Sur le RING

Faut-il brûler Sigmund Freud ?

SURLERING.COM - LES PAGES ROUGES - par Anthony Ballenato - le 11/05/2010 - 30 réactions - Facebook Twitter Wikio print.jpg, 760B

 débats & opinions

par Anthony Ballenato, doctorant de recherche en Histoire à l'Université Paris-Diderot, spécialiste d'histoire de la psychiatrie et de la psychanalyse aux États-Unis où il termine une thèse sur l'histoire de la psychanalyse à New York au XXe siècle.



Quand Freud serait "menteur, affabulateur, destructeur des traces de ses forfaits, cocaïnomane dépressif errant doctrinalement pendant plus d'une décennie, à l'origine de la mort de son ami Fleischl-Marxow, destructeur du visage d'Emma Eckstein avec l'aide de son ami Fliess, onaniste, obsédé par le sexe de sa mère, extrapolant sa pathologie œdipienne à la planète entière, incestueux, couchant avec sa belle-sœur (…) sacrifiant à l'occultisme et au spiritisme, pratiquant des rites de conjuration contre le mauvais sort, croyant à la télépathie, féru de numérologie"

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Alain de Mijolla admet volontiers fuir les polémiques. Malheureusement, il s’est retrouvé servi comme jamais avec la sortie quasi concomitante de son almanach Freud et la France et du brûlot de Michel Onfray – Le Crépuscule d’une idole. L’affabulation freudienne (Grasset). Lancée telle une formidable machine de guerre par Grasset et Le Point, on redoutait que notre bon Alain ne finisse sous les roues de la bête du fast-food à penser…


A la soupe des débats de qualité

Mijolla offrait pourtant les garanties d’un débat de qualité : bienheureux et par-dessus tout mémorialiste affable du mouvement freudien ne maîtrisant ni les débats historiques, ni historiographiques, il n’en fallait pas plus pour noyer le poisson de la polémique. Une bien bonne solution de remplacement donc pour le valeureux bougon qui refusait de débattre avec la «stalinienne des beaux quartiers parisiens» (CQFD : Élisabeth Roudinesco) dont la confrontation risquait d’être autrement plus périlleuse. Et à quel débat n’avons-nous pas dû assister !

Se définissant lui-même dans son ouvrage Freud et la France, paru aux P.U.F., comme « un montreur de marionnettes » (p.1), notre psychanalyste-chroniqueur s’est retrouvé assigné à la place du guignol. Après une réplique tiède et passablement argumentée offerte à Onfray dans Lire, s’en est suivie la grandiose émission de François Busnel qui demeurera longtemps dans les mémoires comme un échange intellectuel à l’état de congélation.

Aux côtés d’Alain de Mijolla, une consœur discrète quoiqu’assez gentiment pugnace,  Anne Millet, dont les attaques les plus féroces visent Lacan. Et les trois auteurs affabulateurs – comment ça ils ne sont pas trois ? – Mais oui, ils sont bien trois : les cerveaux de l’affaire, « Cervelet et Cervelas », duo le plus comique de l’histoire des Freud Wars alias Jacques Van Rillaer et Mikkel Borch-Jacobsen (suivi de pas très loin par Esteve Freixa i Baqué) – qui n’avaient déjà pas pu sauver, à l’époque, le soldat Bénesteau et ont assisté impuissants au naufrage du Livre Noir – et bien sûr, leur scribe et porte-voix, Michel Onfray. Ce trio magique aura réussi le tour de force de battre les critiques américains à plate couture et toutes catégories confondues (puritains, scientistes, etc.) par leurs outrances et leurs insanités.

Vociférant tour à tour inepties après inepties devant un Mijolla quasi impassible, le téléspectateur a pu légitimement se demander s’il n’était devant un spectacle de cirque comique ou devant la représentation d’un drame absurde écrit par un auteur raté.

Un des angles d’attaques favoris de nos auteurs-acolytes est de systématiquement remettre en cause la scientificité de la psychanalyse pour mieux faire plébisciter, par l’opinion publique, les séances de dressage inspirées de l’éthologie et du réapprentissage cognitif et surtout, de reléguer de façon définitive la psychanalyse au rang d’épiphénomène de la modernité littéraire et son organisation rationnelle à un ésotérisme macabre.

L’accouplement de l’hédonisme solaire (Onfray) et des sciences du comportement (Van Rillaer et Borch-Jacobsen) en a surpris plus d’un. Pourtant, on aura maintenant bien compris, tous deux constituent le fondement le plus effroyable de ce paradigme culturel et mental de nos sociétés libérales-marchandes contemporaines : vivre, consommer et jouir dans le contrôle absolu et l’asservissement volontaire. Comment, devant cette orthopédie du corps et des âmes, ne pas songer au propos magistral de Georges Canguilhem – divo, s’il en est – et de leur formidable résonance aujourd’hui : "philosophie sans rigueur, éthique sans exigence, médecine sans contrôle". [1]

Bref, autant dire que si Mijolla va servir la soupe, on va y aller gaiement… Mais comment ? Vous ne saviez pas que la psychanalyse s’implantait exclusivement par la voie littéraire grâce « aux gens de fiction» ? Et bien maintenant vous êtes un téléspectateur des plus avertis.
Dommage que notre « historien de service » - ce qu’il n’est pas - également médecin-psychiatre, n’ait pas songé qu’une implantation de la psychanalyse reposait tout autant sur sa propagation à l’intérieur de l’univers littéraire que médical et que ce n’est qu’à l’aune de cet équilibre que la psychanalyse peut exister, en tant que pratique thérapeutique et humanité, au risque de refluer. On ne saurait oublier que pour nombre de médecins, notamment aux États-Unis, la psychanalyse a servi à refonder une psychiatrie organiciste moribonde, et que par la suite seuls les docteurs en  médecine étaient autorisés à pratiquer les cures.

De l’Histoire faite le dimanche

Et qu’en est-il précisément de l’homme Freud ? « Mystificateur, avare, menteur, pervers, cocaïnomane». Le nihiliste en guenilles de la pensée nous fait maintenant œuvre de morale. Amen. Et quel gai savoir ! Après la confession, donnera-t-il l’absolution ?  A bien des égards cette façon de faire rappelle l’horrible psychobiographie de Michel Foucault par James Miller, grand spécialiste des vies examinées – si chères aux évangélistes.
Qu’à cela ne tienne, et même si « chez Freud, il y a pleins d’incestes, symboliques, métaphoriques, allégoriques ou réels » comme dit Onfray, « y’a pas de grand homme pour ses valets de chambre » pour Mijolla ! Le téléspectateur a pu croire, l’espace d’un instant, manquer d’oxygène.

