Sur le RING

Michel Onfray, le retour du défoulé

SURLERING.COM - THE BOOKMAKER - par Pierre Cormary - le 14/04/2010 - 30 réactions - Facebook Twitter Wikio print.jpg, 760B

Le crépuscule d’une idole — L’affabulation freudienne


Michel Homais (1) n’aime pas Sade. Mais parce que Michel Homais n’aime pas Saint Jean. Michel Homais n’aime pas Bataille. Mais parce que Michel Homais n’aime pas Saint Paul. Michel Homais n’aime pas Kant. Mais parce que Michel Homais n’aime pas Saint Augustin – et aussi parce qu’Eichmann y songeait, à Kant. Enfin, d’après ce qu’en dit Michel Homais dans sa pièce, Le songe d’Eichmann. « Traite les autres comme tu voudrais être traité », la formule, si belle, qui résume la morale kantienne a pu, selon Michel Homais, servir de prolégomènes à l’holocauste. Il est comme ça, Michel Homais. Tous hitléro-chrétiens, les philosophes ! Tous proto-nazis, les chrétiens ! Tous crypto-chrétiens, les nazis ! Tous complices du pire depuis le Christ qui d’ailleurs n’a jamais existé — on ne la lui fait pas à Michel Homais, partisan résolu des thèses mythistes qui prétendent que Jésus serait juste un personnage conceptuel au même titre que Dionysos chez Nietzsche ou que Mickaël Vendetta dans La ferme célébrités.

Donc, de Platon à Heidegger, en passant par Tertullien et Schopenhauer, toute la philosophie occidentale ne serait à ses yeux qu’une longue répression sexuelle et sociale, une persistante négation de la vie et de la liberté, un nihilisme en pensée et en acte et qui ne pouvait aboutir qu’aux camps. Jérusalem – Sodome (des Cent-vingt journées) – Auschwitz : l’histoire de la pensée occidentale selon Michel Homais qui au jeu des points de Godwin n’a pour l’instant rencontré personne de sa force. On caricature ? Mais comment faire autrement avec quelqu’un qui écrit sans sourciller qu’Hitler est le dernier disciple de Saint Jean et que le christianisme est la matrice du nazisme ?

Aucun philosophe comme il en aurait voulu. Sauf Nietzsche bizarrement, le seul philosophe qui ait été récupéré réellement par les nazis, c’est drôle qu’il n’ait pas vu ça, Michel. Et Aristippe de Cyrène, fondateur du Cyrénaïsme, forme d’hédonisme ascétique, et dont lui, Michel Homais se veut le représentant bienheureux et officiel. Et aussi Julien « Offray » La Mettrie, ultra-matérialiste du XVIIIe siècle, car il porte le même nom que lui, sacré Michel ! Pour les autres, il passe. Jamais assez athées, les rebelles, jamais assez rebelles, les athées, jamais assez gauchistes, les nietzschéens, jamais assez solaires, les hédonistes, contrairement à lui évidemment – lui qui définit d’ailleurs son existence d’après un « hapax », soit une occurrence qui ne se produit qu’une seule fois, un événement unique qui coupe l’existence en deux : un chemin de Damas, une madeleine, une chute de cheval — et pour lui un infarctus qui manque de l’emporter à 28 ans. Tant mieux pour lui, tant pis pour la philosophie. Du reste, Michel Homais aime-t-il la philosophie ? C’est toujours la question que l’on se pose à la lecture de ses livres qui tombent des mains. Non, en vérité, ce qui botte Michel Homais depuis le début, c’est refaire l’histoire de la philosophie, c’est proposer une contre-histoire de la philosophie, une histoire « occulte » de la philosophie. Qui ne soit ni judéo-chrétienne ni nazie – un pléonasme pour Michel Homais dont le souci premier est, comme le pharmacien de Flaubert dont le nom lui va si bien, de « marcher avec son siècle. »

« Il rappelait la Saint Barthélemy à propos d’une allocation de cent francs faite à l’église… »

Notre jouissif révisionniste s’en prend aujourd’hui à Freud avec Le crépuscule d’une idole — L’affabulation freudienne, au grand dam des freudiens de gauche et des antifreudiens de droite. Les premiers ne comprennent pas pourquoi leur normand préféré qui avait l’air jusqu’à présent d’être de tout cœur avec Freud contre la loi de Moïse, le citant sans cesse comme un dans ses auteurs préférés, et allant même jusqu’à offrir Totem et tabou au futur président de la république, ait fait volte-face sur celui-ci (Sigmund, pas Nicolas) et le traite désormais comme il traitait le christianisme. Les seconds ne voient pas comment on peut être à la fois antichrétien et antifreudien, moderne et antimoderne, anti-Moïse autant qu’anti-anti-Moïse. À tous, il faut expliquer.

C’est que pour Michel Homais, Freud est le dernier avatar de Moïse et la psychanalyse la dernière religion monothéiste. Une religion, d’inspiration catholique et romaine, qui ne sait fonctionner qu’en termes de dogmes et de sacré, de conclaves et de confessions, d’hérésies et d’inquisition, d’excommunications et de bûchers. Pire : on pensait que Freud était un grand moderne scandaleux et libérateur, ami des femmes et des pervers, on apprend qu’il est un salaud de réactionnaire phallocrate, misogyne et homophobe. D’ailleurs les gays ne s’y trompent pas en refusant depuis belle lurette de se référer à lui pour qui, faut-il le rappeler, l’homosexualité reste un désordre mental (en fait, un arrêt du développement sexuel) et la distinction sexuelle l’indépassable réalité anthropologique – des choses que pensent aujourd’hui des gens aussi horribles qu’Éric Zemmour et cette bande de culs terreux qu’on appelle les hommes et les femmes de cette terre. Quant aux féministes, elles n’en peuvent plus d’entendre parler de la femme en termes de « continent noir », sinon en ceux d’« origine du monde. » Courbée là quand ? Et c’est un fait que Freud pense le monde comme la Bible. Freud pense Adam et Eve, Caïn et Abel, Joseph et Marie. Certes, les mythes grecs sont dans sa méthode plus à l’honneur que les récits de la Bible mais Freud a tout fait tout pour qu’ils deviennent des vérités bibliques. Qu’on le veuille ou non, et là-dessus, Michel Homais a absolument raison, la castration a la même signification pour Freud que celle du péché originel pour les chrétiens. L’Immaculée Conception (soit le Fils qui a une action prévenante et rétroactive sur sa mère) n’est qu’une façon d’abolir le père (Joseph) pour pouvoir coucher, au moins symboliquement, avec la mère. L’inconscient ne fut jamais qu’une affaire de démons comme l’épilepsie ne fut jamais qu’une affaire de possession. Enfin, meurtre du père ou meurtre du frère (Abel), il s’agit toujours de poser la condition humaine comme une fêlure et l’Histoire comme un sacrifice. Bref, l’opposition entre judéo-chrétiens et freudiens est une opposition de façade – la psychanalyse ayant par ailleurs souvent été taxée par ses disciples autant que par ses contempteurs de « science juive ». En accord pour définir l’humanité par la blessure, la dette, la circoncision ou la croix, psys et curés ne font que se disputer le pouvoir.

Freud est en ce sens un penseur tragique. Et c’est ce sens tragique que Michel Homais, à l’instar de tous les positivistes scientistes (et au contraire de Nietzsche dont Michel se réclame tant), veut abolir. Ni péché ni castration, disent-ils. Ni Œdipe ni Caïn. Ni Sophocle ni Dostoïevski.

