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vol 66 L'autre et l'image de soi

Sous la direction de Robert Escallier
1 juin 2003
Le présent volume des Cahiers de la Méditerranée s'inscrit dans le cadre des recherches menées depuis 1999 au sein du C.M.M.C. à travers une série de séminaires dirigés par trois historiens modernistes de l'Université de Nice-Sophia-Antipolis : Jean-Baptiste Pisano sur « l'identité dans les sociétés méditerranéennes », Christian Loubet et Valérie Piétri sur « l'histoire des représentations ». Le choix méthodologique retenu était d'engager un processus de rencontres et d'échanges entre historiens d'orientations variées et chercheurs d'autres disciplines (anthropologues, civilisationnistes, sociologues…) sur le thème de « L'Autre et l'image de Soi », dans une large chronologie (16°-20°siècles) et sur le terrain méditerranéen. La diversité et la qualité des vingt-trois contributions qui composent le présent volume laissent penser que les objectifs initiaux ont été globalement atteints. Ces contributions ont été organisées - même si l'arbitraire de certains choix était inévitable -, autour de trois thématiques : I- Formes de légitimation du pouvoir et identités sociales, II- Identité culturelle, identité religieuse, un Autre imagé ? III- Constructions et confrontations identitaires. Outre les responsables scientifiques des séminaires et des rencontres organisées par le C.M.M.C., nous voulons remercier tous les organismes qui nous ont permis de mener à bien cette recherche et d'en publier les résultats : l'Université de Nice-Sophia-Antipolis, le Conseil Régional PACA et le Conseil Général des Alpes-maritimes. Pour le Comité de rédaction Robert ESCALLIER Directeur du C.M.M.C.

sommaire détaillé

  • Renaud VILLARD  :  LE TYRAN ET SON DOUBLE : LA CAPTATION DU TYRANNICIDE PAR LE PRINCE ITALIEN AU XVIe SIECLE
    Au cours du XVIe siècle, dans l’espace politique italien l’usage de la tyrannie naguère vivement décriée se banalise. Les princes n’hésitent pas à manifester la dimension tyrannique et violente de leur pouvoir et la pensée politique accompagne cette évolution en établissant l’image d’une tyrannie aussi ordinaire que nécessaire qu’il faut accepter patiemment. Cette nouvelle représentation du souverain trouve son aboutissement dans le portrait du prince comme acteur principal des conjurations : en monopolisant ouvertement la violence illégitime en captant à son profit l’image du tyran et du tyrannicide, le prince se donne à voir comme détenteur d’une puissance aussi extrême que masquée et nécessaire. Par là-même, il ferme l’espace d’une possible opposition et pallie son manque de puissance réelle par l’affirmation d’une violence virtuelle.
  • Jean-Baptiste Pisano  :  LE POUVOIR DANS L’ESPACE. LES REPRÉSENTATIONS DE L’IDENTITÉ RÉVOLUTIONNAIRE À NICE
    Nice durant la période révolutionnaire renvoie au problème de la dimension temporelle de l’identité spatiale. Les dénominations de cet espace - toponymiques, politiques, administratives - participent à la construction d’une forme nouvelle de perception et de représentation symbolique de l’urbain. À travers elles s’exprime la possibilité de traduire une conscience d’appartenance à un projet politique singulier et novateur, et au final de refonder les identités politiques.
