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Le dispositif français pour l'Afghanistan

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Mise à jour : 31/12/2011 10:45

Le dispositif militaire français engagé dans le cadre des opérations en Afghanistan est armé par environ 3 600 militaires qui opèrent sur le territoire afghan, depuis le Tadjikistan et dans l'océan Indien.

La mission en Afghanistan est de :

  • soutenir la montée en puissance de l'armée nationale afghane (ANA) pour lui permettre de reprendre à son compte la responsabilité de la sécurité de son pays ;.
  • participer à la sécurisation du district de Surobi et de la province de Kapisa, zones placées sous notre responsabilité avec les forces de sécurité afghanes (ANSF)et permettre que les opérations de développement, de reconstruction, le déploiement des services de l'Etat se poursuivent ;
  • dans le district de Surobi en particulier, mettre en œuvre le processus de transition avec le transfert de la responsabilité de la sécurité aux ANSF, les appuyer et les soutenir dans les missions de sécurisation dont elles auront désormais la charge.

Sommaire 

La Task Force  La Fayette (TF La Fayette)   
- les groupements tactiques interarmes (GTIA)
- le bataillon d'hélicoptères (BatHélico) 

Le commandement du contingent national France
- le bataillon logistique (BATLOG) 

La montée en puissance de l'armée nationale afghane   
 - L'opération Epidote  
 - Les Operational Mentor and Liaison Teams (OMLT) 

Le soutien aérien   
  - Le détachement aérien de combat de Kandahar 
  - Le détachement de drones SIDM à Bagram 
  - Le détachement aérien de transport (Tadjikistan) 

La composante maritime ( Task Force  150   

  

La Task Force La Fayette (TF La Fayette) 

La Task Force (TF) La Fayette constitue l’une des sept brigades de combat (Brigade Combat Team ) du Commandement régional Est (RC-E). Elle a pour zone d’opération le district de Surobi et la province de Kapisa à l’est et au nord est de Kaboul.

Déployée sur plusieurs bases et postes avancés, elle accompagne le déploiement et la montée en puissance de la 3ème brigade du 201ème corps de l’armée nationale afghane, brigade partenaire de la brigade La Fayette.

En appui de la 3e brigade, la brigade française participe à la planification et  à la conduite des opérations de sécurisation et de contrôle de zone, des missions au profit de la population (neutralisation d’IED, soutien direct à la population avec des actions civilo-militaires). ..

Elle comprend :

- un état-major installé à Nijrab ;

- deux groupements tactiques interarmes (GTIA) : le GTIA Kapisa et le GTIA Surobi ;

- un bataillon d’hélicoptères positionné sur l’aéroport international de Kaboul,

- des éléments d’appui organiques : composantes artillerie, transmission, renseignement, actions civilo-militaires ;

- des équipes OMLT (operational mentoring and liaison teams) françaises, qui sont insérées dans les unités de la 3e brigade afghane pour conseiller les commandants d’unité afghans au quotidien, les accompagner à l’instruction et en mission.

Ce dispositif militaire s’inscrit dans le cadre d’une approche globale incluant par ailleurs :

- un pôle de stabilité, une équipe d’experts civils mise en place par le ministère des affaires étrangères et européennes auprès de la brigade La Fayette afin de coordonner les actions de gouvernance et de développement socio-économiques ;

- un détachement de la gendarmerie qui assure d’une part des missions de formation à Kunduz dans le Nord  de l’Afghanistan et dans la province du Wardak près de Kaboul, et qui arme des police operational mentoring and liaison teams  (POMLT) déployées en Kapisa et Surobi auprès de la police afghane. 

Les groupements tactiques interarmes (GTIA)

Les GTIA conduisent des opérations en soutien des forces de sécurité afghanes. Ces opérations visent à établir un environnement suffisamment sûr pour que les forces afghanes puissent le prendre en compte et pour permettre la réalisation de programmes civils de reconstruction et de développement.

