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Généralisation du capitalisme et rapports d’argent

Le basculement du monde

Marchandisation généralisée des activités sociales et de tous les aspects de la vie humaine, vérités irréfutables du marché autorégulateur, et globalisation des sphères monétaires et financières, le capitalisme triomphant, débarrassé de toute alternative crédible, instaure la croissance économique comme unique fondement du bonheur et horizon indépassable de l’humanité. Devant cette évolution en apparence irrésistible, comment ne pas souhaiter un sursaut collectif ?

En moins d’un quart de siècle, nous avons assisté, dans le monde occidental, à l’essoufflement des croissances, à la perte d’efficacité des politiques économiques nationales, à la mise en question de l’Etat-providence, à l’abandon (trahison ici, retrait maîtrisé ailleurs) des projets socialistes ainsi qu’à la fulgurante affirmation des idéologies du marché et de l’argent. De plus en plus disparate, l’ancien tiers-monde se désagrège, tandis que s’efface le souvenir de l’espérance tiers-mondiste. Quant aux pays qui se réclamaient du socialisme, ils ont tous, sous une forme ou une autre, signé l’échec radical de l’étatisme généralisé : par l’abandon du système antérieur (Union soviétique, Europe de l’Est), l’enfermement dans une situation bloquée (Cuba, Corée du Nord) ou l’ouverture pragmatique de nouvelles voies (Chine).

Dans ce mouvement, s’est effondré un système mondial fondé sur le face-à-face de deux camps, avec deux superpuissances, deux conceptions de la société, deux systèmes de valeurs. S’il conserve son influence en Amérique latine, en Afrique, en Europe de l’Est, l’Occident paraît impuissant face aux dérèglements et aux drames de ces régions. Face à lui, l’Asie, avec le poids et les capacités de ses populations, ses dynamiques industrielles et commerciales, des ambitions qui s’affirment, se prépare à occuper une place essentielle dans le monde du XXIe siècle.

L’idéologie du libre marché triomphe, et l’espérance socialiste d’une société démocratique, fraternelle, solidaire n’a plus guère d’expression politique crédible. En même temps, presque partout, les aspirations des sociétés paraissent se réduire à la recherche de points de croissance ; les Etats-nations subissent les jeux d’une sphère financière et monétaire qui les dépasse ; le poids des grandes multinationales s’accroît, mais aussi celui des mafias ; de nouvelles technologies touchant la matière, la vie, l’image, l’information, la pensée, la décision surgissent et sont mises en œuvre sans qu’on en maîtrise toutes les incidences.

La prospérité d’un milliard (...)

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Michel Beaud

Professeur à l’université Paris VII - Denis Diderot

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