Mais il y a mieux encore. Incapable de mettre bon ordre à cette rumeur incestueuse, Mijolla se félicite que Freud ait pu avoir des relations sexuelles, quand bien même eussent-elles été avec sa belle-sœur. L’ennui est qu’il oubli qu’il s’agit d’une rumeur propagée par Jung, reprise par l’école révisionniste américaine, et remise au goût du jour par Onfray, Van Rillaer et Borch-Jacobsen. On attend toujours patiemment les preuves crédibles du forfait… (lire le billet d'Elisabeth Roudinesco pour Ring, à ce sujet)

Transi d’effroi, le téléspectateur qui a depuis longtemps acheté le Freud et la France et se décide, à l’issue de l’émission, à enlever la cellophane pour feuilleter l’ouvrage, aurait été bien plus inspiré de prendre un benzodiazépine et d’aller se coucher.
Si l’éphéméride a des qualités, son auteur perpétue la tradition des médecins-historiens : le plus souvent correct mais n’apportant aucune information nouvelle et ne reposant sur aucune archive de première main [2], il brille surtout par une absence totale d’analyses structurées sur le mouvement de l’Histoire racontée et son appareillage critique est des plus dépouillés. Sous la plume de Mijolla, l’Hstoire devient donc une compilation d’anecdotes circonstanciées.

En outre, le postulat de Mijolla, qui est de laisser au lecteur le soin de « se faire une idée personnelle en dehors des jugements ou des impressions dont [il] l’entoure ou qu’[il] adjoint» (p.3), est une véritable aberration méthodologique et intellectuelle. A moins de faire jouer l’opinion contre le savoir, comment Mijolla peut-il sérieusement imaginer que le lecteur puisse se faire le moindre avis décent devant un tel empilement relativiste?
Évidemment, le bât blesse cruellement à mesure qu’on se rapproche des moments critiques de cette Histoire et notamment de la période nazie et de la Seconde Guerre mondiale : rien sur les relations entre Jones, Freud et Eitingon et rien non plus sur le conflit qui les oppose à propos des rapports avec le nazisme dans les années 1930. Concernant la France, la période se résume à un moment de souffrance pour les Français, privés de charbon et de nourriture. On n’est pourtant pas arrivé au bout de nos peines… voilà qu’arrive le cas Georges Mauco (1899-1988).

Mauco ou le « mauvais coin » de l’Histoire

Dans le superbe dictionnaire toponymique des communes des Landes et du Bas-Adour dirigé par la linguiste Bénédicte Boyre-Fénie, on apprend que le mau còrn désigne un "mauvais coin, un mauvais endroit ».  Autrement dit, le « mauco » est toujours un lieu à défricher… [3]

Docteur en géographie, démographe des flux migratoires et pédagogue, fervent raciste et antisémite, Georges Mauco aura été le seul psychanalyste français à avoir collaboré de façon active par des textes d’inspiration nazie et à témoigner du « péril juif ». Il est également collaborateur de la revue L’Ethnie française dirigé par Georges Montandon – à propos de qui Mijolla ne nous dit pas un seul mot (p.845). Africaniste, rejeton intellectuel de Vacher de Lapouge, Montandon est l’un des grands animateurs du racisme scientifique à la française : « expert ethnoracial auprès de Xavier Vallat en 1941 au Commissariat aux affaires juives puis à partir de 1943 directeur de l'Institut d'études des questions juives et ethnoraciales (IEQJER) » [4] 

Échappant à l’épuration de l’Après-guerre, Mauco réussit encore à passer entre les mailles du filet lorsqu’il se fait nommer en 1945 à la tête du Haut Comité de la population et de la famille par le Général de Gaulle. A partir de cette date, Mauco enterre son passé collaborationniste et, tout en continuant ses études démographiques « normalisées », embrasse comme jamais la cause des enfants handicapés et des carencés affectifs. Quand il publie son autobiographie apologétique en 1982, c’est à Françoise Dolto qu’il demande de rédiger la préface dans laquelle on peut lire, entre autres choses, que Mauco avait résisté aux nazis et qu’il était le chantre de la dignité humaine. En somme, on n’avait pas pu faire homme plus honnête [5]. Dolto, qui ne connaît aucune haine, était passée à coté…

En adoptant sa méthode de présentation des faits, Mijolla obtient des résultats des plus stupéfiants. Ainsi, en vient-on à lire sous sa plume « De fait, et nous le remarquerons encore davantage durant les années d’occupation, c’est presque un acte de bonne volonté à l’égard des Juifs (sic), que cette organisation de  « camps » est promue, mais on ignore encore le sens que ce mot prendra. Leur bénéfice est double : éviter que les étrangers - car ce n’est que des « étrangers », qu’il s’agit -, viennent illégalement en France et se retrouvent dans des situations très précaires (ayant fui les campagnes et les villes en n’emportant que le minimum d’affaires), et dans le même souffle préserver les Juifs qui sont déjà installés en France de cet afflux abusif. Il ne faut pas oublier que cette période est caractérisée par une relative fermeture du milieu juif à l’arrivé des émigrés » (p.720). Voilà donc comment la question de la crise des réfugiés Juifs, fuyant les pogroms et les régimes d’extrême-droite d’Europe centrale, en France pendant les années trente, se voit traitée et résumée.
En outre, Mijolla laisse penser qu’on pourrait prendre l’autobiographie de Mauco comme une source entièrement valable – ce qu’elle n’est évidemment pas puisque Mauco se reconstruit un passé de résistant alors qu’il n’a rejoint le groupe FFI Foch-Liautey qu’en janvier 1944 et participé plus tard à la libération du quartier d’Auteuil.[6] Le problème du traitement de cette source autobiographique est tel que Mijolla se laisse guider par les propos de Mauco  au point de remettre en cause les analyses de Roudinesco et de Weil sur la paternité du fameux texte de 1942 et de se demander « Est-ce de la plume de Georges Mauco ou de celle de Georges Montandon ? » (p.845). [7] Patrick Weil est pourtant formel: « il [Mauco] ne fut corrigé par Montandon que sur un point : il substitua à Israélite le mot “Juif’’». [8]

