Vous êtes ici : Accueil > Comment produire ? > Pesticides

> Coopérative

Épis-Centre et l’approvisionnement responsable
La coopérative Épis-Centre, dont le siège est à Bourges (Cher) affine sa stratégie d’approvisionnement vers une agriculture responsable. Bernard Sargis, directeur général, explique en quoi consiste cette stratégie, notamment en mettant en avant des produits respectueux tant de la santé des hommes que de l’environnement.

Question : Vous avez déclaré que vous souhaitiez orienter votre coopérative résolument vers l’avenir et avez pris comme exemple la question de la protection des cultures. Ce sujet fait actuellement débat, au niveau de la santé et de l’environnement, tant au sein des milieux agricoles que chez nos concitoyens. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Pour Bernard Sargis, directeur de la coopérative Epis-Centre, les agriculteurs aspirent à des solutions pérennes qui respectent l’environnement.

Bernard Sargis : Jusqu’ici, les principaux critères d’évaluation d’un produit de protection des plantes – un fongicide par exemple – étaient son efficacité sur la maladie visée et son coût. On tenait moins compte des autres critères : impact sur la santé de l’utilisateur comme du consommateur, pollution des sols traités, des nappes phréatiques. Aujourd’hui, il est indispensable d’avoir une approche plus globale de la question.
La notion de bénéfice-risques, comme en pharmacie, s’introduit déjà au niveau des commissions d’homologation des produits de phytopharmacie : l’homologation d’un produit n’est plus une prérogative du seul ministère de l’Agriculture. Les commissions sont aujourd’hui constituées, non des seuls agronomes, mais aussi de médecins, de spécialistes de l’écologie et d’économistes : c’est une révolution – et un vrai progrès !

Question : Comment concrétiser cette rupture au niveau d’une grande entreprise comme la vôtre ?

Bernard Sargis : Prenons un exemple. Nous avons signé un partenariat avec la société Goëmar qui a lancé, il y a quelque temps, un vaccin des plantes destiné à protéger le blé et l’orge de leurs maladies précoces : Iodus. Ce produit, issu de produits naturels, les algues, ne présente aucune toxicité, ni pour l’homme, ni pour l’environnement. Nos services techniques ont vérifié, en collaboration avec l’institut technique Arvalis, son efficacité. Celle-ci est désormais équivalente à celle des produits chimiques actuellement employés en traitement précoce. Par contre, outre la non-toxicité, les avantages sont nombreux : le mode d’action par stimulation des défenses naturelles de la plante exclut a priori tout risque de résistance, tel qu’il en apparaît aujourd’hui avec les traitements conventionnels. De plus, les effets indirects sur d’autres maladies, parce que la plante a acquis plus de résistance, ne sont pas négligeables. Enfin, ce produit peut certainement être utilisé en mélange avec d’autres produits classiques.

Question : Vous allez donc promouvoir ce produit auprès de vos adhérents ?

Bernard Sargis : Nous avons l’intention de proposer cette solution à nos agriculteurs qui partagent, d’ailleurs, les mêmes préoccupations que nous ! Car eux, qui sont dans la réalité quotidienne, aspirent souvent à des solutions plus pérennes. L’enquête réalisée sur plusieurs années consécutives, par un organisme indépendant, auprès de ceux qui ont utilisé Iodus le prouve. Aujourd’hui, ce n’est pas chez eux que l’on rencontre la rigidité des habitudes… Une coopérative comme la nôtre se doit de répondre aussi à leurs attentes.

Question : Cette décision a-t-elle été facile à prendre ?

Bernard Sargis : Non. Nous avons dû faire, en coopération comme je vous l’ai dit avec Arvalis, des études nombreuses et approfondies. Celles-ci s’avérant positives, nous avons ensuite dû régler avec Goëmar, le problème de la compétitivité de Iodus, de manière à ce que les agriculteurs trouvent aussi un avantage financier au changement proposé. Cette société a accepté, dans son souci de promouvoir un nouveau concept dans lequel elle a foi depuis longtemps (ses recherches ont commencé il y a quinze ans…), de ne pas introduire dans le calcul de son prix de revient le coût, fort élevé, de sa recherche. Cet avantage sera naturellement répercuté au niveau de nos adhérents.

Question : Vous semblez conquis par les innovations de Goëmar ?

Bernard Sargis : En effet. Après avoir visité cette société à Saint-Malo et avoir rencontré ses chercheurs, nous avons ensemble imaginé un partenariat, notamment sur les nouveaux vaccins concernant d’autres cultures. Car nous avons les moyens d’offrir à Goëmar de grandes possibilités d’expérimentation dans notre ferme du Chaumoy. Nous y avons d’excellents spécialistes qui pourraient faire gagner du temps dans la recherche. D’autres idées ont été débattues, qui pourraient éventuellement se concrétiser à moyen terme.

Question : Voulez-vous nous en dire plus ?

Bernard Sargis : Ce serait prématuré. Reparlons-en dans quelques mois…

Goëmar - 07/11/2006






© CIP septembre 2006
Mentions légales - Plan du site
Voir tous les articles de ce dossier Voir tous les dossiers