A l'amende

Le Parlement européen réclame 320 000 euros à Jean-Marie Le Pen

L'eurodéputé, ex-président du Front national, est soupçonné d'avoir couvert un emploi fictif lors de la précédente mandature. D'autres eurodéputés FN pourraient connaître le même sort.
par Dominique Albertini
publié le 23 juin 2016 à 11h22

Soupçonné d'avoir couvert un emploi fictif, l'eurodéputé Jean-Marie Le Pen pourrait devoir passer à la caisse. Selon l'AFP, le Parlement européen réclame 320 000 euros à l'ex-président du Front national, soupçonné d'avoir employé un assistant aux frais du contribuable européen, sans pouvoir fournir «la preuve du travail» effectué par celui-ci. Les faits reprochés portent sur la mandature 2009-2014, durant laquelle l'assistant de Jean-Marie Le Pen n'était autre qu'un vice-président du Front national, Jean-François Jalkh. Selon un document du Parlement européen consulté par l'AFP, Jean-Marie Le Pen «ne fournit ni explication, ni preuve du travail d'assistance parlementaire réalisé par M. Jalkh». L'institution réclame donc à l'ex-président du FN le remboursement de 320 026 euros, correspondant à la rémunération de Jean-François Jalkh entre 2009 et 2014. Jean-Marie Le Pen a par ailleurs vu son indemnité d'eurodéputé réduite de moitié, passant de 6 200 euros à 3 100 euros mensuels.

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Gollnisch passe à la caisse aussi

Un autre député européen du Front national devra rembourser une somme de 200 000 euros réclamée, affirme l'AFP, pour l'emploi aux frais de l'UE d'un assistant parlementaire dont il n'aurait pu fournir «la preuve du travail» : Bruno Gollnisch. Jeudi matin, ce dernier contestait «formellement» faire l'objet d'un «ordre de reversement de quelque somme que ce soit». Selon nos informations, l'eurodéputé va toutefois bel et bien se voir réclamer le remboursement d'une somme importante, correspondant aux salaires versés pendant la mandature 2009-2014.

L'affaire ne s'arrêtera sans doute pas là, car des faits similaires sont reprochés à certains eurodéputés frontistes sur l'actuelle mandature, entamée en 2014. L'organisme anti-fraude de l'UE, l'Olaf, mais aussi le parquet de Paris enquêtent actuellement sur une vingtaine d'assistants frontistes, soupçonnés eux aussi de s'être consacrés à des tâches internes au FN tout en étant rémunérés sur fonds européens.

Contacté par l'AFP, l'avocat de Jean-Marie Le Pen, Frédéric Joachim, dit avoir formulé des recours «devant le tribunal de première instance de l'UE», et s'est insurgé auprès de l'AFP contre «le caractère illégal et injuste de cette décision». Exclu du FN en août 2015, Jean-Marie Le Pen ne fait pas partie du groupe formé par son ancien parti au Parlement de Strasbourg, en alliance avec d'autres mouvements d'extrême droite européens.