne, contraire a la tradition assimilitracie Francaise.

Je ne juge pas : je dis les choses telles qu’elles sont.

Vous vous exprimez toujours au nom des musulmans : vous suremployez le "nous". Parlez donc pour vous meme et laissez les millions de musulmans de France tranquilles.

Dites : je. Assumez vos choix de vie, et les consequences qui vont avec.

Dans l’espoir de vous avoir eclaire la conscience un tant soit peu, chere Lola, je vous salue.

Taremaillac.

PS : Amazon,

Je ne traite pas, j’echange de maniere directe et souvent appropriee. J’aborde les poblèmes des pays arabos musulmans avec mes gros sabots de colon ? Je vous trouve pour le moins insultant, surtout apres avoir dit dans une intervention precedente tout le mal que je pense de la colonisation, un crime contre l’humanite, tout simplement.

Vous parlez de l’Algerie en ignorant tout. L’Algerie post independance etait sous l’egide du FLN qui a vire plus d’un million de pieds noirs, et de Boumedienne qui etait de meche avec l’Union Sovietique et les non-alignes. La France a ete pendant tres longtemps persona non grata en Algerie. Si vous ne savez pas cela, vous etes inculte, ou ignorant. Si vous le savez, vous etes de mauvaise foi. Le modele sovietique a ete en Algerie le modele de collectivisation des terres arables ainsi que de la strategie economique, et cela a genere de gros degats. L’Algerie exangue economiquement s’est tournee vers l’ancienne puissance coloniale au milieu des annes 80, merci Chadli. Aujourd’hui, Bouteflika joue sur tout les tableaux : USA, Europe, Russie et bien sur USA. Alors, s’il vous plait, arretez le coup "du gouvernement Français qui à mis, maintenu, soutenu et armé la junte au pouvoir."

Vous poursuivez dans l’invective et l’insulte en disant que je souhaite "voir les pays arabos musulmans s’enfoncer un peu plus dans la mouise." Je souhaite le developpement et le progres pour tous. Je dis seulement que beaucoup de pays musulmans sont structurellement dans une impasse car le deficit democratique entraine une panne economique qui fait perdurer la misere ; C’est un long sujet.

Contrairement a ce que vous dites, je ne suis pas dans l’imaginaire d’une France glorieuse. J’ai dis, et je re-dis donc, que la France doit faire son travail de memoire coloniale comme elle essaye de faire son travaille de memoire Vichiste, que la France n’est pas en mesure d’influer sur la marche du monde, et notament les grands conflits et que la liberte d’expression est extrement limitee. Par contre, c’est un pays a nul autre pareil, une terre riche en culture, en histoire, une terre d’une beaute exceptionnelle, peuplee par des gens hors du commun.

Vous y vivez bien, non ?

Par Amazone - le 13 novembre 2007

Oh Tarmaillac vous voilà de retour et comme de coutume, fidèle à vous même du moins dans la façon de traiter tout intervenant sur ce site, qui ne défend pas votre point de vue. Je l’ai ecris lors d’une intervention précedente, vous abordez les poblèmes des pays arabos musulmans avec vos gros sabots de colon.

Vous dites que la situation de l’algérie depuis l’indépendance est due à une serie d’erreurs et de mauvais choix, là vous avez raison et le plus mauvais choix a été celui du gouvernement Français qui à mis, maintenu, soutenu et armé la junte au pouvoir.

Vous vous régalez à déceler dans les interventions des auteurs tout ce qui conforte votre conviction mais surtout votre souhait le plus intime, celui de voir les pays arabos musulmans s’enfoncer un peu plus dans la mouise.

Vous dites que certains sur ce forum sont encore attachés à cet imaginaire de oumma, ils sont comme vous qui êtes attaché à cet imaginaire qui consiste à croire que la France est encore le pays des droits de l’homme et le pays des lumières, ils sont comme vous ils vivent une époque révolue, qui a fait la grandeur de leur civilisation, tout comme vous ils vivent sur des acquis. Peut-on leur en vouloir comme à vous d’ailleurs de vivre dans l’illusion ?

Par Lola - le 13 novembre 2007

Taremaillac est un assimilationiste qui s’ignore (peut-être).

Il dit :"certains sur ce forum sont encore attachés à cet imaginaire, en France, en plus !".

Taremaillac veut nous "émasculer". Il veut que notre imaginaire ne soit peuplé que par ses propres fantômes.

Taremaillac voudrait que l’on procède à une révolution culturelle à la Mao.

Table rase !.

Je suis d’accord pour dire que la civilisation arabo-musulmane, c’est du passé et je l’ai écrit.

Faudrait-il pour autant s’en "détacher" ?.

Les valeurs musulmanes et arabo-musulmanes sont ancrées en nous, à quelque degré que ce soit, depuis longtemps et sont toujours aussi vivantes, vécues et renouvelées constamment de façon collective ou individuelle.

