ALLEMAGNE (Politique et économie depuis 1949)L'Allemagne unie

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

quelques données-clés.
Nom officielRépublique fédérale d'Allemagne (DE)
Chef de l'ÉtatFrank-Walter Steinmeier (depuis le 19 mars 2017)
Chef du gouvernementOlaf Scholz (depuis le 8 décembre 2021)
CapitaleBerlin 3
Note : Certains ministères sont installés à Bonn. La Cour constitutionnelle siège à Karlsruhe
Langue officielleallemand

La guerre froide a fait de l'Europe un théâtre majeur des relations Est-Ouest, où s'affrontent États-Unis et Union soviétique. Au cœur de cette Europe, l'Allemagne, divisée, n'est pas souveraine, mais elle n'en est pas moins essentielle, en tant que pièce maîtresse de l'Alliance atlantique, principale alliée des États-Unis, moteur – avec la France – de l'unification européenne et cheville ouvrière d'une Ostpolitik dont l'ambition originelle et originale, selon la formule du Wandel durch Annäherung (« le changement par le rapprochement »), est de transformer le régime soviétique en s'en « rapprochant ». Peu présente politiquement dans le monde, l'Allemagne l'est par sa force de frappe économique.

Avec la chute du Mur de Berlin, la fin de la bipolarité, et l'émergence d'un monde confus et multipolaire, l'Allemagne sous la houlette d'Helmut Kohl (1982-1998) a retrouvé sa souveraineté, mais plus encore, elle a gagné en puissance. Certes, l'unification des deux Allemagnes a un coût, notamment économique, et l'Allemagne connaît un affaiblissement passager, à tel point qu'on la qualifie, au début du xxie siècle, d'« homme malade de l'Europe ». Néanmoins, le chancelier Gerard Schröder (1998-2005), puis son successeur Angela Merkel (depuis 2005) mènent des réformes audacieuses qui lui permettent de surmonter ces difficultés. L'Allemagne a toutefois ses faiblesses, dont la démographie n'est pas des moindres puisque, depuis le début du xxie siècle, les naissances ne compensent plus les décès et les départs. Mais la remarquable compétitivité des entreprises et la détermination des entrepreneurs, dont l'horizon est avant tout mondial, n'en ont pas moins permis à l'Allemagne de garder son rang de premier exportateur mondial qu'elle n'a cédé à la Chine que récemment.

Si l'Allemagne investit économiquement le monde, elle en est curieusement détachée géopolitiquement, comme au temps de la guerre froide. Certes, depuis le début des années 1990, la Bundeswehr (l'armée fédérale) a été déployée dans des opérations de maintien ou de rétablissement de la paix et, au début du xxie siècle, le ministre de la Défense argue que la sécurité de l'Allemagne commence à l'Hindou-Kouch. Mais l'Allemagne ne pense pas le monde, sinon économiquement. En revanche, elle pense l'Europe, et elle dirige une Union européenne (U.E.) en crise où la France ne joue plus guère de rôle moteur.

L'Allemagne d'Helmut Kohl (1982-1998)

Helmut Kohl, président de l'Union chrétienne-démocrate (C.D.U.), arrive au pouvoir en 1982, et s'y maintient jusqu'en 1998 : aucun autre chancelier allemand ne peut, à ce jour, se targuer d'une telle longévité. Aucun, non plus, n'a connu des fortunes aussi diverses. Vilipendé, durant les huit premières années de son gouvernement, pour sa timidité économique et son absence d'audace politique, ridiculisé même pour son manque d'étoffe intellectuelle comparé à la grande culture d'Helmut Schmidt, son prédécesseur, Helmut Kohl acquiert, durant les huit dernières années de son gouvernement, une dimension historique avec la réunification des deux Allemagnes et la construction européenne. Il restera, à cet égard, le chancelier de l'unité allemande. Néanmoins, dans les années 1990, pourtant marquées du sceau de l'audace historique et de réelles réformes économiques, son pouvoir s'effiloche sous les coups de butoir du Parti social-démocrate (S.P.D.) décidé à reprendre les rênes du pouvoir.

La coalition chrétienne-libérale de 1982 à 1989

Helmut Kohl accède au pouvoir à la suite d'un vote de défiance constructive. Le petit Parti libéral (F.D.P.), partenaire du S.P.D., provoque la rupture de la coalition au pouvoir en décidant de la quitter au nom de divergences devenues insurmontables. Parmi celles-ci se trouvent notamment des questions de politique étrangère (accord pour le stationnement de fusées nucléaires américaines en R.F.A. – les euromissiles –, auquel la majorité du S.P.D. est hostile) et de politique économique (mise en œuvre d'une politique de rigueur budgétaire à laquelle le S.P.D. s'oppose). Le Parlement nomme alors un nouveau chancelier, Helmut Kohl, préside [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 12 pages

Écrit par :

Classification

Autres références

«  ALLEMAGNE  » est également traité dans :

