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vol 63 villes et solidarités

Sous la direction de Khalifa Chater et Robert Escallier
Dans la Méditerranée classique, les solidarités constituaient la base des relations sociales. La famille, le clan, le groupe de reconnaissance étaient au cœur de la vie sociale et structuraient les relations et les échanges. Placées dans une très large perspective historique et perçues à travers leurs différentes manifestations, les solidarités témoignent de profondes mutations durant les années de montée de l'urbain et de changement social. Quelles furent les formes nouvelles de solidarité suite à l'inscription de nouvelles structures au sein des constructions étatiques ? Quelles furent les formes anciennes résistantes aux transformations du monde économique et social ? Les solidarités traditionnelles furent-elles laminées à l'épreuve de la ville ou bien ont-elles représenté les outils d'une meilleure insertion sociale dans la cité. Affaiblies, ont-elles été réactivées en période de crise économique et sociale ?

sommaire détaillé

  • Khalifa Chater  et  Robert Escallier  :  Avant-propos
    Tout au long de la deuxième moitié du vingtième siècle, la Méditerranée occidentale a connu des transformations radicales tant dans les domaines du politique, de l’économie que dans ceux de la géographie et de la sociologie. Les villes méditerranéennes dont on louait hier encore la solidarité du modèle d’organisation et la permanence d’une réalité sociale et culturelle inséparable d’une façon de vivre ensemble entre “cittadini” au travers des relations [...]
  • Robert Escallier  :  De la tribu au quartier, les solidarités dans la tourmente
    Introduction La solidarité est définie comme la relation existante entre les personnes conscientes d’appartenir à la même communauté d’intérêts. Elle entraîne, pour les unes, l’obligation (morale) de ne pas desservir les autres et de leur porter aide et assistance. Dans la société marocaine ancienne (pré-moderne), la solidarité est un devoir, une obligation (à référent religieux) et une pratique sociale inscrite dans la quotidienneté. La correspondance entre l’idéal et [...]
  • Hassen El-Annabi  :  Les notaires musulmans de Tunisie
    Traiter de la solidarité au sein des groupes élitaires urbains dans la Tunisie coloniale n’est pas une tâche facile, car ce champ trop vaste n’est pas encore suffisamment balisé. Dans son travail intitulé Catégories de la société tunisoise dans la seconde moitié du XIXe siècle, Mohamed El Aziz Ben Achour étudie certes les différents niveaux de solidarité à Tunis, mais il ne s’intéresse qu’à la période précoloniale, ce qui n’est pas peu d’ailleurs . En ce qui concerne [...]
  • Fayçal El Ghoul  :  Les sociétés musulmanes de bienfaisance dans la Tunisie des années 1930
    Dans le cadre de cette rencontre sur “Migrations et solidarités en Méditerranée”,   je me propose d’évoquer les premiers résultats d’une enquête que je viens de commencer sur les sociétés de bienfaisance en Tunisie dans l’entre-deux guerres. Ces sociétés étaient nombreuses, très nombreuses dans la Régence de Tunis. Toutes les composantes de la population avaient leurs propres associations de bienfaisance. Il y avait celles créées pour venir en aide aux plus démunis [...]
  • Abdesslem Ben Hamida  :  La ville, lieu de transition entre solidarité d’origine et solidarité syndicale
    Nous nous proposons de nous arrêter sur l'apparition, à l'époque coloniale, dans les villes, de solidarités nouvelles en relation avec l'implantation de nouvelles structures issues du Nord de la Méditerranée ( le parti, le syndicat, la société de bienfaisance etc...) Le choix du syndicat est surtout une affaire de compétence alors que l'insistance sur la période coloniale, est dû surtout au fait qu'elle est particulièrement riche sur ce sujet, puisqu'elle a [...]
  • Yvan Gastaut  :  Relations interculturelles dans les villes du Maghreb colonial : peut-on parler de solidarités ?
    Système ségrégationniste et inégalitaire fondé sur la supériorité économique, politique et culturelle, la société coloniale a développé un modèle très ambigu du rapport à l’Autre. Effet d’un cosmopolitisme tronqué, la relation entre colonisateurs et colonisés n’a jamais pu s’établir sur une base saine susceptible de favoriser les attitudes solidaires. La présence française au Maghreb entre 1830 et 1962 s’inscrit tout particulièrement dans ce contexte : [...]
  • Bechir Yazidi  :  Immigration politique et solidarité
