Affrontement Fillon-Copé, tensions à l'UMP

Le premier ministre a recadré, mardi, le secrétaire général de l'UMP, qui lui avait reproché sa "posture", la veille, concernant le débat controversé sur la laïcité.

Le Monde avec AFP

Publié le 29 mars 2011 à 08h39 - Mis à jour le 29 mars 2011 à 13h00

Temps de Lecture 3 min.

 François Fillon, en septembre 2007, à Strasbourg.  François Fillon, en septembre 2007, à Strasbourg.

C'était le sujet chaud du petit-déjeuner de la majorité, mardi 29 mars : les critiques, la veille, de Jean-François Copé, le patron de l'UMP, envers le premier ministre, François Fillon, lui reprochant sa "posture" et de ne pas "jouer collectif", à propos du débat controversé sur la laïcité prévu le 5 avril.

Comme prévu, François Fillon a recadré Jean-François Copé, selon un participant de la réunion à l'Elysée, mardi matin, cité par l'AFP : il n'est "pas possible d'exposer ses différends avec le premier ministre ainsi à la télévision", aurait-il dit. En réponse, Jean-François Copé n'a pas retiré ses propos. "Avec Fillon, on s'est dit les choses, l'heure est à l'apaisement, a-t-il précisé. J'ai souhaité mettre les pieds dans le plat. Un lendemain d'élection, c'est le moment de se dire les choses. François Fillon a lui-même reconnu qu'il avait pu y avoir des maladresses de son côté."

Le premier ministre a ajouté mardi, devant les députés UMP, qu'il "considère que l'incident est clos" avec Jean-François Copé et qu'il ne se laissera "pas entraîner dans les polémiques", ont rapporté des participants à la réunion à huis clos du groupe UMP à l'Assemblée.

Quoi qu'il en soit, ces échanges sont le signe de tensions extrêmes dans la majorité. Symbole : Nicolas Sarkozy a appelé ce mardi matin ses partisans au "sang-froid". Exactement ce qu'il avait déjà prêché lundi matin. Avec peu de résultats...

Nadine Morano, la ministre de l'apprentissage, a appelé mardi midi à la "sérénité", sur BFM-TV, tout en menaçant : "Autant à Etienne Pinte qu'aux autres qui s'expriment sur le terrain de la désunion, je dis qu'ils ne font que le jeu de la désunion."

Tôt mardi, le député UMP Etienne Pinte, très proche de François Fillon, a estimé que Jean-François Copé devait démissionner de son poste de secrétaire général de l'UMP "s'il n'est pas d'accord avec le premier ministre" sur le débat sur la laïcité, et "le plus tôt sera le mieux". "Jamais, sous la Ve République, un secrétaire général d'un mouvement ne s'est attaqué de façon si violente et brutale à un chef de gouvernement", a déclaré M. Pinte sur Canal+.

Selon lui, "celui qui doit en tirer les conséquences, c'est Jean-François Copé", car cette situation "pose pour la première fois un problème institutionnel". "S'il n'est pas d'accord avec le premier ministre, c'est-à-dire avec un premier ministre que le président de la République a choisi, il a toujours la possibilité de donner sa démission de secrétaire général de l'UMP, et à mes yeux, plus tôt il le fera, mieux ça vaudra, afin de ne pas être le fossoyeur de l'UMP", a lancé le député des Yvelines.

Le ministre des affaires européennes, Laurent Wauquiez, a mis en garde mardi contre les divisions de la majorité à un an de la présidentielle. "Je crois qu'il faut surtout que Jean-François garde son sang-froid", a-t-il déclaré dans un entretien à LCI, qui l'invitait à réagir aux propos du chef de l'UMP.

"Que le secrétaire général de l'UMP critique le premier ministre, à un moment où on a besoin d'unité, n'est pas très responsable. Je crois que l'esprit de Jean-François est de travailler en équipe, il serait salutaire qu'on revienne à cet état d'esprit rapidement", a poursuivi le ministre. "A ma connaissance, le premier ministre n'a jamais demandé l'abandon du débat sur la laïcité. C'est tout. Point", a-t-il encore dit.

Pendant ce temps, Jean-Louis Borloo, qu'on dit prêt à quitter l'UMP avec son parti centriste, a joué sa petite musique, sans accabler M. Copé : "Jean-François Copé est un type carré", et "je crois comprendre que depuis plusieurs semaines, il a le sentiment d'avoir à gérer un système compliqué en accord avec le président et le premier ministre", a-t-il dit. "J'ai l'impression qu'il est un peu exaspéré par les attitudes de certains, pas forcément le premier ministre, mais certains de ses amis", a ajouté M. Borloo. Il a plaidé pour un recentrage de la majorité : "La meilleure des réponses, c'est que le gouvernement se ressaisisse, que le premier ministre prenne en main personnellement la lutte contre le chômage, pour le développement de l'emploi, pour le pouvoir d'achat."

Le Monde avec AFP

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