Sur le RING

Les larmes de Philippe Mexès

SURLERING.COM - ADRENALINE - par Loïc Lorent - le 12/09/2010 - 7 réactions - Facebook Twitter Wikio print.jpg, 760B

C’était le 25 avril 2010, au Stade Olympique, la Roma recevait la Sampdoria de Gênes.




Gamin, sans trop savoir pourquoi, je soutenais la Samp. En 1992, Gianluca Vialli et Roberto Mancini hissaient cette dernière en finale de la Ligue des Champions. Ronald Koeman expédiait un Exocet pendant les prolongations, le Barça soulevait la coupe, j’étais vert. Depuis ce jour marqué du sceau de l’infamie (au moins), je hais les footballeurs hollandais, je hais la Hollande. Cet été, le soir d’Espagne – Pays-Bas, tant sur le terrain que dans le bar – colonisé par des touristes hollandais – où je regardais le match, ma haine fut une nouvelle fois justifiée. Les protestants n’ont jamais rien compris à la dramaturgie, même pas celle du football. 1992 : c’était au temps où les clubs français rivalisaient avec les monstres italiens, espagnols, anglais. Pas qu’eux, d’ailleurs. Remember Bari 91, OM – Etoile rouge de Belgrade. Un club pouvait gagner une compétition européenne sans avoir forcément un budget équivalent au PIB d’un petit Etat d’Afrique sub-saharienne. Tristesse d’une étoile. A la veille et au lendemain de France 98, sans doute parce que la moitié des joueurs de l’équipe de France évoluait dans le Calcio, celui-ci était extrêmement médiatisé sous nos latitudes. Bien plus qu’aujourd’hui en tout cas. Et parce que Zidane et Deschamps jouaient à la Juventus, la Juve était qualifié de « plus grand club du monde ». De fait, elle accumulait les titres nationaux, grâce à l’immense talent de ses joueurs – qui pourra m’expliquer pourquoi Alessandro Del Piero n’a jamais reçu un Ballon d’or ? –, grâce aussi à une pharmacie digne de Festina, cette antenne chirurgicale ambulante, et grâce à des relations des plus courtoises avec le corps arbitral. Le Milan AC hibernait. Le Parme de Thuram, Boghossian et Crespo chatouillait les cadors. Mais le rôle du cocu de service fut attribué à l’Inter de Ronaldo (le vrai). « C’est l’Italie », disent les Maurice Olivari pour expliquer pourquoi, après un décisif Inter – Juventus émaillé par des décisions arbitrales à sens unique, et si ma mémoire est bonne, un pénalty plus que litigieux accordé en toute fin de match aux Bianconeri, la Chambre des députés fut le théâtre d’un échange musclé entre supporters des Piémontais et des Lombards. Les feuilles roses de La Gazetta dello Sport en guise de cotillons. « Ah ! les mandolinistes ! » Au moins, les Italiens, eux, ne font pas semblant de croire qu’il se passe vraiment des choses importantes dans un parlement d’après l’Histoire.

Fabio Capello débarquait à Rome et avec lui l’espoir de jouer le titre après quinze années de disette. Quatre Coupes d’Italie entre 1981 et 1991, c’est presque rien, n’importe quel supporter de la Roma les aurait troquées contre un seul titre de champions. Il y avait un Français chez les Giallorossi : Vincent Candela. Les Yeux dans les Bleus oblige, on a surtout retenu de ce remarquable défenseur latéral qu’il était le principal responsable de cet immonde I Will Survive dont la simple évocation me fait saigner du nez et des oreilles – je me souviens de la momie de Gloria Gaynor, toute de paillettes vêtue, trimballée de stade en stade dans la foulée de notre-coupe-du-monde-à-nous.

