Conseils techniques
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CONSEILS. En période cyclonique…

1 - Entretenir les brises-vents (élagage),
2 - Tailler et éclaircir les arbres (pêchers, manguiers, litchis),
3 - Traiter au cuivre en préventif contre bactéries et chancres (agrumes, manguiers),
4 - Laisser les sols couverts, enherbés, et n’apporter que de petites doses d’engrais,
5 - Haubaner les petits arbres (moins de 2 ans) avec trois tuteurs et lien en chambre à air,
6 - Dégager les passages d’eau, même en dehors de la parcelle, et pas de cuvette au pied des arbres,
7 - Prévoir une réserve de quelques produits à base de phoséthyl-aluminium (Aliette) et de cuivre, afin de pouvoir intervenir rapidement après le passage du vent ou de la pluie.
 
CONSEILS. Produits utilisables sur cochenilles

Spécialité commerciale
(matière active)
Dose / 100 l
Délai d’emploi
Observations
CITROLE, OVIPHYT
OLIOCIN
(huiles de pétrole)
2 l
3 l
3 j
3 j
Mouiller jusqu’à ruissellement.
DURSBAN 2
(chlorpyriphos-éthyl)
220 ml
30 j
Produits toxiques pour l’environnement et l’utilisateur.
 
CONSEILS. Ne pas confondre sécheresse et asphyxie racinaire !

Les symptômes de sécheresse et d’asphyxie racinaire par excès d’eau prolongé dans le sol sont pratiquement identiques en arboriculture fruitière. Ils se caractérisent par un enroulement des feuilles le long de la nervure principale. Les agriculteurs qui observent ce phénomène, peuvent penser que leurs arbres souffrent d’un manque d’eau. Cette interprétation peut avoir des conséquences très graves sur le devenir des arbres. En effet, le fait de rajouter des doses conséquentes d’eau sur une parcelle déjà saturée peut provoquer des dépérissements d’arbres dus à un mauvais fonctionnement du système racinaire et à l’absence d’échange gazeux, d’oxygène en particulier, entre le sol et les racines. Ces accidents sont rares, notamment à La Réunion où les sols sont relativement drainant. Cependant, il convient d’être prudent et de bien évaluer la situation avant de prendre la décision d’irriguer. Il est souvent utile de vérifier l’état hydrique du sol en creusant sur quelques centimètres (10 à 30 cm).
 
CONSEILS. La fertilisation des arbres fruitiers après des grosses pluies

Les pluies violentes, par leur intensité, « lessivent » une grande partie des éléments nutritifs du sol, notamment ceux issus de la fertilisation minérale qui a été réalisée récemment. Pour le manguier en fin de récolte ou les agrumes en phase de grossissement des fruits, il est utile de renouveler les apports. Rappelons que ces apports doivent être réalisés en fonction de l’âge des arbres et des résultats d’une analyse de sol. Les techniciens de la Chambre d’Agriculture spécialisés en cultures fruitières peuvent aider chaque agriculteur qui le souhaite pour effectuer les calculs de doses.
 
CONSEILS. La taille en vert des arbres fruitiers

Certaines espèces fruitières, comme le pêcher et les agrumes, ont la particularité de produire un feuillage abondant. L’essentiel de cette production est réalisé durant les mois chauds et humides. Les pousses sont émises sous forme de gourmands qui sont de gros "consommateurs" d’éléments nutritifs au détriment de la production. Les gourmands se distinguent des autres rameaux d’abord par leur position sur les branches ou les charpentières. Ils sont verticaux, de grande taille (de 50 cm à plus de 2 m pour le pêcher) et non (ou peu) ramifiés. L’empattement (base du gourmand) qui sert d’insertion sur la branche ou la charpentière est large.
Même s’ils possèdent un rôle important au niveau du développement de l’arbre (ils ont une activité photosynthétique et ils participent à la régénération des rameaux fructifères), il est nécessaire de les éliminer afin de réduire la concurrence qu’ils exercent sur la production (cas des agrumes).
 