Au reste, la littérature, tout comme la philosophie, intéresse moins Michel Homais que ceux qui en font. En nietzschéen primaire qui confond la généalogie avec le génie et la vie avec l’œuvre, le voilà qui s’en prend à la personne de Freud — un être profondément névrotique selon lui et qui aurait fait de sa névrose la névrose du monde. Le complexe d’Œdipe ? Une pathologie du seul Sigmund étendue abusivement au monde entier. Cette idée pénible qu’un homme pourrait tromper tous les autres pour l’éternité. Cette croyance complotiste que ce sont les illusions collectives qui mènent le monde. Avouons-le, nous avons toujours eu du mal à adhérer à ce genre de critique paranoïaque – que les grands courants philosophiques et religieux n’aient été que de grossières manipulations, que les grands penseurs et les grands prophètes ne furent que de fieffés imposteurs, que Socrate, Jésus, Confucius, Mahomet… et Freud ne soient que des idoles indignes méritant d’être renversées et brisées en morceaux comme des statues de Staline. Comment croire sérieusement que l’humanité ait pu être ainsi bernée ? Ne serait-ce pas nous insulter nous-mêmes que de soutenir Mordicus qu’un Christ ou qu’un Bouddha sont venu se foutre de notre gueule il y a deux mille et deux mille cinq cent ans et continuent de le faire ? Une imposture, ça peut durer dix ans, cinquante ans, soixante-dix ans même, comme le communisme, mais ça ne dure pas deux mille ans. On ne crée pas une civilisation sur un simulacre. Si une pensée persiste dans le temps (et nous gageons qu’on reparlera de Freud, et d’ailleurs de Marx qui a aussi correspondu à un besoin de l’esprit humain, dans trois siècles), c’est qu’elle avait une bonne raison humaine, humaniste, amoureuse, de le faire. C’est qu’elle était en écho avec l’Adam éternel qui est en nous. Pour en revenir au complexe d’Œdipe, il est évident que d’Hamlet au Narrateur de la Recherche, en passant par les Karamazov ou par nos propres familles, on n’a rien trouvé de mieux pour expliquer les rapports filiaux. Au fond, la psychanalyse ne fait que rejoindre la littérature qui elle-même n’est qu’une transsubstantiation de la théologie. Freud est avant tout un grand écrivain, c’est-à-dire quelqu’un qui prend le Logos au sérieux, qui fait de la vie l’expression du Logos.

Quant au préjugé antireligieux qui semble seul mettre en branle les mécanismes mentaux de Michel Homais, il finit par faire long feu. « Le christianisme est une secte qui a réussi », éructent les imbéciles. Autant dire que Le Gréco est un barbouilleur qui a réussi en peinture ou que Dante est un scribouilleur qui a réussi en littérature. Michel Homais parle de religion freudienne et trouve que c’est un argument pour réfuter le freudisme, alors qu’à nos yeux, ce serait plutôt une bonne raison d’y adhérer. Seul ce qui devient religieux est vrai. Seul ce qui relie les hommes les uns aux autres, autour d’une personne ou d’une idée, vaut notre considération. Tant pis pour la biographie à charge et la psychologie complotiste (Freud vénal, corrompu, falsificateur, ne recherchant que la gloire et la fortune) qui constituent la douteuse méthode de Michel Homais. Quelle que soient l’approximation de certains de ses concepts, le dogmatisme autoritaire avec lequel lui puis ses suiveurs les imposèrent, l’incertitude de la réussite thérapeutique et présente depuis le début, le génie de Freud aura été pour l’éternité d’avoir introduit, c’est le cas de le dire, le sexuel dans la conscience, réinventé le roman familial, et, ce faisant, libéré l’individu de ce dont il n’était pas responsable, re-sacralisé la parole, creusé enfin un trou dans le sujet afin que celui-ci ne se trouve plus réduit et condamné à lui-même. Qu’est-ce que le freudisme ? Une trouée de l’être par laquelle celui-ci peut s’aérer, se reposer de son négatif, trouver en lui autre chose que du réel rationnel ou de la bête immonde – et que, nous le verrons, Michel Homais, adepte d’une sexualité et d’une conscience totalement solaires, s’exhorte à boucher.

« L’effet doit cesser, c’est évident. »

Passons sur l’objection scientiste, assez basse, qui prétend que la psychanalyse n’est pas « scientifique ». Comme le remarque Marcel Gauchet, ce grand goethéen de la pensée française qui a relu le christianisme comme religion de la sortie de la religion, et qui travaille à la réconciliation des sciences exactes et des sciences humaines, elle ne l’est certes pas, mais au même titre que l’histoire, la philosophie, l’ethnologie, l’anthropologie, la linguistique l’économie, ou n’importe quelle autre science humaine et sociale. Par ailleurs, même si le nouveau paradigme tourne aujourd’hui autour de la psychologie cognitive et des neurosciences et marque de ce point de vue un retour à l’évolutionnisme, la psychanalyse freudienne reste un pas essentiel dans l’autonomie de l’individu et l’élargissement de sa conscience. Elle a indéniablement permis à l’individu contemporain de se redécouvrir comme sujet infini et inconnu (mais d’un inconnu profondément apaisant), de retrouver une possibilité de sortir de lui-même, de n’être plus simplement un système nerveux qui menace d’imploser — ce qui, à notre époque d’ipséité ontologique, était la meilleure chose qui pouvait nous arriver.



Depuis que l’ancienne structure par l’altérité n’est plus (en gros, depuis la mort de Dieu) et que nous ne pouvons plus combler nos béances et vivifier notre âme par le haut, nous étions condamnés à ne respirer que notre propre haleine. Notre ipséité (c’est-à-dire ce qui fait que nous nous constituons de nous-mêmes par nous-mêmes) tournait à la fétidité. Sans Dieu, sans diversion, sans présence autre, nous commencions sérieusement à étouffer. Et voilà qu’avec la découverte de l’inconscient, concept peut-être bancal, comme le dit Gauchet, mais indéniablement stimulant, nous découvrions, en plus de tout le reste, une défaillance de notre système réflexif — mais une défaillance qui se révélerait bien vite une délivrance. Une fêlure, oui, mais une fêlure bienheureuse ! C’est que la découverte de l’inconscient, dans un monde désacralisé, apparaîtrait comme une sorte de palliatif, certes plus diabolique que divin (puisque l’inconscient, allait-on nous expliquer, serait le lieu des pulsions inavouables, des pires instincts, de la mort en branle, etc.), mais en même temps comme celui qui nous déculpabiliserait de nos mauvaises pensées, sinon de nos actes mauvais. L’inconscient comme ce qui détendrait la conscience. L’inconscient comme ce qui me permettrait de dire que c’est mon fait mais que ce n’est plus ma faute. L’inconscient comme ce dont je serais coupable sans en être responsable. L’inconscient comme limbes de mon très infernal moi. Rêves, actes manqués, transferts, projections : toute une armada de phénomènes qui me dépossèdent de moi-même pour mon plus grand soulagement et qui contribuent à sauver mon âme si j’en ai une. L’inconscient comme la partie obscure de moi qui ira en enfer alors que j’irai, moi, en toute conscience, au paradis. L’inconscient comme cochon investi par le démon et qui se jette dans la mer.

Avec l’avènement de la psychanalyse, le sujet retrouvait une nouvelle innocence. C’est la raison pour laquelle les masses, après avoir été vaguement hostiles à l’enseignement freudien, ne s’en sont plus passées jusqu’à nos jours (« même le boulanger du coin sait qu’il est travaillé par le complexe d’Œdipe », dit Gauchet) – alors que paradoxalement, c’est l’opinion savante, ou demi-savante, qui est devenue de plus en plus méfiante à l’égard du freudisme, et qui ne comprend pas, malgré des attaques répétées contre lui (Wittgenstein, Sartre, Deleuze-Guattari, et récemment le Livre noir de la psychanalyse), que celui-ci continue d’avoir sur les esprits un effet qui aurait dû cesser depuis longtemps. C’est qu’on ne se débarrasse pas comme ça d’une explication littéraire, ce qu’est fondamentalement la psychanalyse.

« Car il savait qu’il faut, dans tous les empoisonnements, faire une analyse. »

