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vendredi 4 février 2011

Ce blog est fermé.. Allez sur Développement Intégral

Le blog Visions Intégrales  est maintenant fermé... mais tout son contenu se trouve maintenant sur Développement Intégral, un site qui fait la synthèse entre ce blog et Sexualité et Spiritualité l'autre blog dans lequel je publiais des articles..

Il y avait de plus en plus de recouvrement entre ces deux blogs et il était temps de passer à un site plus puissant, permettant de publier des articles à plusieurs et de constituer ainsi une plaque tournante sur l'approche intégrale, intégrant les aspects individuels et collectifs, sa partie conceptuelle et pratique, en prenant en compte les aspects relationnels, sexuels et spirituels.

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Jacques

samedi 3 novembre 2007

Up from Eden et Atman Project


Up from Eden et Atman Project sont des livres prodigieux, car ils contiennent réellement les pensées originales de K. Wilber. Ce qui permet de mieux comprendre le développement de sa pensée. Surtout que ce livre développe les aspects de base, et les données qui lui ont permis d’étayer son travail.

Il dit une chose très intéressante, sur le rapport entre la culture, le « moi » et la mort. Ce qu’il dit c’est que l’être humain cherche la transcendance, et l’union avec Dieu (sous quelque forme que ce soit), car cela fait partie du processus de développement, du « projet Atman ». L’évolution vers une plus grande conscience est au cœur du processus de croissance. Non pas qu’il y ait une direction précise qui soit donnée, non pas qu’il y ait quelqu’un qui développe chaque barreau de l’échelle de développement d’une manière linéaire, mais simplement que l’accroissement de complexité et la capacité à un certain moment d’apparition de la conscience fait partie directement du processus même d’évolution.

Donc, d’une part, nous avons pratiquement câblé au fond de nous même, sous la forme d’un engramme qui nous pousse à grandir, comme les enfants qui cherchent à être plus grand, mais d’autre part, le développement a justement produit quelque chose de très complexe qui s’appelle le « moi ». Ce moi est fondamental dans le développement de l’évolution, car il permet un certain nombre de choses et de réalisations que les états « pré-ego », ne permettent pas. Mais ce faisant, ce moi constitue à la fois la merveille et l’obstacle du développement. Car ce moi se vit comme séparé des autres moi. Alors que l’animal et le bébé vit dans une sorte d’indifférenciation, l’être humain adulte se vit comme séparé du monde, comme distinct de tout ce qui l’entoure. En fait, c’est cette distinction qui est le produit du développement cognitif (lequel est fondé en premier lieu sur les opérations de distinctions, de classification et de hiérarchisation des classifications, et ensuite sur les opérations d’enchaînement causales (abductives et déductives)).

Mais cette distinction entre soi et le monde a une conséquence importante : le moi ne veut plus mourir, il ne veut plus se laisser aller dans le flux même de la vie. De ce fait, il existe une contradiction et une tension entre d’une part le désir profond de l’individu de s’unir à la Vie, et d’autre part sa résistance due à la peur du moi de mourir. De ce fait, le moi se transforme en ego et il construit un ensemble de substituts symboliques (argent, pouvoir, sexe, biens en tous genres) pour se faire croire à lui-même qu’il est immortel, pour se faire croire à lui-même qu’il est devenu tout puissant, qu’il dirige sa vie, que son corps lui appartient, que ses biens sont « à lui » et qu’il ne peut pas en être déposséder, qu’il est au dessus de la maladie et la mort (qui n’arrivent qu’aux autres).

Ces substituts symboliques sont à la base de ce qu’on appelle la culture, qui prend donc sa source en grande partie dans la constitution d’éléments symboliques permettant au moi de se faire croire qu’il est l’Atman, le Soi.. Comme le dit Wilber (p16 en bas) : « [l’être humain] vit son moi séparé comme étant immortel, central, fondamental, d’une importance totale. De ce fait, il substitue l’ego pour l’Atman. Au lieu de se sentir comme étant la totalité et hors du temps, il substitue le désir de vivre pour toujours, au lieu d’être un avec le cosmos, il substitue le désir le désir de posséder le cosmos, au lieu d’être un avec Dieu, il cherche à jouer à Dieu . De ce fait le projet Atman c’est donc une tentative pour retrouver l’Atman, le Soi, mais une tentative qui en même temps prend le chemin pour empêcher cette reconnaissance du Soi. C’est le désir impossible pour le soi individuel de devenir immortel au centre du cosmos et essentiel au reste du monde (all-important), mais un désir fondé sur une intuition correcte que la proche Nature de chacun est effectivement hors-temps et éternelle. L’Atman project ce n’est malheureusement pas la prise de conscience par l’individu que sa nature la plus profonde est déjà Dieu, infini et éternelle, mais la croyance de l’ego qu’il devrait être Dieu, immortel, niant la mort et tout puissant. En d’autres termes, il y a l’Atman, la nature profonde de chacun, et le Projet Atman, dans lequel le moi voudrait devenir le Soi à lui tout seul.

