CINETUDES
Dimanche 21 Février 2010
5:04
Michael RITCHIE

Michael RITCHIE (1938 - 2001)


Lorsqu’on évoque le nom et la carrière de Michael Ritchie, seuls deux ou trois titres éveillent péniblement quelques souvenirs dans la tête du spectateur français : Golden child, Fletch et dans une moindre mesure, The Candidate. Le reste, lorsqu’il fut distribué chez nous, laisse généralement le questionné, dès lors qu’il se penche un peu plus sérieusement sur son cas, si ce n’est surpris du moins songeur : autant de génériques rassemblant la crème des acteurs et techniciens, scénaristes et compositeurs des années 70, 80 et 90 associés à autant de titres aussi obscurs et pour la plupart inédits en salles, il y a forcement quelques chose de louche là-dessous …




Michael RITCHIE (1938 - 2001)
Disparu en avril 2001, à l’âge de 62 ans, Michael Ritchie est, pour tous les théoriciens et autres adeptes d’une notion de cinéma d’auteur opposée à celle de cinéma populaire, l’un de ces cas de figures légèrement déconcertants qui traduit admirablement bien toute la complexité et richesse d’un cinéma américain dans lequel la classification entre l’artiste et le filmmaker peut parfois s’avérer bien difficile à établir. Cinéaste à l’univers personnel, auquel on pourrait facilement concéder des prétentions d’auteur si l’on s’arrêtait à la seule analyse de ses films les plus réputés, mais également réalisateur qui accepta toujours sans rechigner de se plier aux contraintes et compromis commerciaux du système hollywoodien, Michael Ritchie aura donc navigué tout au long de sa carrière au coeur de ce no man’s land cinématographique où l’ambition artistique se doit souvent de cohabiter avec des préoccupations beaucoup plus vénales. Au risque de déplaire à une bonne partie de la critique qui, après l’avoir promptement élevé au rang d’auteur dans les années 70, s’efforcera de le rabaisser, à partir du milieu de la décennie suivante, à celui d’anonyme faiseur.

Le parcours chaotique de ce cinéaste natif d’une petite ville du Wisconsin, au sud-est des Etats-Unis, fils d’un professeur de psychologie expérimentale, est en fait assez symptomatique des affres professionnelles rencontrées par la plupart des cinéastes formés à la télévision au cours des années 50 et 60. Après s’être fait les dents sur quelques uns des plus illustres programmes de la télévision américaine des sixties, Michael Ritchie débarque à Hollywood par la grande porte. Il travaille pendant une dizaine d’années avec les acteurs de composition et vedettes populaires les plus demandés du moment – Robert Redford, Gene Hackman, Bruce Dern, Lee Marvin, Kris Kristofferson, Burt Reynolds – séduit la critique dans la foulée et s’offre en 1976 avec The Bad News Bears un gros succès public qui engendrera plusieurs suites et une série télé. Puis le vent tourne. Deux de ses films les plus ambitieux et personnels, An almost perfect affair et The Island, sont froidement accueillis par la critique outre-atlantique et se soldent par de cuisants échecs au box-office. Michael Ritchie entame alors une traversée du désert de plusieurs années. Un concert filmé de Bette Midler, une parodie de slashers signée sous un pseudonyme et une comédie noire bien trop décalée pour séduire le public en masse marquent cinématographiquement cette première période sombre pour Michael Ritchie, qui semble alors se chercher tout en s’éloignant du public américain.

Michael RITCHIE (1938 - 2001)

C’est en 1985 que le cinéaste renoue avec le succès grâce à une comédie policière, Fletch, qui marque un tournant dans son œuvre. Pour la première fois, il choisit d’avancer à couvert, plaçant véritablement au second plan tous les éléments constitutifs de son univers cinématographique. A partir d’une trame générale extrêmement balisée et assez éloignée de ses habituelles préoccupations, le cinéaste brode avec talent autour de son sujet, place ici et là quelques réflexions personnelles et recrée finalement une atmosphère immédiatement reconnaissable pour tout spectateur familier de son oeuvre. La griffe satirique du cinéaste est bien là, mais présente uniquement dans la tonalité générale du film et les à-côtés de l’intrigue.

Wildcats, sa réalisation suivante, bien que d’apparence plus ancrée dans ses préoccupations habituelles – le film a pour toile de fond le milieu de la compétition sportive – fonctionne sur la même recette : un schéma narratif classique, pour ne pas dire usé, que le cinéaste agrémente d’apartés personnels. Avec pour son auteur, comme cela avait été le cas sur Fletch, un joli succès commercial à la clef sur le sol américain. Est-ce cela qui va l’inciter à persévérer dans cette voie ? On serait évidemment fortement tenté de le penser, et c’est d’ailleurs ce qu’estimera majoritairement la critique à partir de là, jugeant sa démarche facile sans prendre la peine de s’y attarder et classant alors irrémédiablement le cinéaste au rayon des espoirs déçus du cinéma américain.

Sur le tournage de Diggstown en 1992
Sur le tournage de Diggstown en 1992
Une bonne partie de ses réalisations suivantes fonctionnera donc selon les modèles établis par Fletch et Wildcats. Soit des comédies policières ou d’exploits sportifs, prétextes plus ou moins marqués à une nouvelle exploration des thèmes de prédilections du cinéaste, qui garantiront ainsi à son œuvre une authentique cohérence thématique à défaut peut-être de proposer au spectateur un plus stimulant renouvellement d’inspiration. Mais, du côté des spectateurs, la formule va finir par lasser et les ultimes travaux de Michael Ritchie conçus dans le même moule que Fletch : Diggstown, The Scout, Cops and Robbertson, échoueront à séduire le public du début des années 90, sans doute plus vraiment en phase avec cet humour à résonance sociale légèrement décalé.

Comme Mark Rydell, John Frankenheimer et quelques autres vétérans formés à la télévision quelques décennies plus tôt, Michael Ritchie reviendra au petit écran dans les années 90 signant pour la chaîne HBO son travail le plus personnel depuis The Survivors : The Positively True Adventures of the Alleged Texas Cheerleader-Murdering Mom, satire décapante de la télévision américaine - et par extension, de la société américaine - retrouvant dans l’esprit toute la férocité de Smile, sans doute la plus belle réussite de toute l’œuvre du réalisateur.

Suite à ce succès critique unanime, on aurait alors pu penser à un retour en force du cinéaste sur grand écran et par la même occasion à une réhabilitation de son travail, mais il n’en sera rien. A l’inverse même, sa fin de carrière va brusquement glisser dans la confidentialité. De ses trois dernières réalisations, seul A Simple Wish, échec sans appel au box-office américain, connaîtra une large distribution. Comfort, Texas, signé pour la télévision en 1997, semble avoir été oublié sur les étagères de sa compagnie de production et The Fantasticks, autre coûteux fiasco commercial, ne sortira en catimini dans les salles américaines qu’en 2000, soit cinq ans après sa réalisation et non sans avoir été au préalable remonté – et amputé d’une demi-heure – par Francis Ford Coppola (avec – officiellement en tout cas - l’approbation de Michael Ritchie). Une nouvelle déroute financière qui marquera la conclusion de la carrière de Michael Ritchie, lequel disparaîtra quelques mois plus tard des suites d’un cancer de la prostate.

