Ma grand-mère raconte l'action des civils :


Ma grand-mère me racontait que tous les habitants de Gravelines (ville où elle habitait pendant l'occupation), lorsqu'ils pouvaient faire une « vacherie » aux Allemands, le faisaient volontiers : c'est aussi une forme de résistance. Au début de la guerre, dans les débuts de l'occupation allemande dans le nord de la France, mon grand-père distribuait lorsqu'il avait du temps libre avec des copains du chocolat avec des vers dedans. Cela faisait beaucoup rire les habitants quand le soldat faisait un bon en arrière ; heureusement que mon grand-père courait vite. Quand il le pouvait, il enlevait les pneus et les chambres à air des vélos des soldats allemands ; le plus marrant paraît-il, «  c'est lorsque l'Allemand se retrouve à plat ventre par terre. » Toutes ces petites histoires avaient pour objectif d'humilier l'ennemi et ça marchait. Parfois, des soldats allemands se prêtaient au jeu en rigolant sans se douter qu'on se moquait d'eux. Seulement un beau jour, la Wehrmacht est partie et les SS sont arrivés. L'occupation allemande devint de plus en plus sévère, et lorsque les résistants tuaient des soldats, des otages civils étaient exécutés.


Ma grand-mère devait travailler pour les Allemands ; elle a travaillé comme apprentie couturière, comme femme de ménage puis dans les champs : « Le travail était rude et il fallait obéir sous peine de grosses sanctions ; il nous était difficile de résister mais lorsque l'on pouvait, on n'hésitait pas une seconde, en cachette bien entendu : on avait peur des représailles. » Le soir, après le couvre-feu, alors qu'on n'avait pas le droit de sortir, on n'hésitait pas à désobéir bien que cela comportât des risques ; on le faisait déjà pour montrer qu'on ne voulait pas se soumettre, mais aussi parce qu'on ne voulait pas rester chez soi .


Cette  « drôle de Résistance » permettait d'humilier l'occupant et montrait que l'on ne s'était pas soumis. Mais il existait bien d'autres moyens de résister et tous pouvaient devenir très dangereux. C'est pourquoi toutes les personnes qui ont résisté sont des personnes courageuses et il faut penser à elles. Même si elles ont fait de petites choses pour résister, elles ne se sont pas soumises à la loi de l'ennemi ! La violence est la forme de résistance la plus racontée car elle laisse des traces vives, mais pensons aussi aux autres formes.

Régis Jacquemart, élève  de 3e D.

Carte d'invalidité  accordée à mon grand-père, suite à ses blessures de guerre.

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