S’il est une sagesse immémoriale des peuples, celle-ci réside dans l’acceptation toute religieuse, quoique non politique, de sa condition tragique. L’homme éternel est celui qui croit à sa mort prochaine autant qu’à la possibilité historique d’améliorer son sort. L’homme éternel s’accepte mortel et perfectible. Au contraire, l’homme moderne, ou plutôt post-moderne à la Michel Homais, se définit plutôt comme immortel et parfait. Certes, il est bien obligé de reconnaître que tout n’est pas parfait en ce bas monde, mais son idée est que tout devrait l’être, et c’est l’erreur, sinon le crime, de l’ancien monde de s’être défini justement comme un « bas monde » — c’est-à-dire comme un monde qui se jugerait par un autre plus « haut », et qui de plus, quelle que soit l’action des hommes de bonne volonté sur lui, resterait à jamais entaché par le péché, la culpabilité, le principe de cruauté. Le tragique comme condition inhérente de l’existence, c’est ce que le post-moderne ne peut plus voir en peinture. Non à la tragédie de l’existence ! Non aux philosophes, aux religieux et aux littéraires qui, de Platon à Dostoïevski, de Pascal à Kafka, de Schopenhauer à Houellebecq, ont tout fait pour intoxiquer les esprits en leur imposant cette croyance sadomasochiste que tout n’est que souffrance et abstinence en cette vie ! Non aux penseurs ravagés qui ravagent le monde ! Freud lui-même ne disait-il pas sur le bateau qui le menait aux États-Unis « qu’il leur apportait la peste » ? Eh bien voilà, c’est de cette peste psychanalytique, de ce choléra littéraire, de cette syphilis religieuse que l’humanité vraiment adulte devrait aujourd’hui savoir se passer ! Hourra pour un monde sans tragique, sans négatif, sans mort ! Hourra pour un monde éthique et hédoniste, où tout ce qui serait possible serait avant tout légal ! Car attention, le libertaire n’est pas transgressif. Le libertaire, comme Michel Homais l’expliquait lui-même à Nicolas Sarkozy lors d’un fameux entretien de Philosophie magazine, souhaite qu’il y ait « peu de règles, mais qui puissent être respectées, non pas transgressées. » Au contraire, c’est le conservateur qui adore les interdits autant que les transgressions, qui n’est jamais aussi heureux que lorsqu’il a désobéi à une règle qu’il chérit par ailleurs et par laquelle il a éprouvé sa liberté. Monde ouvert (et par là même susceptible d’en rencontrer un autre), amoral et singulier de l’homme éternel. Monde clos sur lui-même, auto-référent, auto-suffisant, de l’homme post-moderne. Liberté opératoire du premier avec ses risques et sa souveraineté. Liberté entièrement légalisée du second qui confond le réel avec le droit et le droit avec l’abolition de la souffrance. La souffrance comme expiation de l’existence, voilà le vrai scandale pour l’homme post-moderne ! C’est qu’à l’époque de Matrix et d’Avatar, la souffrance apparaît comme la chose la plus indigne qui puisse arriver à l’individu et la mort comme la suprême insulte ! L’homme post-moderne ne veut surtout pas entendre parler de la mort — alors un Freud qui vient remettre la pulsion de mort au centre de son anthropologie… ! Dès lors, tout est bon à mettre en œuvre pour discréditer cette très empoisonneuse pensée — et comme on accuse son chien de la rage quand on veut le noyer, on accuse une philosophie ou une religion d’être nazifiante quand on veut la démolir. Pour Michel Homais, Freud a autant pensé la pulsion de mort qu’il y a participé historiquement. Tout ce qui, au siècle dernier, a massacré en gros (« boucherie de 14-18, génocide rwandais, totalitarisme nazi », comme il le précise lui-même dans son livre) ne seraient pas sans rapport avec l’influence freudienne. Pire, Freud lui-même aurait été, au moins symboliquement, complice du génocide juif par haine de sa propre communauté – par antisémitisme inconscient ! La boucle est bouclée : Freud, pessimiste nihiliste, nihiliste juif, juif antisémite, et d’ailleurs la preuve : partisan des régimes autoritaires, saluant Mussolini en Italie, ou Engelbert Dollfuss en Autriche. Freud, voix impénétrable qui a mené l’Occident aux camps de la mort. Freud, chaînon manquant entre Saint Jean et Hitler. On croit rêver. Mais non. C’est une analyse de Michel Homais.

Tout cela dit sans méchanceté, car il ne nous a jamais été antipathique, Michel Homais. Pas plus qu’il n’a de haine pour Freud, nous avons de haine pour lui. Et lui qui aime les procès en autobiographie, nous avouons qu’il se sort très bien du sien. Un type un peu sec peut-être, mais pince-sans-rire, agréable à écouter, assurément séduisant avec ses grosses lunettes rectangulaires et sa gueule de lion à la crinière inspirée, et qui, il faut l’admettre, fait beaucoup pour les autres (université populaire de Caen, université du goût d’Argentan) et même pour sa famille – ses parents qu’il célèbre en permanence (Le corps de mon père, suivi de Autobiographie de ma mère), ce père dont il réalise le rêve en l’emmenant au Pôle Nord (Esthétique du Pôle Nord), cette mère à qui il a pardonné de l’avoir battu, rejeté et abandonné « une belle après-midi d’automne » dans un horrible orphelinat catholique, mais parce qu’elle aussi fut, enfant, battue et abandonnée (La puissance d’exister). La dernière fois qu’il a pleuré, c’est à la mort de sa vieille institutrice. À part ça, il vit depuis vingt-six ans avec Marie-Claude, sa compagne adorée pour qui il invente chaque soir, paraît-il, un nouveau plat. Elle et lui forment un couple de miraculés. Lui guérit d’un infarctus à 28 ans, comme on l’a dit, elle ayant surmontée un cancer du sein — comme il le raconte au début de ses Féeries anatomiquesGénéalogie du corps faustien. Non, un très brave type, ce Michel Homais.

Mais pourquoi cette insensibilité absolue aux blessures et aux besoins éternels de l’homme ? Pourquoi ces analyses psychorigides qui transforment en plomb tout ce qu’elles touchent ? Pourquoi cette érudition si sèche et si creuse ? Pourquoi cette pensée policière qui met en garde à vue tout ce qu’elle rencontre ? Sa mère, avoue-t-il, le menaçait sans cesse, comme on faisait dans l’ancien temps, de maison de correction, ou lui criait qu’il finirait sur l’échafaud. Mais c’est exactement ce qu’elle est, l’œuvre de Michel Homais – une maison de corrections pour philosophes, une guillotine permanente pour platoniciens, chrétiens et freudiens. Au reste, le couteau, il aime ça, Michel. Et les femmes qui le portent, encore plus (La Religion du poignard. Éloge de Charlotte Corday). Lui-même se comporte un peu comme la reine d’Alice au Pays des Merveilles qui veut couper la tête à tout le monde. Transfert de la méchante mère sur son gentil fils ? Peut-être. On comprend qu’il en veuille à Freud d’avoir conçu ce complexe d’Œdipe que tout le monde a l’air d’avoir vécu avec une certaine douceur, sauf lui. Difficile en effet de désirer la femme qui vous a mis au monde sans jamais vous désirer.

« Moi, si j’étais le gouvernement… »

Plus sérieusement, à l’entendre, à le voir, on a toujours l’impression que tout ce qui ressemble de près ou de loin à une contradiction, une dissonance, une antinomie, un chiasme, un clinamen qui déconne, doit être immédiatement et impitoyablement tranché. Accorder sa vie et sa pensée, confondre son identité avec son action, être en harmonie totale avec soi, Michel Homais le répète trop pour être honnête. Avec lui, ça passe ou ça casse. Il est trop conséquent, pourrait-on dire, trop positivement politique ou politiquement positif. C’est un maniaque de l’adéquation. Un intégriste de l’intégrité. Ma vie, c’est mon œuvre, mon œuvre, c’est ma vie, je dis ce que je fais, je fais ce que je dis (tiens, comme Jospin), point barre. Pas de part maudite chez lui, pas de ligne de fuite non plus, pas d’ombre, pas d’inconscient, pas de trouée de l’être. Du soleil partout. On comprend qu’un Saint Paul avec son « je ne fais pas ce que je veux ou je ne veux pas ce que je fais » ou un Freud avec ses rêves, ses actes manqués et ses lapsus lui fassent horreur. Michel Homais, c’est l’homme sans ombre, sans rêve, sans relief. L’homme qui possède son moi intégralement sans porte ni fenêtre. L’homme qui n’est qu’ipséité, légalité, austérité. L’homme robot sans défaillance, sans délivrance, jamais, qui se possède entièrement comme dans une boite noire. Black Box Homais.