Et c’est ce qui forme, précisément la Oumma.

Peut-être faudrait-il être croyant pour le comprendre.

La revivification de l’Islam - malgré les ratés extrémistes qui ne sont que l’arbre qui cache la forêt - est une réalité.

Face à ce phénomène, Taremaillac, vous n’êtes qu’un fétu de paille.

Vous avez raison de remercier (un peu de chaud, un peu de froid ...) Oumma.com de vous publier ...

et nous, malgré ce que vous répandez de ce que j’appelle "la haine courtoise" (une spécialité française), nous avons la charité de vous faire exister par nos réactions et nos réponses.

Wa Salam alaïkum ala kulli hal.

N.B. : traduction "paix sur vous, quelque soient les circonstances".

Partagez-vous cette valeur ?.

Encore autre chose :

Nous ne voulons ni ne cherchons à dominer les autres dans le but de les spolier, les humilier, les déposséder de leur âme, leur Etre profond.

Nous voulons vivre aux côtés des autres dans le respect, la dignité. Partager avec eux ce qui nous lie et cultiver ce qui nous différencie comme on cultiverait un jardin de fleurs pour un concours de beauté.

Par oumma.com-uk-fan - le 13 novembre 2007

"La civilisation des lumieres" louee par G. Corm a engendre un monstre : La civilisation occidentale dont les exces nous ameneront a la destruction prochaine de la planete.

Dans "la crise du monde moderne" , ouvrage redige en 1927, Rene Guenon predit les grands boulversements auxquels nous devons faire face.

La perte du sacre en Occident s’est traduite par un glissement conceptuel du theocentrisme vers une vision anthropocosmique. Malheureusement le phenomene de mondialisation accentue l’occidentalisation de toute la planete. Or, selon Rene Guenon le retour aux principes spirituels chretiens gouvernant l’ Europe ne peut se realise que par l’influence des societes traditionelles d’Orient. Role que pourrait jouer l’Islam, l’Indouisme ou le Boudhisme

Les civilisations musulmanes sont en difficulte, mais loin d’etre un frein, leurs aspect traditionel est un avantage. C’est la valeur spirituelle de l’Ihsan qui intoduit le croyant a l’intention de perfection, lui permettant de reflechir avant d’agir et de se transcender dans l’ action quotidienne. "Et quant a ceux qui luttent pour notre cause, nous les guiderons certes sur nos sentiers. Allah est en verite avec les bienfaisants (coran 29:69)

Par Ya-Sin - le 13 novembre 2007

Avant de prescrire le remède,on se doit d’identifier le mal pour poser un dignostic...

C’est ce que fait Georges Corm,comme tant d’autres avant lui tels Malek Bennabi("si nous avons été colonisés c’est que nous étions colonisables"in La Vocation de l’Islam)ou Edward Said, dans ses multiples réflexions, ou les nombreux penseurs et artisans de l’art que furent les formidables instigateurs de la Nahdha.

Les linguistes de l’époque(pour ne citer qu’eux)ont su épurer lourdeurs et redondances en usage dans la langue (véhicule vernaculaire dans toute société)arabe et en extraire les locutions d’origine européenne,afin de permettre par cette adaptation à la modernité une familiarisation aisée des peuples concernés.

Adaptation qui nous serait propre par la recherche et l’élaboration de concepts correspondants à notre culture.

Il en fut ainsi de la littérature,architecture,philosophie,politique,peinture,etc...cela sans la moindre entrave identitaire ou religieuse et en toute liberté.

Cette constriction mentale actuelle sur un passé,certes glorieux et honorable mais désuet,dont les oripeaux ne sont qu’hypothétiques, est totalement imaginaire et signe,par l’incapacité des peuples issus de cette civilisation à se remettre en question et/ou à appréhender sa raison d’ètre et son devenir face aux enjeux contemporains de toute sorte,une décadence abbyssale.

En accord avec Bennabi,sous le prétexte fallacieux du fait religieux, dont l’aspiration temporelle réelle est l’atteinte de la perfection,l’homme qui se dit ètre musulman,aveuglé par la distorsion de sa compréhension de l’engagement religieux et la non appréhension de la voie ardue que cela nécessite, est convaincu d’ètre parfait,qu’il n’a aucun effort a fournir pour se corriger ou s’améliorer parce que musulman.

Cette confusion,génératrice d’une paresse intellectuelle incommensurable,engendre,à contrario,une capacité irrésistible à singer les pires aspects d’une sous-culture mondialisée insipide et périssable.

Il suffit de constater ce que sont devenus les idiomes en usage au Maghreb où,un certain temps, il fut de bon ton de s’appliquer à baragouiner un francarabe ou francamazigh avec un acharnement tel que les populations,aujourd’hui,en ont perdu leur"latin"originel...

