background image

é

t u d e s

r

ésultats

et

N° 568 • avril 2007

La population des allocataires du RMI: 

tendances d’évolution et disparités départementales

Depuis sa création fin 1988, le RMI a connu une forte croissance au cours de ses
premières années d’existence (+17, 4 % par an en moyenne entre 1989 et 1994), moins
soutenue par la suite (de l’ordre de 4,7 % par an), avec des fluctuations liées à la
situation du marché du travail. La part des hommes vivant seuls et celle des familles
monoparentales, majoritaires dès la création du RMI, s’est renforcée et représente
respectivement 38 % et 25 % des foyers allocataires en 2005.

Les bénéficiaires du RMI sont relativement plus jeunes que la population d’âge actif,
même si le vieillissement général de la population a contribué à une hausse de 10
points de la part des bénéficiaires âgés de 40 ans ou plus. Toutefois, entre 1995 et 2005,
l’augmentation du taux de recours au RMI participe davantage à la hausse du nombre
de bénéficiaires pour toutes les classes d’âge que l’augmentation globale de la
population d’âge actif.

Les départements d’outre-mer, le pourtour méditerranéen, le nord de la France et la
région parisienne concentrent toujours fin 2005 davantage d’allocataires du RMI.
Contrairement à la métropole, les DOM comptent proportionnellement plus de familles
et d’allocataires d’âge intermédiaire.

.

Marie ANGUIS

Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES)
Ministère de l’Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement
Ministère de la Santé et des Solidarités

background image

La population des allocataires du RMI : tendances d’évolution et disparités départementales

2

2

dation concomitante du marché du tra-
vail. Le nombre de chômeurs était
ainsi passé de 2,2 à 3,1 millions de
mai 1990 à mai 1994 en métropole

2

.

Enfin, la réforme de l’assurance chô-
mage intervenue en 1992 et 1993 avait
durci les conditions d’accès à l’indem-
nisation, ce qui avait contribué à la
hausse des effectifs allocataires du
RMI.

Au cours des années 1995 à 1999, le

nombre d’allocataires du RMI a conti-
nué à croître, mais à un rythme nette-
ment moins soutenu (+4,7 % par an) et
fin 1999, le dispositif atteignait un
effectif de 1 150 000 personnes. Cette
deuxième phase correspond à une
période de fluctuations importantes
sur le marché du travail : après avoir
diminué de mai 1994 à juillet 1995, le
chômage est reparti à la hausse jus-
qu’en juin 1997, pour reculer ensuite
fortement pendant près de quatre
années consécutives (840 000 chô-
meurs de moins en métropole entre
juin 1997 et mai 2001). En lien avec
cette amélioration, mais avec un effet
« retard », le nombre d’allocataires du
RMI a diminué de 3,2 % par an
en 2000 et 2001, le dispositif retrou-
vant un effectif similaire à celui de
1997, soit 1 070 000 allocataires à la
fin de l’année 2001.

Enfin, au cours des années 2002 à

2005, l’évolution du nombre d’alloca-
taires du RMI s’est à nouveau orientée
à la hausse, avec une croissance de
4,7 % par an en moyenne, du même
ordre que celle des années 1995 à
1999. Elle a culminé à +8,2 % en
2004, année qui a été par ailleurs celle
de la décentralisation de la gestion du
RMI dans les départements. En effet,
la situation difficile sur le marché du
travail entre 2002 et 2004 a entraîné
une augmentation progressive du
nombre de chômeurs ayant épuisé
leurs droits à l’assurance chômage.
Cette tendance a, en outre, été ampli-
fiée par l’entrée en vigueur de la der-
nière réforme de l’assurance chômage
décidée fin 2002, qui s’est notamment
traduite par un raccourcissement des
durées d’indemnisation.

En 2006, le nombre d’allocataires du

RMI a diminué en particulier au dernier
semestre. Entre décembre 2005 et
décembre 2006, cette diminution a été
de 1,0 %, suite à l’amélioration du mar-
ché de l’emploi depuis juin 2005 et à

C

RÉÉ

par la loi du 1

er

dé-

cembre 1988, le revenu
minimum d’insertion (RMI)
constitue l’un des dix
minima sociaux en France

1

.