Puis je vis un match de cette Roma façon Capello. En attaque, au grand Delvecchio vinrent s’ajouter Gabriel Batistuta et Vincenzo Montella. Derrière eux, entre autres : Samuel, Emerson, Totti, plus tard Nakata. Un jeu fluide, porté vers l’attaque, parfois totalement suicidaire, et une ferveur hallucinante autour de ce club, « club de gauche », comme dit Maurice Olivari, sans préciser ce que veut dire « gauche » en Italie, une ferveur qui m’émerveilla, alla appuyer sur je ne sais quoi au fond de mon cerveau et de mon cœur d’amoureux de foot ne supportant plus aucun club en particulier. Il y avait le maillot, les couleurs du maillot, celles de Rome, ville que je ne connaissais pas encore mais où, foutue passion pour l’Histoire oblige, je n’allais pas tarder à mettre les pieds. Dire que Rome est une cité magnifique, miraculeuse, envoûtante, c’est s’exposer à des réponses blasées sur l’air de « T’es jamais que le dix-millionième à le répéter ». J’aime à croire qu’il est des évidences qu’il faut rappeler et les raisons qui me poussent à l’aimer, cette ville, ne sont pas forcément celles de Toulemonde. Et même si… Qui a eu le bonheur d’assister à un banal coucher de soleil sur le Forum me comprendra. Il se passe une chose étrange à l’instant précis où tombe sur les arcs de triomphe cette lumière qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. On le prétend, j’ai tendance à le croire. Oui, Rome est d’abord cette lumière – le premier qui dit qu’elle est aussi un bruit de scooter devrait consulter d’urgence Maurice Olivari. Tenez, je ne sais pas ce qu’il en a pensé, ce bon Maurice, du sacre de la Roma en 2001, final d’une saison palpitante. Moi, j’en avais les larmes aux yeux, carrément. C’était le troisième scudetto du club. A ce jour le dernier.   

Bizarrerie de l’histoire : l’année précédente, c’est la Lazio du génial Nedved qui avait remporté le titre. Le deuxième millénaire (celui du « bug » qui devait tous nous tuer) finissait et commençait sur une victoire romaine. Je me souviens justement d’un Lazio – Roma se terminant sur un score de 5 à 1 en faveur de la seconde. Montella en avait planté quatre, je crois. C’était en 2002. Le club terminera le championnat sur la deuxième marche du podium. Puis à la huitième, puis à la seconde, puis encore à la huitième. Quand je vais à Rome, ce qui m’arrive trop rarement, je ne vois que des drapeaux et des maillots de la Roma. Mais je ne regarde peut-être pas aux bons endroits.

C’était le 25 avril 2010, au Stade Olympique, la Roma recevait la Sampdoria de Gênes, et Philippe Mexès était sur le banc.

Après l’hégémonie des Turinois, le Calcio subit celle des Milanais. En 2004, après des recrutements pas toujours inspirés et avec des finances en berne, la Roma est en crise. Sur le terrain, elle caresse tantôt le sublime, tantôt le ridicule. C’est une formation cyclothymique. Philippe Mexès arrive à l’été 2004, peut-être au plus mauvais moment. Quant à son départ d’Auxerre, on dira qu’il manquait de classe et n’était guère respectueux du club auquel il devait d’être considéré comme un « grand espoir du foot français » après le naufrage de l’équipe de France en Asie et celui, plus relatif, au Portugal. On notera cependant qu’il a quitté l’Yonne après cinq années de bons et loyaux services là où d’autres abandonnent leurs clubs formateurs avant même de jouer un match de Ligue 1. Le traiter de mercenaire serait donc très exagéré.