C’est pourquoi lorsque Sarkozy lui répond dans l’entretien déjà cité, et pour y revenir, que contrairement à la fameuse formule grecque, il est impossible de se connaître vraiment soi-même, il a l’impression d’avoir affaire à un monstre incompréhensible. Alors que le monstre trop compréhensible, c’est lui en l’occurrence, Michel Homais. Qui n’imagine pas une seconde qu’on puisse échapper à soi-même. Qui croit dur comme fer à la conscience toute puissante, écrasante, asphyxiante – tout le reste étant littérature ou mauvaise foi. Et qui en effet ne peut que s’acharner sur Freud pour lequel « le moi n’est pas maître dans sa propre maison », mais en oubliant que Freud se situe ici dans la lignée d’un Montaigne, pourtant un des auteurs fétiches de Michel, qui écrivait que « notre fait, ce ne sont que pièces rapportées ». Diable ! Va-t-il nous déboulonner Montaigne après nous avoir déboulonné Freud ? Et si un jour il découvrait, lui, Michel Homais, qu’il est en contradiction avec lui-même, si un jour il découvrait qu’il a malgré tout une part d’humanité et de liberté (puisque « la liberté, c’est la contradiction » comme disait Kierkegaard, auteur peu prisé par Michel), qu’est-ce qu’il ferait, notre Robocop de la congruence ? Il se jetterait dans l’Orne ? C’est qu’à force de vivre sa pensée et de penser sa vie comme Javert, on aurait peur qu’il pète un plomb, notre Philosophe Ventru. Au reste, de ventre, il n’en a pas, Michel. On sait qu’il se couche souvent à jeun. Qu’il mange et boit peu. Qu’il n’est jamais ivre. Qu’il mène une vie d’ascète. Plus janséniste qu’hédoniste finalement. La raison gourmande, l’art de jouir, le corps amoureux, tout ça, ce sont plus des idées que des réalités pour lui. C’est l’idée du baba au rhum plutôt que le baba au rhum qui l’inspire. Au contraire de ce que disait Sade, il pense que rien n’est bon quand c’est excessif, sauf peut-être l’athéisme.

Et puisqu’on a cité Sade, il est temps de parler un peu de cul, il est temps d’ouvrir un peu son Souci des plaisirsConstruction d’une érotique solaire dans lequel il commence par dézinguer le Divin Marquis, puis Georges Bataille, au prétexte qu’ils seraient trop chrétiens. Quand on est sadique et vicieux, c’est la preuve pour Michel Homais qu’on est judéo-chrétien (l’inverse se tient aussi). Et pour le prouver, que Sade est sadique, le voilà qui se lance sur plusieurs pages dans une énumération méthodique de tous les actes sexuels commis dans Les Cent vingt journées de Sodome – ce qui, il faut l’avouer, ne laisse pas d’inquiéter. Entre l’auteur du livre le plus obscène et le plus scandaleux de toute l’histoire de la littérature et son contempteur qui fait la recension complète et critique de toutes les horreurs contenues dans celui-ci, on se demande lequel d’entre les deux est le plus gravement atteint : Sade écrivant son chef-d’œuvre ou Homais se faisant une liste à charge de tout ce que l’on peut y lire d’odieux ? À ce jeu antilittéraire, le profanateur risque de paraître bien moins dangereux que le censeur, le romancier fou bien moins antisocial que l’hygiéniste. Une fois de plus, il faut, aux yeux du Vertueux Foudroyé, conjurer le négatif, sinon l’abolir définitivement du champ humain – et Sade est en effet le négatif absolu, l’ennemi à abattre, l’éternel retour du refoulé. Et Michel Homais, il n’en peut plus de ce refoulé, de cette sexualité sado-chrétienne forcément culpabilisante. On va vous le répéter encore pour que vous le compreniez vraiment, mais nous les modernes, on plaide pour un autre paradigme social et moral, une autre anthropologie qui se passerait de Sade, de Freud, des Tragiques et aussi des Comiques. Y en marre de la castration, marre du péché, marre de l’Œdipe, marre de l’Hamlet ! Voilà ce qu’un gouvernement adulte devrait faire – nous éradiquer cette saloperie biblo-freudienne ! Vous, je ne sais pas, mais nous, nous n’avons pas tué notre père, nous n’avons pas baisé notre mère. Nous ne sommes responsables d’aucune peste réelle ou métaphorique. Nous aimons nos parents, nos parents nous m’aiment, nos beaux-parents encore plus, et on pense tous que Sophocle n’a jamais fait que raconter ses fantasmes de merde, c’est tout. Nous ne sommes pas pécheurs, nous ne sommes pas castrés, nous ne sommes pas sadiques. Nous sommes attachés autant à la justice qu’à nos mamans, et nous emmerdons tous les Œdipes et tous les Jobs de la terre. Les mythes, ça ne vaut rien pour l’humanité, surtout ceux-là, tous plus dégueulasses les uns que les autres ! Tant pis pour eux, tant pis pour vous si vous n’en décollez pas, mais nous, on n’a vraiment pas besoin de ce genre de truc pour vivre. Alors, laissez-nous tranquilles, curés que vous êtes, freudiens maudits, écrivains merdiques ! Car sains, heureux et innocents, oui, nous le sommes. Et puis, l’épilepsie, ça se soigne mon cher Dostoïevski !

« Il devenait dangereux. »

Ainsi chialait Michel Homais – et l’époque avec lui. Quant à la bagatelle, puisque le christiano-freudisme n’avait engendré qu’une sexualité de tordu, il fallait chercher sa légitimité ailleurs. Voyager. Se faire Desireless.

Son truc, à Michel Homais, c’est l’Inde. Un peu comme les Beatles à la fin des années soixante. Ou comme les Théosophes au milieu du XIXe siècle. La tentation indienne. Le Kama Soutra et ses positions performatives mais à la signification autrement plus « spiritualiste » que notre pauvre coït chrétien reproductif. Shiva qui permet, grâce à ses nombreux bras et jambes, des orgasmes mille fois plus érogènes, plus « sains », plus libérateurs, plus « éthiques » que notre Cantique des Cantiques. L’Eros solaire indien versus le Thanatos nocturne chrétien. La religion enfin sans obstacles. La nature super gentille. Tiens, tiens… Mais où avons-nous déjà entendu parler de ça ? Mais dans Le XIXe siècle à travers les âges de Philippe Muray, bien sûr, ce grand livre parmi les grands, essentiel à la compréhension de notre époque, et qui nous appris que le fantasme de la grande libération solaire ne date pas d’aujourd’hui mais remonte à l’homo dixneuviemis. Comme jadis, on fait comme si la société indienne était une société ultra-cool, sans Weltanschauung trop fâcheuse, sans interdits surtout (ces horribles interdits que l’on ne trouve décidément que chez nous !), on oublie les castes, les bûchers, les enterrements vivants, les femmes sacrifiées, les vaches sacrées, les rituels affamants, on oublie tout ce qui fait le négatif d’une civilisation et ce par quoi elle tient, et au vu de trois statues priapiques et deux livres d’érotologie, on se persuade que cette civilisation-là est moins farouche que la nôtre. Aussi absurde que si un Michel Homais tamoul écrivait une « Construction d’une érotique anversoise » après avoir vu un Rubens à Anvers ! Bref, à nous les Chakras-frottis, les Vedas vulviens, les Upanishads-suçons, les Arahts aux jardins parfumés… en attendant les Aryas aux fleurs de Lotus et leurs drôles de Svastikas. Au XIXe siècle, ils y ont tous cru, les Rudolf Steiner, les Helena Blavatsky, les Annie Besant, les Allan Kardec, aux corps astraux spermatiques, au tantrisme spasmo-socialiste, à l’eurythmie cosmique anti-péché originel, à la Divine Matter-Substance top-égalitaire. Tous plus Kalima que Marie-Madeleine ! Tous pour le grand voyage cosmique plutôt que pour la Croix ! Tous, d’ailleurs, contre la Croix et l’Étoile de David ! Car comme dira Madame Blavatski, la grande prêtresse de ce siècle qui reste en grande partie le nôtre : « toutes les religions sont une… sauf la juive ». Cette religion juive qui a en effet introduit pour notre malheur la distinction dans le monde, la distinction et la différence, la différence et fracture, la fracture et le manque, le manque et la cicatrice – des propos que pourrait tenir notre Homais. Circoncision, crucifixion – en attendant la castration freudienne. Irrécupérable judéo-christianisme ! Impardonnable blessure narcissique faite à l’humanité ! Ce n’est pas un hasard si Hitler choisira le Svastika, soit cette croix gammée comme symbole de sa lutte contre l’Étoile de David, et qui représenta aussi, comment le nier, une contre-figure de la croix chrétienne. Finalement, c’est plus à Brihadisvara qu’à Jérusalem que se conçoit l’imagerie de la solution finale. Mais entre deux levrettes, trois unions de l’aigle, une de lotus, et quatre Andromaques, on pense pour l’instant à autre chose.

