Historique :

En 1195 Henri de Sully, archevêque de Bourges, frère de Eudes de Sully, évêque de Paris, fait une donation au chapitre de la cathédrale de Bourges. Ce texte est considéré comme le point de départ de la mise en oeuvre d’un nouvel édifice destiné à remplacer la cathédrale romane. Celle-ci datait en partie du XIème siècle, en partie de XIIème. De cette cathédrale on sait peu de choses. Elle avait été précédée au même emplacement par d’autres églises dont on ne peut rien dire de certain. On avait peut-être songé dans un premier temps à l’agrandir et à l’embellir. Mais il semble que le choix d’une construction entièrement nouvelle soit dû à l’état de délabrement dans lequel elle se trouvait.

Bourges se situait à l’époque à la limite sud du domaine royal. A quelques lieues de la ville, commençait l’Aquitaine, possession anglaise. Mais l’archevêque de Bourges avait le titre de Primat d’Aquitaine. Son autorité, souvent contestée, s’étendait jusqu’à Bordeaux. La construction de ce premier édifice gothique construit au sud de la Loire, comparable à la cathédrale royale qu’était ND de Paris, était d’une grande importance aussi bien pour le prestige du Roi de France que pour celui de l’archevêque.

Le choix fut donc fait d’une construction de grande envergure, comparable à Notre Dame de Paris et innovante.

Pour ce faire il fallait construire au-delà du vieux mur d’enceinte gallo-romain sur lequel s’était appuyé le chœur roman et déborder dans les fossés. La différence de niveau nécessitait la construction d’un soubassement qui anticipe exactement le plan du chevet. C’est l'église basse que l’on appelle à tort la crypte.

De 1195 à 1214 construction de près de la moitié de l’édifice, qui correspond à un peu plus du chœur actuel.

Après une interruption d’une dizaine d’années, la deuxième campagne de construction commence en 1225 et se poursuivra jusqu’en 1230. A cette date le gros oeuvre est  terminé.

Ensuite les travaux de la façade se sont ralentis. En 1313 on dut étayer la tour sud, dans laquelle étaient apparues des fissures par un énorme “pilier butant”. Cette tour n’a jamais eu de cloches et porte depuis le nom de “tour sourde”. D’autres travaux de consolidation de la façade furent entrepris, mais la tour nord était restée inachevée lors de la consécration de la cathédrale le 13 mai 1324.

A la fin du quatorzième siècle la façade est modifiée par la construction d’un vaste fenestrage : le “grand housteau”. c’est de cette époque également que dataient un faux transept et une flèche qui subsistèrent jusqu’au dix-huitième siècle.

Lorsqu’on voulut achever la tour nord, à la fin du XVème siècle celle-ci s’écroula. Elle fut remplacée par la tour actuelle, la ”tour de beurre”, ainsi nommée parce qu’elle fut en partie financée par les sommes versées par les fidèles et qui leur valuent d'être dispensés de jeûne pendant le carême.

Lors des guerres de religions, en 1562, Bourges ayant été prise par une troupe protestante, le décor sculpté de la cathédrale subit de graves déprédations.

Au XIXème siècle on ajouta les balustrades des toits et les pinacles sur les contreforts et les porches latéraux.

La cathédrale a été inscrite en décembre 1992 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.