Mardi 22 avril 2008
Liberté Politique Le site de la Fondation de service politique Diffusion des dépêches d'actualité de l'Agence de presse et d'analyse catholique Décryptage
Evangile du jourL'Évangile du jour
Site de la revue d'idées catholique Liberté politique, éditée par la Fondation de service politique  
Initiatives
• Colloque
10 mars 2007, Paris
Humaniser le travail dans une société libre

IIe Rencontres Doctrine sociale de l'Eglise
> Le texte des communications

 
Etudes & Analyses
La newsletter Décryptage La newsletter Décryptage
Inscrivez-vous ici pour recevoir gratuitement notre lettre d'information hebdomadaire
La revue Liberté politique La revue Liberté politique
La revue Liberté politiqueRevue trimestrielle, N°40 :
Printemps 2008
HUMANISER LE TRAVAIL dans une société libre
Rapport : Priorités politiques 2008
Dossier : Education, questions qui fâchent
Dossiers Dossiers
• NOUVEAU ! <b>Le Blog</b><bR>de Libertepolitique.com • NOUVEAU ! Le Blog
de Libertepolitique.com
<b>• Les Notes Bleues</b><br>Argumentaires de la Fondation de service politique • Les Notes Bleues
Argumentaires de la Fondation de service politique
<b>•  Le FIL de la semaine<br></b>Les archives • Le FIL de la semaine
Les archives
• <b>Enquête :<bR> la liberté de conscience à l'école</b>Enquête :
la liberté de conscience à l'école
• <b>La reconnaissance civile du mariage religieux</B>La reconnaissance civile du mariage religieux
Autres dossiers
Archives Archives
Toutes les archives de Décryptage, la revue politique, les colloques ...
Espace librairie Espace librairie
Notre sélection du mois 
Notre sélection du mois
Aline Lizotte,
La Personne humaine,
Parole et Silence, coll. "Preses universitaires de l'IPC", 2008, 313 p., 22 €

• Drogue-Danger-Débat
Le site le plus documenté du d�at sur la drogue et les d�endances
• G��ation-Benoît XVI.com
Tout savoir sur la pens� de Joseph Ratzinger et l'enseignement de Benoît XVI
Décryptage
18 avril Actualité
Le Fil de la semaine Le Fil de la semaine
Fondation de Service politique

Politique familiale : le renoncement des AFC ? ; Euthanasie : le non possumus de la médecine ; Benoît XVI “fasciné” par la laïcité positive des Américains… voici le “Décryptage” express de la semaine qui vient de s’écouler, par la Fondation de Service politique.





FRANCE

Travail dominical : une proposition de loi

La proposition de loi sur l'ouverture des magasins le dimanche a été déposée jeudi matin à l'Assemblée nationale, par le député Richard Maillé UMP. « La législation actuelle a atteint ses limites » écrit Le Figaro du 18 avril. Le régime des exceptions crée des situations absurdes : « À Paris, sur les Champs-Élysées, un trottoir est classé zone touristique et l'autre non. Ou encore un opticien peut ouvrir le dimanche à condition de vendre aussi des lunettes de soleil. »

De plus en plus d’enseignes bravent les interdits pour bousculer le législateur, avec le soutien des salariés. Résultat immédiat : les syndicats portent plainte, et encaissent le montant des amendes. Les astreintes obtenues par FO s'élèveraient cette année à 2,5 millions d'euros : 600 000 euros pour Alinéa, 450 000 pour Ikea et 1,4 million d'euros pour Conforama.

La nouveauté du texte présenté par Richard Maillé est la création de zones d'attractivités commerciales. « Le principe du repos dominical doit rester la règle commune » assure le député, qui cherche à mettre de la cohérence dans les autorisations — en les élargissant, évidemment. Face à la remise en cause du repos dominical, le service société et culture du diocèse d’Angers vient de mettre en place un site internet qui permet de manifester son opposition au travail du dimanche.