Walter Matthau dans The Bad News Bears
Walter Matthau dans The Bad News Bears
Première constatation : si tous les films de Michael Ritchie ne présentent indiscutablement pas le même intérêt, tous en revanche en portent bien la griffe, que celle-ci soit présente dans le cadre socio-géographique dépeint par le cinéaste ou les thématiques, souvent attenantes à cet environnement, déclinées film après film avec plus ou moins de force.

Le paysage récurrent des histoires que nous conte Michael Ritchie est celui de l’Amérique provinciale, semi rurale, des villes anonymes et de leurs banlieues proprettes. Des décors uniformes de publicité pour aspirateurs des années 50 dans lesquels on ressent vite, derrière le regard caustique du cinéaste, comme un malaise persistant. " Les asociaux sont ma spécialité " clame fièrement Dan Aykroyd dans The Couch Trip : il en va un peu de même pour le réalisateur de The Candidate. Les personnages centraux des films les plus représentatifs de cette démarche démystificatrice ont en effet tous, à des degrés divers, une faille comportementale plus ou moins apparente sous des dehors de citoyen américain lambda, voire modèle. Alcooliques (Walter Matthau dans The Bad News Bears), dépressifs (Nicholas Pryor dans Smile), obsédés par leur sécurité (Robin Williams dans The Survivors), par la réussite de leur progéniture (Holly Hunter dans The Positively True Adventures of the Alleged Texas Cheerleader-Murdering Mom) ou par un désir de revalorisation auprès à leurs proches (Chevy Chase dans Cops and Robbertsons), ces représentants de la classe moyenne voire de la petite bourgeoisie des trous perdus de l’Amérique du nord ne font finalement rien d’autre que de tenter d’échapper à une existence aussi vide de sens qu’encombrée de valeurs puritaines castratrices, en développant pour cela des obsessions souvent idiotes, voire dangereuses, invariablement futiles.

Dianne Wiest dans Cops and Robbersons
Dianne Wiest dans Cops and Robbersons
La première arme de Michael Ritchie dans son entreprise de décortication – pour ne pas dire démolition parfois – de l’american way of life des provinces reste néanmoins l’humour, de préférence sarcastique. Et le cinéaste n’épargne ici aucun des deux sexes : si les hommes sont invariablement tournés en ridicule, le traitement qu’il réserve aux femmes n’est généralement guère plus tendre. Implacables dominatrices derrière leurs sourires figés, celles-ci semblent, à l’inverse de leurs compagnons, se satisfaire pleinement de leur mode de vie, alimentant celui-ci de façon mécanique (Dianne Wiest composant dans Cops and Robbersons un personnage de femme au foyer bien trop parfaite, constamment aux fourneaux à préparer des sucreries pour tout un régiment) lorsqu’elles ne vont pas jusqu’à envisager le meurtre afin de conserver leur rang au sein de cet univers (Holly Hunter dans The Positively True Adventures of the Alleged Texas Cheerleader-Murdering Mom). Et là encore, si le rire domine, une inquiétude sourde pointe parfois derrière ces portraits d’individus mal dans leur peau, voire carrément désaxés.

La folie humaine est d’ailleurs un élément que l’on retrouve dans bon nombre de films de Michael Ritchie. Thème central de The Couch Trip, cette comédie tirant vers la farce dans laquelle un doux-dingue prend la place de son thérapeute, elle traverse aussi bien ses films les plus légers – les deux Fletch, avec leur personnage de journaliste-investigateur au comportement quasi schizophrénique dans sa façon de changer d’identité comme de chemise - que ses oeuvres les plus sombres. Ainsi Prime Cut et The Island, deux films allant très loin dans l’humour noir, mettent en scène des personnages de vilains hauts en couleur – un gangster éleveur de bovins et sa brute épaisse de frère dans le premier, une bande de pirates modernes dans le second – particulièrement ravagés du ciboulot.

James Woods et Louis Gossett Jr dans Diggstown
James Woods et Louis Gossett Jr dans Diggstown
Toutefois, s’il ne fallait retenir de l’œuvre de Michael Ritchie qu’un seul élément thématique indissociable de son travail, ce serait sans doute sa réflexion, menée à travers une dizaine de films, sur la notion de compétition au sein de la société. Etroitement lié à l’une des valeurs fondamentales de la pensée américaine, qui prône le "tout est possible à condition de le vouloir vraiment", ce concept, rarement étudié avec autant de pertinence et de persévérance au cinéma, va offrir au cinéaste l’occasion d’explorer des sujets aussi rebattus mais fondamentaux que la recherche de la bonheur matériel ou spirituel, de la réussite professionnelle ou personnelle, du prix à payer pour devenir le meilleur ou simplement être reconnu, tout en peaufinant dans la foulée son analyse sociologique de la société américaine.

Support idéal à l’argumentation de cette réflexion, le monde du sport occupera par conséquent une place de choix dans son œuvre. Downhill Racer, The Bad News Bears, Semi-tough, Wildcats ou Diggstown sont ainsi de surprenantes comédies sportives dans lesquelles l’exploit sportif – lorsqu’il y a exploit – est constamment relégué au second plan au profit d’études de caractère tranchantes visant généralement à tourner en dérision le fameux rêve américain, via des portraits d’individus socialement instables ou peu représentatifs de valeurs phares de l’Amérique profonde.

Mais le cinéaste ne va pas s’arrêter au seul univers sportif pour mener à bien sa réflexion. Qu’il s’intéresse à la campagne politique d’un futur jeune sénateur dans The Candidate, d’une élection de Miss dans Smile, du parcours d’un jeune réalisateur venant vendre son premier film au Festival de Cannes dans An Almost Perfect Affair ou de celui d’une mère prête à tout pour faire élire sa fille pom-pom girl en chef de son lycée dans The Positively True Adventures of the Alleged Texas Cheerleader-Murdering Mom, Michael Ritchie s’interroge de la même façon sur les causes et conséquences de cette obsession de réussite très américaine, accentuant seulement selon l’humeur et le sujet le tragique de la situation, son côté ridicule ou bien encore l’aspect carnavalesque et finalement sans conséquence qu’elle peut parfois revêtir.


Avec Robert Redford sur le tournage de The Candidate
Avec Robert Redford sur le tournage de The Candidate
Enfin, à l’exception notable de Wildcats – assurément le plus convenu des films de Michael Ritchie affiliés à cette veine thématique - toutes ces oeuvres se rejoignent dans l’ambiguïté de leur conclusion, qui traite généralement l’issue de la compétition au centre de chacune des intrigues avec une ironique désinvolture - que la victoire ou la défaite soit au rendez-vous - et abandonne la plupart du temps le spectateur sur une note interrogative, teintée de dérision, de désenchantement, voire même de désarroi.

