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Climat. Depuis un an, le nouveau gouvernement déclare les objectifs du protocole «irréalisables».
Kyoto : le Canada de plus en plus glacial
Par Carole DUFFRECHOU
QUOTIDIEN : jeudi 9 novembre 2006
Montréal de notre correspondante
Une «révision complète» du protocole de Kyoto : voilà ce que le Canada entend obtenir lors de la douzième Conférence des Nations unies sur le climat qui a débuté cette semaine au Kenya. Ottawa, qui veut favoriser des «objectifs à long terme», souhaite revenir sur les échéanciers contraignants et les cibles chiffrées de réduction d'émissions de gaz à effet de serre (GES) : en clair, vider de sa substance un protocole avec lequel il cherche à prendre de la distance. Une position qui ne manque pas d'ironie quand on sait que le Canada assume en ce moment la présidence de la conférence...
Incrédulité. La position canadienne peut sembler d'autant plus déconcertante qu'en décembre 2005 à Montréal, lors de la dernière réunion onusienne sur le sujet, Ottawa avait déployé des efforts considérables pour assurer l'avenir de l'accord de Kyoto. Mais un mois plus tard, le Parti libéral perdait les élections, et le nouveau gouvernement conservateur, très proche du voisin américain, a vite levé toute ambiguïté sur ses positions.
En février, la ministre de l'Environnement Rona Ambrose déclarait que les cibles de Kyoto étaient «irréalistes et inaccessibles». Un discours répété en mai, à la conférence de Bonn, devant des dizaines de délégations incrédules : le Canada n'entendait pas honorer ses engagements de baisser d'ici à 2012 ses émissions de 6 % par rapport au niveau de 1990. Au fil des mois, le Premier ministre, Stephen Harper, a maintenu le cap, et les Canadiens ont appris, incidemment, la suppression de programmes fédéraux et de postes d'ambassadeurs en environnement (aux Nations unies notamment), le retrait d'Ottawa du mécanisme de développement propre (1) et, récemment, le refus d'octroyer à Québec une enveloppe de 230 millions d'euros lui permettant de mettre en place ses propres mesures de lutte contre les changements climatiques (un plan pourtant salué).
Intensité. Les choses se sont précipitées en octobre. Au lendemain de l'adoption, par les trois partis d'opposition, d'un projet de loi obligeant le gouvernement conservateur à honorer ses engagements internationaux en vertu du protocole de Kyoto, la ministre fédérale de l'Environnement tentait de calmer le jeu. Devant le Comité permanent du développement durable, elle assurait que le projet de loi sur la qualité de l'air qu'Harper s'apprêtait à rendre public serait «robuste». Cette «approche verte» (on ne parle plus de plan) devait aller au-delà de Kyoto, en luttant à la fois contre la pollution de l'air et les gaz à effet de serre...
Dévoilé deux semaines plus tard, le projet de loi a suscité un véritable tollé. Pour parvenir à une réduction des émissions de GES de «45 % à 65 % pour 2050 par rapport aux niveaux de 2003», le gouvernement Harper ne prévoit, jusqu'en 2020, aucune limitation précise, se contentant d'une «approche fondée sur l'intensité des émissions». Quant à la lutte contre le smog, rien avant 2010 ­ un processus de consultation avec les industriels les plus polluants étant relancé pour trois ans... Devant cet «enterrement» du protocole de Kyoto, la résistance s'est organisée.
Menace. La semaine dernière, alors qu'un groupe écologiste menaçait de poursuivre le gouvernement devant une cour fédérale pour violation de ses engagements internationaux, Jack Layton, le chef du Nouveau Parti démocratique, a laissé planer le spectre d'une motion de défiance. Sous la pression, Harper a accepté d'envoyer son projet de loi controversé devant un comité parlementaire spécial qui pourra l'amender avant qu'il ne soit débattu au Parlement. Si l'opposition se réjouit, beaucoup regrettent que la manoeuvre fasse avant tout gagner du temps à Ottawa, qui, pendant ce temps, s'éloigne toujours davantage des objectifs de Kyoto. Depuis 1990, en raison de l'exploitation croissante des sables bitumineux en Alberta, les émissions de GES ont augmenté au Canada de près de 30 %.
(1) Il permet aux pays industrialisés pollueurs d'obtenir des crédits en créant des technologies vertes dans les pays en voie de développement.
jojo1990 et +
Tout à fait d'accord que les conservateurs ne lèveront pas le petit doigt pour Kyoto; en revanche, malgré leurs multiples engagements depuis '90, les libéraux n'ont apporté aucune mesure concrèt... Vendredi 10 Novembre 2006 - 14:14
GaïaPour combien de temps ce clown de Harper doit-il rester au pouvoir ?
Je veux bien qu'il ne soit pas représentatif de la population, mais parmi cette dernière, personne n'a pris la peine de lire son programme ?... Vendredi 10 Novembre 2006 - 11:14
québec_canadaRéagissez en connaissance de cause...
Je suis totalement d'accord avec vous en ce qui a trait à la position du Canada face aux changements climatiques. Oui, c'est une honte. Je ne me préoccupe jamais de la politique mais face à ce ... Vendredi 10 Novembre 2006 - 00:43
marincul et chemise
Harper vient de l'Alberta, ça se sent dans ses choix, comme Bush sent le Texas: ce n'est pas de la politique, juste un clientélisme mâtiné de foi aveugle..... Vendredi 10 Novembre 2006 - 00:43
l'ours polaireréalités
Au Québec l'eau est gratuite et l'électricité presque. Il est fréquent de voir le balayage autour des maisons se faire des heures durant avec... le jet d'eau. L'éclairage extérieur des maisons (... Vendredi 10 Novembre 2006 - 00:43
Nanou du villagle Canada le plus glacial
Concernée parce que mes enfants vivent à Québec. Le changement de gouvernement a été voulu par les québécois, suite au ras le bol des affaires de corruption, mais il me semble qu'ils seront les... Jeudi 09 Novembre 2006 - 21:02
ClaudeBInconscience au Canada anglais
Avec un peu de volonté politique (et les 230 millions d'euros), le Québec sera en mesure d'atteindre l'objectif de réduction initial de Kyoto (-6% par rapport à 1990, c'est à dire environ 81 mT �... Jeudi 09 Novembre 2006 - 21:02
PatrickbUne belle utopie
Il y a conflits d'intérêts entre la politique écologique et la politique économique. Le secteur énergétique au Canada est privé. Les acteurs de ce secteur veulent donc encaisser le maximum d'ar... Jeudi 09 Novembre 2006 - 18:46
pablicoApprentis sorciers!!!
Si les canadiens attendent que ca se réchauffe, ils oublient que dans le Permafrost contient du méthane piégé, et que ce méthane est bien plus dangereux que le CO2 pour le réchauffement. Apprent... Jeudi 09 Novembre 2006 - 18:07
horsdefranceA yassou!
Super. Pourrais-tu me communiquer les méthodes que vous avez utilisé ?... Jeudi 09 Novembre 2006 - 17:26
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