Arnaud Robinet / L'art de bâtir son nid...

25 contributions

Publié le lundi 31 janvier 2011 à 10H56

Arnaud Robinet répondra à vos questions en direct vendredi 7 mai.

REIMS (Marne). Ouvert, sérieux, d’un abord facile, Arnaud Robinet ressemble plus au copain de classe ou au gendre idéal qu’au jeune Rastignac dépeint par Balzac. Mais attention, ne pas se fier pour autant à l’apparente nonchalance. À 35 ans, le jeune député a déjà fait beaucoup de chemin. Et il n’a pas l’intention de s’arrêter en route…

LE lieu de la rencontre : la permanence politique d’Arnaud Robinet, place Royale à Reims, station obligée des manifestants quand ils ne sont pas contents du gouvernement. Nous voici face à Arnaud Robinet, jeune député de 35 ans qui a déjà de la bouteille. Une campagne des retraites, ça vous fait vieillir avant l’âge ! Ça ressemble à s’y méprendre aux campagnes de Napoléon, qui n’aimait rien tant qu’emmener des jeunes et fringants généraux dans son sillage.
La comparaison tombe bien, car son héros historique préféré est Napoléon Bonaparte. Avec De Gaulle, il va sans dire ! Que dire d’Arnaud Robinet, d’un abord on ne peut plus abordable, sinon qu’il semble bien dans ses baskets, qu’il n’en fait jamais trop ? Arnaud Robinet doit bien être ambitieux, mais on ne voit pas ses dents rayer le parquet pour autant. Il doit bien avoir ses ruses, ses tactiques, mais elles semblent si naturelles qu’elles n’affleurent même pas. Même de sa jeunesse, il ne fait pas tout un plat. Alors qui est Arnaud Robinet ?
Une chose sûre : Arnaud Robinet est né le 30 avril 1975 à Reims, d’une famille de petits commerçants. Là, nous avons un petit indice. Un commerçant, par définition, doit savoir mettre de côté ses convictions profondes pour ne pas effaroucher le client. Arnaud Robinet n’est pas du style à effaroucher le client politique qu’est le citoyen. Ses convictions sont donc moins martelées qu’énoncées comme une évidence.
Fils de commerçant, Arnaud Robinet a vécu une enfance paisible sous Giscard d’Estaing, cantonné le plus souvent chez les grands-parents, car les parents commerçants sont, par définition, au four et au moulin.

Une touche d'Orient

Justement, les grands-parents offrent une profondeur de champ qu’on ne soupçonnerait pas au premier abord. Prenez le grand-père Robinet, né à Verzy. Capitaine on ne peut plus catholique, il n’en ramène pas moins d’Oran, où il était basé en 1942, son épouse d’origine juive. Du côté maternel, le grand-père est kabyle et musulman. On est loin du Robinet de terroir. Cette diversité culturelle, on le sent, a bercé le jeune Arnaud et lui donne parfois une mélancolie toute orientale. Mais n’attendez pas pour autant qu’il fasse de ses origines un thème de bataille idéologique.
Pour le reste, l’enfance du jeune Arnaud, l’aîné d’une fratrie qui comprend deux garçons et une fille, passe tranquillement. Nul remous à l’horizon ? Si, à la réflexion. Le futur député, qui est encore en culottes courtes en 1981, se souvient de l’élection de François Mitterrand comme d’un traumatisme familial. Il faut dire que des politiques sans foi ni loi ne se gênaient pas pour annoncer l’arrivée des chars russes sur les Champs-Élysées.
On comprend que, dans la bonne ville de Reims, qui ne connaît pas encore le TGV et vit sa vie tranquille à l’ombre de la cathédrale, cela ait pu susciter des inquiétudes. La vodka remplacerait-elle le champagne ? Le buste de Lénine, la statue de Jeanne d’Arc ? Les parents d’Arnaud, «non politisés» si l’on en croit le fils, ruminent la mauvaise nouvelle. Car l’apolitisme des petits commerçants penche plutôt à droite.