    Introduction Les derniers jours de la guerre civile en Espagne furent marqués par une grande confusion politico-militaire dans un des plus grands bastions de la République espagnole, Carthagène, siège de la flotte républicaine. En mars 1939, cette confusion atteignit son paroxysme avec le bombardement des vaisseaux de guerre au mouillage par des avions italiens . Ces événements obligèrent le commandant de la flotte républicaine à donner l’ordre à toute la flotte d’appareiller et : � [...]
  • Alain Romey  :  Jean El Mouhoub Amrouche, ou le dilemme d’un solidarité controversée (1945‑1961)
    Méthodologiquement, je voudrais partir du fait qu'initialement la notion de solidarité est liée au droit dans le sens classique que lui donne le Dictionnaire philosophique c'est à dire essentiellement une signification juridique désignant le lien existant entre un débiteur et un créancier. Mais je voudrais dépasser cette notion fondamentale, bien que le rapport au droit doit rester constant, pour aller vers une conception de la solidarité plus proche de la perception qu'en [...]
  • Jean-Baptiste Pisano  :  Les solidarités à l’épreuve de la ville
    L'étude des solidarités fait se correspondre des réalités mouvantes. Ainsi le discours qui l'appréhende apparaît bien souvent en décalage, tout autant du fait de ses tentatives à mettre de l'ordre dans une réalité elle même non ordonnée, que dans sa volonté de fixer des phénomènes toujours en construction. S'enquérir des solidarités dans le cadre spatial qui les sous-tend permet de dépasser les approches figées et réductrices. La dimension urbaine donne à [...]
  • Jacques Mièvre  :  Le solidarisme de Léon Bourgeois
    I. La III e République et l'offensive radicale A la fin du long processus qui voit l'établissement de la République en France, de 1877 à 1879, les années 1878-1879 se terminent par la victoire républicaine. Pour la première fois, tous les pouvoirs sont entre les mains des Républicains qui peuvent se rendre compte de l'ampleur des tâches qui leur incombent. "Le danger est passé, les difficultés commencent", dit Gambetta après l'échec des tentatives d'une [...]
  • Ralph Schor  :  Solidarité chrétienne ? Orthodoxes russes et catholiques français dans les années 1920
    La révolution de 1917 et l’effondrement du régime tsariste entraînèrent le départ de nombreux émigrés russes vers l’Occident. D’après les recensements, la France hébergeait 67 200 de ces réfugiés en 1926 et 71 900 en 1931. Mais les effectifs, vivant plus ou moins dans la clandestinité, ne se faisaient pas connaître des agents recenseurs. Les nouveaux venus s’installèrent surtout dans les grandes villes, principalement à Paris et sur la Côte d’azur où ils avaient leurs [...]
  • Valérie Pietri  :  Urbanité et solidarités : une approche des relations intranobiliaires
    La ville du XVIIIe siècle est un espace privilégié d’observation des évolutions de la vie sociale de la noblesse. Sous l’influence conjuguée d’une pression démographique croissante et d’une mainmise royale plus ferme que jamais, le visage des cités modernes s’est profondément transformé. La mise en place de nouveaux équilibres a modifié les règles du jeu social et politique. Les élites municipales traditionnelles subissent la concurrence des “parvenus” mais également [...]
  • Karine Lambert  :  Solidarités reconstituées : prostitution et criminalité en milieu urbain provençal sous l’Ancien Régime
    Introduction Les solidarités reconstituées se distinguent des solidarités traditionnelles, primaires car elles sont issues d’une recomposition, d’une création d’un réseau d’interconnaissance. Celui-ci n’est pas fondé sur l’habitude d’évoluer dans un espace quadrillé et enserré par les liens traditionnels de la parenté, de la communauté et de l’interdépendance. Les solidarités reconstituées sont mouvantes et en perpétuelle recomposition. Leurs mutations sont [...]
  • Stéphane Mourlane  :  Solidarités formelles et informelles : les associations d’Italiens en France depuis 1945
    Les associations d’Italiens connaissent en France un essor notable après la Seconde Guerre mondiale. Le ministère italien des Affaires étrangères recense, en 1980, 322 associations dans l’hexagone dont 233, soit 72,4 %, ont été créées depuis 1945 . L’importance du phénomène est à mettre en relation avec la forte présence de l’immigration transalpine qui, jusqu’en 1962 constitue la première nationalité étrangère en France et se maintient, en 1975, au quatrième rang . Des [...]