Publié le 14/01/2009 à 11:31 - Modifié le 14/01/2009 à 16:42 Le Point.fr

Aubry-Royal, les yeux dans les yeux

Par Michel Richard

Aubry-Royal, les yeux dans les yeux

Le choix de Martine Aubry d'exclure tout ségoliniste de la direction du Parti socialiste a tendu les relations avec Ségolène Royal © Stephane MORTAGNE / MAXPPP

Depuis quelque temps, on avait des soupçons. Plusieurs indices donnaient à penser que le Parti socialiste, mal remis de son congrès de Reims, filait du mauvais coton. Pour tout dire, il adoptait si continûment une conduite d'échec que l'on ne pouvait s'empêcher d'y voir un comportement relevant de la psychanalyse. Le PS, ou comment tout faire pour tout foirer...

Ça commence, évidemment, avec le choix de Martine Aubry d'exclure tout ségoliniste de la direction du Parti. C'est pourtant le b.a ba d'anschlusser oecuméniquement, au lendemain d'un combat, ceux qui ont été la veille ses pires ennemis. Un enfant de 5 ans comprendrait cela. Mais il n'y a rien eu à faire. Deuxième indice, cette fâcheuse déclaration de Benoît Hamon, porte-parole du PS, selon laquelle les partisans de Ségolène Royal ont dans le sang le poison de la division. Dans le sang, rien que ça. Pourquoi pas dans l'ADN ?

Et puis, il y a ce choix du 20 janvier pour rendre publiques les propositions économiques du nouveau PS. Difficile d'être plus suicidaire. La planète, ce jour-là, regardera l'intronisation de Barack Obama. Si le PS voulait que son programme n'ait aucun écho, il n'aurait pas fait mieux. Comment ne pas prendre ce raté pour un acte manqué, un aveu, genre "ce que nous avons à dire ne mérite aucun retentissement, autant le camoufler soigneusement" ? Fine mouche, Ségolène Royal, elle, sera à Washington.

Et puis, et puis, il y a les voeux de bonne année de la nouvelle première secrétaire. Et là, les soupçons ne sont plus permis. Oui, le PS psychosomatise grave. Oui, il fait tout faux malgré lui, n'évite contre son gré aucune faute, tombe inéluctablement dans tous les pièges et manifeste quoi qu'il en veuille tous ses symptômes. Martine Aubry doit en effet annuler ses voeux. Impossible de se présenter en public. Victime d'un mal à l'oeil. Après avoir fait les gros yeux à André Vallini, coupable d'avoir parlé sans avoir demandé sa permission, la cheftaine est devenue momentanément borgne. C'est presque une parabole politique. Troubles de la vision, quoi de plus cruel pour un leader qui doit éclairer l'avenir ? On leur souhaite, à elle et au PS, d'en finir au plus vite.

28 COMMENTAIRE(S)

Magic Chevalier

Le moins = le mieux !

jeudi 15 janvier | 17:55

Pendant un bon bout de temps... Moins on fera de déclarations côté PS, le mieux ce sera ! Quoi dire ? L'affaire Julien Dray ? Les amendements antidémocratiques ? La gare St Lazare ? Evitons d'évoquer le silence radio assourdissant... Motus et bouche cousue. Rien ! Il ne se passe plus rien au PS = mort clinique...

Missheru

A un français

jeudi 15 janvier | 11:27

Mme Royal gère bien sa région ecrivez-vous, nous cherchons ses réussites, adieu Michelin, la Camif, Domoform, Aubade, Marie. M. Monory a developpé notre région futuroscope, zone d'activité du futuroscope 6500 emplois. Mme Royal discours et gestion ubuesques !

hum

Unité nationale

jeudi 15 janvier | 11:13

Les régions n'ont aucune légitimité à représenter la France (ou d'ailleurs quoi que ce soit, y compris leurs départements, à l'étranger). Il existe pour ce faire un Etat, qui accrédite et appointe des ambassadeurs à cet effet. Ah, l'ego des politiciens en goguette !

PAPY 66

Ah bon !

jeudi 15 janvier | 07:31

(A un français) A moins que vous soyez étroitement lié ou fervent supporter à la Présidente de Charente-Poitou, votre avis ne rejoint pas l'unanimité des habitants... dont je fais partie.

Un Français

mercredi 14 janvier | 22:18

Vous n'êtes pas sans savoir Papy66, qu'il y a de bons et de mauvais présidents de région, la région Poitou-Charentes peut se féliciter d'avoir une présidente de région qui travail pour sa région jusqu'aux Etats-unis. Le tourisme et les produits locaux de cette région doivent être représenté, surtout aux Etats-Unis, grande puissance économique malgré tout. Je ne comprend pas votre intervention ? Voyez plutôt les déplacements inutiles et les tournées très coûteuses de notre cher président Sarkozy, là, je comprendrais votre grogne pour la dilapidation de l'argent public.

PAPY 66

en réponse à un français

mercredi 14 janvier | 19:12

Il faudrait que tous les Président(es) des régions se déplacent pour représenter chacun sa région, ainsi on pourrait faire un charter. Les raisons invoquées sont, à mon avis, un peu juste. A l'heure des économies... On pourrait penser le contraire et la balance commerciale de la Région Charente-Poitou n'aurait pas souffert de l'absence de sa représentante qui va passer inaperçue dans la foule, la note, elle va peser sur le budget du contribuable.

Valéry

Qui est Brice de Tours ?

mercredi 14 janvier | 19:08

Cher Michel Richard Pour en rajouter dans le "mauvais esprit", pourriez-vous nous dire qui se cache derrière le pseudo "Brice de Tours", auteur d'un très récent "Petit guide de la corruption politique" qui est une attaque virulente autant de Sarkozy que du PS ? Le Seuil parle d'un acteur discret de la vie politique française. Mais ce genre de secret n'est-il pas de Polichinelle dans les milieux politico-médiatiques ?

pauline

L'avenir du socialisme

mercredi 14 janvier | 16:52

Il est difficile d'imaginer le parti socialiste dans une situation pire que celle qu'il traverse actuellement. Il faut remonter aux sombres années du molletisme et de la SFIO finissante pour retrouver un telle pagaille. Qui sont les socialistes d'aujourd'hui : englués dans des rivalités claniques, la moitié des militants est composée d'élus agés de plus de 57 ans en moyenne, qui ne réfléchissent plus depuis longtemps, accaparés par leurs mandats et l'autre moitié tout aussi âgée n'aspire qu'au confortable statut d'élus. Que peut faire un parti socialiste qui n'est plus à l'image de la société réelle, sans idées nouvelles, sans véritable leader et sans perspectives ? Il a raté son aggiornamento en 1959, au moment même ou le parti travailliste britannique et le parti social démocrate allemand engageaient leur mue idéologique lors des congrès de Blackpool et de Bad Godesberg. Aveugle et sourd le parti socialiste semble condamné à une longue cure d'opposition.

RobertVnt

Et les amendements

mercredi 14 janvier | 16:32

L'article ne mentionne pas l'avalanche d'amendements. Au moins le PS a des idées.

Pistranias

Etre adoubée au lieu d'être élue ne suffit pas !

mercredi 14 janvier | 16:10

Une des deux met de coté un soit disant de gauche qui se retrouve avec la droite libérale. L'autre prend un immense spécialiste de la justice pour un brave larbin. Des deux qui peut-être la patronne du Parti Socialiste ? Moi je la connais, encore heureux.

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