Du fait de leur vigueur et leur abondance dans l’arbre, ils constituent une masse végétale importante qui augmente la "prise au vent" notamment lors des cyclones. Par ailleurs, l’enchevêtrement des gourmands crée à l’intérieur de l’arbre un milieu favorable au développement des ravageurs et maladies. Ces "abris" constituent une "barrière" pour les produits phytosanitaires qui ne peuvent pénétrer correctement à l’intérieur de l’arbre.
Après la taille en vert, il est nécessaire de mastiquer les cicatrices dont le diamètre est supérieur à 0,5 cm. Le mastic pourra être un goudron noir utilisé pour l’étanchéité des constructions (exemple : EVERFAST (noir) disponible en quincaillerie).
 
CONSEILS. Entretien des vergers et mesures prophylactiques
en période chaude et humide

En période chaude et humide les phases de croissance des végétaux sont rapides et les cycles de développement des ravageurs et maladies sont très courts. Il est important de réagir rapidement en cas d’apparition d’un problème phytosanitaire.
Cependant, afin de limiter les interventions avec des produits chimiques coûteux, il est souvent utile d’agir de manière préventive par des opérations de prophylaxie. Ainsi, les fruits tombés sur le sol, à la suite d’une attaque de ravageur (mouche des fruits, par exemple) ou de maladie (cas du chancre citrique ou une pourriture due à un champignon) doivent être éliminés du verger et brûlés. Cette opération doit être réalisée au moins une fois par semaine. Ces fruits contaminés constituent, en effet, des sources d’infestation ou de contamination pour la récolte en cours. Ils peuvent, également, être responsables du maintien dans le sol de spores de champignons qui se conservent pendant des durées très longues (supérieures à 1 an).
Durant les mois chauds et pluvieux les mauvaises herbes se développent de manière importante. Afin de limiter les risques d’érosion de sol lors des pluies, il est conseillé de maintenir un couvert végétal permanent sur le verger en fauchant régulièrement les herbes.

Sous la frondaison des arbres de moins de cinq ans, il est recommandé de désherber chimiquement afin d’éviter la concurrence des mauvaises herbes pour les éléments fertilisants et l’eau. Le désherbage se fera sur des parcelles de plus de 2 ans avec un herbicide à base de glyphosate (nombreuses spécialités commerciales) à la dose de 12 l/ha. Pour les arbres de moins de 2 ans une opération manuelle de désherbage est préférable.
 
CONSEILS. Surveiller le développement des cochenilles

Les mois d’octobre et novembre sont particulièrement propices au développement des cochenilles : en effet, pendant cette période, les arbres reçoivent un abondant flux de sève lié aux premières chaleurs, aux poussées végétatives et au grossissement des fruits. Il faut observer le feuillage attentivement. Si plus de 30% des feuilles révèlent la présence de cochenilles, il est à craindre que celles-ci infestent rapidement les fruits, compromettant ainsi la qualité de la récolte.

En fonction de l’espèce de cochenille, choisir le produit adéquat :

- produits à base d’huile blanche de pétrole pour les cochenilles à bouclier dur ou cireux (diaspines, lécanines) ;
- produits à base de chlorpyriphos-éthyl pour les cochenilles à corps mou et velu (pseudococcines).

Ces produits sont malheureusement hautement toxiques pour l’utilisateur et l’environnement, et ne doivent être appliqués qu’en cas d’infestation reconnue.

 
CONSEILS. Fertilisation au départ de la floraison

C’est une période importante pour la fertilisation des arbres fruitiers : le développement des pousses, des fleurs et des petits fruits utilisent d’importantes quantités d’éléments minéraux : azote, phosphore, potassium, calcium, magnésium et bore. Ces éléments peuvent être apportés sous forme de fumure minérale ou organique épandue au pied des arbres ou sous forme soluble dans le réseau d’irrigation (fertigation). Seul le bore sera apporté sous forme de fumure foliaire juste avant la nouaison afin de favoriser une bonne fructification (notamment utile sur variétés à faibles rendements). Chaque apport doit être raisonné en fonction des analyses de sol et de feuilles effectuées sur la parcelle.
Pour plus de renseignements, contacter les techniciens fruits de la Chambre d’Agriculture.
 
CONSEILS. Lutte contre les charançons phylophages

De nombreuses espèces fruitières (letchis, agrumes, pêchers,…) sont concernées par des attaques de charançons phylophages. Ces insectes, du genre Cratopus, s’alimentent des feuilles des arbres. A la Réunion, ils sont souvent appelés : « ti thon » ou « thon ». Il existe plusieurs espèces du genre Cratopus.