Pour en savoir plus :
■ La campagne du diocèse d'Angers Ledimanchecsacre.com
Contre l’ouverture des magasins le dimanche : le droit au repos collectif, Décryptage, 7 novembre 2007.


Le renoncement des AFC ?

Après l’annonce d’une possible suppression de la carte Familles nombreuses, le président des AFC, Antoine Renard, n’a pas caché son inquiétude dans le quotidien 20 Minutes du 10 avril, mais pour concéder une étonnante concession sur le principe même de la politique familiale. « Ce qui nous inquiète, dit-il, c’est que cette mesure concernant la carte Familles nombreuses semble s’inscrire dans une révision plus globale des politiques publiques et donc de la politique familiale. » Or, pour la première fois, les AFC rompent avec la protection du caractère universel de la politique familiale. C'est que que semble indiquer Antoine Renard :
« Nous ne sommes pas contre le fait de remettre à plat le dispositif des allocations familiales quitte à le soumettre à des conditions de ressources. Mais instaurer des plafonds serait une très mauvaise idée. Mieux vaut moduler ces allocations en fonction des ressources, sans exclure personne.»
Alors que le décret qui modifie le montant des allocations familiales pour les enfants de 11 ans et plus s’annonçait (cf. ci-dessous), cette déclaration surprend : jusqu’ici les Associations familiales catholiques avaient toujours défendu l’idée que la politique familiale ne devait pas être confondue avec une politique sociale de solidarité « verticale », mais que les avantages aux familles devaient être distribués selon un principe « horizontal ».

En effet, quel que soit le niveau de ressources d’un foyer, la charge d’enfants crée à revenu égal un déséquilibre entre les parents qui investissent dans l’éducation de leurs enfants et ceux qui ne le font pas. Cet investissement dans le capital humain que représente l’enfant et dont la société bénéficiera ultérieurement doit être pris en compte, c’est une question de justice élémentaire.

La politique familiale est ainsi le moyen d’assurer une indispensable solidarité intergénérationnelle. Ce sont en effet les enfants de famille nombreuses qui permettront de payer les retraites de ceux qui n’ont pas eu d’enfants ou un seul descendant. Compte tenu du coût d’éducation d’un enfant supporté par les parents et de la contribution future de cette enfant aux charges collectives, ce sont des centaines de milliers d’euros qui sont transférés en une génération d’une famille nombreuse vers les personnes qui ont eu un enfant ou pas du tout. Cette situation justifie en outre que les femmes qui interrompent leurs activités salariées pour élever leurs enfants bénéficient de points de retraites supplémentaires.

Est-ce à dire que les AFC renoncent à cette politique alors que les familles de plus de trois enfants sont particulièrement frappées par la hausse des prix de l’essence, du transport et de l’alimentation ? S’il ne s’agit que d’une concession, elle est hélas stratégique. Si le mouvement familial accepte la mise sous condition des allocations familiales, autant dire qu’il renonce à la notion même de politique familiale — quoi qu’on pense par ailleurs de la nécessité d’une politique sociale.


Amputer les allocations familiales, “une mauvaise idée”

À peine tournée la page du projet de suppression de la carte Famille nombreuses, le gouvernement annonce un décret qui diminue les allocations familiales pour les enfants de 11 ans et plus. Pour Jean-Frédéric Poisson, député (UMP-FRS) des Yvelines, et porte-parole du Forum des Républicains Sociaux, il s’agit d’une « mauvaise idée ».
« En amputant les ressources des familles de plus de 600 euros sur la période des 11 à 18 ans des enfants, cette décision affecte le pouvoir d'achat des familles qui pour plus de 80% d'entre elles ont des revenus modestes.

