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Guilaine J. (2003) - De la vague à la tombe, La conquête néolithique de la Méditerranée (8000-2000 avant J.-C.)

[compte-rendu]

Gutherz Xavier. Guilaine J. (2003) - De la vague à la tombe, La conquête néolithique de la Méditerranée (8000-2000 avant J.-C.). In: Bulletin de la Société préhistorique française, tome 100, n°4, 2003. pp. 818-822.

www.persee.fr/doc/bspf_0249-7638_2003_num_100_4_12923

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GUILAINE J. (2003) - De la vague à la tombe, La conquête néolithique de la Méditerranée (8000-2000 avant J.-C), Le Seuil, 375 p., ISBN : 2-02055-388-0, 23 €.

Le dernier ouvrage paru de Jean Guilaine porte un titre qui peut surprendre a priori mais qui s'éclaire dès les premières pages, celles de Г avant-propos, car elles révèlent d'emblée les intentions de l'auteur : démontrer ou plus simplement suggérer à travers un choix judicieux de textes qui constituent autant de courtes mais denses synthèses thématiques que l'histoire des civilisations méditerranéennes ne commence pas "à Sumer", c'est-à-dire avec l'usage de l'écriture comme on l'entend encore trop souvent, mais qu'elle s'enracine profondément dans le monde du Néolithique. Ce n'est pas la première fois que J. Guilaine avance un certain nombre d'arguments forts pour asseoir cette démonstration, fruit d'une profonde conviction qu'il porte depuis de nombreuses années. L'une des phrases de l'épilogue, après que chaque chapitre de l'ouvrage a apporté sa pierre à la démonstration de cette thèse n'est elle pas à propos de la construction des identités culturelles insulaires "Les peuples sont déjà en élaboration dans la longue durée néolithique". Ces propos aux accents braudéliens pourraient à eux seuls

résumer le sens de l'ouvrage qui prolonge et approfondit la réflexion historique déjà à l'œuvre dans La mer partagée.

Celui-ci a été composé en réunissant une quinzaine de textes qui sont ceux de communications ou conférences inaugurales prononcées à diverses occasions ou encore de contributions à des ouvrages collectifs publiés à l'étranger et du remodelage de quelques articles publiés dans des revues françaises de vulgarisation scientifique. La plupart de ces textes, souvent peu connus en France, ont subi quelques modifications soit pour y intégrer des données acquises après coup, soit pour mieux les adapter à l'esprit et à la logique de l'ouvrage. Malgré la difficulté de l'exercice editorial, il faut bien admettre, d'une façon générale, qu'à de rares exceptions près (les hypogées d'Arles, les tombes prémégalithiques), les passages redondants sont évités. La "vague" c'est donc le processus de transmission vers l'Occident de l'économie de production, mais la métaphore n'est peut-être pas la mieux choisie. En effet, à travers les 5 premiers chapitres réunis dans une première partie intitulée La vague : éclosions, diffusions, perspectives, Jean Guilaine, s' appuyant sur les travaux les plus récents, propose une vision très nuancée de la "révolution néolithique". Il ne revient pas tant sur le fond car ce qu'elle a apporté fut tellement décisif pour l'histoire des sociétés humaines qu'on ne saurait en réduire l'impact, mais met davantage l'accent sur les rythmes de diffusion, les résistances, les décalages techno-économiques, mais aussi les "recompositions", un concept sur lequel nous reviendrons plus loin. Entre la vague déferlante qui fait le vide et refonde tout sur son passage selon une vision traditionnelle issue du puissant courant de pensée diffusionniste voire néodiffusionniste et une réalité beaucoup plus complexe que nous laisse entrevoir aujourd'hui les progrès récents des connaissances, il y a presque un abîme. Par petites touches ou par grandes envolées, avec force exemples puisés dans le grand champ fertile d'informations qu'il est le seul aujourd'hui dans la recherche européenne à si bien maîtriser, Guilaine nous entraîne du berceau proche- oriental aux grandes îles de la Méditerranée, ces " laboratoires de culture" selon l'une de ses expressions favorites, puis vers les péninsules Italienne et Ibérique et enfin dans la France du Sud et sa périphérie. Le premier chapitre de cette première partie est consacré à une révision en profondeur du concept de "révolution" néolithique. Guilaine revient sur des notions déjà exprimées par ailleurs mais peut-être jamais concentrées et articulées dans un seul texte comme c'est le cas ici : rappel du rôle des derniers chasseurs-collecteurs dans le processus de néolithisation. Ce sont eux qui ont inventé la vie sédentaire, pas les paysans qu'ils sont ensuite devenus.

Comment le monde est-il devenu en divers endroits et de façon indépendante un monde agropastoral? C'est l'objet d'un survol des principales théories de la néolithisation, théories matérialistes, accordant un rôle moteur au progrès économique, ou culturelles insistant plutôt sur le facteur social et idéologique : depuis Childe et sa thèse "climatique", la théorie des oasis,

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