Un peu d'histoire...

Le fleuve doit son nom aux Gaulois : Authie vient du celte alt signifiant profondeur,

et faisant ainsi référence à son lit encaissé. Ce témoignage de l’intérêt gaulois pour

la rivière illustre l’attractivité de la vallée. L’implantation humaine date des temps

les plus anciens : elle remonte en effet à 200 ou 300 000 ans. De nombreuses

découvertes dans les sous-sols proches du lit de l’Authie en sont la preuve.

L’attrait de la rivière regroupe les hommes et fait de la

vallée un carrefour de circulation. Au-delà des liens

est-ouest, naturellement créés par l’orientation du

cours d’eau, se mettent en place des liaisons

nord-sud, par des voies romaines

(en rouge sur la carte).

Mais de l’Authie, l’Histoire retient peu

cette image sereine de lieu d’échanges

et d’enrichissement. La situation stratégique

de la rivière lui confère plutôt une fonction de frontière

parfois douloureuse. Cet état de fait multiplie, au Moyen

Âge, les apparitions de mottes féodales, censées protéger

seigneurs et paysans des attaques ennemies lors des conflits.

La guerre de Cent Ans débute dans la région avec la bataille de Crécy

en 1346. Enjeu primordial, le fleuve devient en 1526, puis en 1559 après

quelques autres batailles, la frontière de la France : au nord, les Espagnols,

au sud, les Français. Mais cette limite Artois-Picardie reste complexe, du fait

des nombreuses enclaves de part et d’autre du cours d’eau.

En 1635, durant la guerre de Trente Ans, Français et Espagnols occupent tour à

tour les territoires. Les pertes sont lourdes, et le patrimoine subira des consé-

quences irréparables, car Croates et Bulgares (qui donneront bougres en français)

de certaines troupes ne laissent derrière eux aucune "pierre sur pierre", justifiant

leur terrible réputation. Des villages entiers, dont le nom même s’est perdu, tel

Monstrelet, près de Villeroy, ont été rayés de la carte. Ceux qui ont la "chance"

d’être détruits par les Espagnols peuvent espérer sauver leurs églises, comme à

Mons, près de Béalcourt. Les invasions successives ont raison des derniers

châteaux féodaux. Sans abri face aux guerriers, les habitants construisent des

souterrains refuges sous leurs villages, les muches (ci-contre), pour s’y abriter

avec biens et bétail. La fin des conflits s’annonce vers 1659 avec la signature

d’un traité redonnant l’Artois à la France : l’Authie n’est plus frontière.

Cependant, Artois et Picardie restent sous des régimes différents, notamment au

niveau des impôts. Dans l'Artois annexé, la taille, la gabelle, les aides, le timbre

ne sont pas perçus. Le sel et le tabac y étant, par conséquent, moins imposés,

un trafic se met en place : les Picards, approvisionnés par l’Artois, retournent chez

eux lors de processions durant lesquelles aucun participant ne pouvait être fouillé,

appelées, à juste titre, processions salées. Le retour au calme, le développement

économique sont, à cette époque, autant de facteurs favorisant l’apparition de

nombreux châteaux de plaisance : la vallée goûte alors un peu de tranquillité.

En 1789, suite à la création des départements remplaçant les provinces, l’Authie

reprend sa fonction de frontière, administrative cette fois. Là encore, le partage

n’est pas simple. Certaines animosités persistent et, malgré le décret imposant

qu’une commune limitrophe appartienne au département où se situe son église,

certains choisissent fermement leur camp. C’est ainsi que, pendant une année,

Auxi-le-Château reste divisé en deux, avant d’être rattaché au Pas-de-Calais.

Aujourd’hui, après plus de deux siècles, le Val d’Authie s’offre aux visiteurs comme

une entité cohérente, marquée d’un caractère fort et attractif comme à ses origines.

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