Avec la montée en puissance et les progrès opérationnels des forces afghanes, les GTIA, qui auparavant conduisaient eux-mêmes les opérations avec une participation des forces afghanes, sont aujourd’hui en appui des soldats afghans qui conduisent les opérations.

Les GTIA leur apportent en particulier des capacités d’appui (renseignement, artillerie, santé etc.), de coordination avec les moyens d’appui de la coalition et de la brigade (avions de combat, artillerie, hélicoptères, drones), des forces de réserve, un appui à la planification et la conduite (commandement), une expertise dans les domaines du génie et des actions civilo-militaires.

Avec les forces afghanes, les GTIA mènent des actions au profit de la population et contribuent au renforcement de la gouvernance. Ils contribuent également à la sécurité de la population par la récupération et la destruction de munitions non explosées, telles que des obus, roquettes ou mines.

Le groupement tactique interarmes (GTIA) Kapisa

Déployé en Kapisa, ce GTIA comprend un poste de commandement et un élément de soutien, des compagnies d’infanterie renforcés d’éléments blindés, génie, artillerie (mortiers de 120, canons Caesar) et santé répartis entre les bases opérationnelles avancées (FOB – foward operating base en anglais) de Nijrab et de Tagab.

Le groupement tactique interarmes (GTIA) Surobi

Basé en Surobi, ce GTIA comprend un poste de commandement et un élément de soutien, des compagnies d’infanterie renforcés d’éléments blindés, génie, artillerie (mortiers de 120, canons Caesar) et santé qui opèrent en Surobi et dans le Sud de la Kapisa. Ses moyens sont principalement déployés sur la FOB Surobi (anciennement appelée FOB Tora) et Gwan (en Kapisa, anciennement appelée poste Hutnik).

Le bataillon d'hélicoptères (BatHélico) 

Basé sur l'aéroport international de Kaboul, le bataillon d'hélicoptères français (BATHELICO) est placé sous le commandement opérationnel de la « TF La Fayette ». Il compte 14 hélicoptères : 5 Gazelle,   4 Tigre, Cougar et 3 EC 725 Caracal.

Les capacités de ses hélicoptères lui permettent de conduire des missions de transport de troupes, d’appui des troupes au sol, de surveillance et d’évacuation médicale. Ils opèrent principalement au profit des troupes françaises en Kapisa et en Surobi.

En savoir plus sur le renforcement de l'aéromobilité (octobre 2008) 

Arrivée des Tigre à Kaboul (juillet 2009) 

Arrivée des Cougar et création du BATALAT (octobre 2009)

Le commandement du contingent national France  

Le commandant du contingent national France (NCC FRANCE) est l’autorité de coordination nationale pour l’ensemble des forces françaises déployées en Afghanistan et au Tadjikistan. Il est chargé de réaliser l’appréciation de situation. Il assure également  le soutien national (administratif et logistique) de l’ensemble des unités et du personnel français.

Pour remplir sa mission, il dispose :

- d’une chaîne de renseignement nationale ;

- d’une composante interarmées de systèmes d’information et de communication ;

- d’un état-major de soutien national chargé du soutien administratif et logistique de théâtre s’appuyant sur un bataillon logistique (BATLOG).

Le bataillon logistique (BatLog)  

Basé à Kaboul, il coordonne et met en œuvre la chaîne logistique au profit de la TF La Fayette et de tous les éléments français déployés en Afghanistan. Son rôle est d’assurer le soutien logistique et administratif des unités et la maintenance technique des équipements. Il comprend le détachement santé qui arme l’hôpital militaire international de Kaboul (Role 3 ), délivre des soins médicaux et chirurgicaux aux troupes de la coalition, aux militaires afghans et à la population afghane.

La montée en puissance de l'armée nationale afghane 

La France accompagne depuis 2002 la montée en puissance de l’Armée nationale afghane (ANA) en assurant la formation des militaires afghans dans les écoles (formation des officiers, écoles de spécialité et commandos afghans jusqu’à fin 2011), et en conseillant les unités afghanes sur le terrain dans le cadre des operational mentoring and liaison teams  (OMLT).

