RSA : le plan jeunes de Sarkozy

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Social. Le chef de l’État décide d’étendre le dispositif aux 18-25 ans. Comment aider les jeunes sans renforcer l’assistanat ?

C’est mardi que Nicolas Sarkozy a prononcé, en Avignon, son grand discours à destination de la jeunesse. Un événement politique, tant il est vrai que le chef de l’État veut renouer avec cette frange de l’électorat : les manifestations con­tre la réforme des universités, dans les pre­miers mois de son man­dat, puis contre la ré­for­me des lycées, l’an der­nier, prouvent que bon nom­bre de lycéens et d’étu­­diants sont toujours sensibles aux sirènes de la gauche. Com­ment les con­vaincre que le gouvernement ne leur est pas hos­tile ?

En juillet, le haut-com­missaire aux Solidarités actives et à la Jeunesse, Martin Hirsch, a présenté un livre vert intitulé “Re­connaître la valeur de la jeunesse” : pas moins de cinquante-sept propositions issues d’une concertation de plusieurs mois avec des organisations plus ou moins représentatives des jeunes. Ce sont ces propositions qui ont ins­piré le plan présenté mardi par Nicolas Sarkozy. Les­quelles seraient retenues ? Lesquelles seraient rejetées ? Les ultimes arbitrages ne sont intervenus que lundi, le chef de l’État disant clairement aux minis­tres concernés que la décision finale lui revenait.

Parmi les propositions les plus discutées, l’extension du RSA aux jeunes de moins de 25 ans ayant déjà travaillé – ou du moins, comme le dit le livre vert, à « une fraction » de ces jeunes : « Sont plus précisément visés les jeunes de moins de 25 ans justifiant, par exemple, d’un nombre à fixer de trimestres consécutifs validés au titre de l’assurance vieillesse, ce critère constituant une approximation de leur insertion sur le marché du travail. »
Lundi, le secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand, s’est dit réservé sur ce projet : « Les jeunes n’ont pas besoin d’un RSA jeunes, comme ils n’avaient pas besoin hier d’un RMI jeunes ou d’un Smic jeunes. Ils ont besoin d’un emploi et il faut mettre, avant tout, la priorité sur l’emploi des jeunes », a-t-il déclaré, avant d’ajouter, cependant, qu’« un jeune qui aura commencé à tra­vailler très tôt et qui aura pu justifier d’un certain nom­bre d’années d’emploi ne doit pas se trouver privé d’aide pour l’accompagner ». Le coût de cette me­sure dé­pend évidemment de la con­dition d’entrée dans ce dispositif (nombre de trimes­tres validés). Nicolas Sarkozy l’a précisée mardi : il faudra que le jeune actif ait travaillé au moins deux ans au cours des trois années précédentes.

Controverse, à droite, sur la “dotation autonomie”

Le livre vert proposait aussi la création d’une « dotation » ou d’une « allocation » universelle visant à « soutenir » l’autonomie des jeunes, qu’ils soient en formation, salariés ou sans activité. Le haut-commissaire plaidait plutôt pour la dotation, c’est-à-dire l’octroi d’un capital « dont l’emploi serait librement déterminé par le jeune » : financement d’études, paiement du permis de conduire, aide à la recherche d’un premier emploi…

Cette dotation « serait plus forte pour les jeunes issus de familles modestes, avec un socle uni­versel. Elle comprendrait une part remboursable mobilisable à la demande du jeune ». La formule de l’allocation (versement pé­rio­dique d’une aide finan­cière) rapprochait encore le dispositif des propositions faites, en son temps, par Lionel Jospin et par l’Unef, syn­dicat étudiant de gauche – ce qui explique l’hostilité d’une partie de la majorité à cette proposition.

« Il ne faut pas que l’on revienne à un nouveau Smic jeunes et à l’assistanat », prévenait lundi l’ancien mi­nistre de la Famille, Christian Jacob, aujour­d’hui député UMP de Seine-et-Marne. « On ne peut pas étendre les prestations sociales indéfiniment », ajoutait Jean-Michel Fourgous (Yvelines). « On a toujours été hostile à l’idée d’un RMI jeunes, c’est-à-dire une sorte d’allocation qui serait distribuée uniquement parce qu’on est jeune et quelle que soit sa situation », précisait le porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre. Le livre vert posait cependant des conditions à la création de cette dotation, notamment qu’elle « contribue à aug­menter le niveau de qualification des jeunes » et qu’elle « améliore la transition entre formation et emploi ». On pouvait y lire : « Un système qui se traduirait par un coût net pour les finances pu­bliques sans répondre à ces objectifs ne serait pas une bonne réponse à la situation des jeunes. »

Martin Hirsch a finalement convaincu le chef de l’État d’« expérimenter » ce dispositif.   

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