Je me souviens des débuts de Philippe Mexès sous son nouveau maillot. Psychodrame intégral : durant un match, tour préliminaire de la Ligue des Champions, il fauche je ne sais plus quel joueur, prend un rouge, sort sous les sifflets d’une partie des supporters, supporters qui balancent n’importe quoi sur la pelouse, la rencontre est arrêtée, la Roma éliminée sur tapis vert. En prime : deux matchs à huis clos pour le club, deux matchs de suspension pour Mexès. Après des semaines pas très jouasses, des critiques acerbes de la presse (à côté de la presse sportive italienne, la française est d’un radical-socialisme exemplaire), Mexès dispute une place de titulaire dans une équipe où se succèdent pas moins de trois entraîneurs en un an (Cesare Prandelli, Rudi Völler, Luigi Del Neri). Pendant ce temps-là, à Clairefontaine, Raymond Domenech convoque match après match la quasi totalité des joueurs évoluant en Ligue 1 sans parvenir à dégager un semblant d’équipe-type. Il ne fait qu’occasionnellement appel à Mexès malgré des performances très correctes avec son club – quand il joue. Que Mexès n’ait pas été très bon en bleu les rares fois où Domenech l’a appelé durant cette période, c’est une évidence. Au point d’en faire au mieux un remplaçant ? Mais peut-être que Mexès n’était pas très branché programmation neurolinguistique (si quelqu’un pouvait enfin me dire si cette rumeur – « Domenech utilise la PNL » – est fondée, je lui en serais drôlement reconnaissant). Il ne sera ni du voyage au Portugal ni de celui en Allemagne. En Italie, tous les commentateurs se demandent comment le « coach » des Bleus peut se priver de Mexès comme ils se demanderont après 2006 comment ce même « coach » pourra se passer de Trezeguet. C’est que le natif de Toulouse enchaîne, devient un titulaire indiscutable pendant la saison 2005 – 2006, est présenté comme l’un des meilleurs défenseurs au pays du catenaccio, celui de Bergomi, Costacurta, Maldini et Nesta. Que Mexès soit un bon joueur de tête alors même que l’absence d’un mec capable d’en planter un de la tête est l’une des faiblesses notoires de l’équipe de France ne change rien à l’affaire. Que Mexès n’ait pas les pieds carrés et sache relancer proprement (Abidal et Gallas : une pensée pour eux) non plus. Raymond dit non, parle de « vie de groupe », qu’on dirait parfois un éducateur spécialisé qu’aurait lu trop de bouquins sur « les spiritualités orientales » et « le management par le sourire », ce genre de fadaises. Jusqu’au jour où il le convoque en septembre 2008, comme ça, sans crier gare, sans doute le fruit d’une illumination, après l’avoir ostensiblement ignoré, et il l’envoie au casse-pipe, match piège classique, Autriche – France (défaite 3 à 1). Une histoire d’automatismes et de confiance : Mexès fut mauvais, très mauvais, mais pouvait-il en aller autrement dès lors que Domenech n’avait rien fait pour lui permettre de s’installer en équipe de France ? Ou comment fusiller la carrière internationale d’un garçon de vingt-six ans. La presse sportive française (en premier lieu L’Equipe), qui a structurellement la mémoire courte et qui milite beaucoup ces temps-ci pour la titularisation de Mexès (enfin, sur l’unique thème artificiel de « Mexès aura-t-il une carrière à la Laurent Blanc ? »), devrait relire ses articles d’après Autriche – France. Pas Ginola 93, Mexès, mais pas loin.

C’était le 25 avril 2010, au Stade Olympique, la Roma recevait la Sampdoria de Gênes, et Philippe Mexès était sur le banc, et à la trente-neuvième minute de la seconde mi-temps, Giampaolo Pazzini marqua un but.


Qu’il nous soit permis de penser que de jouer chaque week-end contre Milito, Pato, Amauri, Ibrahimovic ou Di Natale, c’est somme toute autre chose que d’affronter Gomis, Hoarau ou Pujol. Outre les journalistes, il suffit d’errer dix minutes sur des sites transalpins pour constater qu’en plus des tifosi de la Roma, ceux des autres clubs – même des supporters de la Lazio – se mettent d’accord pour voir en Mexès un défenseur exceptionnel. La plastique pas désagréable du garçon contribue à sa popularité, soit, mais ce qu’ils louent tous chez lui, c’est son tempérament de feu, la manière avec laquelle il mouille le maillot, le fait qu’il soutienne toujours ses coéquipiers, comme il le fit en septembre 2009 au Stade Artemio Franchi de Sienne quand Daniele De Rossi dut affronter les quolibets affreusement bêtes des supporters toscans. Tellement prophète en sa ville d’adoption, Mexès, qu’il a été honoré d’une distinction un peu particulière en 2007. « Symbole des valeurs romaines », quelque chose dans le genre. Il ne s’agit pas d’une blague : à Rome, on croit encore aux symboles et aux valeurs. On croit encore que Rome, c’est une histoire, donc une identité.