Le postulat historiographique d’Alain de Mijolla est caractéristique des errements des psychanalystes face à leur histoire : une absence d’analyses critiques, raisonnées et cohérentes. Car aujourd’hui, avec la publication du brûlot d’Onfray, les psychanalystes en sont venus à considérer qu’il vaut mieux défendre la psychanalyse que Freud, et ce au détriment de toute vérité historique, comme l’ont encore récemment démontré Pierre-Henri Castel et Philippe Grimbert. [9]

Reste à savoir, au demeurant, si ces psychanalystes, sous couvert de pseudo considérations épistémologiques et historiques, estiment que Freud est bien le « menteur, affabulateur, destructeur des traces de ses forfaits, cocaïnomane dépressif errant doctrinalement pendant plus d'une décennie, à l'origine de la mort de son ami Fleischl-Marxow, destructeur du visage d'Emma Eckstein avec l'aide de son ami Fliess, onaniste, obsédé par le sexe de sa mère, extrapolant sa pathologie œdipienne à la planète entière, incestueux, couchant avec sa belle-sœur (…) sacrifiant à l'occultisme et au spiritisme, pratiquant des rites de conjuration contre le mauvais sort, croyant à la télépathie, féru de numérologie » qu’affabulent Onfray, Borch-Jacobsen et Van Rillaer. [10] A ce jour, ils n’ont toujours pas répondu à la question, et on se demande surtout ce que Mijolla peut bien en penser.
Quoi qu’il en soit, on ne pourrait leur tenir trop grief de ce manque de conscience historique puisque ce phénomène est relativement endémique dans les corporations, sociétés, écoles, etc.  Encore que contrairement à d’autres organisations, on pourra peut-être s’interroger sur cette attitude qui consiste à sacrifier sur l’autel du populisme intellectuel le plus désinvolte, la figure historique de leur mouvement au détriment de toute raison et de toute rationalité.
Michel Onfray a dit à quel point il trouvait l’ouvrage Freud et la France excellent. Comme on le comprend. Mijolla peut donc se rassurer. Selon son souhait, il aura effectivement évité l’écueil d’écrire un  « pamphlet polémique »… tout autant qu’un « écrit historique ». Car il semble bien que pour Mijolla les aspérités de l’Histoire soient comme les caravanes qui passent. Il faut laisser les chiens aboyer.

                                        Anthony Ballenato

[1] Conférence prononcée le 18 décembre 1958 au Collège philosophique à Paris. Georges Canguilhem,   « Qu’est ce que la  psychologie? », Revue de Métaphysique et de Morale, n°1, 1958. Disponible en ligne : http://www.psychanalyse.lu/articles/CanguilhemPsychologie.htm
[2] A l’exception de quelques fragments dont les références ne sont pas même indiquées.
[3] Bénédicte Boyrie-Fénié, Dictionnaire toponymique des communes des Landes et du Bas-Adour, éd. CAIRN, Pau, 2005, p.50.
[4] «Mauco, expert en immigration : ethnoracisme pratique et antisémitisme fielleux », note 17, p.7, http://bit.ly/ajuKsq , site de Patrick Weil – historien, Paris 1 Panthéon-Sorbonne et Yale Law School, Yale University – ou in L’antisémitisme de plume 1940-1944, études et documents, dir. Pierre-André Taguieff, Paris, Berg International Editeurs, 1999, p. 267-276.
[5] Georges Mauco, Vécu, Paris, Emile-Paul, 1982.
[6] Patrick Weil, op.cit, p.7
[7] «L’immigration étrangère en France et le problème des réfugiés », L’ethnie française, Mars 1942 – Mauco accuse Montandon d’en avoir fait un article « raciste » dans son autobiographie.
[8] P.Weil, op.cit, p.7 et Elisabeth Roudinesco, « Georges Mauco (1899-1988) : un psychanalyste au service de Vichy. De l’antisémitisme  à la psychopédagogie», L’Infini, 51, automne 1995.
[9] Emission « Le téléphone sonne », France Inter du mardi 4 mai 2005.
[10] « Onfray répond à BHL » in Le Point, 6 mai 2010.



Toutes les réactions (30)

1. 10/05/2010 08:20 - Elisabeth Roudinesco

Elisabeth RoudinescoSuperbe article : vive la jeunesse ! Vous n’imaginez à quel point ce vrai débat a eu lieu déjà aux USA : l’invention des rumeurs.

2. 10/05/2010 08:25 - Spacesheap

SpacesheapBillet complet, il ne manque plus que la réponse d'Onfray sur Ring.

3. 10/05/2010 09:12 - La femme concept

La femme conceptJ'aime beaucoup cet article car il montre que, une fois de plus, que Freud est l'affaire des spécialistes, des chercheurs et rien d'autre. Je suis lassée de toutes ces polémiques autour de lui, mièvres, triviales. Ici, sont livrées des pistes de réflexions très intéressantes, au lecteur de les suivre et de se les approprier ou non...

4. 10/05/2010 10:12 - Floria Tosca

Floria ToscaQue l'on soit spécialiste ou non, "pour ou contre", les articles (ou les commentaires) doivent être soutenus par une argumentation, et là: BRAVO. C'est le top: des références et une ligne argumentaire solide.
Et quelle importance que ce débat ait déjà eu lieu !! Le propre d'un débat, un vrai, est de ne jamais avoir trouvé sa conclusion puisque de nouvelles idées, des arguments nouveaux surgissent comme l'auteur de ce superbe article le démontre !