Le système des minima sociaux, fondé sur
un principe de solidarité, permet le verse-
ment de prestations sociales non contribu-
tives visant à garantir un revenu minimal à
une personne et à sa famille. Le RMI
représente, avec 1,3 million d’allocataires
à la fin de l’année 2005, le dispositif le
plus important des minima sociaux en
vigueur qui concernent au total 3,5 mil-
lions d’allocataires. Il constitue un dernier
filet de sécurité pour les personnes dému-
nies qui ne peuvent prétendre à aucun des
autres minima sociaux, tous destinés à
des catégories spécifiques de la popula-
tion (personnes âgées, invalides, handica-
pées, parents isolés, veufs, chômeurs en
fin de droits…). L’accès au RMI est de ce
fait soumis aux seules conditions de res-
sources, de résidence légale sur le terri-
toire et d’âge (avoir au moins 25 ans ou
au moins un enfant à charge pour les per-
sonnes plus jeunes). Les personnes béné-
ficiant du RMI doivent suivre des actions
d’insertion (le « I » de RMI) que la collec-
tivité (le département depuis la décentra-
lisation intervenue au 1

er

janvier 2004) est

chargée d’accompagner.

À vocation « généraliste », le RMI

s’adresse à une population potentiel-
lement hétérogène dont les caracté-
ristiques en termes d’âge et de configu-
ration familiale ont évolué au fur et à
mesure de l’augmentation du nombre de
ses allocataires depuis sa création.

Généralement orienté 
à la hausse depuis la création 
du RMI, le nombre d’allocataires 
a connu des fluctuations liées 
à l’état du marché du travail

Depuis la création du RMI, le nombre

de ses allocataires a augmenté (gra-
phique 1). En métropole et dans les
départements d’outre-mer, 410 000
allocataires étaient présents dans le dis-
positif dès la première année fin 1989 et
910 000, soit plus du double, fin 1994.
La forte croissance des effectifs au
cours de cette période (+17,4 % par an
en moyenne) rend compte en premier
lieu de la montée en charge du disposi-
tif. Elle reflète également l’atonie de la
conjoncture économique, avec en parti-
culier la récession de 1993 et la dégra-

1.

Il existe neuf

dispositifs nationaux

(revenu minimum

d’insertion, allocation de

parent isolé, allocation

aux adultes handicapés,

allocation de solidarité

spécifique, allocation

équivalent retraite de

remplacement, allocation

d’insertion, minimum

vieillesse, minimum
invalidité, allocation

veuvage) et un dispositif

spécifique aux

départements d’outre-

mer (revenu de

solidarité).

2. 

La série historique du

nombre de chômeurs au

sens du Bureau

international du travail,

calculée par l’INSEE,

n’est disponible que pour

la métropole.

background image

La population des allocataires du RMI : tendances d’évolution et disparités départementales

3

3

l’activation des dispositifs d’aide à
l’emploi ciblés sur les allocataires de
minima sociaux (Cazain 

et al

., 2007).

Les hommes vivant seuls et les
familles monoparentales ont
toujours représenté la majorité
des foyers allocataires

Dès la fin 1989, les hommes vivant

seuls, et les familles monoparentales
ont composé la majorité des foyers
allocataires

3

du RMI payés par les

caisses d’allocation familiale

4

(res-

pectivement 34 % et 22 % des foyers
allocataires) [graphique 2]. À cette
même date, les femmes seules et les
couples avec enfant(s) représentaient
chacun 20 % des foyers, les couples
sans enfant étant très minoritaires
(4 % des foyers).

La part des hommes seuls et celle

des familles monoparentales se sont
globalement renforcées depuis et
représentent à la fin de l’année 2005
respectivement 38 % et 25 % des
foyers allocataires, soit 4 et 3 points
de plus qu’en 1989. À l’inverse, la
proportion de couples avec enfant(s)
a reculé de 6 points, s’établissant à
14 % à la fin 2005. Enfin, les propor-
tions de femmes seules et de couples
sans enfant sont restées quasi iden-
tiques depuis la création du RMI.

