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Un poète au lycée

LeBlogPoesieLe jeudi 25 avril 2013, vers 13h30 après avoir tourné autour avec sa voiture qu’il avait fini par garer dans un parking public, un poète entra 12 avenue Léon Gourdault à l’école Collège-Lycée Saint-André à Choisy-le-Roi. Il fut accueilli sous le porche par un chœur d’enfants de sixième qui lui demandèrent, au vu de son cartable, s’il était « prof ». Il répondit qu’il était un poète. Alors les enfants voulurent savoir s’ils venaient pour eux. Il répondit que non mais qu’il en serait ravi, une autre fois. Le chef du chœur qui avait déjà l’allure d’un délégué, dit qu’ils allaient le proposer au professeur de français.

Il faisait beau et cet accueil était un joli présage. Plus loin dans la cour ce n’était plus une chorale mais un concert polyphonique qui l’attendait. Un adulte souriant ressemblant un peu à un chef d’orchestre sans baquette et qui s’avéra être, Monsieur le directeur de l’école, lui indiqua le local où il trouverait Madame Mizzon, documentaliste et instigatrice de la rencontre entre ce poète et deux classes de secondes.

Après que, Monsieur Green, professeur de français des deux classes de seconde, les eut rejoint, et que les mystérieuses clefs qui savent ouvrir plusieurs portes mais pas toutes eurent fait leur office, le poète et les 35 premiers élèves se retrouvèrent.

Chacun s’était préparé. Les élèves avaient réfléchi et décidé d’interroger le poète sur la place et le rôle du poète dans la société, sur le métier de poète et sur les rapports de la chanson et de la poésie, et sur quel poète il était.

Le poète, lui s’était préparé en réfléchissant aux questions qu’on lui avait fournies et en étant la veille, le hasard fait souvent bien les choses, invité au café littéraire du François Coppée, où Monique Labidoire et l’équipe du Mercredi du poète avaient présenté son œuvre en insistant sur la cohérence de l’homme et du poète, en osant le nommer passeur d’humanité.

Pendant deux heures au Lycée, on parla de la poésie en tant que genre littéraire avec ses formes diversifiées dans le temps, dans des œuvres qui ne sont pas du genre poème comme dans certains films, sa proximité et sa différence avec la chanson. On parla aussi de la poésie comme façon d’être entre sacré et simple humanité. On évoqua alors le mythe d’Orphée, la première représentation du poète en Occident, plusieurs élèves connaissaient la légende, l’un deux put même mettre fin à une hésitation du poète. Dans la foulée, on parla de choses graves comme la mort, l’éducation, la beauté et de la difficulté d’être parent. On parla aussi du Concours international de Poésie en liberté et le poète invita les autres jeunes poètes présents dans la classe à envoyer leur poème sur Internet pour l’année 2014. À chacune des classe, des élèves demandèrent au poète de lire un de ces poèmes.

Pendant deux heures, l’attention à l’autre fut constante, tenue, chaleureuse. Sans fausse politesse, on se remercia mutuellement. Le poète quitta ce bel établissement avec l’espoir d’y revenir et particulièrement heureux du regard de fierté sur leurs classes qu’eurent la documentaliste et le professeur. Entre les uns et les autres l’humanité était passée.

Quand le poète voulut reprendre sa voiture vers 16h30 le parking public était fermé depuis 14h. Heureusement 17h15 la voiture put sortir de sa tour d’ivoire. Mais ça, c’est une autre histoire.

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