Et puis, il y a la métempsychose qui pour un occidental moyen (c’est-à-dire pour quelqu’un qui ne comprend rien à la métempsychose) apparaît comme une sorte de résurrection « live », une possibilité de vie éternelle sur terre (ou sur une île), un principe nouveau ou tout est dans tout et réciproquement — une immortalité hic et nunc. Entre les morts qui reviennent ou les âmes qui migrent dans d’autres corps, on pourrait s’arranger – même si on est athée. En vérité, notre Michel Homais national n’est pas si loin de les rejoindre, les occultistes du XIX ème. Certes, il est un peu plus matérialiste et un peu moins antisémite qu’eux (même s’il compense par cet antichristianisme sauvage qui a fait son succès et qui, du reste, est permis et encouragé par l’époque), mais est tout aussi prêt à défier la mort par tous les moyens. De la métempsychose au clonage, ma foi, il doit y avoir un truc à faire.

Pas étonnant qu’il ait été rameuté par Raël. Son histoire la plus drôle à ce jour et la plus hautement significative. Donc, en mars 2006, notre fougueux Solaire se voit attribuer le titre de « prêtre honoraire » par Claude Vorilhon, le fameux prophète raëlien, représentant sur terre de la congrégation Elohim (les extraterrestres), et qui, comme chacun sait, se targue d’avoir déjà pratiqué avec succès le clonage humain. Pour le gourou, l’œuvre et la pensée de Michel Homais rejoignent en tout point la religion raëlienne. En effet, celle-ci prône l’athéisme militant, la détestation des monothéismes, l’hédonisme comme art de vivre, la révolte contre tous les dogmatismes et la célébration de toutes les fééries anatomiques – exactement comme dans les livres de Michel ! Le corps faustien vraiment réalisé par la science, Homais en avait rêvé, Raël l’a fait. Ils ne pouvaient que se tomber dans les bras et se congratuler mutuellement ! Évidemment, notre contre-philosophe prit assez mal qu’on appréhenda sa contre-philosophie avec autant de sérieux et qu’on en tira ses incidences ultimes dignes d’un épisode de Star Trek. Il tenta bien de rétorquer, dans une contre-réponse plutôt vaseuse, qu’il n’avait rien à faire avec ces « crétins sidéraux »-là, mais le lien était fait. Comment ? L’athée faustien était récupéré par des athées prométhéens encore plus conséquents que lui ? Quoi ? Au prétexte que l’on vidait le ciel de Dieu, on remplissait celui-là et on remplaçait celui-ci par des extraterrestres ? What ? Ce n’était pas Michel Houellebecq, pourtant « sympathisant » du mouvement, qui était honoré, mais lui, Michel Homais, anti-houellebecquien convaincu ? Peuchère ! Notre apprenti sorcier apprenait à ses dépens qu’entre la littérature et la philosophie existe une différence majeure qui est que la littérature décrit l’état ou l’avenir des choses (et c’est ce que fait Houellebecq dans La possibilité d’une île) alors que la philosophie, surtout quand elle se veut politique et sociale comme la sienne, participe à cet état et à cet avenir des choses. Certes, entre le clonage thérapeutique pour lequel le contre-philosophe milite et le clonage reproductif de l’élu de Pandora, il y a une différence de taille, mais celle-ci est peut-être plus de degré que de nature – et puis, quand on glorifie Faust, il est dans l’ordre des choses de rencontrer un jour le diable. On comprend qu’il s’en défende, Michel, mais Raël, c’est l’aboutissement naturel de sa philosophie de la contre-nature. Raël, c’est le Méphistophélès de ce Faust de Michel Homais. Il peut ensuite le traiter de tous les noms dans un droit de réponse, il n’en reste pas moins que c’est lui qui l’a fait surgir par ses incantations. Splendeur de la catastrophe, comme il dirait, ou plutôt, comme il ne dirait plus.

« S’être, lors du choléra, signalé par un dévouement sans bornes. »

Voilà donc ce qui arrive quand on joue trop avec le feu, quand on se prend pour Faust ou Prométhée, quand on fait le téméraire, quand on plaide pour le clonage, la manipulation du génome, la transgénèse, l’optimisation technique de l’enfant à naître, la fabrication frankensteinienne des corps, « toutes ces choses qui font peur », comme l’écrivait superbement Alain Finkielkraut dans son Nous autres modernes : on se retrouve maître à penser des pires sectes, idole des crétins, complice des gourous, collaborateur du diable, otage des extraterrestres ! Pauvre Michel Homais qui prônait le surhomme et qui se retrouve « guest star » chez les Vénusiens !

Et l’héroïque Finkie de se lancer, contre Michel Homais et son « heuristique de l’audace », dans une « heuristique de la peur » en laquelle il voit la meilleure défense immunitaire contre les ravages de la modernité — et au risque de passer pour un lâche. Car au sens du moderne, la peur est par excellence le péché non rémissible. La peur est négation de Prométhée et honte de Zarathoustra. Être moderne, c’est ne pas avoir peur de la vie – mais de la mort o combien ! C’est ne vouloir craindre la mort que dans le péril. Or, comme l’écrivait Pascal, il faut craindre la mort aussi hors du péril « puisqu’il faut bien être homme ». Mais être homme n’intéresse plus le moderne. Être homme signifie être vulnérable, mortel, croyant, et cela, on ne le veut plus. Du tout. Ni Dieu ni mort. Ni infini ni finitude. Non, on veut quelque chose d’autre. C’est ce qu’a bien vu l’Anti-Défaitiste de la Pensée en très attentif ausculteur de notre époque, et paradoxalement bien plus « nietzschéen » que tous ces forcenés vitalistes. Le moderne, c’est en effet « l’ homme que la mort fait claquer des dents, l’ homme qui maudit la mort, l’homme que la mort empêche de dormir ». Et c’est précisément le cas de l’« audacieux » Michel Homais qui semble finalement ne glorifier le plaisir d’exister et l’innocence du devenir que par panique devant le principe de cruauté qui fonde la vie… et la mort. « De toutes mes forces, je m’opposerai éternellement à Vous », écrit-il à Celle-ci, au début de ses Fééries anatomiques, et après la découverte par les médecins du cancer de sa compagne. On comprend évidemment la douleur, la rage et l’épouvante de l’homme, tout philosophe qu’il soit, devant « la faucheuse » — mais le philosophe est justement celui qui apprend à mourir alors que Michel Homais apparaît au contraire comme le philosophe qui ne veut surtout pas penser à la mort, comme l’athée désemparé qui s’enivre de « vie » pour oublier qu’il va mourir, ce qui n’est pas, admettons-le, très philosophique, surtout lorsqu’on se réclame de Montaigne et d’Epicure. Jouisseur par défaut et matérialiste par échappatoire, il incarne à merveille ce vivant trop vivant qui a refoulé sa mortalité et qui se retrouve pathétiquement sans aucun repère quand celle-ci s’impose à lui. Misère de la philosophie vitaliste. Désastre de l’hédonisme urgentiste. Voilà notre Désirant Vulcanologue qui se met à délirer les fantasmes d’une santé parfaite, d’une immortalité envisageable, d’une possibilité d’une île (un comble pour lui qui déteste Houellebecq !), sans se rendre compte que la possibilité du divin était peut-être la plus désirable… et la moins inhumaine. À moins qu’il ne se décide à engendrer – autre forme de résistance adamique à la mort. Mais la reproduction, ça lui fait horreur à Michel Homais ! Faire un enfant, ça veut dire qu’on a accepté sa mortalité et qu’on fait partie de l’espèce. Pire : qu’on a accepté d’être parent, c’est-à-dire qu’on a accepté d’être une « fonction », une « autorité », une « loi » — toutes choses contre lesquelles le contre-philosophe se bat et se débat. Vouloir la vie d’autrui, c’est tirer son chapeau à Dieu, c’est accepter les lois de la création, c’est faire allégeance à la pulsion de mort. Il en est alors réduit à plaider pour une « métaphysique de la stérilité » et à utiliser des arguments à la Cioran : les enfants que je n’ai pas eu, s’ils savaient le bonheur qu’ils me doivent ! Homais – Cioran : encore un lien que celui-ci n’avait pas prévu (et pour le coup vraiment honorifique, même si Michel ne l’appréciera pas plus que l’autre). Donc, pas d’enfant — trop divin sans doute. Plutôt la vie stérile que la petite mort procréatrice ! Plutôt se tuer que dire oui à la mort !