Cinéaste inégal – difficile, à leur vision respective, d’éprouver autant d’enthousiasme pour une œuvre aussi bancale et peu personnelle que The Golden Child que pour un Prime Cut ou un Smile - donnant sans doute – et peut-être à juste titre - l’impression de ne pas avoir su ou voulu exploiter pleinement son potentiel créatif, Michael Ritchie reste malgré tout un réalisateur à redécouvrir. Semblant avoir cessé d’exister aux yeux de la critique dès la fin des années 70 et n’étant connu du grand public qu’à travers ses travaux les moins pertinents (Fletch et sa suite, The Golden Child) il n’est pourtant pas seulement l’auteur de 2 ou 3 films intéressants de la décennie 70 et de quelques succès commerciaux des années 80 mais bien, sur plus de trente ans et au fil d’une vingtaine de longs métrages, le géniteur d’un univers personnel cohérent et passionnant proposant au spectateur un regard unique sur l’Amérique et sa philosophie de la réussite.




Filmographie de Michael Ritchie

Michael RITCHIE (1938 - 2001)

  • John Quincy Adams
Episode de la série Profiles in Courage (TV – 1965)
Scénario de Andy Lewis - Production : Gordon Oliver, Robert Saudek (NBC)
Etats-Unis – 60 mn – Drame historique
Avec Laurence Naismith, Parley Baer, Alan Hewitt

Synopsis : La vie de John Quincy Adams, sixième président des Etats-Unis d’Amérique, qui fut l’un des architectes fondateurs de la politique étrangère de sa jeune nation et lutta pour l’abolition de l’esclavage.

Cette série à l’existence éphémère – seulement 26 épisodes diffusés sur l’antenne de la NBC entre novembre 1964 et mai 1965 – s’inspire de l’ouvrage littéraire de John F. Kennedy, prix Pulitzer 1956, Profiles in courage, qui retrace les destins de quelques grands hommes publiques américains ayant chacun, en différentes circonstances et souvent envers et contre tous, choisi le chemin de la sagesse et de la justice pour s’élever en modèles de vertu, de courage et d’intégrité. Michael Ritchie signa les épisodes 22 et 26 de cette série.


  • Thomas Corwin
Episode de la série Profiles in Courage- (TV – 1965)
Scénario de Don Mankiewicz - Production : Gordon Oliver, Robert Saudek (NBC)
Etats-Unis – 60 mn – Drame historique
Avec George Rose, John Colicos, John Howard

Synopsis : La vie et le combat du sénateur Thomas Corwin qui, après avoir soutenu l’appel du président James K. Polk à la guerre contre le Mexique en 1846, s’illustra comme l’un des plus farouches opposants à cette campagne militaire.

Seconde participation de Michael Ritchie à la série Profiles in Courage, Thomas Corwin est également l’ultime opus de cette galerie de portraits historiques dans laquelle se seront notamment illustrés à l’écran Brian Keith, Leonard Nimoy (dans un épisode écrit par Walter Bernstein, futur collaborateur de Michael Ritchie sur Semi-Tough et An Almost Perfect Affair), Walter Matthau (que l’on retrouvera dans trois films du cinéaste), John Cassavetes et Burgess Meredith.


Michael RITCHIE (1938 - 2001)
  • Teacher of Outlaws
Episode de la série The Big Valley - (TV - 1966)
Scénario de Gilbert Ralston - Production : Arthur Gardner, Arnold Laven et Jules V. Levy (ABC)
Etats-Unis – 60 mn – Western
Avec Richard Long, Peter Breck, Lee Majors, Linda Evans, Barbara Stanwyck, Harold J. Stone, Steve Ihnat.

Synopsis : Victoria Barkley est kidnappée par une bande de hors-la-loi qui la confonde avec une institutrice. La raison de cet enlèvement : le chef de cette bande veut apprendre à lire.

The Big Valley est l’une des séries américaines les plus populaires des années 60, nous narrant les mésaventures de la famille Barkley, propriétaire d’un ranch dans la vallée de San Joaquin en Californie à la fin du 19ème siècle. Cette saga de l’Ouest américain compte 112 épisodes tournés entre 1965 et 1969. Outre Michael Ritchie, on retrouve également à la réalisation de ces aventures à cheval entre le western et le soap-opéra quelques futurs piliers du petit écran américain (William A. Graham, Paul Wendkos) comme plusieurs solides réalisateurs de série B des années 50 (Joseph H. Lewis, Joseph M. Newman, Joseph Pevney).


Michael RITCHIE (1938 - 2001)
  • Under a Dark Star
Episode de la série The Big Valley (TV - 1966)
Scénario de Ken Trevey - Production : Arthur Gardner, Arnold Laven et Jules V. Levy (ABC)
Etats-Unis – 60 mn - Western
Avec Richard Long, Peter Breck, Lee Majors, Linda Evans, Barbara Stanwyck, Albert Salmi, Bruce Dern

Synopsis : Jarrod Barkley est rongé par la culpabilité. Il a participé à la condamnation d’un certain Keno Nash et vient d’apprendre que ce dernier est innocent du crime dont on l’accuse.

Vingtième épisode de la première saison de The Big Valley, Under a Dark Star marque la première collaboration entre Michael Ritchie et l’acteur Bruce Dern, le futur interprète principal de Smile. Cette figure iconique du cinéma américain des années 70 réapparaîtra par la suite dans deux autres réalisations du cinéaste : Diggstown en 1992 et le téléfilm Comfort, Texas, cinq ans plus tard. Parmi les autres vedettes en herbe passées par le ranch du clan Barkley, citons deux des acteurs fétiches de Sam Peckinpah, Warren Oates et L.Q. Jones ainsi que Bradford Dillman, Diane Ladd et Dennis Hopper.



Michael RITCHIE (1938 - 2001)
  • Barbary Red
Episode de la série The Big Valley (TV – 1966)
Scénario de Judith Barrows - Production : Arthur Gardner, Arnold Laven et Jules V. Levy (ABC)
Etats-Unis – 60 mn - Western
Avec Richard Long, Peter Breck, Lee Majors, Linda Evans, Barbara Stanwyck, Jill St John, George Kennedy

Synopsis : Jarrod retrouve une vieille connaissance : Barbary Red, tenancière d’un saloon qu’il avait autrefois eu à défendre en justice.

Le troisième et dernier épisode de The Big Valley réalisé par Michael Ritchie. Barbary Red s’offre deux guest stars de choix : la futur James Bond girl Jill St John (Diamonds are Forever) et le populaire second rôle américain des années 70 et 80 George Kennedy, alias Joe Patroni de la série des Airport.