5. 10/05/2010 12:09 - Mimiche

MimicheLe livre de Onfray est une lecture nietzschéenne de Freud. Que cela veut-il dire? Cela veut dire que Onfray, ayant eu l'habitude jusque là de considérer Freud, qu'il appréciait fort - sans pour autant en connaître davantage sur lui que la moyenne des mortels cultivés de France, c'est-à-dire à peu près autant que les croquants du Moyen-Age ne connaissaient la Bible -, comme un "philosophe vitaliste", entreprend justement d'étudier sa biographie (=sa vie) à l'aune de sa doctrine. Il s'agit pour lui de faire la psychanalyse du psychanalyste - à priori, la démarche s'annonçait plus respectueuse qu'iconoclaste ! Onfray, donc, dont on peut dire beaucoup de chose, mais dont il faut savoir que c'est un bourreau de travail, une nature exceptionnelle, capable de lire énormément, d'écrire encore plus, de dormir peu, de ne sortir pour ainsi dire pas de chez lui et de vivre une vie frugale tout en se réclamant hédoniste - non pas parce qu'il "satisfait tous ses désirs" comme la société marchande le désirerait de lui, mais parce qu'il aime passionnément la vie - Michel Onfray, donc, se coltine une bibliographie monstrueuse, lit tout ce qu'il trouve concernant son sujet, en particulier la correspondance intégrale du grand homme (y compris les lettres que Freud a tenté de faire disparaître, mais dont ses correspondants possédaient un double), et, surprise, s'aperçoit que contrairement à ce qu'il croyait jusque là, c'était les détracteurs de Freud (notamment les rédacteurs du tant décrié "Livre Noir de la Psychanalyse") qui étaient dans le vrai.

Alors oui, le livre est devenu une sorte de procès. Onfray est parti sur les traces de Freud à la façon dont l'Oedipe Roi de Sophocle est revenu sur les siennes. C'est chemin faisant qu'il s'est avisé, à sa plus grande honte, de la profonde nature criminelle du "grand-homme" au service duquel il s'était d'abord mis. Il a découvert une sorte de psychopathe fasciné de romans policiers, et qui nous donnait en vérité dans la façon qu'il avait de juger l'humanité entière depuis un piédestal, les clés qui ouvraient son propre "cagibi secret" monstrueux.

[...]

6. 10/05/2010 12:10 - Mimiche

Mimiche"Reste à savoir, au demeurant, si [Freud] est bien le « menteur, affabulateur, destructeur des traces de ses forfaits, cocaïnomane dépressif errant doctrinalement pendant plus d'une décennie, à l'origine de la mort de son ami Fleischl-Marxow, destructeur du visage d'Emma Eckstein avec l'aide de son ami Fliess, onaniste, obsédé par le sexe de sa mère, extrapolant sa pathologie œdipienne à la planète entière, incestueux, couchant avec sa belle-sœur (…) sacrifiant à l'occultisme et au spiritisme, pratiquant des rites de conjuration contre le mauvais sort, croyant à la télépathie, féru de numérologie » qu’affabulent[sic] Onfray, Borch-Jacobsen et Van Rillaer."

Non, cela ne "reste pas à savoir", cela se sait, et se peut vérifier. Et voilà tout le sujet du livre que cherche à critiquer cet article. Onfray le dit lui-même : il n'est pas contre la psychanalyse, il voudrait au contraire que le débat suscité par son livre [devienne l’occasion, en France, de réfléchir à l’édification d’une néo-psychanalyse : une psychanalyse post-Freudienne] – ce sont, à peu de chose près, de mémoire, ses propres mots, vérifiables dans l’émission du samedi soir 8 mai 2010 de Ruquier sur France2 où il a été invité.

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7. 10/05/2010 12:11 - Mimiche

Mimiche[...]

« Transi d’effroi, le téléspectateur qui a depuis longtemps acheté le Freud et la France et se décide, à l’issue de l’émission, à enlever la cellophane pour feuilleter l’ouvrage, aurait été bien plus inspiré de prendre un benzodiazépine et d’aller se coucher. »

Personnellement, c’est cette phrase qui m’effraie en diable ! Voilà, en la personne du rédacteur de cet article, une sorte de docteur Knock qui nous parle du « téléspectateur » (n’en est-il pas un, lui ?) comme d’un être qu’une sorte de fragilité (due j’imagine à sa bêtise ou à son inculture congénitale) rend inapte à supporter les mêmes lectures que son psychanalyste. Il s’agit d’un malade (tout le monde, à peu de chose près, est donc malade sauf le psychanalyste) que son praticien doit protéger de la fréquentation de auteurs qui critiquent sa propre pratique par la prescription de somnifères… Quand la psychanalyse devient une façon de guérir ses contestataires de leurs propres idées, elle entre légitimement dans la catégorie secte/système totalitaire/office de rééducation du peuple.


P.S : Contrairement à ce que disent certains lecteurs dévots, il n’y a dans cet article que peu ou pas d’arguments qui remettent en cause ceux de M. Onfray. D’ailleurs cet article ne parle pas vraiment dudit philosophe. Il s’intéresse bien davantage à ce « Mijolla » qui m’est personnellement complètement inconnu. De sorte que l’image rattachée au texte est presque inappropriée, et qu’il est une fois de plus, hélas, loisible de se demander si les détracteurs de Onfray l’ont véritablement lu…

8. 10/05/2010 12:46 - Tristan

TristanY'a pas à dire cet article c'est de la BOMBE !!!!

9. 10/05/2010 12:46 - Floria Tosca

Floria Tosca@ Mimiche: voilà un commentaire fontaine dont l'argumentation est aussi solide que celle de l'article auquel il se réfère. Pas du tout lectrice dévote de l'un ou de l'autre, cela me donne encore plus à réfléchir!!

10. 10/05/2010 13:18 - Mimiche

MimicheMerci Floria.

11. 10/05/2010 16:10 - Massilia Ragazzo

Massilia Ragazzo@ Mimiche: "Non, cela ne "reste pas à savoir", cela se sait, et se peut vérifier". Il faudrait dire ça à Michel Onfray pour que la prochaine fois, il mette des notes de bas de pages dans son ouvrage, histoire qu'on puisse vérifier ses affirmations ! Car quand on est un philosophe ou un intellectuel digne de ce nom, on ne se contente pas d'une bibliographie fourre-tout en fin de livre. C'est ça aussi l'honnêteté.

