Idées et débats

Raphaël Enthoven : "Il faut se moquer des antivax, car ces gens-là sont dangereux"

Philippot, Rioufol, Villiers... Le philosophe déconstruit le discours des anti-passe sanitaire, et assure que "le vaccin de la rationalité est sans effet sur ces gens".

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L'ex-responsable du Rassemblement national Florian Philippot et son mouvement des patriotes manifestent régulièrement contre le passe sanitaire.

L'ex-responsable du Rassemblement national Florian Philippot et son mouvement des patriotes manifestent régulièrement contre le passe sanitaire.

Sameer Al-DOUMY / AFP

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L'Express : Le passe sanitaire est-il une menace pour la liberté, comme l'assurent les manifestants qui défilent chaque samedi ?  

Raphaël Enthoven : Le passe sanitaire n'est pas une restriction de la liberté mais, en période de pandémie, une condition de la liberté, au même titre que l'obligation de présenter un passeport permet de voyager ou que l'obligation de respecter le code de la route permet de conduire. Tout ce qui est contraignant (comme un passeport, une limitation de vitesse ou un passe sanitaire) n'est pas une contrainte pour autant. Ce n'est pas l'obligation qui fait la contrainte, c'est l'arbitraire : s'il n'y avait aucune raison particulière d'exhiber un passe sanitaire avant d'entrer dans un restaurant ou un cinéma, si nous ne risquions rien, si des millions de gens n'étaient pas morts à cause de cette saloperie, si nous n'avions pas mondialement vécu dix-huit mois de pandémie, le fait de l'imposer soudain serait incontestablement une contrainte. Ce n'est pas le cas. Et il faut avoir une définition très pauvre de la liberté pour croire que la liberté est entamée par la nécessité de montrer patte blanche avant d'aller au concert ou au cinéma.  

A quelle genre de liberté font référence les "anti-passe" ? A la liberté, disent-ils, de "faire ce qu'on veut". Mais la liberté de "faire ce qu'on veut" se heurte au fait que la liberté "s'arrête là où commence la liberté de l'autre." Pour le dire autrement : je suis moins libre dans un monde où chacun (dont moi) peut faire ce qu'il veut au risque de contaminer l'autre (ou bien que l'autre me contamine) que dans un monde où ma liberté trouve une limite dans la santé de mon semblable. Je suis moins libre dans un monde où chacun peut me refiler ses miasmes, que dans un monde où il faut (temporairement) porter un masque ou présenter un passe. 

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En un mot, loin d'être une menace, le passe sanitaire est une réduction provisoire de liberté sans laquelle la liberté serait celle du renard dans le poulailler. La liberté que défendent les anti-passe porte un nom en philosophie : on appelle ça "l'état de nature" - ou la guerre de chacun contre chacun. Et c'est de la capacité à sortir de l'état de nature (en faisant le sacrifice de tout ou partie de notre liberté au profit du souverain qui, en retour, garantit notre sécurité) que dépend la survie de tous. Encore une fois : la limitation de la liberté est, sous certaines réserves, une condition de la liberté. L'interpréter comme une entrave, c'est appeler de ses voeux le monde où règne uniquement la loi du plus fort et où, comme il y a toujours plus fort que soi, personne n'est libre.  

"L'opposition au passe sanitaire, c'est le passe-temps des moutons"

"Nous sommes traqués, nudgés, pucés, alogrithmés à longueur de journée. Des tas de gens s'enrichissent en exploitant nos moindres gestes... Et comme on se donne un moulin à vent plutôt qu'un ennemi véritable, c'est l'inoffensif passe sanitaire qui nous affole" avez-vous récemment tweeté...  