  • Sophie de LAVERNY  :  LA REPRESENTATION COMMENSALE DU COURTISAN AU XVIIE SIECLE : REFLETS ET CONSCIENCE DE SOI
    Sous le règne des premiers Bourbons, le monde hétéroclite de la cour évolue autour d’un unique centre, le roi. En premier lieu on y rencontre le personnel des maisons royales, ce sont les officiers commensaux du roi. Certains d’entre eux se sont épanchés dans des mémoires qui permettent aujourd’hui d’observer de l’intérieur le monde de la cour. Comment les commensaux perçoivent-ils le monde des courtisans ? Ils tentent de le dépeindre à travers leurs sensibilités, leur subjectivité, un certain mode de représentations, mais dans quelle mesure n’est-ce pas un stéréotype ? Pensent-ils faire partie du groupe des courtisans, ou cherchent-ils à se dissocier d’une représentation à la limite de la caricature ? Peut-on dire qu’il existe un groupe commensal particulier, différent du groupe des courtisans ordinaires et solidaire entre eux malgré les différences sociales ? ABSTRACT
  • Valérie Pietri  :  VRAIE ET FAUSSE NOBLESSE : L’IDENTITE NOBILIAIRE PROVENÇALE A L’EPREUVE DES REFORMATIONS (1665-1718)
    Les réformations de noblesse engagées dans les années 1660 en Provence révèlent les difficultés de concilier les exigences monarchiques et les traditions locales en matière de reconnaissance de la qualité nobiliaire autour de la détermination des critères qui permettent de différencier vraie et fausse noblesse. L’image du noble est confrontée non seulement à celle du roturier mais aussi à celle de l’usurpateur. Pourtant l’enjeu profond relève davantage d’une lutte de représentations entre une noblesse reposant sur le genre de vie et l’autorégulation et une noblesse définie par un statut juridique et la reconnaissance royale. Cette confrontation est l’occasion pour une partie de la noblesse provençale d’exprimer ses propres spécificités fondées sur un héritage historique et une pratique sociale.
  • Denise TURREL  :  UNE IDENTITE IMPOSEE : LES MARQUES DES PAUVRES DANS LES VILLES DES XVIE ET XVIIE SIECLES
    Dans la France de la seconde moitié, du XVI e siècle, de nombreuses municipalités imposent aux pauvres qu’elles secourent des insignes qui doivent être cousus sur leur vêtement : ce sont des croix le plus souvent, majoritairement rouges et jaunes.  Cette volonté d’identification correspond à la mise en place d’un nouveau système d’assistance, laïc et rationnel, dans lequel le port d’une étiquette identitaire est à la fois la preuve du droit à recevoir une aide, et un moyen d’empêcher toute fraude. Sur la scène du jeu social urbain, les marques des pauvres redoublent ainsi une domination économique par une hégémonie symbolique, de l’ordre de la présentation de soi.
  • Laurence FONTAINE  :  PRESENTATIONS DE SOI ET PORTRAITS DE GROUPE : LES IDENTITES SOCIALES DES MARCHANDS COLPOTEURS
    L’essai propose une réflexion sur la complexité du concept d’identité sociale à partir du cas des marchands migrants dans l’Europe moderne. Il analyse, dans un premier temps, ses emplois par les historiens.  Puis il montre comment les milieux lettrés, les hommes politiques et religieux, les marchands sédentaires et les populations qu’ils fréquentent leur ont imposé des identités. Dans un troisième temps, il s’attache à voir comment les migrants utilisent cette polyphonie de représentations venue de l’extérieur, et à comprendre les marges de manœuvre qu’ils ont pour utiliser à leur profit ces identités qui leur sont imposées.
  • María GHAZALI  :  LES METIERS DE VALENCE (ESPAGNE)
    L’image que les artisans de Valence veulent donner d’eux-mêmes est celle de bons artisans, de bons citoyens et de bons sujets, mais surtout de bons chrétiens de pure race. Au sein de la société d’Ancien Régime, ils se retrouvent au plus bas de l’échelle sociale, méprisés parce que, travaillant de leurs mains, ils exercent des métiers dits «mécaniques», considérés  comme «vils et infamants», qui leur ôtent honneur et possibilité d’accès à la noblesse. Exclus, ils excluent à leur tour, en interdisant l’entrée dans leur métier aux descendants de Juifs, Maures ou hérétiques.
  • Christian LOUBET  :  LA REPRESENTATION DE L'IMAGE DE SOI DANS LA PEINTURE OCCIDENTALE DE LEONARD A REMBRANDT
    Dans les images de la peinture occidentale, entre les années 1500 et 1700, apparaît une prise de conscience de soi qui se précise par l’affirmation du pouvoir de l’artiste. L’autoportrait devient alors un élément incontournable dans les diverses œuvres, qui met à jour l’inquiétude existentielle, le doute et la quête d’identité de l’artiste. Il s’impose tout d’abord comme l’expression d’une connaissance intime pour ensuite manifester la gloire du Peintre-Démiurge.