Dans certaines situations, les crapotus peuvent causer des dégâts considérables dans les vergers, notamment lorsque les arbres sont jeunes.

Les adultes ont une activité nocturne et passent généralement la journée au repos, cachés dans la frondaison ou dans les interstices du tronc. Les champs de canne entourant les vergers constituent un abri intéressant pour ces insectes.

La lutte contre ce ravageur est relativement difficile à mettre en œuvre du fait de l’absence d’insectes adultes sur les feuilles durant la journée.

On évitera autant que possible, sauf en cas de très forte pullulation, d’effectuer une lutte chimique contre les adultes. Les matières actives utilisables (pyréthrinoïdes divers), qui agissent par contact, ont en effet une action polyvalente et risqueraient d’entraîner des déséquilibres importants au niveau du contrôle naturel d’autres ravageurs.

 
CONSEILS. Lutte contre les fumagines

Les fumagines sont des champignons qui se développent sur les feuilles. En cas de forte infestation, le champignon peut recouvrir d’autres organes (rameaux, branches ou fruits). Cette maladie se traduit par l’apparition d’une « poudre noire » (qui correspond au mycélium) sur les différents organes. La présence de ce champignon est due à l’apparition de miellat produit par des insectes piqueurs (pucerons, cochenilles, aleurodes).

La présence de fumagines sur les arbres peut avoir des conséquences dommageables à la qualité des fruits ou à la croissance des arbres. En effet, ces champignons peuvent recouvrir complètement les fruits ou feuilles. Ce phénomène va altérer les mécanismes de la photo synthèse et va donc gêner le bon développement des arbres. Sur fruits, les agriculteurs devront procéder à un nettoyage contraignant avant de commercialiser.

La lutte contre cette maladie est relativement simple. Il suffit, en effet, d’empêcher l’installation des ravageurs primaires qui produisent le miellat. Cependant, dans certaines situations, l’agriculteur devra réaliser un traitement de « nettoyage » lorsque les attaques ne sont pas maîtrisées. Il est, à ce moment, préconisé de traiter avec une huile de pétrole (OVIPHYT, CITROLE, OLIOCIN) à la dose de 2 litres/hl. Ce traitement est à réaliser en dehors des périodes de fortes chaleurs (traitement de préférence tôt le matin).

En général, il n’est pas utile de renouveler le traitement. Le produit agit en « décollant » la fumagine sur le feuillage. Les pluies pourront, par la suite, éliminer définitivement le mycélium.

 
AGRUMES. Surveiller le phytopte et le tarsomène pendant le grossissement des fruits

Phytopte (Phyllocoptruta oleivora) et tarsonème (Polyphagotarsonemus latus) sont de minuscules acariens, pratiquement invisibles à l’œil nu, capables d’infliger de très gros dégâts sur les fruits d’agrumes pendant leur phase de grossissement.

Le phytopte ressemble à un petit bâtonnet de couleur jaune clair de 0,1 mm de long. Il reste pratiquement immobile et détruit les cellules de l’épiderme des fruits. Peu à peu, l’écorce des agrumes prend une teinte plus ou moins bronzée. Les fortes attaques altèrent la valeur marchande des fruits et peuvent même anéantir une récolte : les fruits deviennent entièrement bruns, ne grossissent plus et chutent prématurément. Il est inutile de traiter les arbres si moins de 10% de fruits sont occupés par le phytopte.

Pour évaluer ce seuil d’infestation, contrôler chaque semaine, à l’aide d’une loupe de poche (grossissement x 10), une cinquantaine de fruits à raison de quatre fruits par arbre.

Si plus de 5 fruits sont occupés par le phytopte (10%), il faut traiter. Attention, les traitements n’ont qu’une action curative. Ils n’empêchent pas l’installation des acariens les jours suivants.