Longue et belle vie à vous, Michel Homais — mais vous aurez beau vous escrimer à penser votre vie, vivre votre pensée et continuer à vous illusionner dans votre existence sans illusion, comme vous l’aurait dit Freud lui-même : « vous n’annulerez jamais l’instinct de mort ». Ah ce Freud qui s’est révélé votre principal ennemi depuis que vous avez découvert qu’il n’était qu’un substitut au monothéisme, un refondateur de la vie dans la mort, un Archè tragique, incompatible avec votre Black Box étouffante, et qui pourtant avait été celui qui avait naguère déculpabilisé vos masturbations d’adolescent, comme vous tentez de le tuer, pauvre Anti-Œdipe que vous êtes, encore plus castré que n’importe lequel d’entre nous et qui joue au priapique ! Hélas pour vous, Michel Homais, vous n’abolirez jamais le négatif, vous ne nous débarrasserez jamais de ce qui fait le sel de la vie, vous échouerez toujours à « détragédiser » la condition humaine. On vous plaint beaucoup, vous savez. Et si on hait votre erreur, en tant que chrétien, on chérit votre personne. Peut-être vous apercevrez-vous un jour que c’est lorsqu’il va mourir que l’homme de la mort de Dieu se met à cruellement regretter Celui-ci. Pourtant, Dieu veille même sur cet homme-là, vous savez. Et vous n’êtes pas forcé de persister dans votre ipséité si peu goûteuse. Si la philosophie est là pour nous préparer à la mort, alors, vous ne nous avez préparé à rien, Michel Homais, et vous êtes tout, sauf un philosophe. Quelle importance, me direz-vous, puisque votre Freud va être un best-seller et que vous allez encore faire « une clientèle d’enfer » ?

Pierre Cormary

(1)    Philippe Muray appelait Onfray « Michel Homais » en référence au pharmacien anticlérical de Flaubert de Madame Bovary.

Bibliographie sélective :

Philippe Muray, Le XIXe siècle à travers les âges, Tel Gallimard
Alain Finkielkraut, Nous autres modernes, Ellipses/École polytechnique, 2005
Clément Rosset, Loin de moi – essai sur l’identité, Les éditions de minuit
Gustave Flaubert, Madame Bovary (tous les intertitres, ainsi que la dernière périphrase « infernale », sont des extraits parlant d’Homais) — Et bien sûr, la plupart des ouvrages de Michel Homais, dont Le Crépuscule d’une idole — L’affabulation freudienne, à paraître chez Grasset, vers le 21 avril.


Toutes les réactions (30)

1. 12/04/2010 07:41 - Zarak

ZarakUn homme qui refoule la mort, l'existence de la mort, la pensée de mort, qui n'aura pas fait de celle-ci une compagne presque inexistante à force de cohabitation, n'est ni philosophe, ni penseur, ni pas grand chose d'ailleurs.

Michel Rayonfray, nietzschéen épicurien de gauche - qui n'a donc vraiment rien pigé - est un crétin sidéral et sidérant.

2. 12/04/2010 13:44 - MotaOne

MotaOneArticle trop long pour cet obscurantiste de la pensée véridique. A compter parmi les assassins de Dieu.

Signé : un nietzschéen chrétien !

3. 12/04/2010 14:29 - Christine Fd

Christine Fd"Plus vous serez ignoble mieux cela ira"J.Lacan.
Onfray illustre parfaitement cette phrase.
Hélas son ignominie ne le soulage pas
Con-damné.
Con-vaincu.
Au bout du compte.
Un magnifique article.Merci.

4. 12/04/2010 18:58 - Amaury Watremez

Amaury WatremezMichel Homais est juste un petit bourgeois qui justifie ses pulsions d'hédoniste étriqué par quelques vagues prétextes philosophiques car il a encore des remords. A-t-il besoin de tout ça pour faire l'amour ou célébrer la bonne chère ? Je le plains sincèrement.

5. 12/04/2010 23:30 - Maxime Zjelinski

Maxime ZjelinskiAu sujet de la psychanalyse, la meilleure critique qu'on en ait jamais faite est, à mon avis, celle de Ludwig Wittgenstein, qui s'intéressait moins à la scientificité de la psychanalyse qu'aux raisons de son succès. Wittgenstein explique deux choses :
1°/ Les idées de Freud séduisent précisément parce qu'elles sont - soi-disant - répugnantes. Si c'est vexant, c'est forcément vrai.
2°/ Loin de blesser l'amour-propre, la psychanalyse flatte l'ego : intéresser quelqu'un est un plaisir en soi.
À lire, donc : http://www.amazon.fr/conversations-lesth%C3%A9tique-psychologie-croyance-religieuse/dp/2070326888/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s;=books&qid;=1271107814&sr;=8-1

6. 13/04/2010 12:54 - Stéphane Normand

Stéphane NormandA désinfecter d'urgence au napalm: http://zouam.blogspot.com/2010/04/bouffe-zi-les-cures.html

7. 13/04/2010 16:27 - alain jugnon

alain jugnonle site du cathopapisme bon teint bon genre en vient à defendre son petit freud pour cause d'anti-onfrayite aigü, c'est drôle : Onfray est notre Nietzsche, c'est ainsi et les petites agitations alentour ne l'empêcheront pas trop de publier et contre-philosopher à tous vents et nietzschéennement

8. 13/04/2010 16:56 - alain jugnon

alain jugnonOnfray comme Bataille pense qu'est révisionniste la position qui consiste à faire de Nietzsche un chrétien (c'est la même position qui veut faire de Nietzsche un nazi) : Onfray par ailleurs est en désaccord avec Bataille mais cela signifie que comme Bataille Onfray est un philosophe et un nietzschéen

9. 13/04/2010 17:16 - babydrone

babydroneONFRAY MIEUX DE FERMER SA GUEULE.

10. 13/04/2010 17:21 - alain jugnon

alain jugnonONFRAY CE QU'ON VEUT ON EST LE RETOUR DE NIETZSCHE SUR TERRE

11. 13/04/2010 20:42 - La femme concept

La femme conceptBeaucoup de bruit pour rien...no comment! le mérite de cet écrit est de suciter autant de réactions

12. 13/04/2010 23:47 - Pierre Cormary

Pierre CormaryBonsoir.

Quelques réactions à ces réactions :

Onfray, le retour de Nietzsche sur terre ? Comme vous y allez, Alain Jugnon ! Et pourquoi pas dans une soucoupe d'Elohim tant que vous y êtes ?
Non, Onfray, sorte d'Alain Compte-Sponville plus "hard" mais tout aussi vain et moralisateur, et sans doute d'une bassesse idéologique comme on en rencontre peu chez un "philosophe", développe une non-pensée servie par une indéniable érudition. Tant de culture pour des livres si pauvres, c'est cela qui est fascinant. Tant de références à Nietzsche pour si peu de perspectivisme. Tant d'invocation solaire pour si peu de lumière. Tant de haine et si peu d'amour ! Nietzsche critiquait violemment le christianisme mais pour ajouter aussitôt que c'est grâce à lui que l'homme était devenu si conscient de lui-même, si intelligent, fin, sensible. Nietzsche, comme le dit Daniel Halévy dans la préface de la biographie qu'il lui a consacré, n'a jamais voulu faire disparaître ce auquel il s'opposait.
Mais Nietzsche adepte du dyonysisme, donc de la foule, donc du sacrifice d'autrui, ne pouvait être que récupéré par le nazisme, comme l'a bien montré René Girard dans Je vois Satan tomber comme l'éclair. Il est incroyable de constater qu'Onfray qui politise tout, et qui en ce sens, voit dans le kantisme de quoi alimenter le nazisme, se garde bien de politiser le nietzschéisme - qui lui y conduit. Pour autant, je suis d'accord, Nietzsche reste innocent de tout massacre tant qu'on le lit sur le plan esthétique. Le surhomme, créateur, affirmateur, etc...
De toutes façons, comment comparer Nietzsche qui ouvre au questionnement, à la pensée, à la nuance qu'on appelle enfer, à Michel Onfray qui ne sait que rabaisser et refermer le moindre problème ? Ce n'est pas lui qui hésiterait entre Parsifal et Carmen ou entre Dionysos et le crucifié, non, tout d'un bloc, tout d'un trait, sans nuances, sans équivoque, le Michel.
Sur toutes ces questions, et si l'on permet de me renvoyer à moi-même, voir mon blog : http://pierrecormary.hautetfort.com/archive/2008/09/25/perspectivisme-et-pensees-dures-une-relecture-de-par-dela-bi.html

13. 13/04/2010 23:56 - Pierre Cormary

Pierre CormaryFreud maintenant. Ce n'est pas par simple anti-onfrayisme primaire que le "cathopapiste bon teint" que je suis s'est mis à défendre Freud. C'est que je constate simplement que Freud est un penseur classique, dans la lignée du monothéisme auquel il veut se substituer, et qui fonde toute sa vision du monde sur l'éternel réalité biblique du monde - ce que lui reproche précisément Onfray.