L'un des paradoxes les plus intéressants de l'individu démocratique est qu'il veut bien se soumettre (autant qu'un autre) mais à la condition de ne pas recevoir d'ordre. "Homo democraticus" est un grégaire vaniteux, qui consent à se conduire comme un mouton hypnotisé par les stratégies publicitaires, mais à la condition de se prendre pour un être autonome et d'interpréter ses comportements les plus prévisibles comme l'expression de sa souveraineté. Je veux bien acheter le même Iphone que mon voisin, mais si et seulement si je vois dans cet achat le signe de ma singularité, la récompense de mes efforts et le résultat de mon initiative...C'est pour cela qu'à mon sens les démocraties ont moins à craindre une destruction objective des libertés et un retour de la dictature, que le rongement des libertés sous l'effet de dispositifs insidieux (des nudges aux algorithmes) qui orientent nos choix sans les dicter, qui suggèrent nos achats sans les imposer, qui nous localisent, qui nous tracent, qui ordonnent nos souvenirs et classent nos opinions, qui parlent pour nous et qui devancent même nos associations d'idées...  

A la toute fin de la Démocratie en Amérique, Tocqueville, décrivant le "despotisme sournois" qu'il voit venir dans la démocratie naissante, parle d'un pouvoir qui "ne brise pas les volontés, mais les amollit, les plie et les dirige ; il force rarement d'agir, mais il s'oppose sans cesse à ce qu'on agisse ; il ne détruit point, il empêche de naître ; il ne tyrannise point, il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète, et il réduit enfin chaque nation à n'être plus qu'un troupeau d'animaux timides et industrieux..." On ne saurait mieux décrire la condition de l'homme démocratique dont la liberté (qui fait sa fierté) est à la fois célébrée et constamment, mais discrètement, phagocytée. 

Nous sommes attachés de partout. Nous avons mille fils à la patte mais ce sont des fils invisibles dont la traction est imperceptible parce que nos désirs sont eux-mêmes domptés. Et nous acceptons complaisamment toutes ces réductions, mais nous nous insurgeons contre l'esquisse d'une contrainte... Les nudges, les algorithmes, les incitations... Tout passe ! C'est ainsi. Mais le "passe sanitaire", lui, ne passe pas. C'est le passe-temps des moutons. Ça les occupe, tandis qu'on s'occupe d'eux. Ça les indigne, ça les consume, et entre temps, ils consomment. 

"Florian Philippot a le destin du lierre ou de la glycine"

Comment expliquer qu'aux yeux de certaines personnes, ce soit le vaccin, et non pas le coronavirus, qui soit jugé liberticide ? 

D'abord, le virus est invisible. Et - pour la majorité de ceux qui entrent en contact avec lui - indolore. Et sa présence est, dans bien des cas, soluble dans la comorbidité. De là à penser qu'il n'existe pas... Le vaccin, lui, s'inocule et (parfois) fait un peu mal. En termes de perception, il n'est pas absurde que le second existe davantage que le premier. L'invisibilité du virus (et sa létalité inégalement répartie) permettent aisément de se persuader qu'en réalité c'est une gigantesque farce. Alors que la sournoiserie du vaccin, qui se mêle à nous, qui pénètre nos veines par effraction, qui s'anastomose au sang et qui contient quantité de choses inconnues fait aisément de lui un ennemi de l'intérieur, dont l'injection est une colonisation. C'est la raison pour laquelle, alors que le virus est une maladie dont le vaccin est le remède, aux yeux des antivax qui pensent à l'envers, le "virus" est un moyen dont le vaccin est le but. 

De façon générale, tout comme l'hypocondrie, l'anti-vaccinisme est, en soi, une pathologie dont on ne guérit que par une rémission miraculeuse mais qui, tant qu'on en souffre, est aussi hermétique à la raison qu'à la réalité. Le vaccin de la rationalité est sans effet sur les gens qui veulent voir ce qu'ils croient. Reste la dérision. On ne peut pas les convaincre, mais on peut se moquer d'eux, et on doit le faire en ce moment, car ces gens-là ne sont pas seulement fous, ils sont dangereux. Ils sont toxiques. Ils sont la quatrième vague et l'assurance-vie du sale virus. Reste aussi la loi. Et le passe sanitaire, qui est une arme redoutable : comme il est à la lisière du nudge et de l'obligation, le passe sanitaire fonctionne à plein régime. N'étant pas, en toute rigueur, une contrainte, il fait passer ses opposants pour des résistants de pacotille. Mais comme il s'agit d'une incitation spectaculaire qui, à la différence des nudges, se fait connaître comme telle, il donne quand même le sentiment qu'on n'a pas le choix. Quoi de mieux ?  