Ils ne savent bien parler ni le français ,ni l’arabe,ni le tamazight...

On ne peut nier l’impact négatif des dégats occidentaux dans nos contrées (colonisations,soutien sans faille aux dictatures locales,exploitations immorales des ressources,etc...)impact qui n’est qu’UN des facteurs favorables à notre déchéance.

Les autres facteurs nous incombent et il est de notre responsabilité à nous recentrer(comprendre nous reconnaitre),en tant que partenaires passés et futurs contributeurs à cette formidable aventure civilisationnelle, sur notre état actuel en circonscrivant nos aspirations avec ce que cela demande d’effort intellectuel et humain pour enfin les réaliser.

Il en va de notre survie...

Comme l’a dit le très regretté feu Edward Said,j’espère que quelqu’un m’écoute...

Par faridb - le 12 novembre 2007

Bonjour, salam,

Ce qui ne fera pas polémique à mon avis c’est que « les musulmans d’hier ne sont pas ceux d’aujourd’hui »

« La rétraction des identités complexes des peuples de la région dans le religieux ou dans des nationalismes ombrageux et étriqués– et souvent un mélange des deux – constitue un appauvrissement considérable de la richesse culturelle dont nous sommes les héritiers au Moyen-Orient. C’est évidemment l’expression de la décadence et de la dynamique d’échec que nous vivons collectivement en tant qu’Arabes. Nous avons, en effet, un patrimoine grec très important (treize siècles au moins de présence grecque ininterrompue au Moyen-Orient), ainsi qu’un patrimoine syriaque, araméen, phénicien, sans oublier l’important patrimoine arménien, et surtout sans oublier le patrimoine Amazigh au Maghreb et le Kurde au Machrek. Tous ces riches patrimoines ne sont pas intégrés dans nos cultures, qu’elles soient turque, iranienne ou arabe, et nos connaissances historiques »

La non-connaissance d’un patrimoine islamique par les population du Maghreb ou du Moyen Orient ne doit pas incombé exclusivement aux peuples comme pourrait le laisser croire ce paragraphe qui mérite d’être nuancer. L’héritage de la civilisation musulmane dans la culture des musulmans ou simplement dans leur connaissance d’aujourd’hui est très superficielle. Ce qui est intéressant c’est que les musulmans vivant dans les sociétés occidentales sont exactement dans la même situation d’ignorance. Pourquoi ? La connaissance académique normalement détenue par des chercheurs, des professeurs, des histoiriens a tres peu été favorisée par les structures étatiques d’éducation ou de recherche aussi bien dans les pays musulmans qu’en France. Il y a donc une responsabilité des structures gouvernementales qui ne favorisent pas l’enseignement ou la recherche dans le domaine de la civilisation musulmane. La plupart des étudiants ne s’oriente pas vers ce domaine qui est peu valorisé et qui présente peu de débouché. On peu évoquer pour consolider mon argumentation qu’une des raison de l’essor des sciences arabes ou musulmanes est qu’il a été encouragé par les califes de l’empire musulman. Pratiquement toutes les communautés religieuses ont participé à l’essor des sciences islamique (chrétiens, juifs comme Maimonides …). C’est donc un patrimoine mondiale on peut donc élargir la critique à l’humanité qui a du mal à reconnaître l’héritage de la civilisation des pays d’islam. Nombreux sont ceux qui passent du corpus grec au corpus européen. Alors que deux siecles (8 et 9ième siecle) durant les musulmans ont traduit les divers travaux des grecs, des indiens … puis révisés (revues et même corrigés) et améliorés le corpus initiale avec création du 9 au 14 ème siècle de nouvelles disciplines comme l’algebre, la trigonométrie …

Enfin une dernière remarque au sujet de l’écroulement de la civilisation islamique ; le premier facteur est avant tout interne. Divisions, guerres, rupture des routes du commerce qui ont fragilisé cet empire que les 8 ou 9 croisades successives (Francs, Mongols) ont définitivement achevé. Le facteurs endogenes sont important pour expliquer la chute de l’empire islamique.

Par Taremaillac - le 12 novembre 2007

Ideal,

Vous n’etes pas un ignorant. Vous etes un ignare.

Vous pensez sincerement que l’apres petrole n’est pas en gestation dans les puissances de ce monde depuis le premier choc petrolier ? Vous pensez sincerement que la France depend du petrole a ce point ?

Voyez-vous, le status quo au niveau de l’energie fossile est maintenu car les plus grands profiteurs de l’or noir sont les grands groupes petrolier US, Europeens et Asiatiques. Ils font tellement d’argent qu’ils s’achetent les brevet en tous genre, discreditent le changement climatique et genere des guerres a go-go.

Toutes les puissances ont un plan B pour les ressources energetiques, seulement le petrole c’est ce qui rapporte le plus aux acteurs cles du monde politico-economique.