12. 10/05/2010 17:06 - Mimiche

Mimiche@ Massilia : Pas faux. Ceci dit, je ne pense pas que M. Onfray manque d'honnêteté (sa bibliographie, toute brouillonne qu'elle soit, n'est pas un fake). Je crois juste que c'est quelqu'un qui travaille très vite, parfois même sans prendre de notes, juste avec son excellente mémoire et son intelligence synthétique. En cela consiste à mon avis la seule faiblesse réelle de son travail : M. Onfray ne fait pas suffisamment "sérieux" parce que l'anarchiste anti-éduc'nat' qu'il est ne maîtrise pas suffisamment les codes du monde universitaire, qui sont parfois, comme dans le cas présent, bien utiles.

13. 10/05/2010 18:52 - Orchid

Orchid"Un des angles d’attaques favoris de nos auteurs-acolytes est de systématiquement remettre en cause la scientificité de la psychanalyse pour mieux faire plébisciter, par l’opinion publique, les séances de dressage inspirées de l’éthologie et du réapprentissage cognitif et surtout,[...]"

Mon dieu qu'il est triste a l'heure actuelle de voir encore ce genre de pensee... LA science, posee en tant qu'entite, pleine de vilains pas beaux en blouse blanche qui veulent traiter les gens (dont les scientifiques eux-memes ne semblent pas faire parti) comme des cobayes...Pathetique...
Cet argumentaire est fort joli, mais souffre de ses references. J'ai beau lire et relire, je ne vois aucun e citation d'un quelconque article de recherche publie dans une revue a comite de lecture international, gage d'un minimum de serieux scientifique (non ce n'est pas un gros mot).

J'ai regarde l'emission en question et l'argumentaire de "l'artiste" qui repondait a Onfray m'a laisse un gout bizarre... Je cite, "oui mais sur moi, la psychanalyse que j'ai effectue a marche".
Bravo! Cela coupe court a tout argumentaire serieux... On se croirait revenu au moyen-age ou on vendait des potions miraculeuses avec pour preuve, un gentil volontaire qui retrouvait l'usage de ses jambes suite a l'ingestion de la dite potion.

Oui, attaquer la psychanalyse sur sa scientificite est completement legitime, car cela previent de tomber dans l'analyse des resultats par le biais de la coincidence et du hasard statistique...

14. 10/05/2010 20:18 - Surya

SuryaOrchid : La réaction de l'"artiste" avait l'air déplacée car, au-delà de la théorie psychanalytique qui n'a pas plus de rationalité qu'un système philosophique (et même moins, car elle embrasse la conscience irrationnelle de l'expérience humaine), il y a l'art vivant de la cure psychanalytique (une cure peut se passer de tout discours psychanalytique), ignoré comme tel de certains polémistes à la mode, et si étranger aux livres, si différent ! Oui, la psychanalyse est trop souvent présentée dans une perspective mièvre, une idéologie à bon compte dans les radios, à la télévision, dans les revues. La psychanalyse nous est inaccessible : trop de référents complexes, trop de nuances, trop onéreuse, en bref trop absconse et élitiste. Nous préférons les recettes efficaces, l'instantanéité, le grand air. Oui, oublions, oublions tout ça et laissons chacun à ce qu'il "croit" ou ne croit pas. Si nous devions vérifier par nous-mêmes les explications des uns et les négations des autres, deux méthodes s'imposeraient une fois le doute établi. Une longue recherche de type universitaire, avec une solide formation en logique et en épistémologie pour faire la part des choses, ce qui est fastidieux et irréaliste. Une cure psychanalytique suffisamment longue pour révoquer en doute la théorie ou la confirmer dans la mesure du possible.
Je ne sais pas s'il y a de nos jours beaucoup d'analysants qui ne soient pas d'emblée sceptiques !
Quant à prétendre que la psychanalyse serait scientifique, cela n'a guère plus de sens que de soutenir qu'elle est une philosophie ou une littérature, même si elle existe peut-être, avec son être au monde vague et bancal, sous ces trois formes.

15. 10/05/2010 20:39 - Anna

Anna
Aprés Dieu,Aprés Freud,je pense que sa prochaine "proie"sera Marx je ne vois que lui pour assouvir le désir mégalomaniaque qui l'anime.
C'est un maniaque.
Ensuite il rencontrera le Réel (Plus dur sera le choc)
Un jour ou l'autre.
Il ne vaut pas une polémique

16. 10/05/2010 21:40 - Mammuth

MammuthSauf que la polémique a lieu, Ann(esse) et c'est quoi le réel qu'Onfray va rencontrer pour toi ?

17. 10/05/2010 22:42 - Surya

SuryaCe n'est pas là une polémique importante dans la mesure où les arguments d'Onfray ne sont pas, comme le suggère Anna, ancrés dans la méthodologie psychanalytique (Onfray n'a pas l'expérience de l'analyse). La plupart reposent (malheureusement) sur des faux bruits et une culture people déjà ancienne. Autrement plus acérés et sérieux furent les arguments de Reich et d'Adorno...
Marx ?
Mais tournez-vous plutôt vers Claude Allègre... Et lisez la présentation du dernier numéro de Ciel & Espace écrite par Alain Cirrou : la prochaine polémique télé explosive concernerait plutôt les théories de l'astronomie moderne, parce la réalité de certains de ses objets les plus importants est soit critiquable, soit impossible à confirmer par l'observation...

18. 11/05/2010 12:03 - Pierre Poucet

Pierre PoucetExcellent, partner. Bien vu. Je ne pense pas n"anmoins qu'il faille considérer la psychanalyse comme une idéologie; elle le devient si elle est instrumentalisée par, etc. Et je ne suis pas sûr que les psychanalystes en soient les usagers les plus dangereux.