Le tarsonème est translucide et de forme arrondie. Sa taille n’excède pas 0,2 mm de long. Il se déplace rapidement sur la face inférieure des feuilles et également sur les fruits. Ses multiples piqûres détruisent les cellules épidermiques des fruits qui se recouvrent d’un voile grisâtre caractéristique. Le tarsonème est dévoré par des acariens prédateurs qui trouvent refuge dans les herbes tapissant le sol du verger. Il est donc très important de maintenir une couverture enherbée entre les lignes de plantation.

Comme pour le phytopte, le traitement n’interviendra qu’au delà d’un seuil d’infestation précis : 20% de fruits occupés par le tarsonème (10 fruits sur 50 occupés).

 
Produits utilisables sur phytopte et tarsonème :
Spécialité commerciale
(matière active)
Dose / 100 l
Délai d’emploi av. récolte
Observations
 
 
 
 
MICROTHIOL, SOUFRUGEC, THIOVIT,…
SULTOX LD
500 g
50 ml
30 j
30 j
L’usage répété du soufre entraîne la destruction des coccinelles
TECHN’ACID EL
PENNSTYL 25WP, TECHN’ACID
(cyhéxatin)
50 ml
120 g
30 j
30 j
 
 
AGRUMES. Traitement préventif contre la gommose parasitaire à Phytophthora

La gommose parasitaire à Phytophtora est une maladie recensée sur les agrumes et dont l’agent causal est un champignon du sol du genre Phytophthora.La gommose parasitaire à Phytophtora est une maladie recensée sur les agrumes et dont l’agent causal est un champignon du sol du genre Phytophthora.

Les symptômes de la maladie se traduisent sur les troncs et branches par diverses manifestations :
- des plages d’écorce morte
- une exsudation de gomme en quantité variable
- une coloration brune et une infiltration de gomme dans le bois
- des dessèchements et craquelures verticales de l’écorce

Le dessèchement d’une branche ou de l’arbre peut se produire rapidement, notamment après la période chaude et humide.
Certaines attaques de Phytophthora peuvent provoquer des dégâts (pourritures) sur fruits.
Afin d’éviter les pertes d’arbres dans la parcelle, il est recommandé de traiter préventivement contre cette maladie en période chaude et humide.

Deux traitements seront réalisés à 15 jours d’intervalle avec de l’Aliette (matière active : fosétyl aluminium) à la dose de 250 g/100 l.
Ces traitements ne sont pas obligatoires pour les vergers situés dans des zones sèches. Cependant, il est conseillé de les réaliser après le passage d’une dépression ou d’un cyclone.
 
AGRUMES. Fertilisation

Le mois de février correspond pour les principales zones de production d’agrumes et les variétés de saison à la phase de grossissement des fruits. Afin de respecter le programme de fertilisation et notamment la règle des apports fractionnés, il est indispensable d’effectuer le dernier apport en élément azoté et potassique, trois mois avant la récolte. Les doses seront calculées en fonction des résultats de sol et de l’âge de l’arbre. Les techniciens de la Chambre d’Agriculture, spécialisés en "arboriculture fruitière", se tiennent à disposition des agriculteurs pour les aider dans le choix des engrais et le calcul des doses.Le mois de février correspond pour les principales zones de production d’agrumes et les variétés de saison à la phase de grossissement des fruits.

Afin de respecter le programme de fertilisation et notamment la règle des apports fractionnés, il est indispensable d’effectuer le dernier apport en élément azoté et potassique, trois mois avant la récolte. Les doses seront calculées en fonction des résultats de sol et de l’âge de l’arbre. Les techniciens de la Chambre d’Agriculture, spécialisés en "arboriculture fruitière", se tiennent à disposition des agriculteurs pour les aider dans le choix des engrais et le calcul des doses.

 
AGRUMES. Taille d’entretien

Après la récolte et durant la saison hivernale, les producteurs d’agrumes doivent engager les travaux de taille dans leurs vergers. Cette opération est importante pour garantir une récolte de qualité et homogène. Elle permet également de renforcer la structure des arbres. La taille doit respecter le port naturel de l’arbre. Elle s’effectue selon 3 grands principes. Elle permet, en premier lieu, de former des charpentières vigoureuses. Ensuite, cette opération représente un moyen de constituer de jeunes rameaux porteurs biens alimentés et répartis uniformément sur les charpentières et les sous-mères. Enfin, elle permet la substitution des rameaux âgés, improductifs, par du bois jeune sur lequel sera portée la fructification suivante.

