Calais au centre du sommet franco-britannique

par Maria Malagardis
publié le 3 mars 2016 à 19h21

La crise migratoire et le casse-tête de Calais ont dominé les discussions du 34e sommet franco-britannique qui s'est tenu à Amiens pour commémorer le centenaire la bataille de la Somme qui fut, avec Verdun (Meuse), le pire carnage de la Première Guerre mondiale. Le Premier ministre britannique, David Cameron s'est engagé à augmenter de 22 millions d'euros son aide, somme qui s'ajouterait aux 60 millions déjà alloués par son pays. Selon le communiqué officiel, ces fonds seront consacrés à «des infrastructures prioritaires de sécurité à Calais, pour soutenir le travail des forces de l'ordre françaises», mais aussi à la gestion des centres d'hébergement et à «l'éloignement des migrants» économiques qui ne sont pas «en besoin de protection». La question du regroupement familial des mineurs isolés était un des dossiers les plus sensibles des discussions, car Londres continue de traîner les pieds. «Nous avons un suivi de ces jeunes personnes et nous avons été clairs avec le Premier ministre britannique. Quand ces jeunes ont un lien familial avec le Royaume-Uni, ces jeunes doivent rejoindre le Royaume-Uni vite et de manière efficace», a déclaré François Hollande lors de sa conférence de presse, insistant même : «Cela doit se faire encore plus vite et encore plus efficacement.» Alors que les Britanniques vont voter le 23 juin pour décider du maintien ou non de leur pays dans l'Union européenne, les conséquences d'un éventuel Brexit sur Calais étaient dans tous les esprits. Dans une interview au Financial Times, le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, avait affirmé la veille que «le jour où cette relation [avec l'UE, ndlr] sera rompue, les migrants ne seront plus à Calais». Les accords du Touquet de 2003, qui ont fixé la frontière britannique dans la ville française, sont bilatéraux et donc ne seraient pas juridiquement remis en cause. Mais comme l'a souligné le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Harlem Désir : «Il n'y a ni chantage ni menace, mais c'est vrai que nous coopérons plus facilement en étant membres de l'Union que si le Royaume-Uni ne l'était plus.»