Autre chose : arretez de nous bassiner avec le prix du baril. Celui-ci est contenu par la baisse effarante du dollar US, et vu qu’on paye la facture en dollar, elle nous coute moitier moins cher pour un baril deux fois plus cher qu’a l’epoque du baril a 40$.

En parlant de l’eau en Algerie, vous faites sans doute reference au projet irresponsable de pomper la nappe Albienne. Si vous aviez lu les ouvrages de l’excellent scecialiste Algerien de l’eau, le professeur Mohamed Larbi Bouguerra, vous sauriez que l’Algerie est en proie a une crise de l’eau sans precedent et que la meilleure maniere d’y faire face n’est pas de delapider les grandes nappes : celle-ci seront epuisees tres vite et ne se renouvelleront jamais, faute de precipitations adequates. La gestion de l’eau est primordiale, sa preservation et son economie egalement. Les politiques Algeriennes sont tardives et prises pour le court terme. Extremement grave.

Les USA, les Russes et les Europeens font les yeux doux aux generaux Algeriens pour leur vendre des armes, de la technologie nucleaire ou des supermarches et des McDonald’s, pas pour leur acheter de l’eau dans l’avenir.

La situation actuelle de l’Algerie depuis l’independence est due a une serie d’erreurs et de mauvais choix, d’un deficit democratique et d’une politique inadaptee a une croissance demographique exceptionnelle. Si c’etait seulement la fautes a des corrompus aux pouvoir, tous les pays seraient dans la meme situation que l’Algerie, enfin !

Ideal, vous avez demontrez votre incapacite a pensez par vous meme. Vous abandonner tous sens critique pour glorifier l’Algerie. Revenez a la realite.

Taremaillac.

Par Taremaillac - le 12 novembre 2007

Quel entrevue splendide ! Georges Corm est dans la lignee des esprits libres et brillant du Liban.

Ce passage fait echo a ce que j’essaye d’exprimer a longueur d’interventions :

"Probablement, cet attachement viscéral à la notion très imaginaire de Oumma et de civilisation ou de valeurs musulmanes ou arabo-musulmanes ne fait que traduire une réaction psychologique de compensation à l’état de déchéance dans lequel sont plusieurs sociétés qui ont pour religion principale l’Islam. C’est un remède qui aggrave le mal en figeant les capacités créatives et de renouvellement de l’esprit, de la culture et même de la vraie spiritualité religieuse dont nous avons tant besoin, en ces temps de fanatisme religisio-politique."

Certains sur ce forum sont encore attaches a cet imaginaire, en France en plus !!!

Bravo oumma.com : publier ce type d’article eclair par bien des aspects les debats sans issues qui ponctuent la vie des musulmans partout dans le monde.

Je vais m’empresser d’aller acheter l’ouvrage de Georges.

Bien a vous.

Taremaillac.

Par ideal - le 12 novembre 2007

réponse à Lieutenant :

Vous oubliez un détail c’est que sans le pétrole c’est la catastrophe pour la France, il suffit de voir seulement les problème qu’engendre l’augmentation du baril de pétrole...

L’Algérie en plus d’avoir du pétrole, du gaz a la plus grande nappe d’eau potable au monde, l’or blanc que beaucoup viendront mendier dans quelques années...c’est peut être pour cela que des pays comme les Etats Unis ou la France font les yeux doux aux généraux algériens.

Vous avez raison raison quand vous dites que l’argent ne profite qu’à une minotité, alors que le peuple vit dans la misère et la précarité. Ceci s’explique par le fait que l’algérie a à sa tête un gouvernement totalement corrompu (soutenu par la France en autre) et non pas parce que ce pays n’a pas les moyens...

Par Lieutenant - le 12 novembre 2007

Réponse à Idéal

J’ai éclaté de rire à la lecture du post d’ideal. L’Algérie est un pays du tiers-monde qui ne vit que grâce à l’argent du pérole et du gaz. L’Algérie sans le pétrole et le gaz est un pays qui serait ruiné. De l’argent qui ne profite qu’à une minorité, le peuple algérien se débat dans la misère et la précarité. La France est un pays qui peut vivre de son agriculture, alors que l’Algérie importe tout sur le plan agricole, y compris des pommes de terre.

La France est un pays indépendant qui est beaucoup moins dépendant que l’Algérie qui est obligé de confier la gestion de son nouvel aéroport à des équipes française. L’Algérie en est même réduit à confier à la RATP la gestion du futur métro d’Alger. L’Algérie n’est même capable de faire fonctionner un métro. On sait aussi que le Président Algérien Abdelaziz Bouteflika vient se faire soigner en France. Ou est la médecine algérienne ; laissez-moi rire… quand on parle de fierté et d’indépendance algérienne… Georges Corm a parfaitement raison, son constat sur la situation du monde arabe est juste et incontestable !