Michael RITCHIE (1938 - 2001)
  • The Nowhere Affair
Episode de la série The Man from U.N.C.L.E (TV – 1966)
Scénario de Robert Hill - Production : Boris Ingster, Norman Felton (NBC)
Etats-Unis – 60 mn - Espionnage parodique
Avec Robert Vaughn, David McCallum, Leo G. Carroll, Lou Jacobi, Diana Hyland

Synopsis : Napoleon Solo, sur le point d’être capturé par les hommes du THRUSH, avale une capsule B et devient amnésique.

The Man from U.N.C.L.E, programme de fiction culte de la télévision américaine des sixties, qui lança la mode des séries d’espionnage mais curieusement ne dépassa pas les quatre saisons d’existence, fit ses premiers pas sur la chaîne NBC fin septembre 1964 pour tirer sa révérence au mois de janvier 1968 avec quelques 105 épisodes au compteur. Il s’agit de l’unique participation de Michael Ritchie à ce programme qui mobilisa quelques un des meilleurs téléastes de l’époque (Boris Sagal, Jud Taylor, Alf Kjellin) dont certains, à l’image du réalisateur de The Candidate, firent par la suite d’intéressantes carrières du côté du grand écran (Tom Gries, Richard Donner, James Goldstone ou encore Joseph Sargent). De toutes les séries auxquelles Michael Ritchie a participé au cours des années 60, The Man from U.N.C.L.E est sans doute celle qui, dans son mélange d’action, de suspense et d’humour décalé, se rapproche le plus de l’esprit frondeur qui animera ultérieurement son œuvre cinématographique.


Michael RITCHIE (1938 - 2001)
  • The Outsider
(La Course à la Vérité – 1967)
Scénario de Roy Huggins - Production : Roy Huggins (Universal)
Etats-Unis – 120 mn - Policier
Avec Darren McGavin, Sean Garrison, Shirley Knight, Nancy Malone, Edmond O’Brien, Ann Sothern, Joseph Wiseman

Synopsis : Chargé de surveiller une femme que son employeur soupçonne de vol, le privé David Ross se retrouve suspecté du meurtre de celle-ci lorsque son cadavre est retrouvé dans son bureau, transpercé de balles provenant de la propre arme à feu du détective.

Premier long métrage de Michael Ritchie, écrit et produit par Roy Huggins, le père du Fugitif, The Outsider est en fait le téléfilm pilote d’une série éponyme qui, faute de succès, ne dépassa pas les 26 épisodes, soit l’équivalent d’une saison complète. Son héros, un détective privé minable criblé de dettes, entretient quelques similitudes avec la plupart des personnages anti-conformistes, vivant en marge du système ou désireux de s’en extraire, qui peupleront le cinéma à venir du réalisateur. L’ensemble fait en outre preuve d’une belle audace pour une œuvre télévisuelle dans sa description assez crue du monde de la nuit californienne, monde dans lequel évolue David Ross pour mener à bien sa tortueuse enquête. Couples homosexuels, junkies en plein trip LSD, gourou hippie pas très catholique : Michael Ritchie entame bel et bien ici son portrait acide de l’Amérique des années 70.


Michael RITCHIE (1938 - 2001)
  • The Sound of Anger
Scénario de Dick Nelson - Production : Roy Huggins (Universal)
Etats-Unis – 100 mn – Drame Criminel (TV – 1968)
Avec Burl Ives, Guy Stockwell, James Farentino, Dorothy Provine, Charles Aidman, Jay C. Flippen, Lynda Day George

Synopsis : Deux frères juristes, impliqués dans le procès d’un couple accusé d’être à l’origine de l’accident d’avion ayant causé la mort du père de la jeune fille, découvrent que l’avocat de la défense a été acheté.

Ecrit et produit par Roy Huggins, The Sound of Anger réunit sensiblement la même équipe artistique que The Outsider. Et, tout comme pour The Outsider, l’intrigue ne va pas sans rappeler au spectateur la série The Fugitive. Diffusé pour la première fois à la télévision américaine le 10 décembre 1968, ce second long métrage télé de Michael Ritchie ferait apparemment office de pilote à la série The Bold Ones : The Lawyers, série par ailleurs en partie écrite par Roy Huggins.


Michael RITCHIE (1938 - 2001)
  • The Downhill Racer
(La Descente Infernale - 1969)
Scénario de James Salter - D’après la nouvelle Downhill Racer de Oakley Hall
Production : Richard Gregson (Paramount) - Etats-Unis – 101 mn – Drame sportif
Avec Robert Redford, Gene Hackman, Camilla Sparv, Joe Jay Jalbert, Tom J. Kirk, Dabney Coleman, Karl Michael Vogler

Synopsis : Descendeur au sein de l’équipe olympique américaine de ski, David Chappellet est un sportif froid et distant avec les autres. Cette attitude lui vaut d’entrer rapidement en conflit avec Eugene Clair, l’entraîneur du groupe.

Etrangement, ce film au sujet taillé sur mesure pour Michael Ritchie est un projet prévu à l’origine pour Roman Polanski. On retrouve pourtant dans cette histoire quelques questions et thèmes indissociables du cinéma de l’auteur de Smile : interrogation sur le prix à payer pour devenir le meilleur, sur les sacrifices à consentir pour gagner, réflexion sur la défaite et la relativité à accorder à toutes ces notions. Et toujours, au centre de l’histoire, un personnage atypique, qui n’a à première vue rien d’attachant et dont on finit pourtant par épouser la cause, en dépit de toutes ses faiblesses et défauts.


Michael RITCHIE (1938 - 2001)
  • Prime Cut
(Carnage - 1972)
Scénario de Robert Dillon - Production : Joe Wizan (Cinema Center Films)
Etats-Unis – 88 mn – Drame criminel
Avec Lee Marvin, Gene Hackman, Angel Tompkins, Gregory Walcott, Sissy Spacek, Janit Baldwin, Howard Platt

Synopsis : Nick Devlin, professionnel au service de la pègre, est envoyé au fin fond du Kansas pour récupérer de l’argent dû à l’organisation par le gangster Mary Ann, un personnage haut en couleurs à la tête du trafic de drogue local et d’un réseau de traite des blanches.

Première immersion en profondeur de Michael Ritchie dans cette Amérique provinciale qu’il se plaira ensuite à disséquer avec ironie tout au long de sa carrière, Prime Cut dévoile également une autre facette de la personnalité du cinéaste, celle, plus sombre, trahissant chez lui un penchant prononcé pour l’humour noir, presque macabre, et un sens de la démesure assez singulier au sein du cinéma américain grand public. Prime Cut marque la seconde et ultime collaboration du réalisateur avec Gene Hackman.


Michael RITCHIE (1938 - 2001)
  • The Candidate
(Votez McKay - 1972)
Scénario de Jeremy Larner - Production : Walter Coblenz (Warner Bros. Pictures)
Etats-Unis – 109 mn – Chronique de mœurs politiques
Avec Robert Redford, Peter Boyle, Melvyn Douglas, Don Porter, Allen Garfield, Karen Carlson, Michael Lerner

Synopsis : Bill McKay est candidat aux élections sénatoriales californiennes. Débutant dans le monde de la politique, il va devoir affronter les vieux loups de la politique sur leur terrain s’il veut remporter la partie.

