Dossier d'actualité

jeudi, 06/01/2011
Par Sophie Humann

Alors que la monnaie unique entame sa dixième année d’existence, les Français l’accusent d’avoir fait s’envoler les prix. Ce n’est qu’à moitié vrai. Et pour certains produits, carrément faux. Mais la crise de confiance est bien là, nourrie par celle du pouvoir d’achat.

Pour un euro, que peut-on acheter ? Une baguette ? oui, mais pas la “tradition”, ni celle au sésame, encore moins celle aux 17 céréales. Une salade ? pas certain : en ce moment, la moindre laitue se négocie plutôt autour de 1,50 euro, avec des pointes à 1,70 sur certains marchés. Et pour une scarole, il faut compter jusqu’à 4,50 euros… Un ticket de métro ? il a franchi le cap de l’euro depuis sept ans – le 1er août 2003, très exactement – et vaut aujourd’hui 1, 20 euro en carnet et 1,70 à l’unité. Une tranche de jambon, alors ? c’est possible, mais coupée bien fin et dans du jambon (très) ordinaire…

Alors qu’on leur prédit de nouvelles hausses de prix des produits alimentaires pour les premiers mois de l’année, les Français, de fait, commencent à se lasser.

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Politique

jeudi, 06/01/2011
Par Éric Branca

La décision de Nicolas Sarkozy de se représenter, mais aussi ses chances de l’emporter, seront indexées sur sa capacité à reconquérir, cette année ou jamais, le terrain perdu dans l’opinion depuis 2008.

C’est vrai : avec Nicolas Sarkozy, tout est possible ! Qui l’aurait imaginé reprenant à l’identique, le 31 décembre 2010, les voeux de Jacques Chirac du 31 décembre 2000, sou haitant aux Français une « année utile » ?

Seule différence : Chirac, voici dix ans, présidait mais ne gouvernait plus, embarqué qu’il était dans une cohabitation à couteaux tirés avec Lionel Jospin, auquel il reprochait de faire « perdre du temps au pays» en sacrifiant les réformes indispensables (retraites, éducation, fiscalité, dépenses publiques) à ses ambitions présidentielles.

En 2011, Sarkozy est aux commandes. Et il ne tient qu’à lui de se rendre « utile »… Le fera-t-il, comme le lui conseillent les centristes de sa majorité, en apaisant les tensions qui ont marqué les réformes de la première partie de son quinquennat (à commencer par celle des retraites, rendue explosive par l’exploitation politique simultanée de l’affaire Bettencourt) ?

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Société

jeudi, 06/01/2011
Par Gilles Gaetner

Dupond-Moretti, Vergès, Metzner, Leclerc, Badinter : de grands avocats, à coup sûr. Mais comment travaillent-ils ? Et quel est leur secret pour convaincre ? Deux livres nous les font découvrir.

Le monde des avocats a toujours fasciné. Qui ne se souvient des fameux dessins de Daumier ou de René Floriot, l’un des plus célèbres avocats du XXe siècle ? Sous la IIIe République, quand l’Ena n’existait pas, les avocats régnaient en maîtres au Parlement. Sous la Ve, ils se sont effacés au profit des hauts fonctionnaires. Avant de revenir en force en politique. C’est même une folie : ne voit-on pas des députés, les François Hollande, Noël Mamère, Catherine Vautrin, Jean-François Copé, François-Michel Gonnot, prêter serment ? À deux reprises depuis 1958, un avocat a succédé à un énarque à la présidence de la République : en 1981, François Mitterrand, à Valéry Giscard d’Es - taing ; en 2007, Nicolas Sarkozy, à Jacques Chirac…

Ce n’est pas un hasard si, depuis quelques années, des séries télévisées comme Avocats et Associés connaissent un franc succès.

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jeudi, 06/01/2011
Par Cécile Thomas

Fred et Jamy ont trouvé la bonne formule pour intéresser les jeunes à la science. Mais comment ça marche ?