Sous le signe de Madelin

Mais enfin, bon, Arnaud n’a que 6 ans. La priorité n’est pas la résistance aux tanks russes mais l’école. Là encore, scolarité tranquille, sans relief particulier. Arnaud fait ses classes à Voltaire, puis à Jeanne-d’Arc, avant de terminer au lycée Saint-Joseph. Muni d’un bac D (biologie), Arnaud Robinet échoue trois fois à la première année de médecine (son grand regret) avant de se refaire à la faculté des sciences de Reims. À partir de là, l’élève moyen devient élève doué. Consécration : sa thèse intitulée «Biochimie et biologie moléculaire» soutenue en 2003 à la faculté de médecine de Reims. Sa carrière est du coup toute tracée : assistant à la fac de médecine et au CHU de Reims de 2004 à 2006 ; puis maître de conférences en pharmacologie depuis 2007.
Comment passe-t-on à la politique ? Arnaud Robinet a toujours aimé s’impliquer, que ce soit comme animateur au club de basket ou comme délégué de classe. «Le contact humain, c’est mon moteur», dit-il. En 1998, à l’occasion des élections européennes, il prend sa carte à Démocratie libérale d’Alain Madelin, sur les conseils de Florence Mobuchon, alors adjointe à la mairie de Reims.

Arnaud joue et gagne

Le choix de Madelin mérite qu’on s’y attarde. Comment le fils d’une famille de petits commerçants ne serait-il pas séduit par les sirènes de cet anticommuniste viscéral, qui vante la liberté d’entreprendre, défend l’individu contre le collectif, ne rêve que de réduire l’État et ses effectifs jugés pléthoriques ? Le député Robinet ne craint pas de le dire : «Alain Madelin avait quinze ans d’avance.» Serait-ce à dire que Nicolas Sarkozy appliquerait aujourd’hui le programme ultralibéral que Madelin n’a pas pu appliquer à l’époque  ?
En 2001, Arnaud Robinet, épaulé par sa marraine Florence Mobuchon, gagne les faveurs du maire Jean-Louis Schneiter. Il devient le benjamin du conseil municipal de Reims. Adoubé ensuite par Jean-Claude Étienne, il est recalé aux régionales de 2004 ainsi qu’aux municipales de 2008 sur la liste Vautrin. Mais, coup de bol, la démission de Renaud Dutreil, qui quitte la politique, le remet en selle aux législatives partielles de décembre 2008 et l’oblige à affronter Francis Falala, dont il a été le poulain de 2003 à 2007. Il devient député. Preuve que le poignard bien manié n’attend pas le nombre des années.
Prudent, sachant demander conseil aux anciens, Arnaud Robinet gère très bien sa petite boutique. Il sait choisir un patron (Xavier Bertrand), mouiller sa chemise pour l’équipe (Tour de France des retraites), avoir ce qu’il faut d’ambition sans la claironner. Son désir secret : Reims, tout à la fois sa mère, son enfance, sa nourrice. Son livre de chevet n’est-il pas «Histoire de Reims» en trois volumes de Georges Boussinesq et Gustave Laurent ? Un jour, qui sait, le livre aura un nom de plus à inscrire : rue Arnaud-Robinet par exemple.

Bruno Testa

portraitpolitiquelundi

 

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Les dernières contributions


biskuiroz

03/02/2011 à 13h13

Pour rebondir sur la dernière phrase, Reims aura-t'elle un jour une rue Bruno- Testa (19..-20..), célèbre passeur de brosse à reluire rémois ? bis

victor1

03/02/2011 à 12h32

je suis sur que Mr Robinet en bon soldat ambitieux est d'accord avec Mr Copé qui propose d'augmenter la TVA payé par tout le monde meme le SDF qui achètent un morceau de pain ou autre chose afin de compenser le cadeau fiscal fait par l'UMP aux plus riches, voilà le type de société mis en place par l'UMP solidarité des pauvres envers les riches

Djay

Reims (51)

02/02/2011 à 16h51

@odettemadeleine -

En ce qui me concerne je suis "modéré" très souvent et pourtant, je vous laisse regarder mon profil...

