Notre Opinion

Notre Opinion

jeudi, 08/10/2009

Après avoir dénoncé les “paradis fiscaux”, les chasseurs de sorcières ont trouvé de nouvelles cibles : le déficit et la dette. Ceux-là mêmes qui,quand ils étaient aux commandes, dilapidaient les dividendes de la croissance pour gonfler les effectifs de fonctionnaires et financer les 35heures,reprochent aujourd’hui à la droite son “déficit de crise”.Certes,les chiffres sont impressionnants : le déficit budgétaire va dépasser les 140 milliards d’euros cette année,soit 8,2 % de PIB,cinq points de plus qu’en 2008. L’an prochain, nous devrions revenir à 116 milliards d’euros,soit 5,8%.Ce sera encore deux fois plus que ce qui était prévu par le traité de Maastricht.La dette publique,qui était de 67 % du PIB l’an dernier, atteindra 84 % l’an prochain. Est-il vrai,comme le prétendent la gauche et François Bayrou, que ce dérapage soit dû à une gestion catastrophique de l’État et à des largesses injustifiées à l’égard des grandes fortunes ?

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mercredi, 07/10/2009

Nous allons encore nous faire des amis ! En refusant de sacrifier au catastrophisme ambiant sur le réchauffement climatique, en contestant le film moralisateur de Nicolas Hulot,notre dossier de la semaine prend une fois de plus le discours dominant à rebrousse-poil.

Et,pourtant, promis juré, ce n’est pas de la provocation. Il s’avère simplement qu’en creusant ce sujet,Fabrice Madouas a découvert une réalité bien plus complexe que la vérité officielle.

Il a rencontré des experts qui refusent de nous prédire l’apocalypse,même si la température augmente de quelques degrés. Et qui doutent que l’homme soit seul responsable du changement climatique. Ont-ils tort ou raison ?

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mercredi, 07/10/2009

C’est toujours triste, un bureau de poste qui ferme, après l’école, la maternité, le tribunal ou la caserne, et l’église tombée en ruine. C’est un signe de plus de la déshumanisation de notre société et de la désertification de notre territoire – choquant paradoxe à une époque où l’on n’a jamais autant parlé d’écologie.Vers quel “meilleur des mondes” nous conduit donc cette logique de concentration et de rentabilisation? Vers des “mégapoles”où nous nous entasserons et où tous les gestes de la vie quotidienne – les courses au supermarché,l’envoi d’une lettre en recommandé et pourquoi pas la leçon de français et la consultation chez le médecin – se feront par Internet? J’ai du mal à croire que l’on respirera mieux dans ce monde-là et qu’en laissant mourir les villages et les petites villes, en ne conservant que quelques agriculteurs comme gardiens de musée des anciens vergers et pâturages, on préservera mieux la planète et l’espèce humaine. Voilà pourquoi, il y a deux ans encore, j’aurais participé à la “votation citoyenne”sur La Poste: pour dire non à la privatisation.

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mercredi, 07/10/2009

Juin 2008. Les Irlandais rejettent le traité européen de Lisbonne. À 53 %. Octobre 2009. Les Irlandais adoptent le traité de Lisbonne. À 67 %.

À droite comme à gauche, les eurosceptiques ricanent. Voyez cette Europe dans laquelle les dirigeants font revoter les peuples jusqu’à ce qu’ils acquiescent. Cela étant, les mêmes auraient voulu que l’on revotât en France.

Mais qu’auraient-ils dit si cela s’était produit, et avait donné une victoire du “oui”?

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mercredi, 07/10/2009

Nicolas Sarkozy est-il un président dépensier?Avec undéficit historique qui atteindra 8,5 % du PIB en 2010, alors que le grand emprunt à venir n’a pas encore été pris en compte dans le budget; avec notre dette qui a augmenté de 300 milliards d’euros en trois ans – et il va falloir encore recourir à l’emprunt –, le pays s’interroge.

Réponse : il est un président pour qui la rigueur comptable, le souci de la dette ne sont pas prioritaires.Ceux qui, dans son camp, s’alarment et prêchent le retour à la bonne gestion classique, l’insupportent. Lui en est sûr: la rigueur pour la rigueur étoufferait la reprise. En temps de crise, ce serait double peine pour les Français.

Un peu d’histoire: 1980 a été la dernière année où un gouvernement a présenté un budget en équilibre. Raymond Barre était à Matignon.Six mois plus tard,Valéry Giscard d’Estaing était battu à la présidentielle.

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mercredi, 07/10/2009

On savait les socialistes experts en consultation populaire depuis l’élection discutée de Martine Aubry à la tête du parti face à Ségolène Royal. On les croyait, eux et leurs amis de l’extrême gauche qui s’échinent à dénoncer les paradis fiscaux, hostiles à la Suisse. C’est pourtant le terme de “votation”, si familier à nos voisins alpins, qu’ils ont choisi pour désigner la manipulation du weekend dernier: dénoncer un projet de privatisation de La Poste qui, en l’état actuel des textes, n’existe pas.