Ce mauvais réflexe de réaliser des économies sur le dos des prestataires plutôt qu'en optimisant la gestion et la performance des organisations ne peut pas devenir la forme habituelle des décisions publiques. La réduction du montant des prestations familiales, dans le contexte économique tendu que nous traversons, doit absolument demeurer la dernière extrémité et le dernier recours. »
Le député regrette que « sur ces sujets hautement sensibles tant sur le plan social que sur le plan politique », on ne sollicite pas automatiquement et préalablement la représentation nationale et l'ensemble des mouvements familiaux.

Initiative :
■ La pétition d’une mère de famille, Axelle Meerman-Theillier


Euthanasie : le “non possumus” de la médecine

Après le scandale de l’affaire Sébire, le lobby pro euthanasie se mobilise pour tenter de modifier la loi Léonetti. Mais de nombreuses associations se mobilisent pour refuser la solution du « faire mourir ». Parmi eux, les professionnels de santé réunis par l’Association française d’accompagnement et de soins palliatifs (Sfap.org) qui observent que dans le contexte actuel où se mêlent le tragique d’une situation de vie, l’interpellation de la justice et des pouvoirs publics ainsi que la remise en cause de la loi, « traiter la douleur et soulager la souffrance restent une priorité absolue » :
« Ce qui est intolérable, c’est que des situations de douleur, de souffrance ne soient pas suffisamment prises en charge. Souffrir, pour les patients comme pour leurs proches n’est pas acceptable, il faut se donner les moyens d’atténuer et soulager la souffrance de l’autre. La loi du 22 avril 2005 encadre parfaitement les procédures à mettre en oeuvre. »
La tragédie d’une situation effroyable vécue par une personne ne peut faire admettre à des médecins ou des infirmières que la mort donnée, même souhaitée, soit la solution. Dans le Plaidoyer des professionnels de santé (mars 2007), plus de 6700 professionnels de santé ont clairement pris position contre la légalisation du suicide assisté, qui modifierait radicalement nos repères sociétaux, et appelé à une large information et une pédagogie de la loi sur le droit des malades et la fin de vie :
« Nous rappelons notre souhait que soit menée à bien une évaluation de la mise en oeuvre concrète de cette loi qui reste largement méconnue.
Nous réaffirmons avec force que, quels que soient les choix que notre société pourrait faire dans le futur, donner la mort ne relève en aucune façon de compétence du médecin et que nous, professionnels de santé n’assumeront pas ce rôle. Cela entrerait en conflit de valeur avec la mission fondamentale des soignants médicaux comme non médicaux qui est bien de toujours soigner et prendre soin de l’autre et ce jusqu’au bout de sa vie. »
Les associations signataires sont :
L’Association française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP)
- La Société Française d’Etude et de Traitement de la Douleur (SFETD)
- La Société Française de Gériatrie et de Gérontologie (SFGG),
- La Société Française d'Anesthésie Réanimation (SFAR),
- La Société Française d'Hématologie (SFH),
- Le Groupe de Réflexion sur l'Accompagnement et les Soins de Support pour les Patients
en Hématologie et en Oncologie (GRASSPHO),
- L'Association Nationale des Médecins Généralistes exerçant à l'Hôpital Local (AGHL) signe ensemble le communiqué suivant
- Contact : (sfap@sfap.org)


Nouvelles vendéennes

Nouveau député, nouvel évêque, la Vendée fait peau neuve. Dominique Souchet (MPF) a été élu dimanche député de la 5e circonscription de la Vendée. Ce conseiller général de Luçon proche de Philippe de Villiers se présentait à la suite de l’invalidation de Joël Sarlot (divers droite), déclaré inéligible par le Conseil constitutionnel pour un an. L’ancien député avait commis une erreur d'écriture dans ses comptes de campagne lors des dernières législatives.

Dominique Souchet a été élu avec 59,5% des voix devant Daniel David, candidat PS-Verts-PRG, maire socialiste de Benet. Ancien élève de l’ENA, ce diplomate de carrière a été député européen. Homme de culture, il est intervenu à plusieurs reprises aux universités d’automne de la Fondation de Service politique.