L’histoire commence dans les années 1990. Frédéric Courant et Jamy Gourmaud travaillent, le premier comme rédacteur en chef, le second comme pigiste, sur la chaîne Canal Santé. Fred est juriste de formation. Passionné par les sujets de société, il est passé par la presse régionale. Jamy a fait une école de journalisme après des études d’histoire et de droit. En 1992-1993, France 3 leur propose une émission scientifique pour la jeunesse. Une ébauche de C’est pas sorcier. « Comme on n’y comprenait pas grand-chose, on avait envie d’expliquer les phénomènes scientifiques très simplement, en commençant par le commencement », explique Jamy. « On avait carte blanche, c’était très motivant d’avoir tout à inventer ! », se rappelle Fred.

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Monde

jeudi, 06/01/2011
Par Frédéric Pons

Isolé mais habile, Laurent Gbagbo se pose en victime des grandes puissances. Son discours fait mouche. La France est en première ligne.

En apparence, tout poussait Laurent Gbagbo à partir : les Nations unies, l’Union africaine et l’Union européenne ont reconnu la victoire de son rival, Alassane Ouattara, au second tour de la présidentielle du 28 novembre. Malgré les fraudes enregistrées dans chaque camp, cette “communauté internationale” validait en quelques jours les résultats donnés par la Commission électorale indépendante ivoirienne (CEI), aux ordres de Ouattara. Elle balayait l’avis contraire du Conseil constitutionnel, seule instance légitime selon la Constitution ivoirienne – mais placé, il est vrai, sous la coupe de Gbagbo.

Fixant la règle du jeu mais sans aucun moyen pour l’appliquer, la “communauté internationale” se retrouve maintenant piégée. Le paria Gbagbo refuse de partir, retranché dans son palais présidentiel.

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jeudi, 06/01/2011
Par Pierre-Alexandre Bouclay

Un vote historique de la Douma efface près de quatre-vingt-dix ans de spoliations. Cette “révolution” peut transformer la société russe. Le débat est vif.

Lénine a dû se retourner dans son mausolée ! À partir de ce 1er janvier, les autorités fédérales, régionales et municipales russes ont deux ans pour rendre à l’Église le patrimoine lui ayant appartenu avant la révolution. Le vote du Parlement russe du 19 novembre, autorisant la restitution de ces biens spoliés par l’Union soviétique, fut sans appel : 345 voix pour, 42 contre.

L’affaire remonte à 1918, avec un décret de la Commission des commissaires du peuple confisquant l’intégralité des biens de la “Commu nauté des Églises orthodoxes”, remplacée par une Église orthodoxe russe (EOR) sous le contrôle du pouvoir. Après la chute de l’URSS, les Églises retrouvèrent leur liberté mais durent se contenter d’un simple “droit d’utilisation gratuite” de leurs anciens locaux. Elles pouvaient devenir propriétaires, mais en rachetant ou en faisant construire de nouveaux bâtiments.

Le patriarcat de Moscou mena alors un patient travail d’influence, en collaboration avec le Kremlin, pour “remettre de l’ordre dans le pays” et amorcer la restitution intégrale de ses biens.

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Économie

jeudi, 06/01/2011
Par Marie de Greef-Madelin

Actions, devises, matières premières : ce que les gérants prévoient pour 2011.

Oui, il faut y croire. Et non seulement y croire mais agir dès maintenant en revenant sur le marché des actions : c’est ce message d’optimisme que nous tiennent nos experts. Bien sûr, il faut se montrer sélectif. Mais, tout bien pesé, les facteurs positifs l’emportent : la rechute dans la récession tant redoutée, le fameux “double creux”, n’a pas eu lieu. La croissance mondiale, tirée par les pays émergents et les politiques fiscales et monétaires accommodantes aux États-Unis, a rebondi. Surtout, les grandes entreprises cotées affichent des résultats remarquables. Les restructurations engagées dès avant la reprise et les politiques de soutien des gouvernements leur ont permis de retrouver leur dynamisme. Reste la déception de la Bourse française, qui a réalisé en 2010 une performance quasi nulle si l’on compte les dividendes réinvestis, du fait des craintes sur l’euro qui ont chahuté les marchés l’an dernier. À Paris, nos experts estiment que les rendements sont tels et que la valorisation est si faible qu’il existe un beau potentiel de rattrapage en 2011.