Par Jamila - le 12 novembre 2007
Georges Corm est d’une grande lucidité. On aimerait tant voir une telle lucidité parmi ceux qui gouvernent au Proche-Orient qui pensent surtout à se maintenir au pouvoir, quitte à plonger dans la servitude et la pauvreté des millions d’individus, victimes de la mégalomanie de dirigeants.
Par tariq - le 12 novembre 2007

Merci pour cette excellente interview, qui donne à réfléchir sur beaucoup d’aspects de l’histoire des peuples musulmans. Je partage pour l’essentiel l’analyse que fait Georges Corm de l’histoire et de la situation actuelle des peuples musulmans.

L’islam a joué un rôle moteur dans la relance de la vie culturelle et de la civilisation dans de nombreux Etats de la région. Mais, ce n’est pas le fait d’être musulman qui a favorisé cet épanouissement de la civilisation islamique. Si c’était le cas, et comme nous sommes musulmans aujourd’hui aussi, comment se fait-il que les pays musulmans connaissent une telle décadence ?

Il est plus juste de considérer que ce sont les dirigeants de ces Etats musulmans, à différents moments de l’histoire, qui ont favorisé ou freiné ces développements, selon leur propre conception des choses, et sans grand lien en général avec la religion.

Par exemple, le calife al-Mamun (fils de Harun al-Rashid) a grandement favorisé l’épanouissement de la vie culturelle de son époque, en créant Bayt al-Hikmah et en invitant les plus grands savants de son temps (de toutes origines) à y travailler. Cela a duré une trentaine d’années, puis cette parenthèse a été refermée par ses successeurs et la rigidité de pensée s’est substituée à l’élan de pensée libre et foisonnante qu’al-Mamun avait favorisée.

Il faut aussi se rappeler que les conquêtes arabes, s’étendant jusqu’en Espagne et aux fins fonds de l’Asie, ne se sont pas faites dans le but de proclamer le message divin. Elles ont généralement été dictées par des considérations politiques, stratégiques et mercantiles, tout comme les conquêtes romaines avant elles, par exemple.

L’islam était tolérant sur le plan religieux, laissant les habitants des pays conquis choisir entre la conversion à l’islam, ou le maintien de leur propre religion, à la seule condition qu’ils paient une jezya (taxe).

Mais, les chefs musulmans ont encouragé les habitants des pays conquis à préserver leur religion, parce qu’ils étaient plus intéressés par la collecte de la jezya, grâce à laquelle les califes pouvaient mener grand train.

Il est donc utile de garder les choses en perspective, et de ne pas substituer la mythologie à l’histoire, quand on veut essayer de comprendre les causes de la grandeur et de la décadence des peuples musulmans.

Il ne faut pas non plus attribuer le déclin et la chute de la civilisation arabe aux colonisateurs européens, mais bien aux dirigeants des pays musulmans qui, pendant des siècles, ne se sont préoccupés que de leur propre bien-être. Les Européens ont saisi l’occasion de cette défaillance généralisée des structures étatiques pour s’emparer de ces pays, mais peut-on le leur reprocher, dans un monde où, aujourd’hui comme hier, c’est toujours le fort qui domine le faible et l’exploite pour son propre profit ?

Aujourd’hui, beaucoup de tribuns politiques musulmans expliquent que le rétablissement de la « ummah » islamique unifiée est le fondement de la renaissance de la communauté musulmane. Mais, c’est vraiment un vœu pieux et une proposition tout à fait illusoire.

Plus prosaïquement, si les peuples musulmans veulent retrouver une partie de leur gloire passée, ils ne pourront compter que sur leurs propres efforts individuels, chacun dans le cadre de son territoire, pour établir un cadre politique, économique et social qui peut aider au développement du pays, au bénéfice de l’ensemble de la population.

Ce ne sera pas le cas, cependant, tant que les clans au pouvoir dans chaque Etat se contenteront de profiter de leur situation, en faisant tout pour que ça dure, sans se préoccuper du reste de la population. Ces clans, pour consolider leur pouvoir, ont recours à la religion pour justifier toutes leurs exactions, et trouvent malheureusement beaucoup de gens pour croire de bonne foi en leur bonne foi.

Par Lola - le 12 novembre 2007

Je ne sais pas à quoi veut en venir Georges Corm en affirmant une évidence, à savoir que la "civilisation musulmane n’existe pas".

Mais pour toute la deuxième partie de cet interview, je salue sa lucidité.

La "Renaissance" des peuples ou nations du Moyent-Orient et du Maghreb doit être de l’ordre de l’endogène vers l’exogène et non du mouvement inverse.

Je crois sincèrement que l’occident devrait y trouver son intérêt en tant que "civilisation" car le choc d’une double (ou multiple si on y adjoint les autres sensibilités culturelles) décadence risque de ne provoquer que heurts et malheurs.

