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Fièvre Q

Fièvre Q

La fièvre Q est une maladie infectieuse causée par la bactérie Coxiella burnetii qui affecte tant les animaux que l’homme. Sa présence a été détectée chez une grande variété d’espèces, dont les bovins, les moutons et les chèvres, mais aussi les oiseaux et les arthropodes, dans de nombreuses régions du monde. 

Elle a été reconnue pour la première fois en tant que maladie transmissible des animaux à l’homme chez des employés d’abattoir en 1935 en Australie. Au cours de ces dernières années, le nombre de cas confirmés chez l’homme a augmenté, en particulier en Allemagne et aux Pays-Bas.

Normalement, Coxiella burnetii ne cause pas de maladies cliniques chez les animaux, bien que des cas d’avortement chez les chèvres et les brebis aient été associés à cette bactérie. Chez l’homme, la fièvre Q peut entraîner des symptômes similaires à ceux de la grippe, comme de la fièvre, des maux de tête, de la diarrhée et des vomissements. Dans certains cas, elle peut causer une pneumonie et une hépatite. La fièvre Q chronique (caractérisée par une infection durant plus de 6 mois) est rare, mais il s’agit d’une maladie beaucoup plus grave accompagnée de complications comme l’inflammation de la tunique interne du cœur (endocardite).

La plupart des infections chez l’homme ont pour origine l’inhalation de poussière contaminée par des bactéries provenant du placenta et des liquides de mise bas ou des fèces d’animaux infectés. Dans certains cas, la maladie peut être transmise par la consommation de lait contaminé ou le contact avec des animaux infectés, en particulier lors de la mise bas. Les autres modes de transmission, comme les morsures de tique et la transmission interhumaine sont extrêmement rares.

Rôle et activités de l’EFSA

Avis scientifique sur la fièvre Q

Suite à l’augmentation des cas de fièvre Q chez l’homme signalée depuis 2008 – et en particulier au cours des derniers mois de 2009 – dans certains États membres de l’UE, la Commission européenne a demandé à l’EFSA de fournir d’urgence un avis scientifique pour éclairer les éventuelles mesures de gestion des risques à prendre dans l’UE dans ce domaine.

Le groupe scientifique de l’EFSA sur la santé et le bien-être des animaux (AHAW) dirigera le travail avec le soutien du groupe scientifique sur les risques biologiques (BIOHAZ) et en étroite collaboration avec le Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies (ECDC).

Un avis scientifique est attendu pour la fin du mois d’avril 2010. Le groupe examinera la présence et la propagation de la fièvre Q chez les animaux d’élevage et chez l’homme dans toute l’UE et évaluera les facteurs de risque liés à la maladie, ainsi que la performance et l’efficacité des mesures de contrôle de la maladie. Ces mesures peuvent inclure la vaccination, le déplacement des animaux et des restrictions de biosécurité, ainsi que des traitements pharmaceutiques.

Collecte de données sur les zoonoses

Dans le cadre de leur travail de collecte et de partage d’informations sur les zoonoses dans différents États membres de l’UE, l’EFSA et l’ECDC ont rassemblé des données sur la présence de la fièvre Q chez les animaux et chez l’homme. Les informations sont publiées dans le rapport de synthèse annuel de l’UE sur les zoonoses et les épidémies d'origine alimentaire pour 2008.

Ce rapport donne une vue d’ensemble des infections zoonotiques communes à l’homme et aux animaux et des épidémies causées par la consommation d’aliments contaminés, d’après les données fournies par les États membres.
Le rapport identifie aussi les cas de fièvre Q chez l’homme et les animaux (bovins, moutons et chèvres) signalés dans l’UE. Il souligne que le nombre de cas rapportés chez l’homme a augmenté en 2008, avec 1 594 cas par rapport à 585 en 2007. Chez les animaux, les plus hauts taux d’infection ont été signalés chez les chèvres, passant de 9,7 % en 2007 à 15,7 % en 2008.

L’EFSA invite les États membres à fournir les dernières informations disponibles sur la présence de la fièvre Q chez les animaux dans leurs pays respectifs.

L’EFSA émettra également, au printemps 2010, un document d’orientation destiné aux États membres sur la surveillance et le signalement de la fièvre Q chez les animaux.

Cadre règlementaire européen

La directive 2009/99/CE sur la surveillance des agents zoonotiques requiert des États membres de l’UE qu’ils surveillent et qu’ils signalent les cas de fièvre Q chez les animaux confirmés par la situation épidémiologique. De plus, la décision 2000/96/CE de la Commission, modifiée par la décision 2003/534/CE, définit la fièvre Q chez l’homme comme une maladie contagieuse à surveiller et à contrôler dans l’UE.