Au lendemain de cette élection, le diocèse de Luçon apprenait aussi la nomination par le pape Benoît XVI de son nouvel évêque, Mgr Alain Castet. Curé de la paroisse parisienne Saint-François-Xavier, ancien aumônier du lycée Saint-Jean-de-Passy, il a été également curé de Saint-Pierre-du-Gros-Caillou, la « paroisse de travail » de la Fondation de Service politique, rue Saint-Dominique. Il avait accueilli à ce titre des conférences ou des rencontres organisées par la Fondation.




EUROPE

Vote en faveur du droit à l’avortement

L’assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a adopté le 16 avril, par 102 voix contre 69 et 14 abstentions, un projet de résolution en faveur de « l’avortement sans risque et légal ». Dans cette édition de Décryptage, Elizabeth Montfort expose les enjeux de cette résolution : établir l’avortement comme un droit, et non plus seulement une tolérance, pour contourner la souveraineté des États membres sur les questions éthiques.

Ce n'est pas le Parlement européen qui s’est exprimé, mais le Conseil de l'Europe qui représente 47 États membres (dont la Russie, l’Ukraine, la Turquie...). Quatre représentants de la France se sont opposés à cette résolution, mais seulement neuf d’entre eux étaient présents !

En France, les membres de l'Assemblée plénière du Conseil de l’Europe sont désignés par l'Assemblée nationale (24 membres) et par le Sénat (12). Ce qui fait 36 membres pour la France, 18 titulaires et 18 suppléants. Le président de la délégation française, M. Mignon (UMP) s'est abstenu. Voici les résultats complets :
  • M. Laurent BÉTEILLE (FR, EPP/CD) : Non
  • M. Jean-Guy BRANGER (FR, EPP/CD) : Oui
  • M. Michel DREYFUS-SCHMIDT (FR, SOC) : Oui
  • Mme Claude GREFF (FR, EPP/CD) : Non
  • M. Jean-Paul LECOQ (FR, UEL) : Oui
  • M. Jacques LEGENDRE (FR, EPP/CD) : Non
  • M. Jean-Claude MIGNON (FR, EPP/CD) : Abstention
  • M. François ROCHEBLOINE (FR, EPP/CD) : Non
  • M. René ROUQUET (FR, SOC) : Oui


Climat : ne pas se tromper de finalité

« C’est la prospérité du genre humain qui est la finalité, pas la température du globe » a déclaré le député européen Ari Vatanen lors du débat sur le changement climatique en Europe, à la session plénière du 10 avril 2008. Pour le parlementaire franco-finlandais ((UMP-PPE-DE), cette dimension du problème n’est pas prise en compte.

Les émissions polluantes sont produites par l'augmentation de la prospérité, or les deux tiers de la population mondiale vivent dans la pauvreté. « Lorsque nous gravissons l'échelle de la prospérité, nous laissons derrière nous quatre milliards de gens qui souhaitent également progresser, et nous devons leur faire de la place », souligne Ari Vatanen. « Il ne faut pas gaspiller nos ressources dans des projets chers et pas rentables, mais investir dans le développement technologique. Pour y parvenir, il faut des investissements et une économie croissante. »

Pour le député, « le mot-clé pour résoudre les problèmes énergétiques et climatiques, c'est le nucléaire ». Or le mot n’a même pas été prononcé par le commissaire à l'Environnement Stavros Dimas, dans son discours d'ouverture. Ari Vatanen plaide pour l'honnêteté de l'analyse : « Il faut être sérieux dans ce domaine, il faut regarder les statistiques. Les mauvais chiffres sont toujours utilisés par les politiciens, mais les vrais leaders n'agissent pas ainsi. La politique énergétique de l'UE est comparable à un homme qui retapisse sa cave sans voir le trou dans son plafond. »




ÉGLISE - SPECIAL ÉTATS-UNIS


Une “terre de grande foi”

