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La Serbie fait constitution neuve
Référendum sur un texte qui réaffirme l'appartenance inaliénable du Kosovo au pays.
Par Hélène DESPIC-POPOVIC
QUOTIDIEN : samedi 28 octobre 2006
Six ans après la chute de Slobodan Milosevic, la Serbie se dote enfin d'une nouvelle Constitution, soumise samedi et dimanche à un référendum. Approuvé par tous les partis représentés au Parlement, ce texte a pour particularité de réaffirmer l'appartenance inaliénable du Kosovo à la Serbie. Cette mention dans le texte d'une loi fondamentale appelée à durer soulève de nombreuses interrogations, alors que le statut final de la province du Kosovo, peuplée dans son immense majorité d'Albanais désireux de gagner leur indépendance, doit être prochainement décidé par la communauté internationale. A moins d'un veto russe, le Kosovo sera indépendant sous conditions dès l'année prochaine, malgré l'opposition de la Serbie.
Beaucoup d'intellectuels démocrates regrettent donc ce qui leur semble être une occasion perdue de tourner le dos aux dix ans de guerre de l'époque Milosevic. «La nouvelle Constitution devait représenter une discontinuité après une période de guerres et de crimes horribles, mais elle ne l'est pas. Le régime précédent nous avait menés au crime, nous ne devons pas permettre que le suivant nous identifie à lui», a déclaré au quotidien Dnevnik l'historienne démocrate Latinka Perovic.
Faire avaler la pilule. D'autres croient au contraire qu'il s'agit d'un acte symbolique destiné à faire avaler la pilule à une population qui, dans les sondages, reconnaît déjà à plus de 40 % que l'indépendance du Kosovo est inéluctable. «L'Irlande a longtemps eu dans sa Constitution un article affirmant sa souveraineté sur le nord de l'île, rappelle le politologue Ivan Vejvoda. Le fait fondamental est que le président serbe Boris Tadic ait récemment assuré Washington que la Serbie n'utilisera pas la force.» Alors que les dirigeants actuels du pays estiment que ce texte renforcera leur position dans les négociations sur le Kosovo, des commentateurs estiment qu'il s'agit avant tout de sauver les apparences. «Si nous perdons le Kosovo, au moins nous pourrons le retrouver dans la Constitution», ironise la satiriste Jasmina Bukva.
Ce nouveau texte ne changera pas la réalité du Kosovo, que de toute façon la Serbie n'est pas capable de soutenir financièrement. Mais il pourrait changer le résultat du vote. Ou au moins la mobilisation des électeurs. Car la Constitution ne sera pas adoptée si le taux de participation au scrutin est inférieur à 50 %. Ce quorum, selon les analystes cités par la presse, devrait cependant être atteint grâce au Kosovo, dont la mention est susceptible de faire venir aux urnes un électeur sur dix. Plutôt que de mobiliser pour le «non», les adversaires du texte ont préféré appeler au boycottage. Parmi eux, quelques ONG et petits partis, dont les libéraux et les sociaux-démocrates unis qui se plaignent du manque de débat public, ainsi que les autonomistes de Voïvodine. Ceux-ci considèrent que le texte donne encore moins d'autonomie à cette région du Nord que ne le faisait la Constitution de Milosevic, adoptée en 1990.
Assassinat. Les partis parlementaires, d'habitude à couteaux tirés, ont fini par se mettre d'accord sur un projet de loi fondamentale, car l'adoption d'une nouvelle Constitution entraînera de nouvelles élections. Celles-ci, qui pourraient avoir lieu avant la fin de l'année, devraient permettre au Parti démocrate de Boris Tadic de revenir sur le devant de la scène politique, dont il a été évincé après l'assassinat de son leader, Zoran Djindjic, en 2003.


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