Le projet Atman est alors à la fois une compensation pour l’apparente (mais en fait illusoire) manque d’Atman, et une pulsion pour essayer consciemment de le recapturer. Il faut donc comprendre deux choses : le projet Atman est un subtitut de l’Atman, mais il contient en même temps une direction pour recapturer l’Atman. Et comme je (KW) vais essayer de le montrer, c’est finalement le projet Atman qui fait avancer l’histoire, fait avancer l’évolution des êtres et des peuples, et fait avancer la psyché individuelle. Et c’est seulement quand le projet Atman arrive à son terme, que le véritable Atman apparaît. C’est aussi la fin de l’histoire, la fin de l’aliénation et la résurrection du super-conscient Tous. »

La mort est alors au centre de ce développement : c’est parce qu’il refuse la mort, que le moi construit tout cet échafaudage qui constitue le projet Atman. Et cet échafaudage, lorsqu’il est partagé par un ensemble de personnes s’appelle la culture. Elle est composée de tout un ensemble de substituts symbolique du Soi (Atman). La Totalité du Soi, qui n’est ni subjective ni objective, mais seulement tout, ne pouvant être réalisée (à cause de la mort de l’ego qui lui est liée), le moi compense par une visée symbolique et subjective visant à faire croire qu’il est le Soi. De ce fait, le moi séparé, est mû par deux forces distinctes et complémentaires : d’une part tenter de perpétuer sa propre existence (Eros) et d’autre part essayer d’éviter tout ce qui peut lui faire craindre la dissolution (Thanatos). Le moi se défend ainsi de toutes ses forces contre sa propre dissolution, sa disparition et son intégration dans quelque chose de plus grand que lui, tout en cherchant à affirmer sa prétention à être au centre du monde, omnipotent et immortel (Eros). Le combat d’Eros contre Thanatos, de la vie contre la mort, c’est le combat de l’affirmation contre la dissolution. Mais du point du vue du moi, l’affirmation du moi, la lutte contre la dissolution devient la Vie (puisqu’il s’identifie à la divinité éternelle), le Bien et la mort devient ce qu’il faut combattre, la Non-Vie, le Mal. Mais cela est une illusion du moi, qui sépare et qui « dualise » les deux principes d’Eros et de Thanatos, Vishnu et Shiva (ou Parvati et Kali) deux forces essentielles et complémentaires du développement humain. Cette lutte d’Eros et de Thanatos constitue la dynamique et la peur fondamentale du moi, lequel s’identifie à Eros (l’affirmation, le rayonnement, la puissance, ..) pour lutter contre Thanatos (l’ombre qui veut dissoudre le moi dans quelque chose de plus grand. C’est ce qu’on appelle parfois la peur « métaphysique » de l’être (qui suis je moi qui vais mourir un jour ?) peur qui ne peut disparaître que lorsque l’individu se dissout dans le grand tout, c’est-à-dire lorsque le moi séparé, l’ego, meurt et se dissout dans le Soi, ce qui est justement sa plus grande peur !!

Le problème c’est que le moi n’arrive pas à se faire passer totalement pour le Soi : lorsque l’individu est malade ou blessé, lorsqu’il perd des biens à cause du « destin », lorsqu’il voit disparaître ses amis, lorsque des êtres chers le quittent, ou qu’il voit effectivement poindre le visage de la mort, alors le masque de l’immortalité et de la toute puissance tombe et il se retrouve seul devant sa propre disparition. C’est la réelle angoisse devant la mort, la peur qui se transforme en effroi : « tu vas mourir !! »

Pour compenser cette peur, le moi, qui est un substitut subjectif du Soi, construit un ensemble de substitut objectifs qui vont lui faire croire pendant un temps qu’il est effectivement immortel et tout puissant : réalisation d’objectifs, possessions, gains, victoires sur les autres, domination, accumulation de richesses qui constituent comme autant de victoires contre la mort. [note : c’est d’ailleurs un des grands thèmes du romantisme que de mettre en jeu des personnages qui luttent contre la mort, lutte bien évidemment vouée à l’échec. Cf. le Septième Sceau où l’on voit un homme qui joue aux échecs contre la mort]. Mais tout cela ne sont effectivement que des substituts, des objets de substitution pour l’ego, pour qu’il croie à sa propre divinité, sa propre immortalité et toute puissance.