19. 11/05/2010 12:24 - quick

quickonfray thuriferaire de nietszche. onfray veut juger l'oeuvre de freud a l'aune de l'homme freud car dit-il, l'homme doit se conformer a l'oeuvre sans quoi son propos est caduc. nietzche vieillard souffreteux qui souffre des nerfs, bien loin de son oeuvre de Seigneur de la guerre - surhomme des temps futurs. onfray se tire une balle dans le pied. la logique chez lui a des raisons chez lui que la raison ignore

20. 11/05/2010 13:15 - Mimiche

Mimiche"[Onfray] ne vaut pas une polémique"

Mais qui a donc suscité cette polémique, si ce n'est les Roudinesco & Co, c'est-à-dire ceux qui ont des intérêts dans le business mis à mal par Onfray? Ce qui « vaut » une polémique, ce n'est en effet ni Onfray (le pauvre homme!), ni la psychanalyse en tant que telle (en effet, si Freud n'avait pas été avant tout un entrepreneur, on s’intéresserait à lui pour ce qu’il est vraiment, c’est-à-dire grosso-modo un mix entre Dali – pour l’avidité – et Breton – pour la capacité à s’approprier le génie des fous et à les laisser en miettes sur le bord du chemin – et leur précurseur). Non ce qui vaut une polémique c’est bien le business que cette « médecine non scientifique » – Même les médecins de Molière n’auraient pas osé ! Comment renoncer à tout vernis scientifique sans se dénoncer comme charlatan ? – représente encore. Et aussi la façon dont cette discipline hybride – mal définie ! Ce qui est un comble, non ? –, ayant coupé tous les ponts avec ce qu’il y avait avant elle – y compris les auteurs, tels Nietzsche et Shopenhauer, à qui elle a volé l’essentiel de ses concepts-clés, les a renommés (Freud est un romantique allemand 19e qui aime les néologismes), et s’en est attribué la paternité –, ayant tiré en quelque sorte la conclusion de l’Histoire et de la philosophie, phagocyte aujourd’hui tous les domaines de la vie privée [travail, famille, identité] et publique [sociologie, politique, embauche, marketing, managing, coaching, justice préventive et punitive, divertissement… etc etc] de l’homme « moderne », c’est-à-dire du consommateur.

Extrait du livre de Onfray :
- Freud [ou votre praticien – NDLAuteur de ce billet] passe pour incarner la permanence de la rationalité critique emblématique de la philosophie des lumières.
- [En vérité], Freud incarne ce qui, à l’époque des Lumières historiques, se nommait l’antiphilosophie – une formule philosophique de la négation de la philosophie rationaliste.

21. 11/05/2010 13:16 - Mimiche

Mimiche"Ce n'est pas là une polémique importante dans la mesure où les arguments d'Onfray ne sont pas, comme le suggère Anna, ancrés dans la méthodologie psychanalytique (Onfray n'a pas l'expérience de l'analyse)"

Toujours ce même vieil argument mangé aux mites : "Qui n'a pas fait de psychanalyse n'est pas habilité à en parler". Sachant qu'entrer en "analyse" implique un acte de subordination à un analyste, et que le "travail d’analyse" en question revient en quelque sorte à "reconfigurer" le rapport au monde d'un individu et sa façon de se percevoir lui-même, on peut traduire : qui n'a jamais fait acte, du moins le temps nécessaire à sa rééducation mentale, de subordination à un psychanalyste, n'est pas habilité à parler de psychanalyse. – Cela ne pose aucun problème à personne, ici ?

Extrait du « Crépuscule d’une idole » :
- [Selon Freud – et les siens] la « résistance » à la psychanalyse prouve l’existence d’une « névrose » chez le patient rétif.
- [Onfray répond à cela :] « Le refus de la pensée magique n’oblige nullement à remettre son destin entre les mains du sorcier. »

Comment toute cette escroquerie n'a-t-elle donc pas davantage éveillé les soupçons des gens cultivés jusqu’ici ? Faut-il que – précisément – nous vivions une époque bien peu philosophique ! Personnellement, m'ayant été donné de vérifier la terrible capacité de nuisance de cette véritable religion de la postmodernité qu'est la psychanalyse (et ses dérivés), je partage un rêve avec Onfray : réintroduire Socrate dans ce jeu pipé, tel un chien dans un jeu de quilles.

22. 11/05/2010 13:18 - Mimiche

MimicheRépondons enfin à cette belle parole (d’)illuminée, rédigée dans le plus pur style évangélique :

« Ensuite [Onfray] rencontrera le Réel (Plus dur sera le choc)
Un jour ou l'autre. »

Eux sont donc dans le « Réel », les clients du bon docteur Freud, ces "petits choses" désormais fragiles comme le verre, ces gâteux avant l'heure, retournés, en quête de la fameuse « Norme » inaccessible, sous la tutelle de leur "maître en normalité", s’enfermer, se recroqueviller dans la vaporeuse moite intimité gastrique de leur (vrais et faux) souvenirs d’enfance? Ils sont donc dans le réels ces pauvres gens ridicules qui ont désappris à commencer une phrase sans dire : « Moi je », et cela toujours en guise d’excuse ?

Savez-vous comment font les pervers manipulateurs pour isoler leurs victimes du reste du monde, et en particulier de ceux qui pourraient leur donner un point de vue extérieur sur la torture mentale à laquelle elles sont sujettes ? Le pervers dit à la victime : « L’expérience que tu vis avec moi, n’en parle à personne, car personne d’autre que toi et moi ne peut la comprendre. Cette expérience est unique, complexe, secrète : tu ne trouveras rien là-dessus qui puisse t’aider à en sortir dans toute la philosophie, ni dans l’histoire naturellement, pour en sortir il te faudra obligatoirement en passer par moi. Tout juste ce que nous vivons pourrait-il être de la littérature – car ce que tu vis actuellement est si subjectif que ce n’est susceptible d’être exprimé que sous la forme fictionnelle : avec des métaphores, des symboles… Avec MES métaphores, MES symboles ! Mais ce livre que tu vis tu ne le liras jamais : seul toi pourrait l’écrire, car il t’appartient ; il n’a donc jamais été écrit avant toi. Nous sommes tous les deux seuls avec notre secret, seuls dans l’histoire, seuls dans le monde. Tu n’as pas d’amis, de famille, qui te comprenne vraiment, qui te comprenne aussi bien que moi. Quand, une fois guéri de ton anormalité, tu retourneras à la société, tu peux compter sur moi pour refermer ton cagibi secret monstrueux et pour en jeter la clef dans les limbes.»

Le pervers, ce n’est donc pas le patient, comme son geôlier voudrait tellement le lui faire croire, mais c’est bel et bien le docteur ! Notre bon docteur Freud !

[Aparté]C’est à cause du bon docteur Freud, en particulier, qu’aujourd’hui plus personne n’aime lire, mais que tout le monde estime absolument nécessaire de raconter sa vie. Et cela est à mon sens son méfait le plus impardonnable. ;)[Aparté]

[...]