La "mondialisation" devrait théoriquement et naturellement produire ces effets (organisation de groupes humains autour d’un dénominateur commun) mais, malheureusement, par le conflit et le rejet de l’autre.

Ne pourrait-on pas envisager ces bouleversements de façon plus pacifiques ?, plus harmonieuses ?.

Comme Mr. Corm, je déplore le suivisme et le mimétisme morbides de la plupart des moyen-orientaux et des maghrébins instruits.

Un exemple : quand je lis les journaux algériens, je constate que les sujets de préoccupations sont calqués purement et simplement sur ceux des médias ou de l’intelligentia français et ce, au détriment ou, disons-le, au mépris des vrais problèmes des algériens.

C’est grave et comme je suis algérienne, permettez-moi d’ajouter : "ils méritent mieux".

J’apprécierais que les intellectuels occidentaux changent de posture à leur égard et renvoient les intellectuels moyens orientaux et maghrébins à leurs responsabilités plutôt que de se les assimiler ou les confiner à de vaines tâches.

Pour appuyer ce qui précède, il me suffit de dire ici que je ne suis ni intellectuelle ni même instruite et que, pourtant, je fais l’effort d’essayer d’en parler alors que ce n’est pas mon rôle de le faire.

Wa Salam.

Par Ideal - le 12 novembre 2007
Réponse à Lieutenant : Votre analyse de la situation dans les pays arabes me semble un peu simpliste. Dire que les pays arabes sont des pays dépendants à tous les niveaux, est un peu simpliste. Dans le cas de l’Algérie pour ne prendre que cet exemple on se demande qui de la France ou de l’Algérie dépendant le plus l’un de l’autre, quand on sait que la France puisent son pétrole et son gaz en algerie ?
Par André Paul - le 12 novembre 2007
On peut en dire autant de la Chrétienté. L’occident est comprise comme terre de chrétienté, mot que l’on utilise pas, alors que l’on parle sans cesse de terre d’Islam. Pour moi la terre n’a pas de religion, mais seuls les hommes (et femmes) crée à l’image de Dieu peuvent avoir cette relation verticale dont parle un intervenant. Je reviens du Maroc, je ne pense pas que ce pays vit de l’aumône des pays occidentaux. Certes les pays riches et notamment la France y investit, mais c’est un échange entre deux deux peuples qui ont pas mal de choses en commun.
Par Ali - le 12 novembre 2007

Merci Monsieur Corm pour votre expertise de qualité.

Les diéfferntes invasions culturelles n’ont pas affecté l’immunité de la communauté musulmane, laquelle a vivement réagi grâce à son propre système d’autodéfense. D’où la naissance de mouvements de réforme et de résistance ayant eu pour tâches de contrecarrer les attaques coloniales, de sauvegarder la religion et d’œuvrer pour le changement nécessaire. Parmi ces mouvements, les plus importants furent initiés par Mohammed ibn Abdul Wahab, Djemeleddine Al-Afghani, Rachid Rida, Mohammed Abdou et bien d’autres.

Bien que l’histoire de l’Islam regorge d’expériences dans ce domaine, on se bornera aux derniers mouvements de réforme.

Dès la fin du 18e siècle, la réforme (islah) fut l’objet d’un vaste débat qui a dominé l’actualité de l’époque. De nombreux penseurs et savants prirent la tête de ce puissant mouvement. Parmi les plus célèbres, on peut citer l’Arabe (d’Arabie) Mohammed ibn Abdel-Wahab (mort en 1792), l’iranien Djamal Eddine Al Afghani (mort en 1897), l’égyptien Mohamed Abdou (mort en 1905), le syrien Rachid Rida (mort en 1935), l’algérien Ibn Badis (mort en 1940) et l’indien Mohammad Iqbal (mort en 1940).

Par amazone - le 12 novembre 2007

Réponse à Sylvie :

Il n’y a dans les pays arabos musulmans aucune prédisposition à la Dictature.

Tous les peuples musulmans, chrétiens, juifs, bouddistes ou athés ont soif de liberté et les peuples arabos musulmans pas moins que les autres. Avec l’avénement de l’islam les musulmans n’ont pas attendus l’occident pour s’organiser en démocratie et ce durant plusieurs siècles.

Le problème comme vous pouvez vous en rendre compte c’est que les pays dont vous parlez comme l’Egypte, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, le Liban, la Lybie etc, sont des pays anciennement colonisés ou anciennement sous protectorat.

Peut-être y a t-il une réaction de cause à effet. Qu’en pensez vous ?