Seconde association entre le cinéaste et Robert Redford, The Candidate est thématiquement l’une des œuvres les plus riches de son auteur. Comédie de mœurs cynique, description ironique de l’Amérique des trous perdus et questionnement autour du concept de compétition et des compromissions que celle-ci engendre dès lors qu’on se dit "prêt à tout pour réussir", The Candidate se distingue également par la force de sa conclusion, sans doute la plus brillante proposée par le cinéaste sur l’ensemble de son œuvre. Le film, qui remporta l’Oscar du meilleur scénario en 1973, demeure certainement le plus beau titre de gloire de Michael Ritchie et Robert Redford envisageait encore récemment d’en tourner une séquelle.


Michael RITCHIE (1938 - 2001)
  • Smile
(1975) Scénario de Jerry Belson - Production : Michael Ritchie (David V. Picker Productions)
Etats-Unis – 113 mn – Comédie
Avec Bruce Dern, Barbara Feldon, Michael Kidd, Geoffrey Lewis, Nicholas Pryor, Melanie Griffith, Annette O’Toole

Synopsis : C’est l’effervescence dans la petite ville californienne de Santa Rosa qui, comme chaque année, accueille le concours de Miss Amérique Junior. A charge pour Big Bob Freelander, président du jury, de veiller au bon déroulement de la compétition.

Si ce n’est l’œuvre la plus aboutie de Michael Ritchie, du moins la plus jubilatoire et la plus représentative de l’esprit frondeur et incisif de ce cinéaste. Cette chronique de moeurs remarquablement bien écrite, mêlant comme The Downhill Racer et The Candidate précédemment un sujet fictif à des évènements réels – ici un véritable concours de miss – se solda malheureusement à sa sortie par un sévère échec commercial.


Michael RITCHIE (1938 - 2001)
  • The Bad News Bears
(La Chouette Equipe - 1976)
Scénario de Bill Lancaster - Production : Stanley R. Jaffe (Paramount Pictures)
Etats-Unis – 102 mn – Comédie sportive
Avec Walter Matthau, Tatum O’Neal, Vic Morrow, Ben Piazza, Chris Barnes, Jackie Earle Haley, Joyce Van Patten

Synopsis : Morris Buttermaker, entraîneur sur la touche et ancien joueur de base-ball professionnel, accepte de prendre en main une équipe junior d’un niveau médiocre. Face à eux se dresse la redoutable équipe des Yankees, entraînée d’une main de fer par Roy Turner.

Quoique beaucoup plus conventionnel dans son traitement et sa forme que toutes les précédentes réalisations cinématographiques de Michael Ritchie, The Bad News Bears conserve une fraîcheur et une liberté de ton qui la classe malgré tout parmi les travaux apppartenant à la veine d’inspiration la plus personnelle de son auteur. L’approche simple, humaine, à hauteur d’enfant, appliquée par le cinéaste à ce sujet aux ambitions modestes vient nous rappeler l'influence non négligeable du cinéma européen sur toute la première partie de l’œuvre du réalisateur, jusqu’à An Almost Perfect Affair, se ressent en effet particulièrement dans ici. Avec à la clef un gros succès au box-office américain qui engendrera 2 suites cinématographiques et une série de courte durée.


Michael RITCHIE (1938 - 2001)
  • Semi-Tough
(Les Faux-durs - 1977)
Scénario de Walter Bernstein - D’après la nouvelle Semi-tough de Dan Jenkins
Production : David Merrick (United Artists) - Etats-Unis – 107 mn – Comédie sportive
Avec Burt Reynolds, Kris Kristofferson, Jill Clayburgh, Robert Preston, Bert Convy, Roger E. Mosley, Brian Dennehy

Synopsis : Barbara Bookman, fille du propriétaire de l’équipe de football américain de Miami, Billy Clyde et Marvin Tiller, deux figures importantes de cette même équipe, sont amis depuis de nombreuses années. Des liens qui menacent de se rompre lorsque Barbara et Marvin décident de se marier, au grand désespoir de Billy.

Un film assez inégal – le premier dans l’œuvre de Michael Ritchie – qui brasse d’intéressants thèmes alors à la mode, comme le phénomène des thérapies de groupe, offre en filigrane de nouvelles pistes de réflexion sur le thème de la compétition – dans le cas présent compétition sportive mais également amoureuse - et met en scène de nouveaux personnages iconiques ambigus, ici des vedettes de football à l’égocentrisme exacerbé, mais n’échappe pas non plus à certaines facilités dans le pittoresque avec lequel il nous décrit le monde de football américain comme dans sa tendance à verser par moment dans un comique de situation facile.


Michael RITCHIE (1938 - 2001)
  • An Almost Perfect Affair
(1979) Scénario de Walter Bernstein et Don Petersen - Production : Terry Carr (Paramount)
Etats-Unis – 91 mn – Comédie romantique
Avec Keith Carradine, Monica Vitti, Raf Vallone, Christian De Sica, Dick Anthony Williams, Anna Maria Horsford, Henri Garcin

Synopsis : Hal Raymond, réalisateur américain venu présenter son premier long métrage au Festival de Cannes, fait la connaissance de Maria Barone, femme du célèbre producteur italien Federico Barone. Une rencontre qui vire bientôt à l’improbable romance sur fond de compétition artistique.

Un film là encore inégal dans son rythme et sa dramaturgie et pourtant, de par son contenu, incontournable dans la filmographie de son auteur. Etroitement lié aux 3 œuvres les plus abouties de sa filmographie, The Downhill Racer, The Candidate et Smile, dans l’importance que revêt le caractère documentaire de son histoire, An Almost Perfect Affair s’avère notamment passionnant dans le parallèle implicite qu’il dresse entre les affres de son personnage principal, réalisateur écartelé entre son désir d’être reconnu en tant qu’auteur et son envie plus terre à terre de "vendre" son film, d’avoir du succès, et les propres interrogations de Michael Ritchie réalisateur, lisibles à posteriori dans le parcours semé de compromissions que fut sa carrière. An Almost Perfect Affair est également l’occasion pour le cinéaste de plonger véritablement au cœur de ce cinéma européen vers lequel lorgnait depuis longtemps déjà, consciemment ou non, une bonne partie de son cinéma. Une orientation perceptible ne serait-ce qu’à travers l’importance du nombre de collaborateurs venus du vieux continent que l’on rencontrera tout au long dans son œuvre.