Le Saint-Père mène aux États-Unis un voyage en terre religieuse. Nous publions sur notre site partenaire Génération-Benoît XVI.com l’intégralité des discours, dès leur parution. Deux premières rencontres ont donné le ton pastoral du voyage : celle avec le Président Bush et celle avec les évêques. Devant les évêques américains, le pape a reconnu que « l’Amérique est une terre de grande foi… dont les habitants se distinguent par leur ferveur religieuse… ils n’hésitent pas à introduire dans des discours publics des raisons morales ». Il a également noté que « le respect pour la liberté religieuse est profondément enraciné dans la conscience américaine ». Mais il a aussi noté que l’on « assiste à une décroissance alarmante du mariage catholique aux États-Unis ainsi qu’à une augmentation des cohabitations, dans lequel le don réciproque des époux à la façon du Christ, au moyen du sceau d’une promesse publique de vivre les exigences d’un engagement indissoluble pour l’existence entière, est simplement absent ».

Le Pape a en outre relevé « parmi les signes contraires à l’Evangile de la vie que l’on peut trouver en Amérique, mais aussi ailleurs, il y en a un qui est l’objet d’une profonde honte : l’abus sexuel sur des mineurs... Nous avons reçu de Dieu cette responsabilité, en tant que pasteurs, de soigner les blessures causées par toute violation de confiance, de favoriser la guérison, de promouvoir la réconciliation et de nous approcher avec une tendre préoccupation de ceux qui ont été sérieusement blessés ».

Dans l’avion qui le conduisait à Washington il avait abordé avec les journalistes le sujet de la pédophilie des prêtres en des termes plus explicites encore :
« C’est une grande souffrance pour l’Église aux États-Unis, pour l’Église en général, et pour moi personnellement que cela ait pu arriver. Quand je lis les histoires de ces victimes, j’ai du mal à comprendre comment des prêtres ont pu trahir de cette façon leur mission qui est d’apporter du réconfort à ces enfants et de leur transmettre l’amour de Dieu. Nous avons profondément honte et nous ferons tout ce qui est possible pour que cela ne puisse plus arriver à l’avenir. Je pense que nous devons agir à trois niveaux. Le premier niveau est celui de la justice, le niveau juridique. Maintenant nous avons aussi des lois qui nous permettent de réagir de manière adaptée. Je ne veux pas parler, pour le moment, d’homosexualité, mais de pédophilie, ce qui est autre chose. Nous exclurons totalement les pédophiles du ministère sacré, il y a entre eux une incompatibilité absolue. Et celui qui est réellement coupable de pédophilie ne peut pas être prêtre. Donc le premier niveau est que nous pouvons faire justice et aider vraiment les victimes, parce qu’elles sont profondément meurtries. Il y a donc deux aspects de la justice: d’une part les pédophiles ne peuvent pas être prêtres; d’autre part, il faut aider les victimes par tous les moyens.

Le deuxième niveau est pastoral, c’est celui du réconfort, de l’aide, du soutien et de la réconciliation. C’est un grand engagement pastoral et je sais que les évêques, les prêtres et tout le peuple Catholique des États-Unis feront tout leur possible pour aider, soutenir et réconforter, et pour faire en sorte que ces choses ne puissent plus se reproduire à l’avenir. Le troisième niveau est que nous avons visité les séminaires pour définir ce qu’il est possible de faire, pendant leurs études, pour assurer aux séminaristes une formation approfondie, du point de vue spirituel, humain et intellectuel – en faisant preuve de discernement, pour que ne puissent être admis à la prêtrise que des hommes sains, ayant un profond amour personnel pour le Christ et un profond amour sacramentel, pour empêcher que cela se reproduise. Je sais que les évêques et les recteurs des séminaires feront tout leur possible pour agir avec beaucoup de discernement, parce qu’il est plus important d’avoir de bons prêtres que d’en avoir beaucoup. C’est aussi cela, notre troisième niveau, et nous espérons que nous pourrons faire, et que nous avons fait, et que nous ferons à l’avenir, tout ce qui est possible pour soigner cette blessure. »

