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Pour faire une bonne scolarité, mieux vaut avoir réussi... sa maternelle
Une étude montre que les chances de parvenir en 6e dépendent surtout du niveau à l'entrée en CP.
Par charlotte ROTMAN
LIBERATION.FR : jeudi 9 novembre 2006

La réussite à l’école primaire dépend davantage du niveau acquis en maternelle que de l’origine sociale. C'est le constat dressé par deux démographes au ministère de l’Education nationale, dans le rapport annuel de l'Insee France, portrait social (1) rendu publique jeudi. Selon eux, les chances de parvenir en 6e l'année de ses 11 ans sont deux fois plus liées au niveau initial en CP qu’à l’origine sociale ou au niveau d’études des parents.

En chiffres, c’est assez accablant : seul un élève sur trois situé dans les 10% des écoliers les plus faibles à l’entrée au CP arrivera sans redoubler en sixième. A l’inverse, la presque totalité des écoliers arrivés au CP avec un bon niveau (parmi les 40 % les plus forts) arrivent au collège sans retard.

L’étude ne tient pas seulement compte de l’âge d’entrée en sixième. Elle décortique également le niveau des élèves. Là encore, les auteurs retrouvent des décalages qu’ils attribuent au niveau des écoliers à leur arrivée en primaire. Il s'appuient sur les évaluations réalisées par l'Education nationale sur un échantillon de 8300 écoliers qui entraient au CP en 1997. Ainsi, un élève parmi les 10 % le plus faibles à l’entrée au CP réussit en 6e 30 items de moins sur 100 en français – et 39 de moins en mathématiques — que l’un des écoliers faisant partie des 10 % les meilleurs à l’entrée au CP. Et ce, à caractéristiques démographiques et familiales comparables. «Les disparités de réussite selon le niveau initial sont en français comme en mathématiques cinq fois plus fortes que celles associées à l’origine sociale», notent les deux auteurs.

Pour autant, ils ne minimisent pas l’influence du milieu social. Ainsi, un enfant d’enseignant réussit 7 items de plus qu’un enfant d’ouvrier non qualifié et 8 de plus qu’un enfant dont le père est inactif. Le niveau des enfants en CP dépend déjà «des influences du milieu familial et de son capital social, économique et culturel et celle de l’école durant la scolarité pré-élémentaire», notent-ils. Tout cela peut entraîner des rattrapages de niveau ou, au contraire, freiner les progrès. Ainsi, parmi les 10% d’écoliers les plus faibles en CP, 27% des enfants de cadres et professions intermédiaires mais seulement 7% des enfants d’ouvriers figureront en 6e, dans la meilleure moitié des élèves en français. A l’inverse: parmi les 10% les meilleurs en CP, 18 % des élèves de familles ouvrières n’atteindront pas la meilleure moitié, contre 3% seulement des familles de cadres. Enfin, les enfants d’immigrés, à un niveau initial en CP comparable, progressent plus en français et redoublent moins

(1) Jean-Paul Caille et Fabienne Rosenwald: Les Inégalités de réussite à l’école élémentaire: construction et évolution, dans France, portrait social, édition 2006.
Marie-FranceA Ouralsk
Pour un mal-formaté, vous vous exprimez très bien , vous avez un beau style de plume. L'école est trop le référenciel intelligence en france. Comme si l'intelligence se résumait à des notes et ... Vendredi 10 Novembre 2006 - 10:16
lucenellyet avant la maternelle ?
il serait effectivement intéressant de se demander ce qui se passe à la maternelle, et avant, qui provoque ces différences de niveau en arrivant au CP. Bien sûr, le milieu social et familial joue.... Vendredi 10 Novembre 2006 - 09:52
erasmousePrincipe de Matthieu
Des chercheurs américains ont montré les causes de cette origine précoce de l'échec scolaire. J'ai écrit un ouvrage à ce propos, mais aucun média national n'a accepté de lui donner la moindre... Vendredi 10 Novembre 2006 - 09:51
Coletteà Pauline
Avez-vous été voir ce qui se passe ailleurs (ne serait-ce qu'en Europe) à l'âge où les enfants vont à la maternelle ? J'ai habité en Allemagne, je suis maintenant en Belgique et mes enfants fr... Vendredi 10 Novembre 2006 - 09:13
ouralskJ'ai râté le début et j'ai trainé
Lors de "mes années maternelles", mes parents me changeaient d'écoles tous les ans voire deux fois dans l'année et je me souviens même ne pas y être allé quelques mois. Pour couronner le tout, l... Vendredi 10 Novembre 2006 - 08:57
franckchoqué (suite)
Un exemple concret personnel de l'effet dévastateur de ce type de classement: ma soeur a dû subir un test de QI organisé par son collège. C'était une élève qui avait des difficultés d'apprenti... Vendredi 10 Novembre 2006 - 08:57
franckChoqué
>>Je suis stupéfait: on note, on classe les enfants à l'école >>maternelle. On nous l'avait caché . En quelle matiére? avec >>quel coéficient? selon quel critére a-t-on noté les enfants, >>l'h... Vendredi 10 Novembre 2006 - 08:57
mercurestupéfait
Je suis stupéfait: on note, on classe les enfants à l'école maternelle. On nous l'avait caché . En quelle matiére? avec quel coéficient? selon quel critére a-t-on noté les enfants, l'histoi... Vendredi 10 Novembre 2006 - 00:45
demà Pauline
Je suis cadre, moi aussi. Mes enfants ont connu tout ce qui existe en matière de collectivité (crèche, garderie périscolaire, centre aéré le mercredi, etc;) 5 jours par semaine jusqu'à 19 heure... Vendredi 10 Novembre 2006 - 00:45
luladeja vu
J'ai deja lu cette étude il y a une 20 aine d'années et ca donnait les mêmes conclusions.... Vendredi 10 Novembre 2006 - 00:44
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