Michael RITCHIE (1938 - 2001)
  • The Island
(L’Ile Sanglante - 1980)
Scénario de Peter Benchley, d’après sa nouvelle The Island
Production : Richard D. Zanuck et David Brown (Universal)
Etats-Unis – 114 mn – Aventures comico-horrifiques
Avec Michael Caine, David Warner, Angela Punch McGregor, Frank Middlemass, Don Henderson, Dudley Sutton, Colin Jeavons

Synopsis : Un reporter enquêtant sur la disparition de bateaux de plaisance et de leur équipage dans le célèbre triangle des Bermudes se retrouve prisonnier d’une communauté de boucaniers du 17ème siècle, vivant isolés, hors du temps et perpétuant les actes de piraterie de leurs ancêtres.

L’œuvre la plus extrême de Michael Ritchie. Comme précédemment Prime Cut, celle-ci mélange humour noir aux frontières de l’insolite et violence sèche tout en enrobant son sujet de surprenantes considérations sociales à travers son portrait d’une communauté vivant en autarcie quasi-totale selon des règles d’un autre siècle et l’analyse amusée de sa confrontation avec notre société occidentale moderne. Ce film très ambitieux mais malheureusement en décalage total avec le large public auquel il était destiné vira au bide commercial spectaculaire et contribua sans doute pour beaucoup dans le virage commercial beaucoup plus prononcé que prit ensuite la carrière du cinéaste, lequel ne récidiva d’ailleurs jamais dans ce type d’exercice.


Michael RITCHIE (1938 - 2001)
  • Divine Madness !
(1980) Scénario de Jerry Blatt, Bette Midler, Bruce Vilanch - Production : The Ladd Company
Etats-Unis – 95 mn – Documentaire musical

Synopsis : Le concert / show filmé de Bette Midler donné à l’auditorium civil de Pasadena dans lequel la diva du mauvais goût interprète le rôle de la divine Miss M.

Seule œuvre de non fiction signée par Michael Ritchie, Divine Madness ! peut se voir comme l’aboutissement presque naturel de ce penchant prononcé du cinéaste, affiché tout au long des années 70, pour une approche ultra réaliste de la fiction mélangeant si possible évènements réels et situations scénarisées. Le projet laisse également apparaître la connivence de son réalisateur avec l’univers du spectacle scénique au sein duquel il avait débuté à la fin des années 50 et que l’on retrouvera au cœur de ses deux derniers films, The Fantasticks et A Simple Wish. Enfin, il va sans dire que la personnalité iconoclaste et provocatrice de Bette Midler avait également tout pour séduire le cinéaste.


Michael RITCHIE (1938 - 2001)
  • Student Bodies
(13 morts ½ - 1981) Scénario de Mickey Rose - Production : Michael Ritchie (sous le pseudonyme d’Allen Smithee)(Paramount)
Etats-Unis – 86 mn – Comédie horrifique

Avec Kristen Riter, Matthew Goldsby, Richard Brando, Joe Flood, Mimi Weddell, Anne Bell, Oscar James

Synopsis : Un tueur assassine les étudiants les plus dévergondés d’un lycée.

Michael Ritchie aurait apparemment assuré, ou du moins participé, à la réalisation de cette laborieuse parodie d’Halloween, Vendredi 13 et consort, écrite par le scénariste complice des premiers films de Woody Allen, Mickey Rose. C’est d’ailleurs ce dernier qui, au générique, se voit crédité au poste de réalisateur. Le casting est presque intégralement composé de jeunes inconnus et le film co-produit par Jerry Belson, scénariste de Smile.


Michael RITCHIE (1938 - 2001)
  • The Survivors
(1983) Scénario de Michael Leeson - Production : William Sackheim (Columbia)
Etats-Unis – 102 mn – Comédie satirique

Avec Walter Matthau, Robin Williams, Jerry Reed, James Wainwright, Annie McEnroe, Anne Pitoniak, Joseph Carberry

Synopsis : Tous deux sans emploi depuis peu, Sonny Paluso et Donald Quinelle deviennent amis malgré eux lorsque, après avoir involontairement déjoué les plans de braquage d’un voleur de superette, ils se retrouvent harcelés et menacés de mort par ce dernier.

Retour à la satire sociale avec cette comédie noire et grinçante sur le thème, cher à l’Amérique, de l’auto-défense et des milices armées. A l’image de Semi-tough, le résultat s’avère un peu brouillon, n’hésitant pas à zigzaguer dans le ton entre loufoquerie totale et ironie froide jusqu’à retrouver par moment cette noirceur prélude à la folie douce caractéristique de Smile ou The Positively True Adventures of the Alleged Texas Cheerleader-Murdering Mom. Une œuvre de transition et un nouvel échec commercial pour Michael Ritchie.


Michael RITCHIE (1938 - 2001)
  • Fletch
(Fletch aux trousses - 1985)
Scénario de Andrew Bergman, d’après la nouvelle Fletch de Gregory McDonald
Production : Peter Douglas, Alan Greisman (Universal)
Etats-Unis – 94 mn – Comédie policière

Avec Chevy Chase, Joe Don Baker, Dana Wheeler-Nicholson, Richard Libertini, Tim Matheson, M. Emmet Walsh, George Wendt

Synopsis : Fletch est reporter dans un grand journal. L’une de ses enquêtes sur le milieu de la drogue le mène jusqu’à un homme déclarant vouloir lui offrir 50.000 dollars pour l'assassiner.

Première rencontre entre Michael Ritchie et Chevy Chase. Une comédie alerte, mordante, taillée sur mesure pour son interprète principal, transfuge du célèbre programme télévisé Saturday Night Live, qui se consomme avec beaucoup de plaisir mais dans laquelle on peine un peu à reconnaître la patte de l’auteur de The Candidate et Smile. Soigné mais relativement impersonnel dans la forme, Fletch ne conserve finalement de l’esprit des premiers films de Michael Ritchie que ce savoureux, et un brin méchant, sens de la dérision ici indissociable de tous les petits portraits de bouseux américains esquissés par le cinéaste en cours du film. Neuf ans après The Bad News Bears, Michael Ritchie renoue avec le succès.


Michael RITCHIE (1938 - 2001)
  • Wildcats
(Femme de Choc - 1986)
Scénario de Ezra Sacks - Production : Anthea Sylbert (Warner Bros. Pictures)
Etats-Unis – 106 mn – Comédie sportive

Avec Goldie Hawn, Swoosie Kurtz, Robyn Lively, James Keach, Bruce McGill, Mykel T. Williamson, Wesley Snipes

Synopsis : Professeur d’athlétisme dans un lycée de Chicago, Molly McGrath a depuis son enfance une seule grande passion : le football américain. Lorsque de l’équipe de son établissement se retrouve sans entraîneur, elle décide de postuler et se tourne vers le très macho Dan Darwell afin d’appuyer sa candidature.