C’est la raison pour laquelle, lorsque Luciano Spalletti, adepte du jeu offensif (les Lyonnais s’en souviennent), est remplacé par Claudio Ranieri (après la troisième journée du championnat 2009 – 2010) et que celui-ci emploie Mexès avec parcimonie, nombreux sont ceux qui, tout en admettant que le défenseur central a fait quelques matchs très moyens (il l’avoue lui-même), expriment et leur colère et leur attachement au Français. Depuis cette passation de pouvoir, la situation du joueur ne s’est guère améliorée. Ranieri continue de lui préférer Juan et maintenant Burdisso. Plus franc que Domenech, l’ancien entraîneur de Chelsea et de la Juventus a au moins le mérite de dire clairement les choses : dans son esprit, Mexès n’est plus un titulaire. C’est donc logiquement sur le banc de touche que Mexès passe l’essentiel de cet exercice. Quand il entre sur le terrain, ses performances ne sont pas honteuses, loin s’en faut. Il manifeste toujours cette grinta digne d’un Gattuso.

Risée de l’Italie à l’automne 2009 après une série de défaites, dont certaines humiliantes, la Roma se reprend et reste invaincue pendant vingt-quatre journées. Francesco Totti n’a peut-être jamais été aussi brillant. A quelques encablures de la fin du championnat, la Roma devance l’Inter de Mourinho. Dans les « quartiers défavorisés de Rome », comme dirait pudiquement Maurice Olivari, on entrevoit un quatrième sacre national. Cerise sur le gâteau, la Roma bat la Lazio le 18 avril 2010 (elle l’avait également battue au match aller). Il reste quatre journées, la Roma a un point d’avance sur l’Inter. C’est peu, d’accord, et il ne faut pas vendre la peau de l’ours, certes, mais la « dynamique positive » incite à l’optimisme. Surtout que les mercenaires de Milan s’apprêtent à jouer une finale de Ligue des Champions. Puis vint cette trente-deuxième journée, une Samp dominée (25 tirs au but contre 8) mais qui ne lâcha rien, et finalement, peu avant la fin, ce but de Pazzini. Défaite de la Roma 2 à 1. L’Inter, qui bat l’Atalanta Bergame, en profite pour repasser en tête du Calcio. Ce soir-là, je regardais le match, un streaming sorti des entrailles d’Internet. Sur son banc de touche, juste après le but mortel, Philippe Mexès pleurait. C’est con, mais ça m’a ému. Je savais, Toulemonde savait que la Roma venait de perdre le titre, que la belle mécanique était brisée, que l’Inter engrangerait un cinquième titre consécutif. Je me souviens du long plan fixe sur le visage de Philippe Mexès, garçon de vingt-huit piges qui gagne chaque mois une fortune, qui, sans le savoir, fait partie de ces « élites mondialisées » que nos chers gouvernants voudraient voir pousser afin d’en finir une bonne fois pour toute avec l’idée même de nation, un footballeur, rien d’autre, et il est vrai que le foot n’est qu’un jeu, un sport, un truc pas beaucoup plus utile que la poésie. J’ai envie de m’accrocher, si je puis dire, aux larmes de Mexès, à ce chagrin que je crois sincère. Il est double, ce chagrin, paradoxal. Il dit que devant un match de foot nous serons toujours un peu des gamins. Il dit aussi que le foot est fondamentalement dramatique. Je ne parle même pas de la douleur, certes passagère, que causa chez moi cette défaite. Car il n’y a pas qu’à Barcelone qu’un club est plus qu’un club. Je ne parlerai pas non plus du match Lazio – Inter de la journée suivante. Des cris des supporters biancocelesti en faveur des Milanais durant toute la rencontre. Ni du soudain manque d’audace des joueurs de la Lazio ce jour-là. Tranquillement, l’Inter s’imposa 2 à 0. Pour la petite histoire, la Roma remportera ses trois derniers matchs, s’arrachant à chaque fois. Problème : l’Inter aussi.