  • Magali PETTITI  :  DE LA RENCONTRE AVEC L’AUTRE A LA DECOUVERTE DE SOI : REFLEXION LITTERAIRE AUTOUR DE L’AFRIQUEL-F. CELINE, K. BLIXEN
    Le matériau littéraire est un médiateur dans la rencontre et la découverte de l’altérité. Les romans de voyage sont une source riche du témoignage. Ce travail permet une réflexion large sur « la rencontre avec l’Autre et la découverte de Soi » dans le contexte spécifique de l’Afrique Noire du premier XX°siècle. Pour ce faire sont mis en correspondance des textes de L-F. Céline et K. Blixen qui ont séjourné en Afrique dans des périodes similaires. Trois grands thèmes sont abordés : la notion de vécu et de falsification littéraire, puis l’approche de l’Afrique dans les textes et enfin la rencontre avec l’Autre comme découverte de soi : parcours initiatique et quête des origines sous-tendent le séjour africain.
  • Marie - Aline BARRACHINA  :  IDENTITE LATINE - IDENTITE SAXONNE SELON ANGEL GANIVET : EL IDEARIUM ESPAÑOL (1896)
    Angel Ganivet (Grenade 1865-Riga 1898) a longtemps été considéré –abusivement comme le précurseur de cette « Génération de 98 » qui s’interroge, à la charnière des XIX° et XX° siècles sur l’identité de l’Espagne, son histoire et son avenir. Selon cet auteur, la « territorialité est la clé de « l’esprit des peuples ». Il reprend ainsi à son compte et transforme l’opposition entre latins et anglo-saxons.  Pour Ganivet restent en lice deux conceptions du monde : celle spirituelle et quichottesque de l’Espagne et celle matérialiste et « robinsonnienne » des anglo-saxons.  Cette représentation d’une identité nationale espagnole idéaliste et conquérante trouve sa source dans la pensée réactionnaire du XIX°siècle et alimente la pensée réactionnaire de légitimation des deux dictatures du XX° siècle (Général Primo de Rivera 1923-1930, Général Franco 1939-1975).
  • Irini APOSTOLOU  :  L’APPARENCE EXTERIEURE DE L’ORIENTAL ET SON ROLE DANS LA FORMATION DE L’IMAGE DE L’AUTRE PAR LES VOYAGEURS FRANÇAIS AU XVIIIE SIECLE
    Cet article traite de l’apparence extérieure des Orientaux. Il est notamment question de la contribution de la littérature et de l’iconographie viatiques du XVIIIe siècle à la formation de l’image exotique de l’Oriental. S’appuyant sur la mode et les caractéristiques physiques des populations de l’Orient méditerranéen, les voyageurs français essayèrent d’une certaine manière de matérialiser l’Autre et l’Ailleurs. Les commentaires des voyageurs révèlent souvent leurs préjugés ainsi que leur tendance à la généralisation. En effet, la mode orientale, peu conforme aux usages européens, fut jugée sévèrement. Notons néanmoins que si les voyageurs furent critiques de la mode orientale, certaines de ses particularités les incitèrent à remettre en question la mode occidentale.  Quoi qu’il en soit, la littérature des voyages créant une image stéréotypée des Orientaux, facilita leur identification.
  • Erwan LE FUR  :  LA RENAISSANCE D’UN APOSTOLAT : L’ORDRE DE LA TRINITE ET LA REDEMPTION DES CAPTIFS DANS LES ANNEES 1630
    La redécouverte par les religieux trinitaires de leur mission de rachat des esclaves chrétiens en terre d’islam dans les années 1630 s’explique par une conjonction complexe de circonstances. La mauvaise réputation politique de l’ordre depuis les guerres civiles du XVIe siècle et son affaiblissement économique rendaient vital un rapprochement avec la monarchie française. La concurrence croissante et les attaques judiciaires de l’Ordre de la Merci obligea parallèlement les Trinitaires à surenchérir dans l’organisation des voyages de rédemption et d’innover dans la publicité de cette activité. À l’intérieur même de l’Ordre enfin, l’opposition entre religieux réformés et non réformés se cristallisa autour de ces coûteuses et dangereuses campagne en Afrique du Nord, ce qui eut pour effet d’en restaurer paradoxalement la dimension identitaire.