Benoît XVI a aussi demandé aux évêques d’être proches de leurs prêtres :
« Ils ont aussi ont besoin que vous les guidiez et que vous leur soyez proches pendant cette période difficile... En ce moment, une partie vitale de votre devoir est de renforcer les rapports avec vos prêtres, et spécialement dans les cas où il existe une forte tension entre les prêtres et les évêques en conséquence de la crise. Il est important que vous continuiez à démontrer à leur égard votre préoccupation, votre soutien et que vous soyez un guide à travers votre exemple. »
Enfin, pour le pape la question de la famille est centrale : « La famille est, en outre, le lieu primordial de l'évangélisation, dans la transmission de la foi, dans l'aide aux jeunes à apprécier l'importance de la pratique religieuse et de l'observance du dimanche ».


Le lien entre l’Évangile et la loi naturelle

Après le discours prononcé le 6 avril lors des vêpres célébrées en la basilique de l’Immaculée Conception, à Washington D.C, les évêques ont posé trois questions au Saint-Père : à propos du sécularisme, de l’abandon de la pratique religieuse et des vocations. Voici la réponse de Benoît XVI concernant le relativisme de la société moderne :
« Peut-être que le type de sécularisme de l'Amérique pose un problème particulier : alors qu’il permet de croire en Dieu et respecte le rôle public de la religion et des Églises, il réduit subtilement cependant la croyance religieuse au plus petit dénominateur commun. La foi se transforme en acceptation passive de ce que certaines choses "là dehors" sont vraies, mais sans importance pratique pour la vie quotidienne. Le résultat est une séparation croissante entre la foi et la vie... Cette situation se trouve aggravée par un établissement individualiste et éclectique de la foi et de la religion : en s’éloignant de la perspective catholique de “penser avec l'Église”, chacun croit avoir le droit de sélectionner et de choisir…

« Je suis convaincu que ce dont nous avons le plus besoin, c’est d’un plus grand sens de la relation intrinsèque entre l'Evangile et la loi naturelle d'une part et, d'autre part, l'obtention de l’authentique bien humain, tel qu’il est incarné dans la loi civile et dans les décisions morales personnelles. Dans une société, qui a justement une haute considération de la liberté personnelle...l'Evangile doit être prêché et enseigné comme un mode de vie intégrale, qui offre une réponse attirante et vraie, intellectuelle et pratique, aux problèmes humains réels... Je crois que l'Église en Amérique a devant elle, en ce moment précis de son histoire, le défi de trouver une vision catholique de la réalité et de la présenter à une société qui offre toutes sortes de recettes pour la réalisation de l’être humain de manière attrayante et imaginative ».
La encore les propos tenus dans l’avion avec les journalistes éclairent sa pensée :
« Il y a une chose que je trouve fascinante aux États-Unis: c’est que ce pays est né avec une conception positive de la laïcité. Ce nouveau peuple était constitué de communautés et de personnes ayant fui des Églises d’état. Elles voulaient un état laïc pour permettre aux gens de toutes les confessions de pratiquer leur propre religion… Ils étaient laïcs justement par amour de la religion, de l’authenticité de la religion, qui ne peut être vécue que dans la liberté… Je pense que c’est quelque chose de fondamental et de positif, à prendre en considération, y compris en Europe ».
La deuxième question concernait le processus silencieux d'abandon de la pratique religieuse chez les catholiques :
« Dans les sociétés occidentales, il devient de plus en plus difficile de parler de manière sensée du salut. Cependant, le salut, la délivrance de la réalité du mal et le don d'une vie nouvelle et libre en Christ est au cœur même de l'Evangile. Nous avons à redécouvrir, comme je l'ai déjà dit, des façons nouvelles et attractives pour proclamer ce message...dans la liturgie de l’Église, et surtout dans le sacrement de l’Eucharistie, où ces réalités se manifestent de manière plus puissante et sont vécues dans l'existence des croyants. Peut-être avons-nous encore beaucoup à faire pour réaliser la vision du Concile sur la liturgie comme exercice du sacerdoce commun et comme impulsion pour un apostolat fructueux dans le monde ».
À propos des vocations, Benoît XVI a rappelé que « la capacité de susciter des vocations au sacerdoce et à la vie religieuse est un signe sûr de la santé d'une Église locale… » Il a souligné l’importance de la prière : « Je ne parle pas seulement — a-t-il dit — de la prière pour les vocations. La prière même, née dans les familles catholiques, consolidée par des programmes de formation chrétienne, renforcée par la grâce des sacrements, est le moyen principal pour que nous arrivions à connaître la volonté de Dieu pour notre vie. »