Les différentes étapes de la taille peuvent se résumer de la manière suivante :
1 - Suppression du bois mort
2 - Suppression des rameaux qui se croisent ou qui se trouvent trop rapprochés dans un même plan vertical
3 - Suppression des rameaux chétifs ne produisant en général que des fruits de petit calibre
4 - Suppression d’environ 1/3 des pousses, toujours trop nombreuses, à l’extrémité des branches fructifères.

A la fin de l’opération, le tailleur doit obtenir un arbre aéré (circulation de l’air et pénétration des produits phytosanitaires) et des branches qui permettent un éclairement optimal de la frondaison.

Pour acquérir les principes fondamentaux de la taille et avoir une bonne maîtrise de la technique il est recommandé de faire appel à un technicien spécialisé de la Chambre d’Agriculture.
 
AGRUMES. Surveillance des araignées rouges

Le développement des araignées rouges est favorisé en climat chaud et sec, et lorsque la fertilisation est excessive ou déséquilibrée. En cas de fortes attaques, elles peuvent causer une décoloration qui donnent un aspect plombé au feuillage et aux fruits.

Dans les conditions favorables, il est indispensable pour les producteurs de mener une surveillance rapprochée du verger par un passage hebdomadaire.

Les observations (avec une loupe) se font au niveau des feuilles ou des fruits. Lorsque le seuil de tolérance de 30 % (15 feuilles occupées sur 50) est dépassé il y a lieu de déclencher un traitement.

Cependant, le choix des produits dépendra des délais de récolte :

Matière active
Produit commercial
Dose
Délai de récolte
Cyhéxatin
Nombreux
50 ml/hl
30 j
Propargite
OMITE 30 WP
500 g/hl
7 j
 
AGRUMES. Connaissez-vous le kumquat ?

Le kumquat est une espèce d’agrumes un peu particulière. A La Réunion cette espèce est de plus en plus cultivée, notamment dans les vergers de la commune de Petite-Ile. Deux espèces sont cultivées : Le Marumi avec ses fruits ronds et le Nagami qui possède des fruits ovoïdes. Appartenant au genre botanique Fortunella, le kumquat possède un cycle différent des autres agrumes, qui eux font partie du genre Citrus. En effet, la floraison de l’arbre se produit tardivement et correspond généralement à la saison chaude et humide (en décembre ou janvier). Cette floraison, provoquée par les grosses pluies, se positionne sur les jeunes rameaux de moins de 1 an. Cette caractéristique a des conséquences sur la taille des arbres. En effet, l’agriculteur devra repérer les jeunes rameaux et conserver ceux qui sont les mieux placés (position verticale ; orientés vers l’extérieur de l’arbre ; …) et les plus vigoureux donc les mieux alimentés. La taille est réalisée au même moment que les agrumes du genre Citrus soit vers le mois de septembre ou octobre. A la fin de la période de taille et lors du débourrement (poussée végétative correspondant au début de la saison chaude) les arbres émettent de nouveaux rameaux. Ce sont ces rameaux qui seront les principaux porteurs des fleurs.

Le décalage de floraison du kumquat a également des conséquences sur la protection phytosanitaire des fruits. En effet, la période de sensibilité des fruits aux attaques de thrips ou d’acariens ne correspondent pas à celle des autres agrumes. L’agriculteur devra veiller que les attaques de ces ravageurs ne dépassent pas seuils de nuisibilité.

Le kumquat possède une autre particularité qui le place dans la catégorie des plantes exigeantes au niveau du suivi cultural. Cette espèce d’agrumes est, en effet, très sensible aux attaques d’araignées rouges, de cochenilles et de mouches des fruits.
 
AGRUMES. Protection phytosanitaire

Il est nécessaire de rappeler que la saison chaude et humide représente un moment propice au développement des champignons et bactéries sur les agrumes. Les évènements climatiques violents constituent des périodes pendant lesquelles les risques de développement des maladies sont maximum. Après de tels événements, les sols restent saturés en eau pendant plusieurs jours.

Cette situation accentue les risques de développement du Phytophthora. Il est conseillé de réaliser préventivement des traitements à base d’Aliette (matière active : Fosétyl aluminium) à la dose de 250 g/hl.


