La philo full cool

26/03/2009
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Une affiche réalisée pour « La nuit de la philosophie ». L’œuf et la poule, ça vous dit quelque chose?

La philosophie gagne décidément en popularité. À preuve, le marathon de 24 heures d’activités philosophiques qui a eu lieu le week-end dernier à Montréal sous l’égide de l’Université du Québec à Montréal. Cette quatrième édition de « La nuit de la philosophie » a attiré plus de 8 000 personnes et comportait 200 activités qui se sont déroulées sur une période de 24 heures, à partir du samedi 21 mars à 10 h. On pouvait participer à des groupes de discussion, à des conférences et à des jeux-questionnaires, ainsi que voir des films, des expositions et plus encore. On pouvait aussi assister à des improvisations philosophiques au piano, à une conférence de philosophie comparée sur le bouddhisme et la science, ou encore à un spectacle d’humour des Zapartistes.

Soulignons aussi que le documentaire très bien accueilli par la critique Examined Life (une vie sous examen), présenté lors du Festival international du film de Toronto en septembre dernier, est à l’affiche un peu partout au Canada. Le titre du film fait évidemment référence à la célèbre phrase de Socrate, « Une vie sans examen ne vaut pas la peine d’être vécue ».

Dans ce film, coproduit par l’Office national du film du Canada, le cinéaste Astra Taylor accompagne certains des philosophes les plus influents de notre époque dans des excursions au cours desquelles ils exposent leurs idées. Le film pose « un regard nouveau et magnifiquement engageant sur la vision du monde de certains des plus grands philosophes contemporains du milieu universitaire », déclare un critique.

Finalement, vous avez peut-être remarqué que, dans la colonne de droite de la plupart des pages de notre site (sous la publicité), se trouve une boîte dans laquelle figurent les articles les plus lus et les plus commentés sur le site et ceux pour lesquels le plus de courriels ont été envoyés. Or, l’article le plus lu de tous les temps - enfin, depuis le lancement du nouveau site Web en octobre dernier - serait « La philosophie sous un autre jour », qui portait sur les perspectives d’emplois réjouissantes pour les diplômés en philosophie. Cogito, ergo sum. (Voilà qui résume bien ma pensée et… l’étendue de ma connaissance du latin.)

Un récent article de The Chronicle of Higher Education s’appuie sur un sondage effectué auprès de plus de 22 500 professeurs américains auxquels on a demandé, entre autres, quels étaient les objectifs d’un professeur relativement à l’enseignement en classe. Le sondage a été réalisé par le l’Institut de recherche sur l’enseignement supérieur de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) (un communiqué de presse, un résumé des résultats du sondage et une présentation PowerPoint sont accessibles ici).

Le rapport de sondage contient une foule de données, mais l’article de The Chronicle of Higher Education est axé sur le pourcentage de professeurs qui jugent important d’enseigner aux étudiants de premier cycle « les classiques de la civilisation occidentale » par opposition au pourcentage de professeurs qui jugent important de leur enseigner « à devenir des agents de changement social ».

Je n’indique pas laquelle de ces deux options s’est révélée la plus populaire auprès des professeurs parce que j’aimerais que nos lecteurs répondent à notre sondage (ci‑dessous) sans être influencés. Je comprends que les deux options ne sont pas incompatibles, mais il sera néanmoins intéressant de connaître vos réponses.

Le sondage est également accessible sur notre site en version anglaise (ici). Les francophones et les anglophones feront‑ils des choix différents?

L’article de The Chronicle of Higher Education tente d’évaluer si la réponse d’une personne est révélatrice de ses apprentissages politiques - un penchant pour les « classiques » est‑il signe d’une attitude plus conservatrice par rapport à l’attitude teintée de libéralisme qui consiste à appuyer le changement social?

Dans l’article, Sylvia Hurtado, une professeure d’éducation de la UCLA, affirme : « La notion d’éducation libérale en tant qu’ensemble de compétences intellectuelles est en transition. [...] Elle désigne également la responsabilité individuelle et sociale ainsi que le fait de réfléchir à son rôle dans la société et de provoquer le changement. »

Voici le sondage. Je vous invite à y participer et à échanger sur le sujet.

À titre de professeur, que jugez-vous prioritaire?

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Dimanche dernier, le 8 mars, nous avons souligné la Journée internationale de la femme. Je me suis donc demandé combien d’universités canadiennes étaient dirigées par une femme.

