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Reims, Tourcoing, Auxerre, Thionville, Belfort et même Carpentras : six villes de gauche que la droite rêve de voir submergées par sa «vague bleue» à l’occasion des prochaines élections municipales. Plus qu’à Paris, l’UMP fonde ses espoirs de reconquête sur ces communes de tailles moyennes. Elle a confié son investiture à des parlementaires de la nouvelle génération, tous candidats pour la première fois.

Le plus jeune, Gérald Darmanin, n’a que 30 ans. Candidat à Tourcoing, il est proche de Xavier Bertrand, tout comme Arnaud Robinet, 38 ans et Damien Meslot, 48 ans, lancés à la conquête de Reims et de Belfort. Mais d’autres sensibilités sont représentées dans ce panel de candidats rencontrés par Libération au début de l’été. Proche de Brice Hortefeux, le député UMP Guillaume Larrivé (36 ans, en lice à Auxerre) est un fervent sarkozyste. En campagne à Thionville, Anne Grommerch (42 ans) est une proche de Laurent Wauquiez. Quant à Julien Aubert (35 ans), engagé à Carpentras dans un périlleux combat contre le Front national, il fait partie des électrons libres gaullistes, comme son ami Henri Guaino, son voisin de droite sur les bancs de l’Assemblée nationale. Pour gagner, tous ces candidats avouent compter beaucoup sur l’impopularité de François Hollande. «Surtout, qu’il ne change rien !», supplie Darmanin.

Cumul revendiqué

Le cumul ? Ils l’assument sans hésiter et entendent même en faire un argument de campagne : élire un député-maire, ce serait, expliquent-ils, une garantie d’efficacité. «Un député-maire pour Auxerre» annonce fièrement Larrivé dans ses tracts. Pour rassurer les électeurs, beaucoup de ces jeunes candidats s’engagent d’ores et déjà à ne pas cumuler les traitements. Darmanin et Meslot assurent qu’ils se contenteront de leur indemnité de député. Seule Anne Grommerch n’est pas d’accord : cette ancienne directrice commerciale de Coca-Cola fait valoir que la politique ne paye déjà pas très bien et qu’un tel sacrifice n’aurait aucune justification. «Si je devais calculer mon taux horaire, je serais en-dessous du Smic», explique-t-elle.

Unanimes, les six candidats sont sans ambiguïté sur la question du Front national. «Mes électeurs savent qu’il n’y aura pas d’alliance, en aucun cas», assure Meslot. Ils s’engagent tous à présenter la même liste aux deux tours de scrutin. Et si le Front national devait les devancer au premier tour, ils jurent qu’en aucun cas ils ne rendront possible une victoire de l’extrême droite en se retirant de la compétition. Promesses de jeunes pousses de l’UMP, à six mois du scrutin municipal.

Alain AUFFRAY (texte) et Fanny LESBROS (vidéo)
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