Le passage d’un cyclone provoque la chute de fruits et la casse de nombreux rameaux. Ces dégâts constituent des « portes d’entrée » pour les champignons. Les traitements préventifs à base de cuivre (plusieurs matières actives et produits commerciaux disponibles) sont recommandés afin d’éviter la propagation des maladies. Il est d’autant plus intéressant de réaliser ces traitements après de grosses pluies car celles-ci ont provoqué la sortie de nouvelles pousses donc de jeunes feuilles qui doivent être protégées contre le chancre citrique.

A l’approche de la récolte, dans certaines régions de l’île, les attaques de mouches des fruits commencent à être visibles. Une piqûre de mouche se caractérise par une auréole jaunâtre autour du trou de ponte. Dans certaines situations, il peut y avoir exsudation de gomme au niveau de la piqûre ou alors développement d’une pourriture qui conduit à la chute du fruit. Pour éviter ce type de dégâts, l’agriculteur devra mettre en œuvre un système de surveillance par piégeage (2 pièges par verger). Les relevés des pièges se feront toutes les semaines. Dès que le nombre de capture dépasse le seuil de nuisibilité de 25 mouches il est nécessaire de lancer un traitement (traitement par taches : BUMINAL à la dose de 200 ml/10 litres + MALYPHOS ou CALLIMAL à la dose de 200 ml/10 litres). Si le nombre de mouches est très important (plus de 120 mouches), le traitement en plein est indispensable (Traitement à base de Malathion ? soit 200 ml/hl de Malyphos ou Callimal, délai d’emploi de 7 jours).
 
AGRUMES. Le déverdissage

Dans les zones de basse altitude et pour les espèces d’agrumes précoces (clémentinier, oranger Navel) la récolte est précoce. Les fruits ont presque atteint leur niveau de maturité interne. Cependant, du fait d’une insuffisance de différence significative de température entre le jour et la nuit, la coloration des fruits n’est pas satisfaisante pour que ces fruits soient commercialisés. Il existe deux techniques de déverdissage permettant à l’agriculteur d’écouler des fruits qui présentent une coloration acceptable pour le consommateur. Ces deux techniques sont mises en œuvre après la récolte.

La première technique consiste à plonger les fruits, pendant 2 minutes, dans un bain contenant de l’éthéphon (commercialisé à la Réunion sous l’appellation : ETHREL). Les fruits sont ensuite placés pendant 24 à 48 heures à une température supérieure à 18 °C.

La deuxième technique est plus difficile à mettre en œuvre car elle nécessite l’utilisation d’une chambre froide. Les fruits sont disposés dans la chambre froide à une température de 25 °C pendant 12 à 36 heures. Le niveau d’hygrométrie de la chambre doit être maintenu à 95 %. On injecte dans la chambre froide, en début d’opération, de l’azéthyl, gaz contenant de l’éthylène et de l’azote.

La concentration de ce gaz doit se situer entre 18 à 91 ml par m3 d’atmosphère de chambre. Pour éviter l’accumulation de gaz carbonique, produit naturellement par les fruits, il est nécessaire de renouveler l’air de la chambre toutes les heures.


La réussite de ces opérations dépendra en grande partie de la qualité des fruits qui seront soumis aux traitements. Un fruit « vert » ne pourra jamais prendre une couleur jaune-orangé en utilisant l’une ou l’autre de ces techniques.

Compte tenu des difficultés à mettre en œuvre ces techniques, il est recommandé de faire appel à un technicien spécialisé de la Chambre d’Agriculture.
 
MANGUIERS. Observations et traitements à réaliser au moment de la floraison

Dès le départ de la floraison des manguiers, il est très important de contrôler l’état des panicules florales deux fois par semaine. En effet, deux insectes et deux champignons peuvent endommager voire anéantir la totalité d’une floraison. Il s’agit de la punaise, de la cécidomyie, de l’oïdium et de l’anthracnose.