Je ne prétends pas que ces chiffres soient très révélateurs de quoi que ce soit, mais ils présentent un certain intérêt. (À l’époque où j’étais responsable des relations avec les médias à l’Association des universités et collèges du Canada, c’est une question qui m’était souvent posée par les journalistes.)

J’ai tenu compte dans mon calcul de deux femmes qui entreront en fonction l’été prochain, au moment où une autre, qui est actuellement rectrice, quittera son poste après 11 ans (Bonnie Patterson, Université Trent). La rectrice de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, Johanne Jean, termine son premier mandat l’été prochain et demandera à ce qu’il soit renouvelé pour une autre période de cinq ans. Ainsi, à compter du mois d’août 2009, parmi les 94 établissements membres de l’AUCC, 15 seront dirigés par une femme, soit environ 16 pour cent.

Quiconque souhaite interpréter ces résultats, ou offrir des chiffres significatifs concernant la place des femmes dans le milieu universitaire, est invité à soumettre ses commentaires au moyen de la fonction prévue à cet effet, ci-dessous. Il me fera plaisir de les lire.

Voici la liste :

rectrices

Addenda, le 20 mars 2009, 14 h 30 : Le cercle des femmes rectrices s’agrandit. Luce Samoisette, professeure à la Faculté d’administration de l’Université de Sherbooke, a été élue hier au rectorat de l’Université pour un mandat de cinq ans. Elle entrera en fonction le 1er juin prochain.

Une étude intéressante m’a échappé dans sa version prépublication affichée sur le Web l’automne dernier. Quoi qu’il en soit, l’article intégral revu par les pairs, intitulé
« The Effects of Aging on Researchers’ Publication and Citation Patterns », est maintenant disponible dans la revue PLoS ONE et vaut la peine d’être lu.

Réalisée par des chercheurs de l’Université du Québec à Montréal, l’étude se penche sur la productivité des chercheurs en fonction de leur âge et se fonde sur un échantillon de plus de 6 000 professeurs d’universités québécoises. En un mot, l’article révèle que la productivité des scientifiques qui poursuivent activement leurs recherches atteint son point culminant à 50 ans, et qu’elle est maintenue jusqu’à la retraite et même jusqu’à l’âge de 70 ans. L’étude nous apprend aussi que les noms des professeurs plus âgés ont tendance à se retrouver de moins en moins souvent en tête de la liste des auteurs dans les copublications.

« Les résultats montrent clairement que la productivité et l’impact ne sont pas de simples fonctions qui déclinent avec l’âge », concluent les auteurs de l’étude.

Un article paru l’automne dernier dans Le Devoir présente les résultats sous cet angle :

La tour d’ivoire mythique du vieux professeur d’université grisonnant attendant sa retraite vient de s’écrouler. Une nouvelle étude montre que les plus matures de la faune scientifique québécoise produisent bien davantage de recherches que leurs jeunes homologues.

Les résultats de l’étude ont des répercussions sur les politiques scientifiques, affirment les auteurs de l’étude. À l’heure où de nombreux pays, dont le Canada, réévaluent leurs politiques relatives à la retraite obligatoire, « on ne peut négliger le fait que les chercheurs âgés jouent encore un rôle important dans la production d’articles ayant un impact considérable ».

L’annonce, plus tôt cette semaine, de la recommandation unanime d’Eddy Campbell au poste le plus élevé de l’Université du Nouveau-Brunswick (UNB) par les membres du Comité de recrutement de l’établissement a suscité de l’intérêt dans les milieux universitaires. En effet, l’an dernier, la candidature (pour le même poste à Memorial) de M. Campbell, actuellement recteur par intérim de l’Université Memorial, avait été rejetée par le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador. Cette décision avait soulevé la controverse, rappelant la question de l’autonomie universitaire.

La controverse a interpellé la présidente-directrice générale de l’Association des universités et collèges du Canada, Claire M. Morris, qui a écrit un commentaire publié dans plusieurs journaux canadiens et dans lequel on peut lire : « L’ingérence réelle ou apparente du gouvernement dans la gouvernance et l’administration universitaire est incompatible avec la création d’un climat propice à la liberté d’investigation scientifique et d’expression intellectuelle. »

De manière générale, les gouvernements de la plupart des provinces canadiennes ne remettent pas en cause les décisions des universités concernant le recrutement de leur recteur. Dans certaines provinces, comme l’Ontario et le Nouveau-Brunswick, l’approbation du gouvernement n’est même pas requise.

