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Jack Palance, un si bon méchant
Tueur de l'Ouest ou guerrier barbare, l'acteur américain est mort vendredi.
Par Edouard WAINTROP
QUOTIDIEN : lundi 13 novembre 2006
Jack Palance, mort vendredi en Californie, avait un physique unique. Grand (1,93 m), très mince, cheveux noirs, pommettes saillantes, yeux charbonneux enfoncés sous des arcades proéminentes, doté d'une voix profonde, il est devenu un «méchant» de cinéma crédible dès Panique dans la rue, d'Elia Kazan (1950) et le Masque arraché de David Miller (1952). Et il a acquis le statut d'archétype du tueur de l'Ouest, laconique, cruel et redoutable, en 1953, dans l'Homme des vallées perdues (Shane), de George Stevens. Son interprétation du sinistre Jack Wilson était même tellement réussie qu'il fut nominé pour l'oscar du meilleur second rôle et que le personnage de tueur filiforme fut repris chez nous en 1956, en BD, par Morris dans son Lucky Luke contre Phil Defer (clone de Palance).
Mineur, boxeur. Walter Palahniuk est né fils de mineur ukrainien à Lattimer Mines, en Pennsylvanie, un 18 février. Etait-ce en 1918 ou en 1919 ? Les sources divergent. Adolescent, il commence par descendre, comme son père, dans les mines. Puis devient boxeur, cuistot, réparateur de radios, maître nageur. En 1942, il rejoint l'armée de l'air. L'année suivante, renvoyé dans ses foyers après un accident d'avion, il bénéficie d'une bourse et s'inscrit à l'université. Il fréquente alors les cours d'arts dramatiques et décroche un diplôme en 1947. Attirés par son physique hors norme et sa voix, les directeurs de casting ne tardent pas à le distribuer à Broadway. Il devient la doublure d'Anthony Quinn, qui a repris en tournée le rôle de Stanley Kowalski, créé par Marlon Brando, pour Un tramway nommé désir, de Tennessee Williams.
La pièce a été montée à New York par Elia Kazan et c'est sous la direction du même Kazan que Palance va tenir son premier rôle au cinéma. Après Panique dans la rue et Shane ­ où lui, le géant, est abattu dans un bar par le petit Allan Ladd, qui avait besoin d'un escabeau pour donner la réplique à ses partenaires ­ en 1955, il reprend, dans la Peur au ventre, du très sous-estimé Stuart Heisler, le rôle de Roy Earle qu'avait tenu Bogart dans High Sierra. Il tient la comparaison.
Télévision. Mais c'est avec Robert Aldrich que Jack Palance va le mieux exprimer son talent. Dans le Grand Couteau (1955), un des films préférés des jeunes critiques français de l'époque, il a le rôle d'un acteur autodestructeur, désarmé face à l'amour et à ses problèmes de carrière sur le déclin. L'année suivante, le même Aldrich, que les Cahiers du cinéma qualifient de «metteur en scène vivant le plus vivant de tous», lui confie le rôle du lieutenant Joe Costa, un militaire courageux en butte à un commandant trouillard, dans Attack. Un des meilleurs films de guerre de l'histoire du cinéma.
Palance travaille aussi pour la télévision, où il remporte un Emmy Award en 1956 pour son rôle de boxeur (à peine une composition) dans Requiem for a Heavyweight. Au cinéma, Douglas Sirk lui a auparavant offert le rôle d'un Attila déchiré dans le Signe du païen. C'est encore le costume d'un guerrier barbare, cette fois Ogotaï, le fils de Gengis Khan, qu'en 1961 André De Toth lui fait endosser dans les Mongols. Palance est alors en Europe. Il y a débuté dans Austerlitz d'Abel Gance (1960) et va surtout y jouer, en 1963, Jeremiah Prokosch, un producteur américain brutal et cynique dans le Mépris, le film légendaire de Jean-Luc Godard. Qu'il illumine de son aura inquiétante. Comme dans les Professionnels de Richard Brooks (1966), où il incarne ce hors-la-loi mexicain qui a enlevé Claudia Cardinale, recherchée par la bande de mercenaires menés par Burt Lancaster.
Comédie. Après une longue éclipse, Jack Palance reparaît en 1987 dans Bagdad Cafe, comédie allemande située aux Etats-Unis qui connaît un succès étonnant. Deux ans plus tard, Tim Burton lui donne le rôle du père du Joker dans Batman. En 1990, il reprend sa défroque d'homme de l'Ouest, cette fois sur le mode de la parodie, dans City Slickers, alias la Vie, l'Amour, les Vaches. Pour ce film avec Billy Cristal, il gagne l'oscar du meilleur second rôle et accomplit ainsi son souhait de réussir dans une comédie. Même si c'est dans les drames, westerns, films de guerre et polars des années 50 qu'il sera resté le meilleur.


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