Beaucoup de conventions dans ce récit dont la trame centrale – un entraîneur "pas comme les autres" prend en main une équipe de bras cassés et les mène à la victoire – rappelle étrangement celle de The Bad News Bears. Le film est très plaisant et son sujet porteur de plusieurs intéressantes réflexions sociales alors bien dans le vent, sur les défaillances du système éducatif américain dont les premières victimes sont les minorités ethniques issues des ghettos, sur la difficulté d’élever des enfants dans un foyer monoparental ou bien encore sur le machisme dans le sport comme, plus généralement, dans la société américaine. Mais il manque à l’ensemble la fraîcheur des premiers films de leur auteur. Et la forme elle-même, évoquant plus un sitcom qu’une œuvre semi-documentaire, tranche dans son artificialité avec tout ce qu’avait pu signer jusque là Michael Ritchie.


Michael RITCHIE (1938 - 2001)
  • The Golden Child
(Golden child, l’enfant sacré du Tibet - 1986)
Scénario de Dennis Feldman - Production : Edward S. Feldman, Robert D. Wachs (Paramount)
Etats-Unis – 94 mn – Comédie fantastico-policière

Avec Eddie Murphy, Charles Dance, Charlotte Lewis, Randall "Tex" Cobb (Til), Victor Wong, James Hong, Wally Taylor

Synopsis : Chandler Jarrell, sorte de détective privé travaillant pour les services sociaux californiens, est chargé de retrouver un enfant kidnappé qui serait apparemment doté de pouvoirs divins. Et la légende veut que seul un être désigné comme "l’élu" soit en mesure de sauver cet enfant sacré.

Le plus gros succès commercial de Michael Ritchie. Une œuvre bancale à première vue bâtie essentiellement autour de la personnalité décontractée de son acteur principal, alors star incontestée du box-office américain, mais qui s’éloigne assez rapidement de son but premier pour tâter maladroitement du fantastique et de l’action sous influence Hong-Kongaise et mélanger tout ça à un humour assez singulier, parfois savoureusement ironique, parfois au ras des pâquerettes. Ni Eddie Murphy, dans un personnage rappelant beaucoup le Fletch de Chevy Chase, ni Michael Ritchie ne semblent vraiment à leur aise dans ce curieux ratage froidement accueilli par la critique en son temps.


Michael RITCHIE (1938 - 2001)
  • The Couch Trip
(Parle à mon psy, ma tête est malade - 1988)
Scénario de Steve Kampmann, Will Porter et Sean Stein, d’après la nouvelle "The Couch trip" de Ken Kolb - Production : Lawrence Gordon (Orion Pictures Corporation)
Etats-Unis – 97 mn – Comédie de mœurs

Avec Dan Aykroyd, Charles Grodin, Walter Matthau, Donna Dixon, Richard Romanus, Mary Gross, David Clennon

Synopsis : Interné dans un hôpital psychiatrique, John Burns intercepte un appel destiné à son psychiatre... et se fait passer pour ce dernier. Il se retrouve rapidement animateur d’un célèbre talk show à la place d’un psychologue pour célébrités de Beverly Hills.

Sous son décourageant titre français se cache le film le plus personnel de Michael Ritchie depuis The Survivors. Retrouvant ici un peu du mordant de ses travaux les plus réussis des années 70, le cinéaste pose son regard caustique sur l’industrie de la psychanalyse, fustige dans les règles les mœurs de la bonne société de Beverly Hills – cible récurrente du cinéma américain de cette époque – et réfléchit tout en s’amusant sur le relativisme de la notion de folie, Parle à mon psy, ma tête est malade pêche toutefois là encore par l’extrême banalité de sa forme ainsi que par un certain manque d’unité dans le ton, le film naviguant de façon parfois abrupte entre la satire aiguisée et la grosse caricature.


Michael RITCHIE (1938 - 2001)
  • Fletch Lives
(Autant en emporte Fletch ! - 1989)
Scénario de Leon Capetanos - Production : Peter Douglas, Alan Greisman (Universal)
Etats-Unis – 95 mn – Comédie policière

Avec Chevy Chase, Hal Holbrook, Julianne Phillips, R. Lee Ermey, Richard Libertini, Randall "Tex" Cobb, Geoffrey Lewis

Synopsis : Fletch, le reporter spécialiste du travestissement, hérite d'une villa en Louisiane. Sur place, il va devoir se servir de ses déguisements pour déjouer les plans élaborés contre lui afin de l'éloigner de son domaine.

Cette suite au plus gros succès du cinéaste sur la décennie 80 est plus "Ritchienne" dans le fond. Le personnage de Fletch abandonnant la Californie pour s’installer en Louisiane, le réalisateur en profite pour passer en revue sur le mode satirique tous les clichés propres au bon vieux sud américain avec ses organisations clandestines racistes, ses officiels corrompus, ses prédicateurs cupides et ses autochtones arriérés. Le rythme est sans doute plus lâche que celui du film original mais l’ensemble est encore plus drôle.


Michael RITCHIE (1938 - 2001)
  • Diggstown
(La Nuit du Défi - 1992)
Scénario de Steven McKay, d’après la nouvelle The Diggstown Ringers de Leonard Wise - Production : Robert Schaffel (Eclectic Pictures Inc.)
Etats-Unis – 98 mn – Comédie sportive
Avec James Woods, Louis Gossett, Jr, Bruce Dern, Oliver Platt, Heather Graham, Randall "Tex" Cobb, Marshall Bell

Synopsis : A sa sortie de prison, Gabriel Caine, escroc notoire, se rend dans la petite ville de Diggstown, temple de la boxe clandestine, pour lancer un défi à John Gillon, un arnaqueur qui règne sur la ville et s'assure que les sommes pariées lors des combats atterrissent dans ses poches. Gabriel Caine lui parie que le vieux boxeur Honey Roy Palmer battra en 24 heures les dix boxeurs amateurs les plus réputés de Diggstown.

Beaucoup d’éléments familiers à l’univers du cinéaste s’entrecroisent dans Diggstown. Le film nous parle de compétition et d’exploits sportifs, mais sur le ton de la dérision, pour mieux en dénoncer la vacuité, nous brosse en filigrane un portrait un rien moqueur de l’Amérique des petites villes de province et nous sert en guise de "héros" l’un de ces personnages atypiques d’égocentrique pas très net, souvent en total décalage avec la société dans laquelle il évolue, comme les affectionne Michael Ritchie (et comme les appréciait également beaucoup le cinéma américain du début des années 70). Avec The Golden Child sans doute le film le plus largement distribué de Michael Ritchie en France.


Michael RITCHIE (1938 - 2001)
  • The Positively True Adventures of the Alleged Texas Cheerleader-Murdering Mom
(Complot meurtrier contre une pom pom girl - 1993)
Scénario de Jane Anderson - Production : James Manos, Jr. (HBO)
Etats-Unis – 99 mn - Comédie satirique

Avec Holly Hunter, Beau Bridges, Swoosie Kurtz, Elizabeth Ruscio, Gregg Henry, Gary Grubbs, Giovanni Ribisi

Synopsis : Lorsque la fille de sa voisine est choisie pour intégrer l’équipe des pompom girls du lycée au détriment de sa Shanna chérie, Wanda Holloway décide de recruter un tueur à gages afin d’éliminer la gagnante de cette compétition qu’elle juge déloyale.