Autre chose : Onfray rejette également Bataille pour cette même raison, qu'il le trouve lui aussi trop chrétien, la preuve : sa très noire sexualité, produit infâme de la "névrose chrétienne", et qui le débecte, lui, Onfray.

A Maxime : oui, le freudisme fut à la fois répugnant et flatteur, puisant dans le caca des âmes et bizarrement rendant raison de celles-ci. Si tout le monde est devenu freudien, c'est parce que Freud donnait à ce monde une clef sexuelle, mais aussi anthropologique, littéraire et tragique, à ce monde, et là-dessus, il est encore très difficile de s'en passer. Marcel Gauchet a bien vu ça : trop facile de se débarrasser de Freud !

Au fond, et contrairement à Freud, à Nietzsche, à Bataille, même à Marx, Onfray est le contraire d'un inquiéteur. Onfray est un inquisiteur à la petite semelle (ou semaine, je n'ai jamais su comment on disait vraiment), à la perception riquiqui, et qui n'arrive pas à la cheville des grands nietzschéens français, Deleuze en tête. Alors bien sûr, MotaOne, on peut toujours dire que c'est un peu vain de faire dix pages contre lui, mais que voulez-vous, n'en déplaise à Zarathoustra, il faut parfois descendre des cimes et se faire chasse-mouche.

A tous, merci de ces commentaires.

14. 14/04/2010 10:29 - MotaOne

MotaOnePierre Cormary, merci pour ces précisions lumineuses ... allons de ce pas fureter votre blog ...

15. 14/04/2010 11:01 - Giacomo Nova

Giacomo Novamerci, là aussi un article bien senti ------>

http://cdsonline.blog.lemonde.fr/2010/04/01/onfray-ou-le-plaisir-de-puer/

16. 14/04/2010 13:31 - Jarhead

JarheadIl n'est pas trop long cet article, vu la place d'Onfray et sa propension au bavardage interminable, il faut bien traiter le problème en longueur.

17. 14/04/2010 14:34 - Arnaud

ArnaudPierre, bravo pour cet article.

Il fallait oser rappeler quelques vérités: les similitudes avérées et patentes entre l'Ornais asexué et l'élohim constipé de Vichy méritaient en effet d'être relevées ou rappelées.

Quant aux mauvais procès que l'on vous fait eu égard à la longueur de votre article, il est certain que Philippe Muray, dans son "19ème siècle..." a (tout comme vous, ici-même) fort logiquement réussi l'impossible; à savoir: démontrer la consubstantialité de l'occultisme et du socialisme dans un format qui n'était pas sans rappeler celui des "Que sais-je?".

Arnaud

18. 14/04/2010 14:45 - alain jugnon

alain jugnonje pense tout d'abord qu'il faut avoir les moyens philosophiques d'attaquer la philosophie d'Onfray : tous les livres de Michel Onfray s'inscrive dans la philosophie, sont dans le débat philosophique actuel car publiés, lus, pensés etc ...
cher Pierre Cormary pour moquer aussi facilement le travail philosophique de Michel Onfray il vous faudrait vous-même exposer votre propre travail philosophique et je ne crois pas qu'un blog soit aujourd'hui le lieu possible d'une telle exposition... même si ça l'est pour la moquerie le blabla le bruit en fait...
le nietzschéisme de plus et depuis les élucubrations séniles d'un René Girard est en train de subir un révisionnisme jeuniste ou angélique (je me souviens d'un honteux numéro de La presse littéraire consacré à Nietzsche ou le vieux monsieur ânnonait sur la mort de dieu...) qui veut à tous prix faire de Nietzsche un "infréquentable" comme ils disent (une sorte de philosophe maudit antimoderne de droite) et à ce titre une sorte de tentation ultra droitière pour une pensée droitisante et honteuse... le nietzschéisme de gauche d'Onfray (et le mien, voir ma thèse à paraître sous peu sur Nietzsche et Simondon) empêche cette non-pensée de tourner et se torturer en rond et de plus permet de situer le nietzschéisme sur la scène politique contemporaine, ce qui est un travail éminemment philosophique car athéiste et matérialiste, donc nietzschéen vrai

19. 14/04/2010 14:56 - Elisabeth

ElisabethPierre Cormary, ce n'est pas parce que vous avez découvert, sur le tard de votre vie, Flaubert et Madame Bovary, que vous devez vous croire muni de discernement, de critique et de style. Quant à votre âme, elle est à l'image du pharmacien : emprisonnée dans un bocal de formol, molle et prête à s'acharner sur tout ce qui ne vous convient pas, sans que vous ayez pris la peine d'aller vérifier vos sources.
Bon bain de pieds.
Ps : un nouveau roman : "Pierre Cormary".
Chiche ?

20. 14/04/2010 15:21 - Gérald D.

Gérald D.Michel Onfray vise juste. Il se documente. Il n'élucubre pas. On peut juste lui reprocher un ton guerrier, mais c'est ce ton qui me plaît... Le présent article est intéressant, bien que trop long, et risible en trop d'endroits... Freud devrait être étudié, à l'instar de Proust ou de Stendhal, en Littérature, voire aux côtés de Kant ou Sartre, rayon Philosophie. La psychanalyse n'est pas une discipline en soi, voilà le propos d'Onfray. Ce à quoi je n'ai jamais douté, Freud m'a toujours fait doucement rigolé avec son complexe d'Oedipe, quelle connerie !
J'ai grande hâte de lire ce livre sur Freud. Car Onfray écrit magnifiquement.

21. 14/04/2010 15:53 - alain jugnon

alain jugnonoui, une certaine pensée prêt-à-porter, dans le vent médiatique, et voulant à tous prix refaire de la philosophie à droite, ne veut pas se rendre compte qu'un Michel Onfray travaille très sérieusement la pensée contemporaine à gauche et en suivant le fil conducteur de la pensée 68 et de Deleuze (tout Deleuze : son Nietzsche et surtout "l'anti-oeidpe" et "mille plateaux") : Onfray c'est la philosophie de l'avenir, cela se démontre très bien quand on y pense; le reste est théologie et métaphysique, c'est-à-dire rien de valide pour demain

22. 14/04/2010 18:16 - Maxime Zjelinski

Maxime Zjelinskila philosophie de l'avenir, rien que ça ?

23. 14/04/2010 18:22 - Christian Dubuis Santini

Christian Dubuis SantiniC’est vrai que dans la série BHL “discrédite” Kant, Onfray “déboulonne” Freud, il manque plus que Francis Lalanne s’attaquant aux mythèmes de Lévi-Strauss et hop, on aurait une série hyper-cohérente ! Ça c’est du mix-produit coco ! C’est l’heure des œufs, c’est l’heure des nœuds, c’est l’heure des neuneus… :)
Mais au fait, il a déjà signé chez Grasset, Lalanne, ou pô? Faut y penser tout d’même… :D :D :D

Ça fait “trop” penser (pour parler comme mes étudiants) à cette pub de Séga des années 90 où l’on voyait un gros type, style beauf, avec un pull à carreaux difforme, l’air à la fois idiot et surexcité, tenant un joy-stick à la main avec en légende : “J’ai vu toute ma vie défiler en une fraction de seconde…” C’était pour un jeu qui s’appelait Grand Prix, je crois, une simulation du championnat de Formule1. Le gras du bide en photo venait sûrement de “déboulonner” Ayrton Senna à l’époque…^^

On vit vraiment une époque formidable ! ^^

24. 14/04/2010 21:05 - Gaël

Gaël"Une certaine pensée prêt-à-porter"... Ben Jugnot, simple flic, commencez par nous dire laquelle, soyez précis. Personnellement je préfere le prêt-à-porter, comme vous dites, au stock de demi-solde dans lequel va piocher a pleines brassées votre "idole".

Qu'Onfray suive le fil de la pensée 68 et de Deleuze - bravo pour la récupération par juxtaposition, ce dernier doit se retourner comme une toupie dans son caveau- ne signifie pas qu'il suive le bon chemin, qu'il ne se trompe pas, mais apparament pour vous, la philosophie contemporaine se circonscrit a cette date. Enfin...

Vous dites tout Deleuze, parce que bien sur, vouzaussi, avez tout lu Deleuze, et tout compris, bien entendu. Et bien entendu une lecture de différence et répétition par le prisme du christianisme ne vous a pas échappé et n'a pas remis en cause l'image que vous vous faisiez de Deleuze...ah mais merde, Deleuze+Dieu=..??!.arghhh ca ne colle plus ça!!