L’accroissement de la part des

familles monoparentales parmi les
foyers allocataires du RMI s’est essen-
tiellement produit à partir de 1999

5

et

peut refléter en partie une tendance
plus générale à l’augmentation des
ruptures familiales. Ces familles
constituent en effet la seule catégorie
d’allocataires dont les effectifs ont
constamment augmenté depuis la créa-
tion du RMI, y compris en 2000-2001.

Pour toutes les autres catégories

d’allocataires, les évolutions ont au
contraire été sensibles à l’amélioration
de la conjoncture, avec un certain
décalage dans le temps par rapport au
cycle du chômage (graphique 3).

Les données du dernier recense-

ment général de la population de
1999 fournissent des éléments de
comparaison permettant de mieux
caractériser la population des foyers
allocataires du RMI

6

. Cette compa-

raison met en évidence en premier
lieu la très nette surreprésentation
des familles monoparentales : leur

3.

Pour la CNAF, le foyer

allocataire regroupe la
personne allocataire, son
conjoint et les personnes
à sa charge.

4.

Dans cette partie,

comme dans les
suivantes, l’analyse
porte uniquement sur le
champ des allocataires
payés par les caisses
d’allocation familiale
(CAF), hors ceux
rattachés aux caisses de
la mutualité sociale
agricole (CMSA). Les
allocataires dépendant
des CAF représentent
98 % des Rmistes à la
fin 2005.

5.

De même, le nombre

d’allocataires de
l’allocation de parent
isolé (API), minimum
social attribué à
certaines familles
monoparentales,
augmente continûment
depuis 1999.

6.

Cette comparaison

concerne uniquement la
population vivant en
métropole. Elle porte sur
les personnes âgées de
25 à 59 ans (source RP-
INSEE) et les
allocataires du RMI âgés
de 25 à 59 ans et leur
conjoint, les conjoints
étant supposés
appartenir en moyenne à
la même tranche d’âge
que les allocataires
(source CNAF).

0

200

400

600

800

1 000

1 200

1 400

1989

1990

1991

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

1999

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006*

0

500

1 000

1 500

2 000

2 500

3 000

3 500

Ef

fectifs RMI

en milliers de personnes

Chômage BIT

en milliers de personnes

RMI

Chômage BIT

estimation.

Champ •

France entière pour le RMI et métropole pour le chômage BIT.

Sources •

CNAF, MSA, INSEE.

GRAPHIQUE 1

Nombre d’allocataires du RMI et de chômeurs 
au 31 décembre de 1989 à 2006

0 %

10 %

20 %

30 %

40 %

50 %

60 %

70 %

80 %

90 %

100 %

1989

1990

1991

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

1999

2000

2001

2002

2003

2004

2005

Femmes seules

Hommes seuls

Couples sans enfant

Couples avec enfant

Familles monoparentales

GRAPHIQUE 2

Répartition des allocataires du RMI 
suivant leur situation de famille 
au 31 décembre de 1989 à 2005

Champ •

France entière, allocataires payés par les CAF (hors MSA). 

Sources •

CNAF.

0

50

100

150

200

250

300

350

400

1989

1990

1991

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

1999

2000

2001

2002

2003

2004

2005

Femmes seules

Hommes seuls

Couples sans enfant

Couples avec enfant

Familles monoparentales

Champ •

France entière, allocataires payés par les CAF (hors MSA).

Sources •

CNAF.

GRAPHIQUE 3

Nombre d’allocataires du RMI 
au 31 décembre de 1989 à 2005 

Base 100 fin 1989

background image

La population des allocataires du RMI : tendances d’évolution et disparités départementales

4

4

proportion y est trois fois plus impor-
tante que dans l’ensemble de la
population de même âge. Ce sont, en
second lieu, les personnes seules qui
sont surreprésentées : 52 % des allo-
cataires du RMI âgés de 25 à 59 ans
et 21 % la population du même âge,
les hommes seuls en particulier
(34 % versus 13 %). À l’inverse, la
part des personnes en couples avec
ou sans enfant est beaucoup plus
faible parmi les bénéficiaires du
RMI

7

(30 % versus 73 %).