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jeudi, 06/01/2011
Par David Victoroff

Gérard Payen (photo) assure le suivi de la réalisation des objectifs du millénaire sur l’accès à l’eau et contribue à la préparation du Forum de l’eau à Marseille en mars 2012. Il commente la reconnaissance par l’Onu du droit à l’eau et à l’assainissement comme un droit de l’homme.

Où en est-on pour l’accès à l’eau potable dans le monde ? Ces dernières années, il y a eu des progrès considérables. Au regard des objectifs du millénaire définis par les Nations unies, 900 millions de personnes ont eu accès à l’eau depuis 2000. Mais ces objectifs sont minimalistes : il s’agissait d’assurer l’accès à une eau non contaminée par les animaux. Il reste des progrès considérables à accomplir. Trois milliards d’êtres humains n’ont pas accès au robinet, et quatre milliards boivent une eau de qualité douteuse. L’accès à l’eau s’est amélioré dans les campagnes, mais il s’est détérioré en ville, en raison de l’afflux de populations dans les périphéries des grandes villes du fait de l’exode rural. De 2000 à 2008, on a compté plus de 650 millions de nouveaux citadins.

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Culture

La Flandre retrouve son musée


jeudi, 06/01/2011

Par Valérie Collet

Après treize années de fermeture, ce musée dédié à toutes les facettes de la Flandre rouvre à Cassel, entièrement restauré. Un bâtiment chargé d’histoire et aux surprenantes collections.

Posé sur un des trois monts dominant la région, au coeur de la petite ville de Cassel (Nord), le musée départemental de Flandre rouvre ses portes au terme de treize années de fermeture. C’est le premier musée consacré à cette région transfrontalière dont la turbulente histoire devait aboutir, au XVIe siècle, à la scission entre Flandre catholique et Pays-Bas protestants. Ses prestigieuses vieilles pierres comme ses collections, auxquelles s’ajoute une vue imprenable sur la plaine environnante, ont mille souvenirs à conter.

Installé dans l’hôtel de la Noble-Cour, une châtellenie du XVIe siècle, ce musée renaît après une importante restauration.

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Arturo Brachetti Le caméléon


jeudi, 06/01/2011

Par Stéphanie Leclair De Marco

L’homme qui change de costume à la vitesse de l’éclair est enfin de retour à Paris, aux Folies-Bergère.

Le talentueux successeur de Leopoldo Fregoli et de Lon Chaney apprécie qu’on le tutoie. Comme la majorité des Italiens, certes, mais aussi parce qu’il ne se prend pas au sérieux et possède la facilité d’accès des grands. La cinquantaine frondeuse, ce Peter Pan au corps gracile (65 kilos pour 1,80 mètre) continue à s’amuser en distrayant les autres. D’ailleurs, il l’avoue sans ambages : « L’enfant, dans la famille, c’est moi ! Mon frère est mon agent et me protège des difficultés de la vie réelle pour que je continue à vivre dans un monde à mon image, fait d’illusions. »

Au séminaire où Arturo reste de 11 à 16 ans, un prêtre passionné de magie inocule son virus à l’adolescent. Aujourd’hui encore, leur amitié perdure. En 1978, une autre rencontre le marque, celle avec Jean-Marie Rivière : « Un patron père », qui en fait la vedette, à 20 ans, du Paradis latin.

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Histoire

jeudi, 23/12/2010
Par Frédéric Valloire

C’est en Grèce ou en terre d’Israël que naquit le jardin d’Éden. Il subsista durant quinze siècles avant que l’on en perde la trace.