Comment jugez-vous l'évolution de Florian Philippot, passé de l'exaltation de "l'autorité républicaine" (notamment contre l'islam...) à chantre des "libertés", et propagateur de fake news sur les vaccins. Est-ce de sa part du pur cynisme, comme l'a par exemple suggéré Robert Ménard ? 

Florian Philippot a le destin du lierre ou de la glycine. C'est une plante grimpante. Un arbre sans tronc. Quand elle trouve un chêne à grimper ou un mur sur lequel s'appuyer, elle prospère. Mais quand aucun tuteur ne lui montre la verticale, elle s'affale et voudrait se répandre, sans y parvenir. Ainsi de Philippot qui, quand il était le cerveau de Marine Le Pen, était parvenu à donner au discours de la caporale frontiste la dimension sociale (et sociétalement ouverte) qui lui faisait défaut, mais qui, livré à lui-même, rendu à lui-même, pèse autant qu'un condiment dans l'assiette. Les palinodies du personnage (qui a radicalement changé d'avis sur les masques et sur le confinement) s'expliquent essentiellement par cette infirmité. Comme il n'existe pas tout seul, il faut à Philippot (qui ne veut plus être lieutenant de personne) le levier d'une cause à défendre. Ainsi embrasse-t-il successivement différentes postures comme on teste des vents favorables. Avec l'antivaccinisme, le complotisme et le fantasme d'une "tyrannie covidiste", la glycine a élu un tronc, qu'elle partage avec plein d'autres rampants et qui, pour cette raison, ne l'emmènera pas très haut.  

"Aux yeux de Villiers, on peut-être à la fois trop libres et prisonniers de 'l'ordre sanitaire'"

Pour des figures de l'extrême droite comme un Philippe de Villiers qui a osé un curieux parallèle entre le meurtre du père Olivier Maire et le passe sanitaire, l'Etat français serait à la fois trop laxiste et respectueux des libertés en matière sécuritaire, mais dictatorial en matière de santé. D'un côté, à leurs yeux, la sécurité devrait primer sur les libertés, mais de l'autre, les libertés sur les mesures sanitaires visant pourtant à préserver la santé des Français. Est-ce cohérent ?  

C'est une contradiction typique de l'extrême droite qui, historiquement, n'est pas seulement du côté de l'ordre, mais aussi du côté de l'insurrection. Etre d'extrême droite, c'est à la fois préférer l'injustice au désordre et préférer le désordre à une certaine égalité devant la loi. Au moment de feus les gilets jaunes, Marine Le Pen (et, à sa suite, l'ensemble des démagogues) était embarrassée d'avoir à défendre simultanément les insurgés et les forces de l'ordre... Être d'extrême-droite, ce n'est pas défendre l'Etat, ni affermir la loi. C'est durcir l'Etat en tordant la loi.  

L'étrange deux-poids-deux-mesures que vous observez justement chez Philippe de Villiers n'est qu'une façon de perpétuer cette contradiction en jouant sur les deux tableaux de l'idéal sécuritaire comme de l'anarchie libératrice. C'est ainsi qu'on peut être, aux yeux du frère du Général de Villiers, à la fois trop libres (de se marier entre gens de même sexe, de mourir délibérément ou d'aimer le Dieu de son choix) et prisonniers de "l'ordre sanitaire". En réalité, ce sont deux versions de la loi du plus fort que défend Philippe de Villiers : la loi de la police, d'abord, aux dépens des minorités sexuelle ou religieuse, puis la loi du renard dans le poulailler, où là encore, ce sont les plus faibles qui souffrent.  