En recommandant M. Campbell, le Comité de recrutement de l’UNB a salué ses réalisations exceptionnelles à la fois dans les domaines de l’administration et de l’enseignement.

La nouvelle a aussi poussé le chroniqueur du Globe and Mail Jeffrey Simpson à écrire, le 11 février, un article intéressant dans lequel il se demande pourquoi la plupart des universités n’embauchent pas les leurs (M. Campbell est titulaire de deux diplômes de la Memorial et a joint les rangs de l’établissement en 2004 à titre de vice-recteur, après avoir passé 21 ans à l’Université Queen’s).

Affaires universitaires a abordé le sujet en septembre dernier dans un article intitulé
« Recteurs demandés ». Citant l’ancienne rectrice d’un collège américain, Rita Bornstein, l’article indique :

Le processus de sélection d’un recteur est sensiblement différent de celui visant à pourvoir à un poste en entreprise, qui dépend en très grande partie de la planification de la relève et où on prépare, éduque et forme les futurs dirigeants pendant un temps considérable. Il n’existe pas de route clairement définie menant au rectorat, et les gens qui aspirent à ce poste ont bien peu d’occasions de formation. À l’heure où le milieu universitaire canadien connaît un fort roulement, certains croient qu’il est temps de revoir la planification de la relève des hauts dirigeants.

Comme plusieurs, je me souviens très bien de l’endroit où je me trouvais en ce jour de décembre 1989, lorsque j’ai appris qu’un massacre avait eu lieu à l’École Polytechnique de Montréal. Je me souviens aussi d’avoir assisté à un cours à l’École, un an plus tard, d’avoir songé à la tuerie et aux esprits, et d’avoir été ému de voir les fleurs que les gens laissaient encore près de l’entrée.

De nombreux commentateurs québécois ont déjà exposé leurs vues sur la production du film Polytechnique de Denis Villeneuve, qui prend l’affiche vendredi (le 6 février). Nathalie Collard, chroniqueuse à La Presse, confie ne pas avoir pu prendre la distance nécessaire pour apprécier le film qui, dit-elle, n’a fait que « réveiller des souvenirs douloureux ». Sa collègue Rima Elkouri a pour sa part trouvé que le film contenait d’importants messages sur la culpabilité et la souffrance :

Pourquoi ce film? Parce qu’il nous donne à espérer que l’on puisse, 20 ans plus tard, exorciser le drame. L’habiter pour qu’il cesse de nous hanter.

Le cinéaste, cité dans le Globe and Mail, a présenté une justification semblable :
« Pour grandir et devenir adulte, une société doit explorer ses zones grises. »

La controverse actuelle ressemble d’une certaine façon au débat qu’avaient soulevé les adaptations pour le cinéma des événements du 11 septembre, quoique, à l’époque, ces derniers étaient encore très récents. Plusieurs films ont abordé le drame du 11 septembre, dont United 93 (à propos du quatrième avion, qui s’est écrasé en zone rurale en Pennsylvanie) et un film d’Oliver Stone intitulé World Trade Center.

Vous avez probablement oublié ces films parce que, comme bien d’autres du genre, ils n’ont eu aucun succès en salle. Ils n’intéressent personne. La question n’est ni morale ni artistique; je n’ai rien contre le fait de tourner un film sur la tragédie de Polytechnique. Je pense seulement que bien peu de gens iront le voir. Qui a envie de souffrir?

Addenda, le 11 fevrier 2009, 9h30 : D’accord, j’admets que mes prédictions étaient un peu erronées. Les journaux rapportent que le film Polytechnique s’est très bien défendu le week-end dernier dans les cinémas du Québec; il a en fait généré des recettes avoisinant les 325 000 $. Il ne s’agit pas d’un record, mais c’est tout de même respectable.

Affaires universitaires – le magazine et le site Web – est publié par l’Association des universités et collèges du Canada. Bien que cette relation me donne accès aux travaux de l’Association, je ne sais strictement rien des demandes d’adhésion.

L’AUCC évite soigneusement de divulguer quoi que ce soit sur les établissements qui soumettent une demande d’adhésion. Je suis donc informé de l’ajout d’un nouveau membre en même temps que tout le monde, soit lorsque l’Association émet un communiqué de presse. Par exemple, quand l’AUCC a annoncé en octobre que l’Université mennonite canadienne avait été admise à titre d’établissement membre de l’AUCC (de même que l’Université polytechnique Kwantlen), j’ai dû consulter Internet pour en apprendre davantage.