Les bénéficiaires du RMI 
sont relativement plus jeunes
que la population d’âge actif

À la fin de l’année 2005, 23 % des

adultes bénéficiaires du RMI avaient
moins de 30 ans (dont 4 % moins de
25 ans), 31 % avaient entre 30 et 39
ans, 26 % entre 40 à 49 ans et 20 %
50 ans ou plus (graphique 4). Le
terme de bénéficiaires recouvre ici
les allocataires administratifs et leur
conjoint éventuel. En effet, le RMI
étant une allocation familiale, ces
derniers bénéficient au même titre
que l’allocataire du dispositif (allo-
cation et accompagnement) 

8

.

Par rapport à la population d’âge

actif en France (personnes âgées de 20
à 64 ans), la proportion de jeunes est
plus importante parmi les bénéficiaires
du RMI

9

. Ainsi, la part des 25-29 ans y

est 1,7 fois plus élevée. De même,
celles des 30-34 ans et des 35-39 ans
sont respectivement 1,4 fois et 1,2 fois
plus importantes. À l’inverse, les
bénéficiaires du RMI de 55 ans ou
plus sont sous-représentés, avec un
rapport à l’ensemble de la population
âgée de 20 à 64 ans de 0,7 pour les 55-
59 ans et de 0,4 pour les 60-64 ans.

La proportion de bénéficiaires

parmi la population d’âge actif cul-
mine ainsi à 6,9 % pour les 25-29 ans
(contre 4 % en moyenne), et décroît
avec l’âge, s’établissant à 1,4 % pour
les 60-64 ans (tableau 1). Le recours
plus fréquent au RMI parmi les actifs
plus jeunes renvoie notamment aux
conditions de durée d’affiliation au
régime d’assurance chômage ouvrant
droit aux différentes filières d’in-
demnisation, ou de durée d’activité
passée permettant de bénéficier de
l’allocation de solidarité spécifique
(ASS) 

10

.

7.

Pour la CNAF, le foyer

allocataire regroupe la

personne allocataire, son

conjoint et les personnes à

sa charge. Pour l’INSEE, le

ménage est défini comme
l’ensemble des occupants

d’une résidence principale,

qu’ils aient ou non des liens

de parenté.

8.

Les conjoints sont

supposés appartenir, en

moyenne, à la même

tranche d’âge que les

allocataires.

9.

Les calculs présentés
dans cette partie sont

effectués sur le champ des

personnes âgées de 20 à

64 ans. Il existe des

« bénéficiaires » du RMI en

dehors de cette tranche

d’âge, mais qui

représentent une proportion

très marginale des effectifs.

Ainsi, fin 2005, 7 200

allocataires du RMI payés

par les CAF étaient âgés

de 65 ans ou plus, ils

représentaient 0, 6 % du

champ des allocataires

payés par les CAF.

L’ensemble des

« bénéficiaires » du RMI

âgés de moins de 25 ans a

par ailleurs été affecté à la

tranche d’âge 20-24 ans.

10.

L’ASS est une

allocation de chômage du

régime de solidarité gérée

par l’État. Elle s’adresse

aux chômeurs ayant épuisé

leurs droits à l’assurance

chômage et justifiant d’au

moins cinq années

d’activité salariée au cours

des dix années ayant

précédé la rupture du

contrat de travail.

0 %

2 %

4 %

6 %

8 %

10 %

12 %

14 %

16 %

18 %

20 %

20-24 ans

25-29 ans

30-34 ans

35-39 ans

40-44 ans

45-49 ans

50-54 ans

55-59 ans

60-64 ans

Population d'âge actif
Bénéficiaires du RMI

GRAPHIQUE 4

Répartition par âge de la population française 
et des bénéficiaires du RMI à la fin 2005

Champ •

France entière, population âgée de 20 à 64 ans et bénéficiaires 

(allocataires et conjoints éventuels) payés par les CAF âgés de 20 à 64 ans.

Sources •

CNAF, INSEE.