  • Anne BROGINI  :  L’INQUISITION, ELEMENT DE L’IDENTITE MALTAISE  (XVIe-XVIIe siècles)
    Au début de l’époque moderne, la société portuaire de Malte est entièrement sous le contrôle de l’Inquisition romaine, qui assure la protection de la pureté religieuse de l’île, par le contrôle et la punition de toutes les formes de déviances (hérésie, apostasie, sorcellerie) et par une surveillance sévère des représentants des civilisations ennemies, plus particulièrement des esclaves musulmans et juifs. L’Inquisition aide ainsi à la préservation et à l’enracinement d’une identité insulaire originale, faite à la fois d’acceptation de l’autre et de refus absolu de la différence religieuse.
  • Henri SANSON  :  EXPERIENCE DE « L’AUTRE ET L’IMAGE DE SOI » EN ALGERIE ENTRE 1923 ET 2002
    L’étude des rapports entre les uns et les autres au sein de l’Algérie sera celle d’un témoignage : celui de l’expérience de l’auteur dans ce pays entre 1923 et 2002. Cette expérience de l’autre et de l’image de soi s’organise autour de deux thèmes : la coexistence des personnes et de leurs communautés d’une part, et, l’altérité des systèmes et des personnes d’autre part.
  • Damon MAYAFFRE  :  DIRE  SON IDENTITE  POLITIQUE
    La parole politique a moins pour vocation de véhiculer un message que de construire un espace identitaire. « S’identifier » est le maître mot du discours politique : pour le locuteur, il s’agit de se présenter dans ses attributs politiques, c’est-à-dire élaborer un ethos  ; pour l’auditoire, il s’agit de se reconnaître dans les propos du locuteur c’est-à-dire se ressentir comme partie prenante d’une communauté d’idées et de mots. La démonstration éclairera le débat politique gauche/droite en France et s’appuiera sur deux corpus : des discours de l’entre-deux-guerres (1928-1939) et les discours présidentiels sous la V° République (1958-2002) ;
  • Jean-Paul PELLEGRINETTI  :  LANGUE ET IDENTITE : L’EXEMPLE DU CORSE DURANT LA TROISIEME REPUBLIQUE
    À la fin du XIXème siècle, la création dans l’île d’un courant régionaliste, contestant l'ancrage de l'île au sein des institutions républicaines, est le résultat de crises conjuguées provoquant l’effondrement de l'économie insulaire Cette période, synonyme de difficultés économiques, de régression sociale et d'accentuation des rouages clientélistes associées à l’expansion coloniale française dans le monde, correspond à un départ massif d’insulaires fuyant la misère. Dans l’île, de nombreux mouvements antirépublicains dénoncent et qualifient la Corse de véritable île oubliée, voire même sacrifiée par les instances étatiques. Dans ce contexte est créé le premier journal en langue corse jetant ainsi, au travers de la langue, les bases du régionalisme et de l’identité du "peuple corse", dont les références structureront les discours du mouvement autonomiste durant l’Entre-deux-guerres, puis ceux, à partir des années soixante-dix, du nationalisme contemporain.
  • Stéphane Mourlane  :  L’ITALIE ET LES ITALIENS SOUS LE REGARD DES DIPLOMATES FRANÇAIS (1958-1969)
    Les ambassadeurs véhiculent au travers de leur correspondance un ensemble d’images et de représentations qui influent sur le processus de décision en politique étrangère. La correspondance des ambassadeurs de France à Rome entre 1958 et 1969 paraît de ce point de vue particulièrement intéressante du fait de leur proximité avec le centre de décision : le Général de Gaulle. Leur perception du « miracle économique » ou de l’organisation et la structure du pouvoir participe d’un système de représentation de l’Italie composite et même brouillé dans lequel l’image de ce pays oscille entre modernité et archaïsme. Cette attitude condescendante structure dans les imaginaires les relations franco-italiennes conçues sur un mode hiérarchique et conforte les Français dans la représentation de la puissance de leur pays sur la scène internationale.