L'opération Epidote 

Le détachement français Epidote  est déployé en Afghanistan pour participer à la formation des militaires afghans depuis 2002.

Il a tout d’abord participé à la formation des six premiers kandaks  afghans, trois ayant été formés par les militaires français et trois autres par les militaires américains, en 2002 et 2003.

Puis, le ministère de la Défense afghan a développé progressivement son dispositif de formation principalement articulé autour des centres de formation initiale pour la troupe, les sous-officiers et les officiers, des centres de formation de deuxième niveau, une université de Défense, un centre de doctrine et des écoles de spécialités.

Depuis 2003, les missions d’Epidote se sont diversifiées. Aujourd’hui, le détachement est engagé :

  • dans la formation initiale des officiers (élèves officiers, chefs de section et commandants de compagnie) ;
  • dans la formation supérieure des officiers (école d’état-major et école de contre-insurrection) ;
  • dans les écoles de spécialités (renseignement, soutien / logistique, blindés, infanterie, santé et artillerie).

L’objectif est de former les instructeurs afghans pour qu’ils puissent à leur tour former les militaires afghans. Depuis 2003, le détachement Epidote  a participé à la formation de plus de 16 000 officiers afghans.

L'afghan commando school

De 2007 à 2011, un détachement de militaires français des forces spéciales a formé, avec ses homologues américains, les commandos afghans et leurs instructeurs.

De 2007 à 2010, l’Afghan commando school  a formé 9 kandaks  commandos, répartis dans les corps d’armée afghans.

La mission s’est poursuivie pour continuer à former de nouveaux commandos afghans qui ont rallié les kandaks existants pour les renforcer ou remplacer ceux qui les quittaient.

Depuis 2007, plus de 8 000 militaires afghans ont été formé à l’afghan commando school.

Fin 2011, le détachement français a terminé sa mission et passé la main aux instructeurs afghans.

En savoir plus : reportage vidéo 

Les operational mentoring and liaison teams (OMLT) 

Les OMLT (operational mentoring and liaison teams ) sont des équipes de conseillers et instructeurs intégrées dans les unités opérationnelles de l'armée afghane qu'elles accompagnent et conseillent dans toutes leurs missions, à l'instruction ou au combat. 

Leur mission de conseil porte sur la conduite de l'instruction et l'entraînement, la planification puis la conduite des opérations sur le terrain. En opérations les OMLT mettent en œuvre, au profit des unités afghanes, les appuis aériens et terrestres de la coalition lorsque les conditions le réclament. Il s'agit enfin de favoriser les liaisons entre l'ANA et l'ISAF afin de mener des actions coordonnées.

A compter d’octobre 2010, sept OMLT françaises sont déployées sur le théâtre afghan. Elles encadrent la totalité des unités de la 3ème brigade du 201ème corps de l'ANA :

  • l’état-major de la brigade à Naghlu ;
  • quatre bataillons kandaks  d’infanterie qui opèrent en Kapisa à partir des FOB de Tagab, Nijrab et Surobi et des postes de combat avancés (COP) en Kapisa et en Surobi, ainsi que dans le Parwan ;
  • un kandak  appui qui opère à partir des FOB et COP en vallée de Tagab dans le Sud de la Kapisa ;
  • un kandak  soutien basé avec l’état-major de la brigade.

Enfin, des éléments sont insérés au sein de l’état-major du 201ème corps et de l’OCCP de la province de Kapisa (le centre provincial de coordination des opérations de l’ensemble des forces de sécurité afghanes, armées, police, services de renseignement, sous l’autorité du gouverneur local).

Les premières OMLT françaises ont été déployées en Afghanistan en 2006.

Jusqu’en novembre 2009, elles ont conseillé la 1ère brigade du 201ème corps de l'ANA qui opérait principalement dans le Wardak et le Logar au sud ouest de Kaboul. Cette brigade est l’une des premières à avoir obtenu le niveau de certification le plus élevé (CM1) attestant de son aptitude à planifier et à conduire des opérations et à être engagée de manière autonome.

Fin 2009, ces OMLT ont été redéployées en Kapisa – Surobi pour encadrer la 3ème brigade du 201ème corps.