Michèle Rivasi comme Florian Philippot ou Nicolas Dupont-Aignan ont évoqué un "apartheid". Certains manifestants contre le passe sanitaire ont arboré l'étoile jaune. Faut-il s'inquiéter de ces détournements historiques ?  

L'extrême gauche n'a pas le monopole de la cancel culture. L'extension maladive du domaine de l'offense culmine dans un négationnisme qui s'ignore. Car c'est bien de négationnisme qu'il s'agit ici. Mais c'est un négationnisme par reconnaissance du crime et non par sa négation. Les gens qui parlent d'apartheid ou qui (c'est encore pire) cousent une étoile jaune sur leur chemise avec inscrit dessus "non-vacciné" n'ont pas le sentiment de nier quoi que ce soit, ni d'être antisémites en le faisant. Au contraire. Ils ont plutôt le sentiment d'être solidaires des Juifs ou des Noirs qui, comme eux, ont subi "la violence de l'Etat". En somme, ils font aux martyrisés le cadeau de se prendre pour eux. Le résultat, c'est un négationnisme actif que l'ignorance valide. Non qu'ils nient le génocide, mais en osant comparer leur propre situation à ça, ils font comme si le génocide n'était pas plus grave que ça. 

Ce faisant, les négationnistes poussent à l'extrême une logique qui n'épargne personne en démocratie, et qui consiste à s'approprier sans honte un morceau d'histoire comme on commanderait le plat de son choix. Et de la même manière qu'à l'extrême gauche de l'échiquier, des tas de gens ne croyaient pas mal faire en comparant "judéo-bolchévisme" et "islamo-gauchisme" ou en faisant passer les musulmans d'aujourd'hui pour les juifs d'hier, à l'extrême-droite on ne voit pas le problème à usurper ce symbole pour nantir la cause de l'antivaccinisme d'un étendard efficace. Des statues qu'on déboulonne par ignorance aux "apartheid" qu'on revendique sans savoir de quoi on parle, un certain usage délétère de la mémoire (qui la soumet aux modes) fait d'elle le bras armé de l'oubli. 

"L'antisémitisme est parfaitement compatible avec l'antivaccinisme"

L'antisémitisme vous semble-t-il lié à la mouvance antivax et anti-passe sanitaire, ou alors n'est-il le fait que de quelques "imbéciles", comme l'assure l'éditorialiste Ivan Rioufol, alors que la mobilisation se déroule pour l'instant sans débordements majeurs ? 

Pour un laborantin des réactions sur Twitter, le cas Rioufol est chimiquement pur. Le même homme qui n'avait pas de mots assez durs pour l'usurpation de symboles lors du rassemblement fréro-gauchiste "contre l'islamophobie" (du 10 novembre 2019) se voit soudain plein de mansuétude pour les "rares cas isolés" d'antisémitisme anti-vaccinal dont, à l'en croire, on aurait tort de faire un système... Citons-le : le 10 novembre 2019, sur la foi de quelques images montrant des étoiles jaunes avec écrit dessus "musulman", Rioufol écrit "La manif de la honte : les islamistes antisémites se comparent aux juifs persécutés." Mais le 14 août 2021, malgré d'innombrables images d'étoiles jaunes pour "non-vaccinés", Rioufol écrit "il n'y a pas tant d'antisémites chez ceux qui défendent la liberté. Ou alors démontrez-le sérieusement, c'est-à-dire autrement qu'avec une ou deux photos d'imbéciles..."  

