La bataille dans la ville syrienne de Kobané qui se déroule «en direct» sur les télévisions du monde entier est «terrifiante», s’est émue mardi la diplomatie américaine, assurant que cette localité stratégique ne devait pas tomber aux mains du groupe Etat islamique. «Tout le monde trouve horrible de regarder en temps réel ce qui se passe à Kobané», a commenté la porte-parole du département d’Etat Jennifer Psaki, rendant compte brièvement de conversations téléphoniques lundi et mardi entre le secrétaire d’Etat américain John Kerry et le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu.

Une nouvelle série de frappes de la coalition conduite par les Etats-Unis n’a pas empêché mardi les jihadistes du groupe EI d’avancer dans cette ville syrienne de Kobané, défendue rue par rue par les forces kurdes. Cette localité kurde située à la frontière de la Turquie est «sur le point de tomber», a averti le président turc Recep Tayyip Erdogan.

«Personne ne veut évidemment voir Kobané tomber», a affirmé Jennifer Psaki, son homologue à la Maison Blanche, Josh Earnest, exprimant «les fortes inquiétudes» de son gouvernement quant au sort des civils de la ville. «Notre premier objectif est d’empêcher l’EI de se constituer des sanctuaires», a insisté la porte-parole du département d’Etat, vantant le bien-fondé des frappes aériennes en Irak et en Syrie.

Le Pentagone a d’ailleurs fait état mardi de nouveaux bombardements par des avions américains et d’autres pays de la coalition contre des positions des jihadistes près de Kobané. Mais selon des experts militaires, la chute de Kobané semble inéluctable malgré la résistance acharnée des combattants kurdes, en raison des choix stratégiques de la coalition internationale et de l’attentisme de la Turquie. Face à l’offensive du groupe EI, sous l’oeil des caméras du monde entier postées de l’autre côté de la frontière turco-syrienne toute proche, les Etats-Unis et leurs alliés arabes ont riposté par une série de frappes aériennes, sans grand effet visible jusqu’à présent.

AFP
xiti