GRAPHIQUE 5

Répartition par âge des bénéficiaires du RMI 
au 31 décembre de 1989 à 2005

Champ •

France entière, bénéficiaires (allocataires et conjoints éventuels) payés

par les CAF (hors MSA).

Sources •

CNAF.

0 %

10 %

20 %

30 %

40 %

50 %

60 %

70 %

80 %

90 %

100 %

1989

1990

1991

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

1999

2000

2001

2002

2003

2004

2005

moins de 30 ans

30 à 39 ans

40 à 49 ans

50 ans et plus

Lecture • 

Le taux de recours au RMI correspond au nombre de bénéficiares 

du RMI (allocataires et conjoints éventuels) rapporté à la population française 
du même âge.

Sources •

CNAF, INSEE, calculs DREES.

Âge

Taux de recours

 au 31 décembre 1994 

(en %)

Taux de recours

au 31 décembre 2005 

(en %)

Évolution 

1995-2005

en points

20-24 ans

1,3

1,5

0,2

25-29 ans

6,3

6,9

0,7

30-34 ans

4,3

5,6

1,3

35-39 ans

3,2

4,9

1,7

40-44 ans

2,9

4,5

1,6

45-49 ans

2,7

4,0

1,3

50-54 ans

2,6

3,5

0,9

55-59 ans

2,1

2,7

0,6

60-64 ans

0,9

1,4

0,5

20-64 ans

3,1

4,0

0,9

TABLEAU 1 

Évolution du taux de recours au RMI 
entre 1995 et 2005

background image

La population des allocataires du RMI : tendances d’évolution et disparités départementales

5

La part croissante 
des bénéficiaires du RMI 
de plus de 40 ans est en grande
partie liée au vieillissement 
de la population

À la fin de l’année 2005, les per-

sonnes âgées de 40 ans ou plus repré-
sentent un peu moins de la moitié des
bénéficiaires du RMI (46 %). Depuis
la création du RMI leur part a crû de
10 points (graphique 5). En particu-
lier, la part des 40-49 ans est passée de
19 % à la fin de 1989 à 25 % à la fin
2001, et est proche de 26 % fin 2005.
La part des 50 ans et plus, d’abord en
recul de 2 points entre 1989 et 1993
(passant de 17 à 15 %), a crû ensuite
jusqu’en 2001, atteignant alors prati-
quement 21 %. Elle est restée stable
depuis.

Le vieillissement de la population

en France explique en partie ces évo-
lutions, compte tenu notamment de
l’importance des générations nées
après la seconde guerre mondiale.
Ces dernières ont commencé à
atteindre 40 ans à partir de 1986 et 50
ans à partir de 1996, contribuant
ainsi à une déformation sensible de la
pyramide des âges.

Plus généralement, l’évolution des

effectifs du RMI dans chaque catégo-
rie d’âge peut s’expliquer par la com-
binaison de deux facteurs : un effet
« démographique » (augmentation de
la population appartenant à une
tranche d’âge donnée) et un effet
« recours » (augmentation du pour-
centage de bénéficiaires du RMI
dans cette même tranche d’âge,
c’est-à-dire du recours de cette
tranche d’âge au dispositif). L’effet
« recours » peut évoluer globale-
ment, en fonction des modifications
du seuil de ressources pour l’accès au
RMI ou en raison d’un effet conjonc-
turel général.

Entre 1995 et 2005, une hausse
du nombre de bénéficiaires 
du RMI due à 14 % à des effets
démographiques et à 86 % 
à l’évolution des taux 
de recours au dispositif

Tous âges confondus, l’évolution

du nombre de bénéficiaires inscrits
au RMI au cours des années 1995 à
2005 s’explique à 14 % par les évo-
lutions démographiques de la popu-

des niveaux très supérieurs dans les
quatre départements des DOM, allant
de 13 % en Guyane à 17 % à la
Réunion (carte 1). En métropole, elle
est de l’ordre de 5 % à 6 % dans le
bassin méditerranéen, le Nord et en
Seine-Saint-Denis, zones du terri-
toire qui enregistrent également les
taux de chômage les plus élevés
[Adjé et Nauze-Fichet, 2006].