  • Tassadit YACINE  :  IMAGE DE SOI ET ALTERITE COLONIALE
    L’auteur s’est attaché à analyser la trajectoire de Jean Amrouche : poète et journaliste algérien d’origine kabyle connaisseur du monde des lettres françaises. Cet intellectuel, catholique, marqué par la culture française et appartenant au monde musulman, se retrouve en porte-à-faux entre la France et l’Algérie à partir des massacres de 1945. Dans ses écrits, Jean Amrouche relate les souffrances des colonisés en essayant de les comprendre à partir de sa propre expérience. Cette description de soi tout au long de son œuvre n’a de sens que par rapport à l’autre : le colonisateur à la fois semblable et différent.
  • Khalifa Chater  :  LA PERCEPTION DE L'AUTRE” EN EGYPTE ET EN TUNISIE AU XIXE SIECLE : L'EMERGENCE D'UN NOUVEAU PARADIGME ?
    Au début du XIXème siècle les rapports de force entre le monde islamique et les puissances occidentales sont désormais favorables à ces dernières. La Tunisie et l’Egypte se lancent dans une politique de modernisation pour tenter de faire face en empruntant dans de nombreux domaines à l’Occident. On retrouve cette volonté politique dans les théories des réformateurs : chroniques, relations de voyages… tels Kheredinne et al-Jabartî.
  • Hassan EL ANNABI  :  L'AUTRE A TRAVERS LE JOURNAL LA TUNISIE FRANÇAISE
    A la fin du XIX°siècle, une frange de la colonie française de Tunisie s’exprime dans un journal « la Tunisie française », ce sont les Prépondérants . Ce groupe qui se veut le défenseur de la civilisation contre la barbarie et le gardien des valeurs républicaines, donne ainsi une image très dévalorisée des Juifs, des Arabes ou des Italiens. Tous les arguments utilisés sont là pour démontrer que les colons français de Tunisie ne trouvent leur salut que s’ils assument leur rôle de dominants.
  • Abdesslem Ben Hamida  :  IDENTITE TUNISIENNE ET REPRESENTATION DE L’AUTRE A L’EPOQUE COLONIALE
    Au lendemain de la Première Guerre Mondiale débute en Tunisie un processus d’identification amorcé avec l’époque coloniale. Deux variantes de la représentation de l’Autre se dégagent dans deux ouvrages représentatifs de deux sensibilités du nationalisme tunisien. Le processus d’identification est étudié à travers trois facettes de l’identité : un retour au passé, une altérité de déférence puis de combat, une projection dans l’avenir de la Tunisie.
  • Fayçal El Ghoul  :  LE FRANÇAIS DE TUNISIE ET L’AUTRE DANS LES ANNEES 1920-1930
    Dans les années 1920-1930, deux blocs se faisaient face : le bloc européen et le bloc autochtone. Chaque groupe cherchait à se définir et à développer ses revendications l’un par rapport à l’autre. C’est à travers l’étude de la presse que sera étudié le bloc des Français de Tunisie par l’intermédiaire de l’image que se faisaient les Français d’eux-mêmes et celle qu’ils avaient des autres communautés vivant dans la Régence.
  • Jean-Charles SCAGNETTI  :  IDENTITE OU PERSONNALITE ALGERIENNE ? L’EDIFICATION D’UNE ALGERIANITE (1962-1988)
    Cet article s’intéresse à la genèse et à l’évolution d’une dénomination identitaire. Il se propose de mettre en lumière la création et l’emploi du terme de personnalité au détriment de celui d’identité en Algérie. De la date probable d’utilisation du terme à son emploi généralisé par les Algériens et les autorités françaises, son but est de démonter les mécanismes qui ont fait qu’il est encore employé aujourd’hui majoritairement en Algérie à la place d’identité.
  • Alain Romey  :  ITINERAIRE POETIQUE D'UNE FEMME KABYLE ALGERIENNE EN EXIL : NOUARA
    L’auteur s’est attaché à retracer l’itinéraire d’une femme algérienne kabyle en exil, marquée par la déchirure des séparations.  Confiant, en vers, sa souffrance à un journal, elle a su décrire la place de la femme dans la société kabyle.  C’est ce jeu de miroir entre la société d’origine, la société d’accueil et sa traductrice, qui rend sa démarche particulièrement émouvante.