Probablement un "bug" du site avec les inscriptions plus récentes ?

victor1

02/02/2011 à 14h26

Arnaud Robinet l'art de faire croire que l'on est jeune, moderne et dynamique en recyclant les vieilles idées d'une droite digne de la fin du 19° siècle en revenant à un capitalisme trés bien décrit par Proudhon, et mis en roman trés bien par Zola: c'est à dire une petite classe possédante et une majorité d'esclaves

odettemadeleine

02/02/2011 à 13h06

Mauve, arrêtez votre parano : vous n'avez aucune intervention modérée !

mauve40

01/02/2011 à 22h59

@Willy51 et @odettemadeleine : vous ne voyez que peu d'articles favorables car les autres sont censurés (2 pour moi)

balthazar

01/02/2011 à 18h11

C'est fou la méchanceté des gens! Monsieur Robinet fait son job et rempli son mandat parfaitement. je peux témoigner de sa capacité d'écoute, et pourtant je ne suis pas de droite! Quant à 2014, je ne l'ai jamais entendu dire qu'il voulait être candidat mais a toujours parlé de rassemblement et non de division pour son camp, je crois d'ailleurs qu'il s'entend très bien avec madame Vautrin.

baltik

02

01/02/2011 à 18h00

Arnaud Robinet / l'art d'entuber les autres .....

fitz51

01/02/2011 à 13h54

il est sympathique mais bon il a été élu avec une participation si faible qu'il a du soucis à se faire lors d'une "vraie" élection.

odettemadeleine

01/02/2011 à 10h35

Pauvre petit Robinet, un seul commentaire de soutien ! Pas de chance M. Testa...

Djay

Reims (51)

01/02/2011 à 10h32

Bien-sûr qu'il guigne la municipale de 2014. Tel un loup embusqué, les dents longues et bien aiguisées, ce jeune monsieur devrait pourtant citer d'autres exemples. Ses inspirations politiques font froid dans le dos. Encore un qui va suivre le même chemin que Dutreil...

Coq Hardi

01/02/2011 à 10h31

Eh bien, mon cher "Willy51" avouez que nous sommes sacrément nombreux à être jaloux, envieux et( ou) de gauche, non? Rassurez-vous, je ne suis ni l' un ni l' autre. Réaliste, tout aussi humainement que l' on puisse l' être. Mais ne vous formalisez pas pour nous autres, votez donc pour vos pitoyables idoles.

Marguerite12

Charleville-Mézières

01/02/2011 à 10h05

Admirer Napoléon... bien sûr, en espérant qu'il n'aura pas envie de l'imiter et de faire la guerre à toute l'Europe (je plaisante, bien entendu).

C'est ce qui s'appelle passer la brosse à reluire.

Baladin

Reims

31/01/2011 à 22h38 | 4

Ouvert, sérieux, d’un abord...diantre, je ne suis pas allé plus loin, le bel article complaisant que voilà....
cela reste surtout un élu de droite, votant la politique néfaste de l'ump, adoubant le boniment de la sarkozye en ruine....

Larouille

31/01/2011 à 22h23 | 3

Ouaaaaahhhh le beau papier laudateur ! Faudra écrire des articles similaires sur TOUS les candidats Monsieur Testa, y'a pas de raison... J'ai adoré : "Car l’apolitisme des petits commerçants penche plutôt à droite". Si vous avez déjà rencontré un apolitique ou supposé tel - commerçant ou pas - pencher à gauche, donnez-moi son adresse. Si un tel oiseau rare existe, il faudra en faire un beau portrait dans l'Union. Quant à l'exemple de Madelin, nombre d'articles ont dénoncé tout au long des années la façon dont la ville de Redon, dont il fut Maire, a été gérée grâce à de multiples subventions d'état. Comme libéral, avec l'argent des contribuables, c'est facile. Faut dire aussi qu'il faut ministre des finances - oh certes, peu de temps, heureusement ! Et je comprends encore mieux l'admiration d'Arnaud Robinet pour ce personnage qui n'a pas vraiment renié son passé à l'extrême droite, à Occident. Alors, tenter de faire croire à l'angélisme du candidat qui cherche à prendre la place de Catherine Vautrin.... vous repasserez.