J’ai donc été étonné de lire la semaine dernière dans le Calgary Herald un article dans lequel le recteur du Collège Mont-Royal de Calgary, David Marshall, annonçait publiquement qu’une délégation officielle de l’AUCC visiterait son collège cette semaine afin de décider d’admettre ou non le Collège au sein de l’Association. Il affirme dans cet article que le Collège est à 99,9 pour cent assuré de devenir une université. Comme si ce n’était pas assez, dans l’éditorial du Calgary Herald, paru deux jours plus tard, on pouvait lire que le processus d’approbation n’était qu’une « formalité ».

Bien que je souhaite au Collège tout le succès possible dans sa démarche, les demandes d’adhésion ne sont pas une mince affaire et je crois qu’un peu de discrétion serait de mise. Que se passerait-t-il si le Collège n’était pas admis? Une situation quelque peu embarrassante.

Puisque le Canada ne possède aucun système d’agrément national, l’adhésion à l’AUCC, conjuguée à une charte provinciale, est souvent considérée comme équivalant à l’agrément. Parmi les critères d’adhésion à l’AUCC, l’établissement doit avoir un conseil d’administration indépendant; ses programmes d’enseignement doivent relever du personnel universitaire; il doit offrir une majorité de programmes de niveau universitaire; il doit être reconnu en matière de travaux d’érudition, d’investigation scientifique et de recherche. Cliquez ici pour consulter l’intégralité des critères d’admissibilité.

L’article de mon blogue précédent portait sur le manque de journalistes scientifiques à temps plein au Canada. J’aimerais poursuivre sur cette lancée en parlant cette fois de ce qui rend un article de recherche intéressant.

Chaque semaine, je lis des dizaines d’articles sur la recherche universitaire affichés sur les sites Web des universités, mentionnés dans des communiqués de presse ou publiés dans des revues spécialisées ou dans d’autres médias. Je dois avouer que bon nombre d’entre eux me laissent complètement indifférent.

Je ne critique absolument pas la qualité de la recherche ni le dévouement ou le professionnalisme des chercheurs. La plupart des chercheurs universitaires que j’ai interviewés au fil des ans sont passionnés par leur travail, et c’est là le défi : communiquer cette passion par l’entremise d’un article.

La plupart des reportages sur la recherche universitaire contiennent de nombreuses précisions, tentent à tout le moins d’expliquer les répercussions – p. ex. pourquoi nous devons faire attention – et reconnaissent consciencieusement la participation de tous les intervenants. C’est bien, mais il ne faut pas perdre de vue qu’un récit – puisque c’est bien ce dont il s’agit ici – doit avant tout être intéressant. Où se situent l’intérêt humain, les enjeux, les pièges, la courbe dramatique de l’histoire?

Qui sont les acteurs? Certains chercheurs ont de la difficulté à parler d’eux-mêmes. Pourtant, il s’agit bien d’une activité humaine, à laquelle participent de vraies personnes! Je veux connaître leur personnalité, ce qui les pousse à passer un nombre incalculable d’heures dans un labo ou sur le terrain, à la quête du savoir.

Revenant au thème de mon dernier blogue, j’ajouterai que les bons journalistes scientifiques chevronnés savent tout cela. Les communicateurs de la recherche peuvent aussi aider les journalistes à déceler les éléments d’une découverte ou d’un résultat scientifique qui permettront d’en faire une histoire captivante.

Permettez-moi de citer un exemple tiré d’Affaires universitaires qui, à mon avis, illustre bien mon propos : l’article « Passer le flambeau » de Michael Smith, publié dans le numéro de février 2005 du magazine. Il semble que cet article en ait séduit plusieurs, puisqu’il a remporté la Médaille d’excellence sanofi pasteur en journalisme dans le domaine de la recherche médicale cette année-là. L’article nous avait été proposé par la communicatrice de la recherche Mary Anne Beaudette du bureau de transfert de la technologie de la Queen’s University, PARTEQ Innovations.

Selon vous, qu’est-ce qui rend un article de recherche intéressant? Faites-moi parvenir des exemples; je serai heureux de les présenter à nos lecteurs. Si vous connaissez des sujets de recherche qui n’ont pas encore été couverts, c’est encore mieux! Faites-nous en part et nous tenterons d’en faire de vraies bonnes histoires.