A l’heure où j’écris ces lignes, il paraît que Philippe Mexès, excellent avec l’équipe de France contre la Biélorussie et la Bosnie, souhaite quitter la Roma. Il a déclaré qu’il étudiait les propositions de plusieurs clubs. Il y a quelques jours de cela, d’aucuns l’envoyaient au Milan AC. Je crois qu’il commettrait une erreur. Dieu merci, même à Rome, les joueurs de foot demeurent des joueurs de foot. On n’inscrit pas leurs noms sur le Capitole. Toutefois, quand on a la chance d’être aimé par le peuple romain, quand on est capable de pleurer comme et pour lui, le quitter n’est pas une trahison, c’est une apostasie.

C’était le 25 avril 2010, au stade Olympique, la Roma recevait la Sampdoria, et Philippe Mexès était sur le banc, et à la trente-neuvième minute de la seconde mi-temps, Giampaolo Pazzini marqua un but. Philippe Mexès se mit à pleurer. Moi aussi.

Loïc Lorent


Toutes les réactions (7)

1. 13/09/2010 10:54 - Alciator

AlciatorAh! Quel bel article! Et puis après la défaite de samedi, j'aime beaucoup que l'on me parle de la Roma.... (je suis un ardent tifoso de Cagliari!)

1.Les drapeaux laziali: il faut quitter Trastevere, le Testaccio! D'accord, ce sont les quartiers les plus, authentiques, mais ne serait-ce que dans le Flaminio vous ne verrez plus que des drapeaux blanc-céleste!

2.La Roma club des pauvres, la Lazio club des riches.... mwi, vieille rengaine. La Roma est surtout le club des romains avant tout, la Lazio le club des italiens avant tout (enfin, pas ceux du Nord ni du Sud). Un fait qui ne trompe pas: les supporters romains parlent romanaccio (le dialecte romain), les laziali parlent italien avec l'accent romain. Mais là encore, c'est une généralisation un peu forcée. On est Laziale et Romanista de père en fils, et trahir la lignée est quand même un peu osé.

3. Ne vous dispensez pas d'écrire des platitudes sur Rome: le coucher de soleil sur le forum, la promenade sur l'Appia au petit matin (avant, c'était le coucher de soleil, mais aujourd'hui c'est un lupanar à ciel ouvert), le Campo dei Fiori juste avant l'ouverture du marché, une terrasse arborée d'un Palazzo en plein centre-ville pour un cocktail entre amis... Rien à voir avec le cliquant présomptueux parisien.

4.Mexès, enfin Mexès! Je crains seulement qu'il n'arrive jamais à donner en équipe de France ce qu'il donne à la Roma. L'amour du maillot, vous le dites, est si fort là-bas, si faible ici. Quand on a des Totti, de Rossi qui donnent une vie à leur club, imaginez l'émulation! Ce n'est pas Lloris ou Diarra qui peuvent en dire autant. Et un petit Arc de Triomphe pour Totti ne me choquerait pas.

5.L'ambiance a changé, cette année: vous le savez bien, c'est désormais Rosella Sensi qui dirige le club. Elle n'est pas forcément plus mauvaise que le père. Mais un cycle se termine, un nouveau va voir le jour. Mexès est désormais un romain: il doit avoir la maturité pour porter cet état d'esprit dans d'autres clubs prêts à s'en inspirer. Bien sûr il ne viendra pas à Cagliari. Mais chez nous aussi endosser le maillot du club c'est honorer une ville, une région, une culture, un héritage.

Et ce n'est ni de droite, ni de gauche: là encore votre papier sent le vrai. (mélange de pin parasol, sauge et myrte sauvage...)

2. 13/09/2010 13:51 - Loïc Lorent

Loïc LorentSacrée branlée, en effet. Cela dit, à 10 contre 11, forcément... Et puis j'aime beaucoup cette équipe de Cagliari et j'ai l'impression qu'elle risque de faire mal cette année.

1. "Mais je ne regarde peut-être pas aux bons endroits". Ne me demandez pas d'être objectif.