23. 11/05/2010 13:19 - Mimiche

MimicheOn me rétorquera : « Comment le malade n’est pas le patient ? Et dans le cas où celui-ci est venu voir un psy justement parce qu’il était malade ? » A cela je répondrait cette dernière citation de Onfray :

« Qui peut être analysé [selon Freud] ? La psychanalyse est déconseillée à un certain nombre de personnes : le personnage confus, le dépressif mélancolique, le caractère mal formé, la constitution dégénérée, le patient dépourvu de sens moral, celui auquel l’intelligence manque, l’individu au-delà de cinquante ans, alors qu’il n’y a pas d’âge minimum, la personne qui n’a pas fait la démarche personnelle d’entamer une analyse et se retrouve sur le divan conduite par un tiers, l’anorexique hystérique. Dans « L’Intérêt que représente la psychanalyse », Freud signale que « dans les formes les plus graves des troubles mentaux proprement dits, la psychanalyse n’arrive à rien sur le plan thérapeutique » (XII. 99) [cela étant, on apprend aussi dans le même livre que le plan thérapeutique n’est pas celui qui intéresse le plus le docteur Freud : « La connaissance théorique est pour chacun de nous incomparablement plus importante que le succès thérapeutique. », dit-il lui-même (Un enfant est battu, Contribution à la connaissance de la genèse des perversions sexuelles, 1919. XV.124), NDLAuteur de ce billet]. Convenons que, prudent, Freud écarte beaucoup de monde, ce qui donnera lieu à cette boutade pas forcément fausse : la psychanalyse ne guérit que les gens bien portants. »

Et cette dernière citation du maître :

« On appelle la cure psychanalytique « un blanchiment de nègre ». Pas tout à fait à tort si nous nous élevons au-dessus du niveau reconnu de la médecine interne. Je me console souvent en me disant que si nous sommes si peu performants ai niveau thérapeutique, nous apprenons au moins pourquoi on ne peut pas l’être davantage. » (Freud, lettre à Binswanger, 28 mai 1911).

24. 11/05/2010 13:40 - Mimiche

Mimiche@ Quick : "nietzche vieillard souffreteux qui souffre des nerfs, bien loin de son oeuvre de Seigneur de la guerre"

Quoi qu'on en dise, Nietzsche (qui n'a pas toujours été un vieillard, et qui, somme toute, si l'on excepte ce fameux horrible portrait aux moustaches hirsutes fait, avec la complicité de sa sœur, sur son lit de mort, était un assez bel homme), tout malade des nerfs qu'il était (Syphilis), fut décrit par ceux qui l'ont côtoyé, non certes comme un surhomme, mais comme un individu affable, d'une gentillesse, d'une sensibilité et d'une délicatesse de mœurs rares - une sorte de Prince Mychkine, en somme, ce qui n'est pas peu.
Freud en revanche était un cynique, un avide, mal intentionné, pervers incestueux manipulateur en quête d'un moyen de satisfaire à l'abri des regards, des quolibets et de la justice, un certain nombre de penchants de nature criminelle, un mauvais médecin, un vrai surréaliste mégalomane, et son dernier souci était de guérir les gens.

25. 11/05/2010 14:01 - Anna

Anna@Madame" mimiche"
Je perçois chez vous une haine bien rance
Vous pourriez être une adepte de la scientologie :votre" argumentaire"ressemble étrangement a celui qu'ils utilisent.
Car finalement si il y a des gens qui ont la capacité de sortir les victimes des griffes des sectes et de la scientologie en particulier, ce sont les psychanalystes.
La scientologie redoute les psychanalyses.
Ils haissent la psychanalyse.
Comme vous chére madame.
Je vous laisse a vos problémes de con c'est a dire a votre hystérie.
Du grec d'abord,hystéricon-d'ou nous viennent "hystérie" et" utérus"(désignant les organes de la gestation féminine)-dont l'usage et l'usure n'ont gardé que le con de la derniére syllabe.

26. 11/05/2010 14:05 - Anna

Anna@Madame" mimiche"
Je perçois chez vous une haine bien rance
Vous pourriez être une adepte de la scientologie :votre" argumentaire"ressemble étrangement a celui qu'ils utilisent.
Car finalement si il y a des gens qui ont la capacité de sortir les victimes des griffes des sectes et de la scientologie en particulier, ce sont les psychanalystes.
La scientologie redoute les psychanalyses.
Ils haissent la psychanalyse.
Comme vous chére madame.
Je vous laisse a vos problémes de con c'est a dire a votre hystérie.
Du grec d'abord,hystéricon-d'ou nous viennent "hystérie" et" utérus"(désignant les organes de la gestation féminine)-dont l'usage et l'usure n'ont gardé que le con de la derniére syllabe.

27. 11/05/2010 14:17 - Mimiche

Mimiche@ Anna
Psychologisation, quand tu nous tiens... Avant Freud, du temps des Lumières par exemple, le psychologisme était considéré comme une bassesse intellectuelle, une façon d'éviter de répondre sur les arguments. Mais, comme je le disais, nous vivons des temps bien peu philosophiques.

"Sous couvert d'émancipation, la psychanalyse a déplacé les interdits constitutifs du psychologisme, cette religion séculaire d'après la religion."
M. Onfray (Le crépuscule d'une idole)

***

Non, évidemment, je ne suis pas scientologue - un tel reproche est honteux, quelle bassesse de votre part! Comment me soupçonner d'appartenir à une secte alors que je viens justement de dénoncer comme équivalent à un crime - et de décrypter - tout ce qui s'apparente à une démarche sectaire dans la psychanalyse?

Il se trouve que j'ai été élevée dans un milieu athée, ce qui explique ma prévenance instinctive à l'égard des dévots de toute sorte, comme le sont par exemple ceux qui idolâtrent Freud au point de ne pouvoir lire ses contradicteurs dans prendre de Benzodiazépine.
- Ceci dit, le fait que j'aie été élevée dans l'athéisme importe peu, au fond, dans le fait que je n'aime pas les idolâtres. Je crois que c'est en tant que chrétienne que j'ai appris à m'en méfier le plus.

28. 11/05/2010 14:34 - Surya

Surya"les arguments d'Onfray ne sont pas ancrés dans la méthodologie psychanalytique - il n'a pas l'expérience de l'analyse"...