plateau08

31/01/2011 à 19h41 | 2

Un jeune loup aux dents longues et aiguisées, tel est M. Robinet ! S'inspirer d'un libéral comme Madelin lorsque l'on sait qui est Madelin et quel est son passé, ça fait "froid dans le dos". Il ne m'inspire pas confiance car c'est un homme qui veut réussir à tout prix !

brunolerouge

31/01/2011 à 18h40

Dutreil, sort de ce corps ! Mine de rien, Robinet pourrait être le meilleur allié d 'Adeline Hazan pour les municipales de 2014.

weimar

31/01/2011 à 18h22

j'espère que tous les politiques auront droit eux aussi à une page entière de pub et si c'est le cas, ça rique de lasser beaucoup de vos lecteurs;
Quant à moi , une telle page ne risque pas de me faire changer d'avis, car c'est sur le ts qu'on verra ce que ce monsieur peut faire pour sa circoncription.

lincontrolable

31/01/2011 à 17h33 | 1

Arnaud Robinet répondra à vos questions en direct vendredi 7 mai...

ouais... ils s'y prennent à l'avance... LOL personnellement je n'ai aucune question à leur poser, le logo derrière lui me fout la trouille et me donne de l'urticaire...

Coq Hardi

31/01/2011 à 15h27 | 1

Eh bien, moi je dirais: "L' art de faire son trou dans un goûteux fromage", comme tous ces gros rats voraces et insatiables de la politique.Gageons qu'ils seraient tous ( et toutes, d' ailleurs) moins empressés, si les indemnités étaient ramenées à leurs justes proportions, c' est-à-dire sur la base du salaire ou des émoluments que ces messieurs et ces dames toucheraient s' ils s' étaient investis dans la tâche primitive a laquelle ils se destinaient. Mais je me trompe assurément: ils ne s' investissent en politique que poussés par un altruisme démesuré. L' amour viscéral du prochain D' ailleurs, ne le déclarent-ils pas à qui veut bien les entendre?

Willy51

31/01/2011 à 15h19

Je ne vois que des commentaires de jaloux. Sympathique article pour un député sympa et compétent. Je connais bien Arnaud, et ceux qui le jugent prétentieux et loin des préoccupations des citoyens, sont, soit de mauvaise foi, soit de gauche (mais c'est peut-être un pléonasme)

Contribution modérée

le chevalier de...

Reims

31/01/2011 à 12h53 | 4

Député de ma circonscription, je ne l'ai jamais trouvé à la hauteur, mais tellement prétentieux et loin des préoccupations des citoyens...Je souhaite qu'il ne soit pas réélu !

odettemadeleine

31/01/2011 à 12h46 | 1

D'apparence parfaitement courtoise, bien sûr, il fait son nid, comme un coucou, en voulant voler la place de Mme Vautrin et en tentant de se faire un autre nid à l'UMP
En plus il semble avoir de bons soutien ds la presse ....

baltik

02

31/01/2011 à 12h19 | 3

c'est surtout l'art de rouler les gogos UMP dans la farine

odettemadeleine

31/01/2011 à 11h54 | 4

Curieux cet article ! Une page à la gloire d'un candidat aux futures élections. Les autres candidats auront-ils droit eux aussi à un tel panégérique ?
je ne sais pas si le rôle d'un éditorialiste du journal local est de faire connaître ainsi " les qualités" d'un homme politique.
En tout cas, moi, ça me choque.

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