En métropole, davantage 
de personnes seules en région
parisienne et en Bretagne 
et de familles monoparentales
dans le Sud parmi 
les allocataires du RMI

Les caractéristiques des alloca-

taires du RMI, en termes de situation
familiale, sont également différen-
ciées selon les départements. La pro-
portion d’hommes seuls parmi les
allocataires du RMI, déjà très élevée
en moyenne en métropole (38 %), est
particulièrement importante à Paris
(50 %) et dans les départements
d’Île-de-France (46 % dans les
Hauts-de-Seine et les Yvelines), mais
aussi en Bretagne (46 % dans le
Finistère et 44 % en Ille-et-Vilaine).
Celle des femmes seules varie, quant
à elle, entre 17 % dans le départe-
ment du Nord et l’Yonne à 26 % en
Haute-Corse ou à Paris (pour 20 %
en moyenne en métropole).

En France métropolitaine, 59 %

des allocataires du RMI vivent seuls.
À Paris, plus des trois-quarts des
allocataires du RMI sont dans ce cas,
ainsi que plus des deux tiers de ceux
des Hauts-de-Seine et des Yvelines
(carte 2). Ils sont également nom-
breux en Bretagne : 66 % dans le
Finistère, 65 % en Ille-et-Vilaine,
63 % dans le Morbihan.

Les couples sans enfants, toujours

très minoritaires parmi les alloca-
taires du RMI, sont surtout présents
dans des départements à faible den-
sité de population (Creuse, Lozère,
Aveyron, Cantal…). Les couples
ayant des enfants à charge sont plus
présents dans le nord de la France
(dans le Nord-Pas-de-Calais et en
Picardie) et dans la région Centre.
Leur part est alors de l’ordre de
17 %, contre 13 % en moyenne.

Enfin, la proportion de familles

monoparentales parmi les alloca-

lation en France et à 86 % par l’évo-
lution des taux de recours au RMI
(tableau 1).

Le taux de recours au RMI a aug-

menté entre 1995 et 2005 quelle que
soit la classe d’âge, ce qui explique de
manière essentielle la hausse du
nombre d’allocataires. Parallèlement,
la population d’âge actif a globale-
ment augmenté, participant également
à cette hausse, mais celle-ci s’est
concentrée sur les tranches d’âge
supérieures, contribuant ainsi à la
déformation de la pyramide des âges
des allocataires.

En effet, la population des moins de

35 ans a diminué d’environ 7 %
entre 1995 et 2005. L’effet démogra-
phique joue alors fortement à la baisse
sur le nombre d’allocataires du RMI à
ces âges, mais est largement com-
pensé par l’augmentation du taux de
recours au RMI au cours de la
période, passé en moyenne de 4 % à
4,7 %. À partir de 35 ans, l’effet
démographique participe au contraire
à la hausse du nombre d’allocataires.
Il explique en particulier près de la
moitié de l’augmentation du nombre
d’allocataires du RMI âgés de 50 à 59
ans.

Davantage d’allocataires 
du RMI dans les DOM, 
autour du bassin
méditerranéen, dans le Nord 
et en région parisienne

Fin 2005, une quinzaine de dépar-

tements concentraient la moitié des
allocataires inscrits au RMI : les trois
départements les plus importants des
DOM, quatre départements d’Île-de-
France et plusieurs départements
situés dans le nord de l’hexagone,
ainsi que sur le pourtour méditerra-
néen. En particulier, cinq départe-
ments rassemblaient le quart des
allocataires : le Nord, la Réunion, les
Bouches-du-Rhône, Paris et la Seine-
Saint-Denis, avec plus de 50 000
allocataires dans chacun d’entre eux.

Cette concentration, notamment en

Île-de-France, s’explique en partie
par l’importance de la population
d’âge actif qui y réside. Ainsi par
rapport à la population des 20 à 64
ans, la part d’allocataires du RMI,
qui est de 3,5 % en moyenne à la fin
2005 pour la France entière, atteint

background image

La population des allocataires du RMI : tendances d’évolution et disparités départementales

6

6

taires du RMI va de 14 % à Paris à
29 % en Haute-Corse, pour une
moyenne nationale de 24 % (carte 3).
Leur part est de 2 points supérieure à
la moyenne dans un quart des départe-
ments métropolitains. Ils se situent sur
le pourtour méditerranéen (Bouches
du Rhône, Hérault, Vaucluse) ou dans
les régions du Nord et de l’Est
(l’Eure, la Seine-Maritime, l’Oise, le
Pas-de-Calais, l’Aisne, la Moselle, les
Vosges…).