De plus, entre 2008 et 2010, une OMLT était déployée auprès de la 4ème brigade du 205ème corps de l'armée afghane dans la province d'Uruzgan dans le sud du pays. Elle était insérée au sein du 1er kandak  infanterie de cette brigade qui opérait à partir des bases avancées de Tarin Kowt et Deh Rawood dans la zone de responsabilité du contingent néerlandais. A l’automne 2010, avec le départ des forces néerlandaises et le redéploiement des forces de la coalition dans cette zone, l’OMLT française a été désengagée de la province d’Uruzgan pour être redéployée auprès de la 3ème brigade du 201ème corps.

Ce redéploiement et l’envoi d’une OMLT supplémentaire en octobre 2010 ont permis de prendre en compte l’ensemble des unités de la brigade afghane qui opère dans la zone de la brigade La Fayette.

     

Le soutien aérien 

Depuis octobre 2001, la France apporte un soutien aérien aux opérations de la coalition (FIAS et Opération Enduring Freedom ). Ce soutien s’applique dans les domaines de l’appui des troupes au sol, du renseignement, du transport.

Il s’exerce de manière permanente depuis Kandahar et Bagram (Afghanistan) et Douchanbé (Tadjikistan).

En cinq occasions, le dispositif aérien a été renforcé par le groupe aéronaval mis en œuvre depuis le porte-avions Charles de Gaulle  navigant dans le nord de l'océan Indien. Dans le cadre de l'opération Agapanthe 2010

les moyens aériens du théâtre ont été renforcés, à la fin de l'année 2010, par 21 Rafale  et Super Étendard  catapultés par le porte-avions. Depuis cette plate-forme, des avions de guet aérien Hawkeye  ont participé à la coordination tactique des opérations aériennes dans le ciel afghan.

Par ailleurs,  un avion ravitailleur C135  opère au profit de la coalition depuis une base du golfe arabo-persique.

Le détachement aérien de combat de Kandahar 

Un détachement d’avions de combat est déployé depuis 2007 à Kandahar. Actuellement, il compte 3 avions de combat. Ces aéronefs opèrent sur l’ensemble du territoire afghan, au profit de l’armée afghane et des forces de la coalition. Ils accomplissent des missions de présence aérienne, de démonstration de force, d’appui-feu au profit des troupes au sol. Par ailleurs, ils assurent des missions de reconnaissance et de surveillance d’itinéraire ou de zone. Ils conduisent chaque semaine une quinzaine de missions.

Le détachement est implanté sur la base de Kandahar.

Le détachement de drones SIDM à Bagram (Regional command East

Un détachement de drones SIDM Harfang de type MALE (moyenne altitude longue endurance) est déployé sur la base de Bagram. Les drones effectuent des missions de surveillance et de reconnaissance au profit des troupes au sol, principalement dans la partie nord-est de l’Afghanistan, Il apporte ainsi un soutien aérien aux troupes au sol en transmettant des images en temps réel permettant une meilleure connaissance du terrain et du dispositif adverse. Le rythme des vols est en moyenne d’une mission tous les deux jours, d’une durée allant d’une à une vingtaine d’heures, de jour comme de nuit.

Le détachement aérien de transport (Tadjikistan)  

Deux avions de transport Transall  C160, déployés à Douchanbé au Tadjikistan, assurent des vols logistiques intra-théâtres. Ils contribuent à la mobilité tactique des forces de la coalition et mènent des actions humanitaires. 

La composante maritime (Task Force 150)

La France participe à la composante aéromaritime de l’opération Enduring Freedom  (Task force  150) qui a pour mission de contrôler l’espace aéro-maritime du nord de l’océan Indien, d’empêcher le transit de terroristes de la zone Afghanistan vers la péninsule arabique ou la corne d’Afrique, et de lutter contre les trafics illicites (armes, drogues).

La participation de la France à la Task Force  150 comprend généralement une frégate.

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Sources : EMA
Droits : Ministère de la Défense et des anciens combattants

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