Cette manière de penser de Wilber est très parlante d’après moi, car elle permet de relier les aspects culturels aux aspects du développement de conscience individuelle et collective.

vendredi 16 mars 2007

Introduction à la pensée de K. Wilber (1)

Ken Wilber est très peu connu en France. Pour des raisons difficiles à comprendre, il a été très peu traduits en français, et le seul livre qui rend compte de ses positions actuelles « Une brève théorie du tout », a été publié par des éditions québecquoise.
De ce fait, bien qu’auteur prolixe (il a écrit au moins une vingtaine de livres et la plupart comprennent plusieurs centaines de pages), sa pensée est très peu connue en France (Wilber est autant traduit en français qu'en polonais.. et dans les deux cas, très peu traduit).

Wilber part d’une constatation : aujourd’hui, pratiquement tous les contenus de toutes les cultures nous sont disponibles. Il y a encore moins d’un siècle, lorsqu’on était né dans une culture, on n’avait à sa disposition que sa culture de naissance formée de concepts scientifiques, d’idées et croyances religieuses, de représentations culturelles, etc. Aujourd’hui nous avons accès aux contenus de toutes les cultures (chinoise, russe, aborigène, juive, européenne, américaine, etc. ) car le monde est devenu, par l’intermédiaire des techniques de communication et des possibilités de voyage, un village. On part faire un voyage d’une semaine en Mongolie, dans le Sahara ou même sur la banquise avec une très grande facilité, totalement inconcevable encore pour nos grands-parents (ou nos arrières grands parents pour les plus jeunes). Cela a eu comme conséquence de rendre la connaissance globale, disponible à tous : les réflexions, concepts, savoirs, théories, expériences et philosophies de toutes les civilisations (prémodernes, modernes ou postmodernes) nous sont maintenant totalement accessibles.
A partir de cette considération, que se passe-t-il si l’on cherche à comprendre ce que toutes ces civilisations peuvent nous dire sur le potentiel humain ? Que trouve-t-on si l’on se met en quête des points essentiels du développement humain, fondé sur l’ensemble des cultures disponibles, des grandes traditions ? Qu’obtient-on si l’on tente de créer une carte aussi complète que possible, une carte intégrale qui inclue les systèmes de pensée les plus avancés, les sagesses les plus profonds, les expériences les plus pertinentes de toutes ces cultures ?
C’est ce qu’a fait Ken Wilber, en s’appuyant lui-même sur d’autres auteurs qui avaient commencé le travail avant lui : A. Maslow, J. Piaget, L. Kohlberg, C. Graves et D. Beck, Jean Gebser, Sri Aurobindo, Teilhard de Chardin, Plotin, Shankara, N. Elias, C. G. Jung et bien d’autres.
Le principe consiste à assembler et à mettre en corrélation toutes les vérités que chaque culture prétend détenir. En mettant ensemble ces "vérités", on les considère comme partiellement vraies, c’est-à-dire vrais dans leur domaine de référence. Un peu comme la physique Newtonienne qui est vraie tant qu’on ne va pas trop vite ou qu’on ne va pas dans l’infiniment grand ou l’infiniment petit. Ensuite on essaye d’assembler toutes ces vérités partielles en un système intégré en se posant toujours la question : quel est le cadre, le système général qui permette d’intégrer le plus grand nombre de ces idées en un tout cohérent? Comment articuler au mieux les pièces de ce puzzle gigantesque ? Comment définir un "framework", un cadre conceptuel, une vision du monde qui incorporerait l'ensemble de ces vérités partielles et constituerait ainsi une compréhension générale et globale du monde?
Le résultat de cette quête résulte en un système, le « système intégral » que Wilber élabore, améliore et peaufine au travers de ses nombreux livres qui traitent aussi bien de psychologie, de spiritualité, de sociologie, d’histoire des idées que de théories de l’art, d’éthique ou de philosophie. De plus, il ne s’agit pas seulement d’une grande fresque théorique, mais aussi, et surtout depuis trois quatre ans, d’une base pratique pour le développement individuel et collectif, d’une plate-forme pour aider l’humanité dans son évolution.
Ce système intégral, bien qu’apparemment très complexe, apparaît finalement comme étant à la fois relativement simple et très élégant. Il s’agit d’ailleurs peut être de la qualité essentielle de K. Wilber : savoir intégrer tout un ensemble de pensées en un cadre cohérent, pratique et relativement facile à appréhender, même s’il révèle, une fois qu’on le connaît mieux, des richesses fabuleuses, des profondeurs insoupçonnables. Tout le système intégral tient en cinq facteurs : les niveaux, les états, les quadrants, les lignes, états et les types, et surtout dans leur interconnexion, dans leur relation les uns aux autres.