...ne signifie pas, bien sûr, que le discours de la psychanalyse puisse être confisqué par les rares personnes ayant l'expérience de la cure. Au contraire, et ce forum de discussion le montre, le besoin de parler de la psychanalyse préoccupe plutôt ceux qui se trouvent en position d'observateurs externes et pour qui les extraits de l'œuvre freudienne, utilisés hors de leur contexte, ne sont rien d'autres que des billes éparses qu'il convient d'éviter pour ne pas rouler au sol, ou, dans le cas contraire, de belles étoiles filantes à observer religieusement, comme une source innocente de plaisir, une libre fantaisie parmi d'autres, un artefacts surréaliste...

La douleur qui se dessine dans quelques-unes de ces interventions interpelle une posture intime devant le savoir. Une posture vide pour le moins car, pour appréhender honnêtement la méthode de Freud, encore faudrait-il regarder du côté de l'expérience. Qu'il s'agisse de Freud, de Binswanger ou de Lacan, mais de Freud le premier dans cette forme d'art, on observe l'emprise du doute, de la mise à l'épreuve et de la correction ou de l'élimination de conclusions antérieures. Néanmoins, la dispute freudienne ne porte pas sur un embrouillamini d'idées préconçues et gratuites, mais elle s'appuie sur des remises en question constantes de la pratique, qui seule confirme ou infirme la rationalité de la méthode (à distinguer parfois de la théorie...). D'où l'importance de la cure : attention, donc, aux jalousies (légitimes) que cet accès au savoir génère.

A propos d'un prétendu "acte de subordination de l'analysant" vis-à-vis de l'analyste, cette très ancienne critique usée jusqu'à la corde, et qui remonte aux débuts de la psychanalyse, ne devrait pas vous affoler : si vous courriez le risque d'entrer en analyse dans cette modalité sceptique, que vous arriverait-il ? Vous seriez le bienvenu, et vous pourriez d'ailleurs constater à quel point vous restez tel que vous êtes, de plus en plus conforme, le cas échéant, à votre style si insubordonné !

Dans tous les cas, il me paraît essentiel d'en revenir au questionnement dans une visée pragmatique : toutes les freudian wars ont été confrontées à trois obstacles. La théorie, qui a toujours subi un feu nourri, pour son plus grand bien (refontes). La pratique : un rempart justement, qui a protégé l'édifice freudien. Et le troisième aspect, imperceptible et pourtant d'une grande importance tactique : le lien entre pratique et théorie.

29. 11/05/2010 15:07 - Bernard B.

Bernard B.Freud a été un génie, un précurseur, il a ouvert des portes pour l'exploration de l'inconscient et a eu des intuitions qui se sont révélées très pertinentes.
Mais sa théorie a vite trouvé ses limites et il a enfermé la psyché humaine dans un cadre beaucoup trop restrictif et matérialiste, ce qu'a réalisé son disciple préféré, Carl Gustav Jung et qui l'a conduit à prendre ses distances avec son maître et à poursuivre sa voie propre, bien plus riche à mon avis.
Le problème n'est pas Freud, mais le freudisme, et cette véritable religion qu'en ont fait ses suiveurs, et les cris d'orfraie qu'on peut entendre ces jours-ci de la part de ses sectateurs, Mme Roudinesco en tête, ne font que l'illustrer davantage s'il en était encore besoin.

30. 11/05/2010 16:21 - Mimiche

Mimiche"La douleur qui se dessine dans quelques-unes de ces interventions interpelle une posture intime devant le savoir."(Surya)

Psychologisation quand tu nous tiens! (Bis repetita : cf plus haut)

"Une posture vide pour le moins car, pour appréhender honnêtement la méthode de Freud, encore faudrait-il regarder du côté de l'expérience."(Surya)

Mais cela non plus "...ne signifie pas, bien sûr, que le discours de la psychanalyse puisse être confisqué par les rares personnes ayant l'expérience de la cure."(Surya)

Non, bien sûr!

Si c'est de l'expérience de Freud dont vous dites qu'il faut se soucier pour le comprendre, c'est justement, je crois, ce dont parle le livre de M. Onfray. Lisez-le et on en reparle! :)

"A propos d'un prétendu "acte de subordination de l'analysant" vis-à-vis de l'analyste, cette très ancienne critique usée jusqu'à la corde, et qui remonte aux débuts de la psychanalyse, ne devrait pas vous affoler : si vous courriez le risque d'entrer en analyse dans cette modalité sceptique, que vous arriverait-il ?"

Ca je le sais mieux que vous.

"Vous seriez le bienvenu"

Ca oui, tout le monde est bienvenu... Tant qu'on paie. :)

"vous pourriez d'ailleurs constater à quel point vous restez tel que vous êtes, de plus en plus conforme, le cas échéant, à votre style si insubordonné !"

Ca c'est bien vrai! Je suis encore plus fidèle à moi-même et insubordonnée à la psychanalyse depuis! Comment l'avez-vous deviné? Lol!

Ah! Mais suis-je bête! Quelle bourde! A présent que j'ai révélé avoir déjà fait une psychanalyse on va me dire : "Eurêka! Voilà d'où vient votre haine!" - "Haine", le mot est pratique, n'est-ce pas? il salit automatiquement toute colère légitime - Quoi? De la colère légitime? Voyons c'est impossible, prenez un Trangsène immédiatement! - "Voilà donc d'où vient votre haine : le docteur a découvert chez vous une grave névrose, et vous êtes pleine de refoulement et de rancoeur!" - Ironique, non?

Récapitulons :

1) Celui qui n'a pas fait de psychanalyse ne peut pas en parler (du moins de façon aussi exhaustive et judicieuse de Surya).
2) Mais celui qui en a fait une et qui n'en est pas content est une sorte de psychopathe : il nourrit contre son praticien et sa pratique une rancœur sans borne qu'il ferait mieux de soigner.
3) Quelle alternative me reste-t-il donc si je veux "honnêtement appréhender la démarche de Freud"? Il ne me reste que a) Avoir fait une psychanalyse b) Avoir trouvé cela fructueux et fantastique.

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Superbe article : vive la jeunesse ! Vous n’imaginez à quel point ce vrai débat a eu lieu déjà aux USA : l’invention des rumeurs.

Elisabeth Roudinesco10/05/2010 08:20 Elisabeth Roudinesco
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