L’Amérique dans le monde

Après l'entretien privé entre le Saint-Père et le Président des États-Unis, et la réception donné à la maison Blanche pour son 81e anniversaire, le Saint-Siège et la Maison Blanche ont publié le communiqué commun suivant :
« Au nom du peuple américain, le Président a souhaité la bienvenue au Pape, auquel il a présenté ses voeux de bon anniversaire. Il l'a aussi remercié de sa mission du guide spirituel et moral dans le monde, augurant des fruits de sa visite apostolique et de son intervention devant l'ONU. Le Président a ajouté avoir tout particulièrement apprécié que le Pape se rende au Ground Zero de New York.

Au cours de l'entretien, le Pape et le Président ont abordé divers thèmes d'intérêt commun, notamment moraux et religieux, qui voient engagés le Saint-Siège et les États-Unis d'Amérique, tels le respect de la dignité humaine et la défense de la vie, du mariage et de la famille, l'éducation de la jeunesse, les droits humains et la liberté religieuse, le développement soutenable, la lutte contre la pauvreté et les épidémies, en Afrique tout particulièrement. À ce propos, le Pape a dit sa satisfaction devant les importantes aides financières des États-Unis. Les deux parties ont également réaffirmé leur rejet de tout terrorisme ou de l'usage de la religion comme prétexte à la violence sur les innocents, convenant de la nécessité d'utiliser des moyens de lutte respectueux des personnes et de leurs droits.
Le Pape et le Président se sont longuement arrêtés sur la question du Proche et Moyen-Orient, en particulier sur la solution du conflit israélo-palestinien en accord avec les pays voisins en paix, sur le soutien à la souveraineté et à l'indépendance du Liban, mais aussi sur la précarité des communautés chrétiennes de l'entière région.

Ils ont ensuite pris en considération la situation de l'Amérique Latine, à la question de l'immigration tout spécialement, et à la nécessité d'une politique coordonnée en la matière, qui prenne en compte le respect des migrants et la bien-être de leurs familles ».




Thierry Boutet,
Philippe de Saint-Germain,
avec Élizabeth Montfort





D'accord, pas d'accord ? Envoyez votre avis
Retour au sommaire


© [DECRYPTAGE ™] sur www.libertepolitique.com, lettre d'information électronique de la Fondation de service politique, réseau catholique de presse et d'analyse. Droit de reproduction totale ou partielle autorisé sous réserve de citer la source : © www.libertepolitique.com.
Fondation de service politique, 83 rue Saint-Dominique F75007 Paris.
Contact : decryptage@libertepolitique.com




Décryptage
De l’école à la retraite, à quand la fin de récré ? 16 avril
De l’école à la retraite, à quand la fin de récré ?

18 avril
Le Fil de la semaine

17 avril
Exception d’euthanasie : un concept dangereux, un compromis impossible

18 avril
L’affaire Mosquito et le crépuscule de la démocratie

15 avril
Un projet de résolution en faveur de l’avortement “sans risque et légal”

Soutenez nos actions !
Faites un don  Faites un don
Abonnez-vous !  Abonnez-vous !
Devenez Membre actif  Devenez Membre actif

- publicité -

DCX-StMacaire