Les allocataires plus jeunes 
sont surtout présents 
dans la moitié nord de la France
et les plus âgés dans le Sud

Dans la moitié nord de la France,

la proportion d’allocataires de moins
de 30 ans est souvent plus élevée que
dans l’ensemble de la métropole. En
particulier, en Ille-et-Vilaine, la pro-
portion d’allocataires de moins de 30
ans est de plus de 30 %, alors qu’elle
est de 23 % en moyenne en métro-
pole. À l’inverse, les allocataires de
plus de 50 ans sont surtout présents
dans les régions du Sud : plus de
30 % dans les Alpes-Maritimes ou en
Corse du Sud, contre 22 % en
moyenne. Les disparités d’âge des
allocataires du RMI dans les départe-
ments, très marquées pour les moins
de 30 ans et les plus de 50 ans, le sont
peu pour les âges intermédiaires. La
part des allocataires de 30 à 39 ans
varie ainsi de 26 % à 33 % et celle
des 40 à 49 ans de 21,8 % à 30,6 %.

Les différences Nord/Sud sont,

quant à elles, essentiellement le reflet
de la structure par âge de la popula-
tion dans les départements, les per-
sonnes âgées de 20 à 29 ans étant
proportionnellement plus nom-
breuses dans le nord de la France et
celles de 50 ans ou plus dans le Sud.

Les départements d’outre-mer
comptent une plus forte
proportion de familles au sein
des foyers allocataires du RMI

Au 31 décembre 2005, environ

12 % des allocataires du RMI
vivaient dans ces départements. La
proportion de personnes seules parmi
les allocataires du RMI y est cepen-
dant moins importante qu’en France
métropolitaine (46 % versus 59 %),
et plus particulièrement de femmes

Réunion

Martinique

Guadeloupe

Guyane

CARTE 1

Proportion d’allocataires du RMI parmi la population 
âgée de 20 à 64 ans au 31 décembre 2005

1,4 - 2,2
2,2 - 2,7
2,7 - 3,5
3,5 - 17,0

Métropole : 3,2 %
DOM : 14,9 %
France entière : 3,5 %

Champ •

France entière.

Sources •

CNAF, MSA, calculs DREES.

CARTE 2

Part des personnes seules parmi les allocataires 
du RMI au 31 décembre 2005

48,5 - 54,6
54,6 - 56,7
56,7 - 58,2
58,2 - 59,8
59,8 - 76,1

Champ •

France métropolitaine.

CARTE 3

Part des familles monoparentales parmi les allocataires
du RMI au 31 décembre 2005

14,4 - 22,5
22,5 - 24,4
24,4 - 25,1
25,1 - 26,4
26,4 - 29,2

Champ •

France métropolitaine.

En %

En %

En %

background image

La population des allocataires du RMI : tendances d’évolution et disparités départementales

7

seules (13 %, contre 20 % en métro-
pole). Ce phénomène est particuliè-
rement marqué à la Réunion et en
Guyane (graphique 6).

Inversement, les familles monopa-

rentales sont proportionnellement
plus nombreuses parmi les foyers
allocataires du RMI (34 % versus
24 %), surtout en Guyane où leur
part atteint 45 %.

Les couples avec enfant(s) sont

également plus nombreux qu’en
métropole (17 % versus 13 %), en
particulier à La Réunion avec 25 %
d’allocataires. De plus, le nombre
de personnes à charge dans les
foyers allocataires du RMI est en
moyenne plus élevé : 30 % des
foyers allocataires comptent au
moins trois personnes à charge,
alors que cette proportion n’est que
de 25 % en France métropolitaine.
Cette proportion atteint 40 % en
Guyane en raison d’une très forte
natalité dans ce département, les
femmes ayant quatre enfants en
moyenne. Ainsi, dans les DOM, un
foyer allocataire couvre en
moyenne 2,3 personnes (et seule-
ment 2 pour l’ensemble de la
France). Au total, 20 % de la popu-
lation est couverte par le RMI dans
ces départements.