La punaise (Taylori-lygus palus), se nourrit de la sève contenue dans les tiges des panicules florales et des jeunes pousses. Ses multiples piqûres provoquent un dessèchement brutal de l’ensemble des pousses et des fleurs. Un simple contrôle visuel des panicules florales permet de détecter rapidement cette petite punaise de couleur jaune verdâtre et mesurant 2 à 8 mm de longueur selon son âge. Les risques d’apparition de dégâts sont liés au nombre de punaises évoluant dans chaque panicule. Il n’est donc pas toujours utile de traiter chimiquement les fleurs, sachant que les produits utilisés au cours de la floraison perturbent fortement l’activité des pollinisateurs du manguier (mouches, thrips et abeilles). Cependant, grâce à la technique du battage, un traitement pourra être effectué en toute connaissance de cause si plus de trois punaises sont observées par panicules. Il s’agit de tapoter une vingtaine de panicules sur une feuille de papier format A4. Si plus de trois punaises tombent sur la feuille à chaque battage, il devient nécessaire de traiter. Les produits à base de lambda-cyhalothrine, de deltaméthrine et de cyperméthrine, autorisés en cours de floraison, sont très efficaces pour détruire cette punaise.

La cécidomyie des fleurs (Erosomyia mangiferae) est un minuscule moucheron dont la femelle pond ses oeufs à l’intérieur des jeunes panicules florales. Les premières fleurs sont généralement les plus attaquées. On limite les attaques de ce ravageur en pulvérisant un produit à base d’endosulfan dès le départ de la floraison.

L’oïdium (Oidium mangiferae) est un champignon bien connu qui se développe à la faveur du froid. On le reconnaît facilement à son feutrage blanc apparaissant sur les jeunes pousses et les panicules florales au cours de l’hiver. La « mangue américaine » Cogshall (ex Early-Gold) est particulièrement sensible à ce champignon et doit être impérativement protégée à l’aide de fongicides à base de soufre ou de dinocap (les plus efficaces sur manguier). Ces produits peuvent être associés aux traitements insecticides cités précédemment.

L’anthracnose (Colletotrichum gloeosporioides) est un champignon très répandu sur les fleurs de manguier. On le reconnaît à ses ponctuations noires qui s’étendent rapidement à l’ensemble de la panicule et provoquent son dessèchement. Les fongicides à base de captane, de manèbe ou de mancozèbe sont efficaces pour prévenir cette maladie. On peut les associer aux insecticides et aux fongicides mentionnés précédemment.
 
Beaucoup d’autres informations et de détails sont mentionnés dans le dossier technico-économique de la mangue publié et disponible dans les antennes de la Chambre d’Agriculture.
 
Traitements applicables en période de floraison du manguier :
Parasite concerné
Spécialité commerciale
(matière active)
Dose spécialité commerciale pour 100 l
Délai d’emploi avant récolte (jours)
 
 
PUNAISE
Karaté Zéon
(lambda-cyhalothrine)
Décis
(deltaméthrine)
Sherpa 10 ou Cyperfor
(cyperméthrine)
12,5 ml
 
50 ml
 
50 ml
7
 
7
 
7
CECIDOMYIE
Nombreux produits
(endosulfan)
175 ml
15
OIDIUM
Nombreux produits
(soufre micronisé)
750 g
14
ANTHRACNOSE
Nombreux produits
(captane)
(mancozèbe)
(manèbe)
 
300 g
200 g
200 g
 
14
45
3
 
MANGUIERS. Taille des arbres

Après la récolte, il est nécessaire de démarrer les chantiers de taille des arbres pour préparer la prochaine campagne. La taille va consister à régénérer les rameaux fructifères mais également à éclaircir et aérer l’arbre. Les agriculteurs qui n’ont pas la maîtrise des techniques de taille peuvent s’adresser aux techniciens de la Chambre d’Agriculture pour les conseiller et réaliser sur leurs exploitations des démonstrations.

 
MANGUIERS. Protection des fruits sur les variétés tardives

Les variétés tardives de mangues peuvent être attaquées par la bactériose. Il est indispensable de maintenir la protection phytosanitaire à l’aide de produits à base de cuivre. Plusieurs produits peuvent être utilisés : les spécialités commerciales à base d’hydroxyde de cuivre à la dose de 400g/100 litres ; CHAMP FLO (matière active : hydroxyde de cuivre) à la dose de 600 ml/100 litres ; NORDOX 50 (matière active : oxyde cuivreux) à la dose de 400 g/100 litres. Il est à noter que les hydroxydes et oxydes cuivreux résistent mieux au lessivage.
 