Par Demo - le 12 novembre 2007
Le vrai problème est que la démocratie implique que les forces politiques soient prêtes au compromis, ce qui suppose une certaine dose de confiance en l’adversaire. Or, au Moyen-Orient, perdre le pouvoir signifie souvent du même coup perdre la vie pour l’individu ou sa communauté.
Par Sylvie. E - le 12 novembre 2007
Comment se fait-il que le monde arabe semble échapper à la vague de démocratisation qui, de l’Amérique latine à l’Asie du Sud-Est en passant par l’Europe de l’Est, a balayé, ou du moins profondément transformé, les régimes autoritaires qui y sévissaient au cours de la dernière décennie ? Y aurait-il une « exception arabe », liée à une culture moyen-orientale ou islamique prédisposerait à la dictature et tiendrait à l’écart toute perspective démocratique ?
Par Farouk - le 12 novembre 2007

aujourd’hui, le monde arabe ne pèse pas grand-chose comparativement aux autres ensembles géopolitiques ou économiques. En dépit de quelques avancées indéniables, le monde arabe n’a pas réduit significativement son retard de développement.

L’influence de la nation arabe sur la scène internationale ou sa position, au plan de la puissance économique comme à celui du bien-être social, n’est certainement pas en rapport avec les ressources naturelles et humaines dont elle est dotée. La raison de la faiblesse du monde arabe résult de la dispersion des efforts et de la division des pays arabes.

Par Lieutenant - le 12 novembre 2007
Les pays musulmans sont des pays dépendant à tous les niveaux. Ils ne sont pas maîtres de leurs destins et certains d’entre eux, (Egypte Jordanie, Maroc) et d’autres encore vivent de l’aide et de la « charité » des puissances occidentales. Les musulmans vivant en terre d’islam, rêvent de quitter leurs pays pour venir travailler en terre occidentale. Ce qui est paradoxal ! L’échec de ces pays musulmans à construire des sociétés riches, égalitaire et libres est un échec cuisant sur toute la ligne. La vérité est dure à encaisser !
Par Mohamed - le 12 novembre 2007

Bismillahi ar Rahmani ar Rahim

Wa as salam alaykoum wa Rahmatoullahi wa Barakatouhou

Au passage un salut a Said en le remerciant pour le reportage qu’il a fait.

Au dela de ce satisfecit je voudrais poser une question (et non pas statuer)à savoir est ce qu’on peut identifier sur le même plan l’esprit de la communauté et la civilisation ? Il me semble que si la communauté Musulmane peine à exister telle que notre Saint Prophète (saws) l’avait instruit en revanche la civilisation n’est elle pas l’accumulation du passé et du présent qui laisse dans le sillon de l’histoire les monuments historiques les écrits et autres oeuvres d’arts liées à l’esprit de la religion ? Et dans ce cas peut on dire que la civilisation Musulmane n’existe pas ?

Fi aman illah wa as salam alaykoum wa Rahmatoullahi wa Barakatouhou

Mohamed GIDICEM

Par Jason - le 12 novembre 2007
L’ internaute « chakmed » qui a une vision de l’histoire caricaturale avec des bons et des méchantes oublie de dire qu’il y a également eu des massacres au cours des siècles de civilisation musulmane. L’honnêteté impose de le reconnaître. Mais l’ internaute « chakmed » veut démontrer que la civilisation musulmane a été supérieure aux autres : faux ! La civilisation musulmane a été grande, mais pas plus grande ni moins grande que les autres. Chaque civilisation a eu sa grandeur, il ne faut pas chercher à diminuer les mérites de telle ou telle civilisation, ce qui est ridicule et vain…
Par Farouk - le 12 novembre 2007
La civilsation musulmane a disparu, preuve en est la division des musulmans qui ne parviennent même pas à s’entendre sur une date de l’Aïd. Ayons le courage de le reconnaître, et arrêtons de nous raconter des salades.
le 12 novembre 2007

Salamou’alikoum l’auteur veut nous faire croire qu’il n’y a plus de civilisation musulmanne je pense qu’il fait une grave erreur car quand il dit :

"Entre un grand bourgeois marocain et un membre de la police des mœurs islamique en Arabie saoudite et un paysan musulman indonésien ou iranien, je ne vois pas très bien ce qu’il y a de commun, pas plus qu’entre un villageois chinois musulman et un paysan égyptien ou irakien, etc…, on pourrait multiplier les exemples"

je pense que si il allait au pelrinage il verrait que lorque tous ces gens se retrouvent dans l’habit d’hiram ils sont tous pareils et implorent le meme dieu se prosternent devant le meme dieu !!!!

leur point commun n’est sans doute pas dans leur relation horizontale(entre les hommes ) mais dans leur relations verticale(avec dieu) !!