Les allocataires d’âge
intermédiaire sont
proportionnellement plus
nombreux dans les DOM

Fin 2005, les DOM comptent

14,9 % d’allocataires du RMI, contre
3,1 % en métropole. Ce taux est
notamment très élevé chez les
adultes de 30 à 39 ans (19,9 %) et de
40 à 49 ans (17,7 %). Ainsi, 64 % des
allocataires du RMI dans les DOM
ont entre 30 et 49 ans (graphique 7).
La part des plus de 50 ans y est plus
faible (11,3 %) 

11

.

La part des allocataires de moins

de 30 ans est plus élevée à La
Réunion (20,3 %) que dans l’en-
semble des DOM (18 %). Inver-
sement, ce département compte pro-
portionnellement moins d’alloca-
taires de plus de 50 ans (15,7 %,
contre 18 % dans l’ensemble des
DOM), et contrairement à la Guyane
où la proportion d’allocataires de
plus de 50 ans atteint 24,7 %.         

11. 

Cela s’explique en

partie par l’existence du
revenu de solidarité
(RSO), dispositif créé en
2001 dans les DOM et
s’adressant aux
personnes d’au moins
cinquante ans,
bénéficiaires du RMI
depuis au moins deux
ans qui n’exercent pas
d’activité professionnelle.

0 %

10 %

20 %

30 %

40 %

50 %

60 %

70 %

80 %

90 %

100 %

Guadeloupe

Martinique

Guyane

Réunion

DOM

France

métropole

femme seule

homme seul

couple sans enfant

couple avec enfant(s)

famille monoparentales

GRAPHIQUE 6

Répartition des allocataires du RMI 
suivant la structure familiale dans les DOM 
au 31 décembre 2005

Sources •

CNAF.

0 %

10 %

20 %

30 %

40 %

50 %

60 %

70 %

80 %

90 %

100 %

Guadeloupe

Martinique

Guyane

Réunion

DOM

France entière

moins de 30 ans

30 à 39 ans

40 à 49 ans

50 ans et plus

Pour en savoir plus

• Cazain S., Donné S., Hennion M., 2007, « Le nombre d’allocataires du RMI au 31 décembre
2006 », 

Études et Résultats

, DREES, n° 561, mars.

• Nivière D., 2006, « Les allocataires de minima sociaux en 2005 », 

Études et Résultats

,

DREES, n° 539, novembre.

• Adje B., Nauze-Fichet E., 2006, « La répartition géographique des allocataires de minima
sociaux fin 2005 », 

Études et Résultats

, DREES, n° 528, octobre.

• Clément J., Mahieu R. (CNAF), 2006, « Les allocataires de minima sociaux dans les DOM :
caractéristiques et évolution », 

Les travaux de l’observatoire national de la pauvreté et de

l’exclusion sociale 2005-2006

.

GRAPHIQUE 7

Répartition des allocataires du RMI suivant leur âge 
au 31 décembre 2005 

Sources •

CNAF.

background image

8

Directrice de la publication

: Anne-Marie BROCAS

Rédactrice en chef technique

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ÉTUDES et RÉSULTATS 

G

n° 568 - avril 2007

La population des allocataires du RMI : tendances d’évolution et disparités départementales

Cet ouvrage présente 
les principales données relatives 
au système hospitalier français : 
elles portent sur les équipements, 
personnels et financements 
qui concourent aux différentes 
prises en charge 
par les établissements, 
ainsi que sur leur activité 
et leur clientèle.

Les fiches thématiques 
comportent chacune 
une sélection de tableaux, 
graphiques et cartes accompagnée 
d’un commentaire présentant 
les traits les plus caractéristiques 
des domaines abordés.

publication annuelle consultable sur 

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vient de paraître

LES ÉTABLISSEMENTS DE SANTÉ

un panorama pour l’année 2004