"Onfray c'est la philosophie de l'avenir, cela se demontre très bien quand on y pense"
Ben oui, quand on y pense. Mais seulement quand on y pense, hein?

"le reste est théologie et métaphysique, c'est-à-dire rien de valide pour demain". On a déjà entendu ça il y a 2000 ans, comme vous avez raison.

Involontairement, vous êtes hilarant.

25. 14/04/2010 22:48 - alain jugnon

alain jugnonc'est joli et gentil "prisme du christianisme" pour légitimer du révisionnisme de bas étage : Nietzsche... Deleuze... et la suite c'est quoi ?
du côté de la philosophie quand on pense et qu'on écrit, on a l'habitude de lire les textes, de débattre des idées mais surtout de ne pas s'énerver et de ne pas s'en prendre aux personnes
Michel Onfray pose clairement la ligne de démarcation entre philosophe contemporain et "essayiste", "journaliste culturel" etc... ceux-ci quand ils sont à droite et à la mode sont souvent très énervé contre Onfray qui travaille le concept et pense le monde contemporain : il le fait comme Jean-Luc Nancy, Alain Badiou et d'autres de ses collègues philosophes
regardez passer le train Onfray ou battez-vous dans le concept ! vous avez du travail !

26. 14/04/2010 23:59 - p

p"On a l'habitude de lire les textes, de débattre des idées... " Eh bien justement, ce qui me frappe dans vos réactions, Alain Mignon, Elisabeth, Gérald D, c'est l'usage de l'unique argument d'autorité, pour ne pas dire d'idolâtrie onfrayienne, qui semble remplacer tout argumentaire dans le débat que nous aurions pu avoir ici à partir de mon texte si vous vous étiez donné la peine de le lire. Mais non hélas ! L'un me somme de produire une oeuvre philosophique aussi importante quantitativement que son gourou pour avoir le droit de m'opposer sérieusement à celui-ci (comme s'il fallait écrire autant que Marc Lévy pour prouver la nullité de Marc Lévy), et, en outre, se révèle visiblement incapable de répondre substantiellement à mon modeste article qui, de René Girard (traité de "sénile" à la va vite - à part ça, comme votre maître, vous n'attaquez pas les personnes) à Marcel Gauchet (pourquoi pas "grabataire" puisque vous y êtes), en passant par les citations exactes que je fais d'Onfray lui-même, prouvait tout de même certaines choses vérifiables : ses amalgames christiano-nazis totalement ineptes sur le plan théologique et historique, son positivisme scientiste navrant, son incompréhension patente de Nietzsche et de Montaigne, sa trouille incroyable et antiphilosophique de la mort, enfin, sa récupération drolatique et inévitable par Raël. L'autre fait dans le procès d'intention facile concernant ma référence bovaryenne. Ni le premier ni la seconde n'ose une véritable confrontation. "Se battre dans le concept", "travailler", c'est précisément ce que vous ne faites pas ici, chers amis. Et la célébration gratuite de votre Michel Homais ne suffit pas à la contradiction, je vous le promets. Vous n'êtes pas d'accord avec mon texte ? Très bien. Mais alors démontez le.

27. 15/04/2010 00:01 - Pierre Cormary

Pierre Cormary(Le commentaire précédent était de moi, Pierre Cormary, mais seul le "p" est passé !!)

Démontez-le. Et sans vous cacher derrière Jean-Luc Nancy ou Alain Badiou dont il faudrait vérifier en premier lieu s'ils n'auraient pas honte de se voir alliés à Michel Homais. Un Michel Homais qui, vous me forcez à cette cruauté, est déconsidéré par l'ensemble des kantiens, nietzschéens, spinozistes de la philosophie française. Pour Alexis Philonenko ou Clément Rosset, Onfray, c'est une blague de potache qui finit par être toxique à force de révisionnisme et d'analphabétisme.
C'est pourquoi vos objections bassement idéologiques (on est contre Onfray parce qu'on est de droite, CQFD) tombent un peu à plat. Moi qui suis lecteur et admirateur de Deleuze et de Bataille, qui n'étaient pas précisément "de droite", j'aurais tendance à sourire. Et serais même tenté de d'ajouter, pour paraphraser un mot de Deleuze qui disait que si la philosophie meurt un jour, ce sera de rire, si un jour Onfray nous fait une jour mourir (car l'imbécile l'emporte souvent sur le sensé, comme le faible vainc toujours le fort, selon une fulgurance nietzschéenne), ce sera également de rire.


28. 15/04/2010 00:06 - Pierre Cormary

Pierre Cormary"Le reste est théologie et métaphysique, c'est-à-dire rien de valide pour demain", disiez-vous...

Et vous vous prétendiez ami de la philosophie, mon pauvre vieux !

"Le reste, Saint Augustin, Saint Thomas d'Aquin, Descartes, Leibniz, Kant, Hegel, et aussi Dostoïevski, Proust, Bernanos, et également Le Gréco, Bach, Mozart, Van Gogh, Tarkovski, Bergman, Dreyer, c'est-à-dire rien de valide pour demain...", mon pauvre, mon trop pauvre ami... Finalement, vous n'allez pas nous faire rire, mais bien pleurer.

29. 15/04/2010 00:45 - Gaël

GaëlLe jour, improbable, ou je m'en prendrai a quelqu'un, je veux dire physiquement, a cause de ses idées, et donc les votres en partie comme vous le fantasmez, vous le sentirez passer, le train.

Nancy, Badiou...oulahla dites donc des vrais quaterbacks! A l'aulne de Onfray, ces "philosophes" spécialisés en apparitions télévisées et salons du livre. Il n'y a pas plus consensuels que ces trois-là, monsieur, et vous voudriez nous faire croire qu'ils sont la pensée en mouvement, alors qu'ils sont enlisés dans le permafrost du post-modernisme que vous semblez apprécier.

Je vous parlerais bien de Francois Laruelle -un contemporain, un vrai lui, et un FUTURISTE même- et de son analyse ô combien plus légitime et brillante de l'esprit de Nietzsche (Nietzsche contre Heidegger, Payot, coll. Traces-voyez, je ne suis pas rat) mais lorsque je lis dans vos lignes que grosso-modo, le christianisme c'est de la merde, eh bien je préfère vous laisser à votre "concept" et vos "philosophes"(que Nietzsche haissait par ailleurs mais là n'est pas le propos, quoique).

"collègues", "travaille", vous voyez la pensée comme le fruit d'une activité rémunérée ( selon les 35h j'imagine) et donc limitée. Oui je travail, comme beaucoup d'autres mais qui, etrangement, ne pensent pas comme vous, ou Onfray, c'est selon, puisque vous vous identifiez corps et âme à votre anti-dieu -ce que je comprend d'ailleurs, vous défendez ce en quoi vous croyez, et la personne qui vehicule ce message.

Bref, tout le monde a compris que vous étiez super-content de venir au secours de Michel Homaisdisdonclàbas, tout seul contre tous sur un site qui ne bois pas la même eau, des fois qu'il vous lise, sait-on jamais.
Je crains que votre prose ne le déserve plus qu'elle ne le serve mais votre totale admiration envers Michel Onferme et vous-même vous empêche de faire le moindre discernement. Vous rabâchez ce qu'il rabâche et appelez ça la pensée. En vous lisant je n'ai rien appris, si ce n'est que vous AIMEZ MICHEL ONFRAY, c'est bien mais insuffisant pour le débat d'idées que vous suggérez.
Le vieux René Girard, que vous moquez, à une chair a Stanfford, lui, et est beaucoup moins sénil que vous ne le croyez, mais pour vous en rendre compte, il faudrait lire (ses livres, pas la presse littéraire).
Enfin, en guise de casserole, je me souviens d'un Michel Onfray sur un plateau de télévision, chez F.O.Giezberg, avouer être anti-amercain "primaire et fier de l'être" (on était en 2003 je crois); puis il s'est fait moucher par un ancien ambassadeur Israelien en France sur les questions geopolitiques. Et il se tut.
C'était bon.
Non je ne prendrais pas le train avec vous. Je croise sur le Zarathoustra starship.

30. 15/04/2010 00:59 - Gaël

GaëlCher Pierre Cormary, après tout çà, je n'ai pu vous remercier pour ce texte brillant, et souvent drôle, mais c'est la faute à Michel Homais. ci fait.

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