2. Trop facile, oui, "club des pauvres" contre "club des riches". Comme à Milan. Raison pour laquelle je n'en parle pas. C'est Maurice qui le dit, car Maurice, lui, ne peut pas s'en empêcher.

3. On se comprend.

4. Un Ballon d'or, pour commencer. Quand on pense que Rivaldo et Owen l'ont eu...

5. Parlons-en, de l'identité sarde ! J'ai pas eu de bol ou c'est une tradition chez les femmes sardes que de vous en coller une si vous les regardez pas dans les yeux et seulement dans les yeux ?

Vrai, je ne sais pas, mais amoureusement, oui.



3. 13/09/2010 22:32 - Panenka

PanenkaMoi aussi j'ai regardé ce match pourri en streaming (à la mi-temps, on menait 1-0, on jouait magnifiquement et je me suis dit : "merde on aurait dû faire le break, ca sent le traquenard") et j'ai eu la gorge serée en voyant Mexes pleurer alors qu'à sa place, quasi tous les joueurs seraient entrés en conflit avec le club et n'auraient plus rien eu à foutre de son sort.

La Roma dégage quelque chose de tout à fait particulier. On dirait que la ferveur qui l'entourre est liée à une sorte d'imprévisibilité exacerbée qui peut déboucher tant sur des moments de grâce (le 0-2 à Gerland ou le 1-2 au Bernabeu en étaient) que sur le plus médiocre (comme ce week-end); une fragilité géniale qui vous remue les neurones et les tripes en permanence. Le fait qu'un joueur comme Totti soit resté toute sa carrière à la Roma en dit long sur la puissance qui se dégage de ce club.

Pas facile d'être romanista.

4. 14/09/2010 11:41 - Louis-Alexandre

Louis-AlexandreHa! La femmes sarde (sans faire de généralités bien sûr) de la nouvelle génération est court vêtue, mais conserve la mentalité de ces femmes voilées que l'on croise encore dans la Barbagia (intérieur de l'île). Mais rassurez-vous: en bonne psychologie, vous auriez du insister. Votre goujaterie l'avait sûrement flattée. Sauf si c'est ma cousine. Mais là, j'en garde les raisons.
Ou sauf si elle a des poils aux seins. Oui, ça arrive dans le Sud.

Cela me rappelle une discussion de comptoir cocasse, non pas en Sardaigne, mais en Ombrie, autre région à avoir conservé un mode de vie traditionnel. Une fille en mini-jupe, tous attributs féminins libres à jauger, discutant à bâtons rompus avec un homme dont le grand âge l'exonère de toute prétention don juanesque. "Et bien figurez-vous qu'il a voulu coucher le premier soir! Non mais pour qu'il il m'a prise?" s'exclamait-elle. Regards narquois au comptoir, vite réprimés en avalant la dernière gorgée de ristretto...

5. 14/09/2010 12:08 - David

DavidJ'ai parcouru votre article avec un immense bonheur. Moi aussi, j'étais, petit, fan de la Sampdoria. J'ai viré ma cutille en faveur de la Roma lorsque la Samp était en deuxième division, c'est-à-dire au début des années 2000. La Roma est plus qu'une équipe, c'est un état d'esprit, une promotion du beau jeu avant le résultat. C'est aussi une équipe de pauvres, mais pas en comparaison à la Lazio, mais en comparaison à la Juve, à l'Inter et à Milan. J'étais moi aussi devant mon ordi lors du match Roma-Sampdoria, et la première mi-temps a été un festival offensif de la Roma. Deux contres du duo Pazzini - Cassano et tous nos espoirs étaient finis. Je crois que la Roma souffre de cela, de vivre les événements sur le mode tragique. Souvent, elle ne sait pas réagir face à l'adversité. C'est son plus gros défaut, et c'est ce qui fait que nous ne gagnions jamais le championnat. Malheureusement.

6. 18/09/2010 15:21 - Loïc Lorent

Loïc Lorent@ Louis-Alexandre : quel âge, votre cousine ? Par curiosité, n'est-ce pas.

@ David : merci.

7. 19/09/2010 11:27 - Louis-Alexandre

Louis-Alexandre30 ans!

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