Les bailleurs de fonds (les gouvernements) exercent de plus en plus de pression sur les universités pour qu’elles diffusent les résultats de leurs activités de recherche, et les organismes subventionnaires ont pour leur part commencé à exiger que les bénéficiaires de subventions communiquent leurs découvertes à la population.

Il est donc plutôt ironique, explique le vétéran rédacteur scientifique Peter Calamai, que le nombre de journalistes scientifiques dans les principaux médias ait diminué de façon aussi importante depuis quelques années. Dans un article d’opinion paru dans le numéro du 23 décembre 2008 de Re$earch Money (abonnement requis), M. Calamai souligne que la CBC-TV, le Toronto Star et La Presse n’ont désormais plus à leur service de journaliste à temps plein pour couvrir les sujets scientifiques. Jusqu’à l’an dernier, et pendant des décennies, ce type de journalistes avait occupé une place importante au sein du personnel de ces organisations, rappelle-t-il. (M. Calamai était lui-même le journaliste scientifique au Toronto Star.)

Il poursuit : « Lorsque l’Association canadienne des rédacteurs scientifiques a été fondée en 1971, une trentaine de journalistes au Canada consacraient entièrement leurs reportages à la science, parfois aussi à la médecine. Ils ne sont plus que six à le faire aujourd’hui. »

Le paradoxe est frappant. D’une part, la stratégie fédérale en matière de sciences et de technologie proclame que l’avenir du Canada repose sur l’économie du savoir et que la population doit s’intéresser à la recherche scientifique, tandis que de plus en plus de postes de « diffuseurs de la recherche » sont créés dans les universités, les hôpitaux de recherche, les entreprises et les établissements à vocation scientifique. D’autre part, les personnes les plus aptes à transmettre le message des communicateurs à l’ensemble de la population, à savoir les journalistes scientifiques, sont en train de disparaître.

La situation ne semble pas aussi désastreuse au Québec que dans le reste du Canada, du moins si on en juge par l’abondante couverture médiatique qui accompagne des événements comme le congrès annuel de l’Acfas. Il n’existe pas d’événement comparable au Canada anglais, à l’exception, peut-être, du Congrès des sciences humaines tenu annuellement. Le Canada anglais n’a pas non plus de publication scientifique d’intérêt général, alors que le Québec en compte deux, Québec Science et Découvrir.

M. Calamai propose que soit créé un Centre canadien des médias scientifiques, qui offrirait de l’aide aux journalistes généralistes lorsqu’ils doivent rédiger des articles à teneur scientifique. Le groupe qui appuie la création d’un tel centre a déjà mis sur pied un site Web et invite les experts en science et les journalistes à y jeter un coup d’œil.

Quelle est votre opinion? Que peut-on faire pour améliorer la situation du journalisme scientifique au Canada? (Vous pouvez envoyer vos commentaires en cliquant sur le lien ci-dessous ou en me faisant parvenir un courriel.)

Dans un article du mois d’août 2008 (« Un sujet qui délie les langues »), je racontais que de moins en moins d’universités exigent que les étudiants maîtrisent une langue seconde dans le cadre de leur programme d’études. En deuxième partie de l’article, je traitais spécifiquement de ce que peuvent faire les universités pour favoriser le bilinguisme et je faisais remarquer à ce sujet que les universités francophones tentent d’attirer les étudiants anglophones qui ont participé à des programmes d’immersion française au secondaire. Comme on pouvait le lire dans l’article, « [à] l’heure actuelle, 325 000 élèves du primaire et du secondaire sont inscrits à des programmes d’immersion française au Canada. Pourtant, très peu continuent d’étudier en français à l’université. »

Eh bien, permettez-moi de souligner les efforts de l’Université de Moncton qui s’intéresse précisément à la question. Un article paru dans le quotidien anglophone de l’endroit relate que, depuis deux ans, 80 étudiants diplômés d’un programme d’immersion française au secondaire se sont inscrits à l’Université. Il ne s’agit peut-être que de deux pour cent de l’ensemble des étudiants, mais l’Université compte faire grimper ce taux à cinq pour cent.

Les deux étudiants anglophones cités dans l’article se disent impressionnés par les services de soutien qui leur sont offerts et heureux d’avoir la chance de poursuivre leurs études en français.

Connaissez-vous des anecdotes provenant d’autres universités? Et quel rôle croyez-vous que les universités devraient jouer pour appuyer le bilinguisme?