MANGUIERS. Fertilisation

La fin de la récolte marque le début d’une nouvelle campagne. Les arbres doivent reconstituer leurs réserves en assimilant divers éléments nutritifs. La fertilisation participe à la reconstitution des réserves. En fonction des résultats des analyses foliaires et de l’âge des arbres, il est utile de relancer le programme de fertilisation en éléments azotés, potassiques et phosphatés.
 
PAPAYERS. Gare au tarsonème !

En culture, plusieurs insectes et maladies s’attaquent au papayer, et le plus grave actuellement est sans doute le tarsonème. Cet acarien minuscule et pratiquement sans couleur passe inaperçu à l’œil nu. Seuls, ses dégâts sont repérables. C’est donc dès le début, quand on observe les feuilles du cœur qui se crispent qu’il faut intervenir. En l’absence de traitement, les dégâts s’accentuent pour finir par stopper totalement l’émission de feuilles (voir même faire mourir le bourgeon). Passées quelques semaines, les acariens n’ayant plus rien à manger sont partis, et les nouvelles feuilles réapparaissent. On imagine bien l’incidence sur les rendements à ce niveau.

Les traitements recommandés sont chimiques avec des pulvérisations d’endosulfan (Techn’ufan ou Endor, 17,5 ml pour 10 litres). On conseille de traiter les arbres atteints dès le début des symptômes, et les arbres immédiatement proches de ceux-ci afin de prévenir l’extension du foyer, en pulvérisant le bourgeon du coeur sur toute ses faces. Le traitement en plein et systématique de la parcelle n’est pas respectueux ni de la faune auxiliaire, ni du porte-monnaie.

Des traitements à base de soufre donnent de bons résultats, ainsi que l’aspersion sur frondaison qui limite les installations du tarsonème.

 
PECHERS. Les premiers traitements phytosanitaires sont très importants
pour assurer une bonne récolte

Plusieurs attaques parasitaires peuvent se développer sur pêcher et compromettre sérieusement la récolte si quelques interventions phytosanitaires ne sont pas assurées suffisamment tôt. Il s’agit de la cloque, de la maladie criblée et des mouches des fruits.

- La cloque (Taphrina deformans) est un champignon qui affecte les feuilles. Celles-ci se boursouflent et se cloquent en prenant une teinte variant du blanc jaunâtre au rose rouge. L’ensemble du feuillage, s’il est atteint, finit par tomber et la production de fruits reste faible. Cette maladie est facile à combattre en effectuant 2 traitements à 15 jours d’intervalle avec un fongicide à base de thirame ou de captane dès le débourrement.

- La maladie criblée (Coryneum beijerinckii) se localise sur les feuilles et les rameaux. Ce champignon provoque des taches rougeâtres dont le centre finit par se nécroser et tomber. De petits trous, tels des criblures, apparaissent sur les feuilles. Les traitements dirigés contre la cloque sont également efficaces contre la maladie criblée.

- Les mouches des fruits (Ceratitis rosa, C. capitata et Bactrocera zonata) piquent les fruits dès qu’ils atteignent 3 cm de diamètre. Une protection rapprochée est nécessaire pour sauver la récolte. L’installation de pièges à mouches est indispensable afin de détecter la présence de l’insecte et de débuter les traitements en temps voulu. Il faut installer un piège avec un attractif pour C. rosa et C. capitata et un piège avec attractif pour B. zonata.

- Pour se procurer les pièges et leur mode d’emploi, contacter la FDGDON au 02 62 49 44 09 (Ravine des Cabris) ou le GDEC de votre commune

- Rappelons qu’il est nécessaire de traiter l’ensemble du verger dès les premières captures au piège.
 
Produits homologués contre les mouches des fruits sur pêcher :
Spécialité commerciale
(matière active)
Dose / 100 l
Délai d’emploi
TALSTAR FLO
(bifenthrine)
45 ml
7 j
KARATE ZEON
(lambda-cyhalothrine)
12,5 ml
7 j
JOSEOL, MALYPHOS 50 EL
(malathion)
200 ml
7 j
 

 
 
 
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