De quoi s’agit-il en effet ? De changer le statut de l’établissement public en société anonyme,comme cela s’est fait dans de nombreux pays européens. Est-il question de faire entrer des capitaux privés dans le capital de la société ? Non, sauf s’ils le désirent, l’argent des postiers eux-mêmes qui auront la possibilité d’investir dans leur “outil de travail” auquel, à en croire les syndicats, ils sont très attachés. Pour le reste, il s’agit de permettre à la Caisse des dépôts et consignations d’apporter 2,7 milliards d’euros à l’établissement pour lui permettre de se moderniser.

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mercredi, 07/10/2009

La France des terroirs recèle pléthore de sociétés savantes et d’historiens voués à la célébration de sa mémoire. Ils sont précieux, leur érudition patiente tire de l’oubli les humbles fragments de notre passé local ou régional.Mon village somnole sur un plateau de verdure qui s’appelle la Xaintrie. C’est un “pays” presque irréel, peu connu, peu habité, d’accès problématique. Son appellation est mystérieuse, sa localisation aléatoire. Pourtant il existe, puisqu’il nous plaît de l’invoquer. La semaine dernière, un colloque lui a été consacré, sur place, avec des historiens et des géographes d’excellente facture, dont Yves-Marie Bercé, membre de l’Institut.Voilà mon royaume intime dûment cautionné, je m’en réjouis.

Autre terroir, autre mémoire au Clos de Vougeot
où Bernard Pivot et Jean-Robert Pitte présidaient le lendemain un salon du livre… et du vin. L’esprit des lieux pérennise les noces historiques de notre culture oenologique et de la plus haute spiritualité, celle des cisterciens.

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mercredi, 07/10/2009

De vin, de poésie ou de vertu, disait Baudelaire, en connaisseur. Nous abandonnerons sans regrets l’ivresse de la vertu à l’Académie française qui continue, avec une exquise désuétude, de décerner un prix à son nom, aux nostalgiques de la pureté révolutionnaire ou aux professeurs de morale, qui sévissent un peu partout, y compris dans les colonnes des journaux. La seule ivresse dans laquelle l’homme civilisé est pardonnable de verser ne saurait être que l’ivresse éthylique ou l’ivresse de la littérature. Aussi, quand un salon du livre se place sous le signe de la vigne, il serait de mauvais goût de ne pas se rendre à l’invitation qui vous est adressée. D’autant que le lieu est sans égal : le somptueux château de Clos de Vougeot, au milieu de ses vignes, devant lesquelles, si je ne me trompe, le duc d’Angoulême fit présenter les armes à ses troupes,témoignant par ce geste qu’un grand cru de Bourgogne relève du patrimoine indivis de l’humanité.

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mercredi, 07/10/2009

Un lecteur de Grenoble, président honoraire à la cour d’appel, veut bien nous faire part de ses commentaires sur notre chronique « Attendu »: « Cette méthode avait l’avantage de nous obliger à beaucoup de rigueur et de concision ; en rédigeant court, on évitait les pièges de la Cassation. À partir du moment où beaucoup de jeunes collègues ont utilisé le style direct, nous lisions à la cour d’appel de véritables “compositions françaises” qui comportaient plusieurs pages, inutilement. » Vous nous rappelez, cher monsieur le président – vous me pardonnerez d’user du style direct – que le droit est d’abord une façon de parler, ou d’écrire (c’est tout un, l’écriture étant la garante de la parole); le mot même de “juridiction”ne signifie pas autre chose.

Le complexe de l’écrivain, dont souffrent comme tout le monde les jeunes magistrats dont vous parlez, autant dire le complexe du blogueur, est un assez désastreux abandon à la graphomanie contre quoi – et c’est la première règle de l’art d’écrire – on ne se prémunit jamais assez.

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mercredi, 07/10/2009

Il est des étoiles, mon cousin, qui apparaissent en une seconde dans le ciel de Paris pour briller le temps d’une nuit de fêtes et de plaisirs.Dès le lendemain vous pourrez les chercher en vain, dans la voûte céleste, l’astre étincelant aura perdu de son éclat et rejoindra la foule innombrable des lumignons: ceux dont on se souvient avec un peu d’ironie qu’ils furent, un jour, craints et célébrés.

Lamya Madou a trop d’énergie et de culot pour n’être déjà plus qu’une ancienne gloire, elle continue de sourire en première page des gazettes, elle aura bientôt sa statue de cire à côté de celle de celle de Diane de Maufrigneuse dans cet enfantin musée des boulevards, mais depuis des mois que la grande horloge du Destin a décidé de reprendre jour après jour ce qui lui a été donné, elle voit se réduire, comme une flamme qui tremble sur la bougie qui fond, les lumières de l’or et du pouvoir.

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