Voilà une très vieille histoire, plus vieille en­core que celle de l’En­fant nouveau-né. Com­mence-t-elle en Grèce, il y a deux mille sept cents ans ? Un poète, Hésiode, chante alors les immortels et ra­conte qu’autrefois les premiers hommes vivaient comme les dieux : aucune maladie, cœur libre de tout souci, bras et jarrets toujours forts. La terre portait les fruits, les troupeaux prospéraient dans la joie et la paix.

Jusqu’à ce que Pandore, la première femme, ouvre le couvercle de la jarre qui contenait les maladies et que Pro­méthée crée d’autres races d’hommes. Travaux et peines remplacèrent l’Âge d’or. Mais son souvenir demeure. Virgile et Ovide l’évoquent ; Horace fait surgir dans l’Océan les îles Fortunées réservées à un peuple pieux : là, sans être cultivée, la terre prodigue blé et vigne, le miel coule, les chèvres viennent se faire traire et l’ours épargne les bergeries.

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mercredi, 10/11/2010
Par Frédéric Valloire

14-18 aujourd’hui La Grande Guerre dans la France contemporaine de Nicolas Offenstadt
Le souvenir de la Première Guerre mondiale reste vif en France, contrairement à l’Allemagne. Se multiplient films, livres, chansons, bandes dessinées, reconstitutions, circuits touristiques et pédagogiques, activités associatives : 1914-1918 est devenue une “pratique sociale et culturelle” alors que des années 1950 aux années 1980 elle semblait s’effacer. Mesurer cette présence, en cerner les enjeux, sont les objets de ces pages. Pourquoi ce renouveau ? 1914-1918 permet de raconter une histoire familiale, de mettre en valeur une région.

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Loisirs

jeudi, 23/12/2010
Par Jean Miot

L'AmbroisieRencontre avec Bernard Pacaud, le plus secret des chefs parisiens, qui a fait de son restaurant une adresse remarquable.

Le théâtre classique a son Conservatoire, à la Co­mé­die-Française ; la grande cuisine a le sien place des Vosges, à Paris. Formée en 1605, cette place fut d’abord “Royale”, puis “des Fédérés”, “de l’Indivisibilité” et enfin “des Vosges” en 1800… en hommage à ce département bien honnête qui acquitta le premier la totalité de sa contribution à l’État.

Charles VII, Louis XI, Charles VIII, Louis XII, François Ier et enfin Henri II, avaient occupé la maison royale des Tournelles, sur la place originelle. C’est là que mourut le dernier de ces souverains, mortellement blessé dans un tournoi par le capitaine de Mont­gomery. Sa veuve, Catherine de Mé­dicis, prit le lieu en horreur, lui préféra le Louvre et ordonna sa démolition complète – ce qui fit dire à Victor Hugo : « C’est la lance de Montgomery qui a créé la place des Vosges. »

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jeudi, 23/12/2010
Par Virginie Jacoberger-Lavoué

La Manufacture d’Aubusson La Manufacture d’Aubusson Robert Four tisse des pièces d’un exceptionnel réalisme.

Des lignes fuselées, des formes structurées, une profusion de teintes contrastées… voici une reproduction de Hadès, œuvre de Georges Braque, tapisserie tissée par la Manufacture d’Aubusson Robert Four qui, à l’image de son modèle, ne manque pas de relief.

Entourée d’œuvres de René Magritte, Fernand Léger, Salvador Dalí, cette œuvre moderne, création de cette ma­nufacture couronnée du label très convoité d’Entreprise du patrimoine vivant, a été exposée en octobre à Mos­cou à l’occasion du salon “Art de vivre à la française”.

L’événement atteste de la renommée internationale de l’entreprise, fondée à Aubusson en 1952 et spécialiste de la production de tapisseries et de tapis de lice à travers la création de reproductions d’œuvre d’art.

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