La critique est aisée…

Mis à part le pâle reflet que la traduction française des Mille et une nuits a pu m’en offrir (celle de Jamel Eddine Bencheikh et d’André Miquel) je ne connais rien à la tradition du conte arabe.

D’ailleurs, tu as raison de le souligner amie lectrice « persephone », Les mille et une nuits ne sont pas arabes, elles sont persanes.

Je ne sais donc pas si les ouvrages d’Amin Maalouf s’inscrivent dans quelque tradition littéraire (et à vrai dire, je m’en tamponne le coquillard.  Autant j’aime la logotechnique, autant j’exècre les critiques littéraires).

De mon point de vue donc, c’est-à-dire de celui d’un type qui connait à peine quelques langues européennes, Amin Maalouf sait raconter les histoires. Si M’sieur Maalouf m’aurait enseigné l’histoire – et le français – j’aurais été à l’école plus souvent. Mes profs n’étaient pourtant pas mauvais en Histoire, mais ils étaient franchement nuls en histoires.

Toutefois, Amin Maalouf n’est pas le traducteur génial qui fait l’objet du présent billet.

Il se trouve que j’ai découvert Amin Maalouf il y a dix ans, lors d’un voyage à Istanbul. J’emmène toujours des livres en vacances, mais je ne peux pas m’empêcher de visiter les librairies locales. En général, j’en ressors avec des ouvrages que je ne peux même pas lire.

Ce coup-là, heureusement, la vendeuse m’avait refilé un ouvrage intitulé The Crusades seen through Arabs Eyes. « Very educational, you’ll see ! » m’a-t-elle assuré avec un sourire entendu.

Je n’ai pas pu décrocher du fichu bouquin. Il faut dire que je le lisais dans un hamac, à l’ombre d’un parasol, sur un toit-terrasse avec vue sur le Bosphore. Mais Maalouf rendrait accro même assis sur un banc métallique, en plein vent, sur le quai no 2 de la gare de Bourron-Marlotte.

Ignare que j’étais (j’espère l’être un peu moins depuis), je pensais qu’il s’agissait d’un ouvrage traduit du turc. En réalité, le challenge était beaucoup plus grand car Maalouf écrit en français : le traducteur avait donc traduit vers l’anglais, un ouvrage écrit en français, qui portait sur un événement historique majeur s’étant déroulé au Proche-Orient et ayant affecté l’ensemble du Moyen-Orient et de l’Europe, autant dire un casse-tête de références culturelles, de concepts historiques et de conflits linguistiques.

De ce que j’en jugeais à l’époque, le traducteur, Jon Rothschild, s’en tirait très bien.

Mais qui suis-je pour apprécier la qualité de son anglais et de ses choix de traduction ?

Par la suite, j’ai pu lire l’original. Puis j’ai relu l’ouvrage en anglais. À chaque lecture, j’ai retrouvé le même plaisir. Mieux : je n’ai pas ressenti le besoin de comparer les versions, ce qui est pourtant un passe-temps prisé des traducteurs.

L’art est difficile. Bravo Monsieur Rothschild.

The Crusades through Arab eyes, Amin Maalouf, translated from the French by Jon Rothschild, 1984, Saqui Books.

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