Une satire sociale virulente dans laquelle Michael Ritchie se lâche comme il ne l’avait plus fait depuis The Island 13 ans plus tôt. L’intrigue, que l’on pourrait presque voir comme une extrapolation délirante des intrigues de Smile et Femme de Choc - à cette différente notable près que celle-ci n’a rien de fictive - semble avoir été "écrite" pour le cinéaste, tant les thèmes sous-tendus, le contexte socio-géographique dans lequel celle-ci prend place, se confondent avec les préoccupations habituelles du cinéaste. Le film recevra plusieurs récompenses dont 3 Emmy, relançant brièvement la carrière de son réalisateur qui, la même année, goûtera une dernière fois à la reconnaissance public en co-signant le sujet du succès surprise de Jon Turteltaub, Cool Runnings.


Michael RITCHIE (1938 - 2001)
  • Cops and Robbersons
(Les Nouveaux associés - 1994)
Scénario de Bernie Somers - Production : Ned Tanen, Nancy Graham Tanen, Ronald L. Schwary (TriStar Pictures)
Etats-Unis – 93 mn – Comédie policière

Avec Chevy Chase, Jack Palance, Dianne Wiest, Robert Davi, David Barry Gray, Jason James Richter, Fay Masterson

Synopsis : Jack Stone, flic de la vieille école, et son jeune partenaire Tony Moore, s'installent chez les Robbersons, une famille en apparence des plus tranquilles, afin de surveiller les faits et gestes de leur nouveau voisin, un redoutable gangster.

Ultime association entre en Michael Ritchie et Chevy Chase. Le sujet sent fortement le déjà-vu et l’intérêt du film réside principalement dans le traitement personnel, tout en ironie sous-jacente, que Michael Ritchie lui applique, bien secondé dans sa tâche par Jack Palance et Dianne Wiest. Bien trop sage dans la forme et délicat dans l’humour pour son époque, le film fut un échec critique et public sans appel.


Michael RITCHIE (1938 - 2001)
  • The Scout
(La Révélation - 1994)
Scénario de Andrew Bergman, Albert Brooks et Monica Johnson, d’après un article de Roger Angell - Production : Andre Morgan, Albert S. Ruddy (20th Century Fox)
Etats-Unis – 101 mn – Comédie policière

Avec Albert Brooks, Brendan Fraser, Dianne Wiest, Anne Twomey, Lane Smith, Michael Rapaport, John Capodice

Synopsis : Al Percolo est recruteur dans une équipe de base-ball. Mis à l’index par sa hiérarchie, il est envoyé au Mexique où il ne tarde pas à rencontrer le jeune Steve Nebraska, un surdoué de la batte souffrant malheureusement de sérieux troubles psychotiques.

Michael Ritchie revient une dernière fois au genre sur lequel s’est bâti au cours des années 70 une grande partie de sa réputation, la comédie sportive, pour une histoire co-écrite par le scénariste de Fletch qui, davantage dans les thèmes abordés – le monde du sport vu uniquement comme un business dans lequel le sportif est exploité sans vergogne, l’ambiguïté des rapports, souvent conflictuels, entre sportif et entraîneur – que dans le traitement que lui applique ses créateurs, rappelle ostensiblement The Downhill Racer. Le résultat, retrouvant par moment dans la forme le style aéré, proche du documentaire, de The Candidate, Smile ou The Bad News Bears, est certes assez inégal, démarrant en trombe sur le mode satirique pour progressivement s’enliser dans le sérieux et les conventions mais porte indubitablement la griffe de son auteur.


Michael RITCHIE (1938 - 2001)
  • The Fantasticks
(1995) Scénario de Tom Jones et Harvey Schmidt, d’après la comédie musicale The Fantasticks de Tom Jones et Harvey Schmidt - Production : Michael Ritchie, Linne Radmin (United Artists)
Etats-Unis – 87 mn – Comédie musicale

Avec Joel Grey, Barnard Hughes, Jean Louisa Kelly, Joe McIntyre, Jonathon Morris, Brad Sullivan, Teller

Synopsis : Un mur sépare la ferme des Bellamy de celle des Hucklebee. Celui-ci a été construit par les deux chefs de clan dans l’espoir que cet obstacle physique décuple les sentiments amoureux que partagent leurs rejetons, la belle Luisa et le jeune Matt.

Certainement le projet le plus ambitieux de Michael Ritchie sur la décennie 90 et sûrement son échec le plus cuisant aussi. Filmée en 1994, cette onéreuse adaptation cinématographique de l’un des plus célèbres musicals du répertoire new-yorkais attendit près de 6 ans sa distribution en salles. Et c’est finalement après avoir raboté le film d’environ un tiers de sa durée initiale que la MGM se décida à le projeter sur quelques écrans nord-américains courant septembre 2000.


Michael RITCHIE (1938 - 2001)
  • Comfort, Texas
(TV - 1997) Production : (Brillstein-Grey Entertainment) - Etats-Unis

Avec Brian Benben, Bruce Dern, Elizabeth Mitchell, Jack Nance, Kathy Lamkin, Angela Rambourg, Meason Wiley

Synopsis : Brian, citadin pur souche, hérite d’un ranch dans le Texas.

Peu d’informations circulent sur cette production apparemment envisagée initialement comme pilote d’une série à venir pour la chaîne ABC et qui ne fut finalement jamais diffusée à la télévision américaine. Il s’agit là de la quatrième et ultime collaboration entre Michael Ritchie et Bruce Dern.


Michael RITCHIE (1938 - 2001)
  • A Simple Wish
(La Guerre des Fées - 1997)
Scénario de Jeff Rothberg - Production : Bill Sheinberg, Jonathan Sheinberg, Sid Sheinberg (Universal Pictures)
Etats-Unis – 89 mn – Comédie fantastique

Avec Martin Short, Mara Wilson, Kathleen Turner, Robert Pastorelli, Francis Capra, Ruby Dee, Amanda Plummer

Synopsis : Anabel Greening est une adorable fillette dont le père, conducteur de calèche dans Central Park, vient de postuler pour le rôle vedette d’une importante comédie musicale en préparation. La fillette décide alors d'aider son père à réaliser son rêve et fait pour cela appel à Murray, un magicien malheureusement pas très doué.

Ultime réalisation pour le cinéma de Michael Ritchie qui, en marge de son intrigue fantastique, deux ans après avoir adapté The Fantasticks à l’écran, revient une dernière fois au petit monde des musicals de Broadway. Ce film visuellement très soigné, bien que s’adressant prioritairement à un jeune public, sait également faire preuve d’un humour caustique bienvenu comme d’une extravagance dans le comique assez inhabituelle pour ce type de divertissement à priori très calibré. Une originalité que A Simple Wish, échec critique et commercial total, paiera cher.






Mercredi 7 Mars 2007
Emmanuel Verlet

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