Comment se fait-il qu'il réagisse différemment ? Qu'il voie (à juste titre) de l'antisémitisme chez les islamistes, et qu'il refuse (follement) d'en voir chez les antivax ? C'est que, comme nul ne l'ignore, Rioufol déteste l'islamisme et adore les antivax. Autrement dit, ce qu'il croit l'emporte sur ce qu'il voit. Dans un cas, les images lui donnent le droit de généraliser l'antisémitisme des manifestants. Dans l'autre, il se sert des images pour parler de cas isolés. Cette contradiction rudimentaire mérite qu'on la dissèque parce qu'elle offre une vue plongeante sur le dogmatisme en personne. Qu'est-ce que le dogmatisme ? Ou plutôt : qu'est-ce que Rioufol ? C'est une négation des faits qui prétend s'appuyer sur des faits, ou plus précisément : c'est la subordination des faits au préjugé qui s'en empare. Et l'art, corrélatif, de ne prélever dans le réel que ce qui convient à ma certitude. Croire qu'on sait. Sans savoir qu'on croit.  

Outre les étoiles jaunes, on a aussi vu dans ces manifestations des slogans "Qui ?", à l'image de la pancarte de Cassandre Frissot qui a fait scandale à Metz. Ce slogan désigne des personnalités supposées responsables de la crise sanitaire, à l'image de Klaus Schwab, George Soros ou les Rotschild, et qui sont souvent juives... 

L' acte de naissance du "Qui ?", à mon avis, précède l'échange désormais fameux entre Claude Posternak et le très antisémite général Dominique Delawarde. Je me souviens encore d'antiques manifestations contre l'IVG sous des banderoles qui disaient "Derrière l'IVG, la Maçonnerie, mais derrière la Maçonnerie, qui ?" au-dessus de photos de Simone Veil... De fait, la question ne date pas d'hier, et surtout : la question n'est pas une question, mais une façon d'inoculer le soupçon, d'injecter le poison de la suspicion dans les veines du corps social en laissant entendre qu'aucun juif n'est là par hasard.  

Il y a quatre effets, selon moi, à ce code antisémite, qui le rendent parfaitement compatible avec l'antivaccinisme.  

D'abord, sous des airs de question, "#Qui ?" permet de désigner en esquivant, de dire sans dire, d'attaquer sans s'exposer, de nuire sans avoir de compte à rendre. "Comment pouvez-vous me reprocher une question ?" s'indigne l'antisémite, qui voit aussitôt dans le reproche qu'on lui fait une preuve supplémentaire que sa question est la bonne.  

Car - et c'est le second effet - "Qui ?" permet de faire comme s'il était interdit de dire "Juif" et qu'il fallût substituer à ce syntagme sacré des périphrases, des pronoms ou des métaphores... Dire "Qui ?", c'est feindre de n'avoir pas le droit de dire "Juif". C'est toute la différence entre Dieudonné et Desproges. Le premier ne cesse de faire comme s'il ne pouvait pas dire le mot "Juif" dans ses spectacles, comme si c'était ça qui lui était interdit, alors que le second, qui n'est à aucun titre suspect d'antisémitisme, tout à un humour qui n'épargne personne, ne voit aucun inconvénient à commencer un sketch en déclarant "On me dit qu'il y a des Juifs dans la salle ? Non, mais vous pouvez rester. " 

Troisième effet du "Qui ?", plus sournois : tisser (sans le dire) un lien discret entre toute personne de confession juive. Les pancartes "Qui ?" avec des listes de personne dont le seul point commun est d'être juives ont pour but de donner le sentiment que toutes ces personnes, pour cette raison, sont en collusion et qu'à la façon des araignées, les Juifs tissent discrètement une toile où nos libertés se débattent vainement. Il ne faut jamais oublier qu'aux yeux de l'antisémite, le bouc émissaire est un bourreau.  

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Enfin, but not least, "Qui ?" est une alternative métaphysique, qui porte non pas sur l'existence du créateur, mais sur sa nature. Qui nous gouverne ? Qui nous crée ? Qui nous dirige ? Sommes-nous les fils de Dieu, ou bien les rejetons d'un ange déchu ? Sommes-nous faits à l'image de Dieu, ou sommes-nous dans la main des juifs suceurs de sang ? C'est ici que l'antisémitisme dépasse le soupçon pour devenir stricto sensu une religion.  

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