Par chakmed - le 12 novembre 2007

Les affirmations de cet eminent specialiste du moyen -orient et l’ensemble de ses travaux reconnus par tous,sont contestables dans le fond en effet son appartenance a cet ensemble culturel et civilisationnel de cette partie du monde ne l’exclut pas de l’appartenance a cette sphere

reduire l’apport civilisationnel de l’islam a la description des divisions et sub-divisions de ce monde en insistant sur les particularites de chacune de ses composantes qui au contraire font la richesse de cette civilisation federatrice qui fut victime de son succes rapide,de son universalite et surtout de sa tolerance,

2exemples demontrent le caractere intolerant et repressif de certains representants des autres religions et civilisations l’exemple des fanatismes religieux chretiens d’Espagne au 15ieme siecle et actuel de l’Etat Israël olonialiste,ne laissent aucun doute sur leurs caracteres repressifs,intolerants.

il etait difficile de trouver refuge sous les rois Espagnols du temps de l’inquisition a tout ce qui n’etait pas chretien et de vivre tout simplement sa difference et ses croyances ce qui etait le contraire sous le regne de la periode musulmane pour les juifs et les chretiens a l’interieur du monde Arabo-Musulman,pendant son apogee et a sa decadence,

c’est avec l’apparition et la creation de l’Etat d’Israël que nous allons et cela depuis 1948 cad 60 annees,cet inoxerable volonte de plier et faire disparaitre l’identite du peuple Palestinien de la suface de sa propre terre et d’assoir cet etat basé sur la negation de l’autre .

Quoique l’on dise voila deux exemples historiques qui peuvent enseigner a differentes periodes de l’histoire de l’Humanite,les comportements des "vainqueurs" ou dominants leurs erreurs et leurs falsifications de cette meme histoire ;

Les Occidentaux et a travers eux les gouvernants d’inspiration chretienne extrémistes ont toujours nie a la civilisation Arabo Musulmane que Mr Corm reduit a ses specificites,divisions et sous divisions ; a feconder avec l’apport d’autres civilsations Helleniques,Egyptiennes et autres l’Europe et son rayonnement actuel

Israël avec le soutien inconditionnel de la puissance hegemonique Etasunienne,et de sa predominance economique,veulent imposer un modele de dependance economique,technologique et civilisationnel,bloque et sans issue, son seul but est de creer le plus inegal des modeles ou les nations les plus rches le sont de plus en plus et les nations les plus plus pauvres le deviennent de plus en plus

ce qui n’etait pas le cas du temps de l’apogee de la civilisation arabo musulmane puisque les connaissances,les traductions,et le commerces furent les vecteurs de la distribution des richesses(economiques,scientifiques,culturels et autres)partagees a la portee de tous et partout.....

L’Islam Radical ou dans sa version wahabbite n’est certainement pas la solution mais une planete qui prend concsience de son blocage civilisationnel et de son inequite vis avis des peuples demunis et entreprend avec des etats Arabes et ou Maghrebins du monde Musulman qui ont reussi ce debut de modernisation peuvent etre un debut de reponse a une voie identitaire de respect mutuel et d’echanges economiques equitables entre le Nord et la Sud !! peut etre ?

Par Kadri - le 12 novembre 2007

Cette interview est passionnante. J’ai été interpellé par quelques lignes doivent faire réfléchir musulmans comme les non musulmans.

"Le monothéisme, en effet, a plus de difficulté à accepter le maintien du pluralisme religieux que le paganisme ou les religions cosmologiques d’Extrême-Orient, comme je m’en suis expliqué longuement dans ma thèse de doctorat il y quarante ans où je montre, par ailleurs, que des trois monothéismes, c’est l’Islam qui a eu autrefois la plus grande plasticité*, contrastant avec la rigidité actuelle."

Par Akaba - le 12 novembre 2007
Georges Corm dont j’apprécie les écrits à un pint de vue sur la décadence de l’islam, je voudrais donner ici un autre point de vue celui du penseur Muhammed Asad : "Mes observations personnelles m’avaient maintenant persuadé que l’Occidental moyen se faisait de l’islam une image extrêmement déformée. Ce que je lisais dans les pages du Coran n’était pas une conception du monde "grossièrement matérialiste" mais au contraire une intense conscience de Dieu s’exprimant dans une acceptation rationnelle de toute la nature créée par Dieu ; c’était une synthèse harmonieuse de l’intellect et des besoins des sens, des impératifs spirituels et des nécessités sociales". "Il me devenait évident que la décadence des musulmans n’était due à aucune insuffisance de l’islam mais bien plutôt à leur propre incapacité à le vivre pleinement. En effet ce fut l’islam qui conduisit les musulmans des premiers âges à d’extraordinaires sommets culturels (…)" . "Ce ne furent pas les musulmans qui ont fait la grandeur de l’islam, c’est l’islam qui a fait la grandeur des musulmans. Mais dès que leur foi devint routine et eut cessé d’être un programme de vie mis consciemment en pratique, l’élan créateur qui étayait leur civilisation déclina, laissant graduellement la place à l’indolence, à la stérilité et à la décadence culturelle"
Par Catan - le 12 novembre 2007
Je suis d’accord avec cet entretien. Même si j’aurais souhaité que Monsieur Corm développe un peu plus certains passages.

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