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Les films d'horreur dans l'angoisse
L'avis d'interdiction de «Saw 3» aux moins de 18 ans inquiète.
Par Ange-Dominique BOUZET
QUOTIDIEN : samedi 11 novembre 2006
Victimes d'un psychopathe qui les séquestre, les héros de Saw se voient offrir une chance de fuite... à condition de s'automutiler atrocement suivant des modus operandi épouvantables. Depuis la sortie du premier, en 2004, ce pitch assure le succès de cette sanguinolente saga, dont le troisième opus est joyeusement sorti aux Etats-Unis à la veille d'Halloween. L'arrivée de Saw 3 dans les salles françaises s'annonce cependant moins gratifiante pour les jeunes fans. Le film (réalisé par Darren Lynn Bousman, comme le ) vient d'écoper d'une interdiction aux moins de 18 ans, qui plonge le milieu du film d'horreur dans la consternation.
Appel. Au vrai, l'accès des grands ados à Saw 3 (sortie en salles prévue le 22 novembre) n'est pas encore complètement compromis : l'interdiction aux moins de 18 ans préconisée par la Commission de classification des films (dont la compétence est consultative) doit encore être ratifiée par Renaud Donnedieu de Vabres, seul décisionnaire définitif en matière de visa d'exploitation. Metropolitan Filmexport, distributeur du film, a ainsi interjeté appel, jeudi, auprès du ministre de la Culture. Celui-ci a trois possibilités : passer outre à l'appel de Metropolitan et suivre l'avis de la commission. Passer outre à l'avis de la commission et opter pour un visa plus permissif, conforme à la jurisprudence ordinaire. Ou inviter la commission à procéder à un nouvel examen du film. Cette dernière solution, la moins autoritaire, ne ferait cependant que relancer le suspense pour un tour...
La Société des réalisateurs de films (SRF) n'a pas attendu pour monter au créneau, protestant, dès jeudi, contre le risque de raidissement de la censure. Saw 3 ne diffère en rien de Saw 2 ou de Saw, ni, d'une façon générale, des standards très codifiés des films de genre, tous redevables ordinairement d'un simple visa «interdit aux moins de 16 ans».
Avant d'être ainsi «matraqué» en séance plénière, le 7 novembre, le film avait fait l'objet d'un premier examen en sous-commission, le 30 octobre, sans qu'il y soit question d'interdiction aux moins de 18 ans.
Offensive. Une telle décision n'a frappé, jusqu'à présent, que des films montrant des scènes sexuelles jugées «trop explicites» : Baise-moi de Virginie Despentes et Coralie Trinh Thi, Polissons et galipettes de Michel Reilhac , Ken Park de Larry Clark  et 9 Songs de Michael Witerbotton. Alors qu'on pouvait croire que le souci de faire la police des moeurs se calmait ( Shortbus , par exemple, vient d'y échapper), voilà maintenant que l'offensive semble se réorienter contre les films «violents».
En frappant un film de genre, elle menace cependant un secteur aux standards convenus et très second degré. Les salles commerciales n'apprécient pas le «moins de 18 ans». Alors que Saw avait attiré en France 493 000 spectateurs en 2004, et Saw  668 000  en 2005, les promoteurs de Saw 3 ont peur d'être obligés de revoir sa sortie, prévue sur 200 écrans, à la baisse.


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