ALLEMAGNE (Géographie) - Aspects naturels et héritages

  • Écrit par 
  • François REITEL
  •  • 8 234 mots
  •  • 5 médias

L'Allemagne, qui s'affirme au xixe siècle comme une grande puissance économique, surtout après la victoire de 1870-1871 sur la France, connaît à cette époque une explosion industrielle et urbaine. De nouvelles villes apparaissent dans les Reviere (régions industrielles). La Gründerzeit fait croire que l'expansio […] Lire la suite

ALLEMAGNE (Géographie) - Géographie économique et régionale

  • Écrit par 
  • Guillaume LACQUEMENT
  •  • 12 050 mots
  •  • 7 médias

L'Allemagne de Berlin : différente et semblable : le titre de l'ouvrage du politologue Alfred Grosser (2002) exprime les paradoxes de la construction historique du pays et renvoie à leurs multiples implications sur l'organisation territoriale. Finalistes et déterministes, les théories explicatives du Sonderweg (la « voie particulière ») ne suffisent pas à ex […] Lire la suite

ALLEMAGNE (Histoire) - Allemagne médiévale

  • Écrit par 
  • Pierre-Roger GAUSSIN
  •  • 14 149 mots
  •  • 7 médias

Plus de six siècles séparent la Germanie héritée des Carolingiens de cette « fédération de princes » qu'est l'Allemagne de la Réforme. L'histoire de cette longue période offre le contraste entre une politique vainement hantée par l'idée d'empire et la lente formation de la société allemande.Le […] Lire la suite

ALLEMAGNE (Histoire) - Allemagne du XVIe et du XVIIe s.

  • Écrit par 
  • Georges LIVET
  •  • 6 502 mots
  •  • 6 médias

Entre 1519 et 1648 apparaissent en Allemagne de profondes transformations. Pendant qu'à l'ouest s'opère l'élaboration de puissantes monarchies, Espagne, France, Angleterre, persiste en Allemagne l'état féodal marqué par les progrès de l'oligarchie réduisant l'Empereur à l'impuissance et le peuple à la servitude. S'y ajoute au début du siècle la division religieuse, aux résonances sociales rapideme […] Lire la suite

ALLEMAGNE (Histoire) - Allemagne moderne et contemporaine

  • Écrit par 
  • Michel EUDE, 
  • Alfred GROSSER
  •  • 26 856 mots
  •  • 39 médias

On ne saurait exagérer l'importance de la date de 1648 dans l'histoire de l'Allemagne. Non que les traités de Westphalie, en dépit d'une légende tenace, aient instauré un « nouvel ordre européen » : ils sont avant tout un règlement des questions allemandes à l'issue de la longue période – quelque 1 […] Lire la suite

ALLEMAGNE (Politique et économie depuis 1949) - République démocratique allemande

  • Écrit par 
  • Georges CASTELLAN, 
  • Rita THALMANN
  •  • 19 315 mots
  •  • 6 médias

La Deutsche DemokratischeRepublik (D.D.R., en français R.D.A.) s'est comportée, de sa création en 1949 à la chute du Mur de Berlin en 1989, comme la démocratie populaire la plus fidèle à […] Lire la suite

ALLEMAGNE (Politique et économie depuis 1949) - République fédérale d'Allemagne jusqu'à la réunification

  • Écrit par 
  • Alfred GROSSER, 
  • Henri MÉNUDIER
  •  • 16 229 mots
  •  • 10 médias

Stabilité et changement rythment l'évolution de la république fédérale d'Allemagne (R.F.A.), fondée en 1949.Stabilité n'est pas synonyme d'immobilité. Le jeu des partis politiques allemands s'est considérablement simplifié en passant du pluralisme au tripartisme, en évoluant du centre droit vers le centre gauche après 1969 puis en revenant au centre droi […] Lire la suite

ALLEMAGNE (Politique et économie depuis 1949) - Le processus de réunification

  • Écrit par 
  • Henri MÉNUDIER
  •  • 2 709 mots
  •  • 4 médias

Pour la seconde fois en cent vingt ans, l'Allemagne retrouve son unité, en 1990. C'est la Prusse qui a unifié le pays après les guerres contre le Danemark, l'Autriche et la France. L'unité n'a été proclamée ni à Berlin ni même sur le territoire allemand, mais dans la galerie des Glaces du château de Versailles, le 18 janvier 1871, pendant que les troupes prus […] Lire la suite

ALLEMAGNE (Politique et économie depuis 1949) - L'économie allemande depuis la réunification

  • Écrit par 
  • Hans BRODERSEN
  •  • 6 021 mots
  •  • 7 médias

La réunification économique interallemande de 1990 est-elle un échec, un semi-échec ou une réussite ? Quel bilan économique tirer après plusieurs décennies d'efforts pour intégrer les territoires de l’ancienne république démocratique allemande (RDA) dans la compétition mondiale ? L'Allemagne a-t-elle digéré ces efforts et sera-t-elle en mesure de maintenir, voire d'accroître, ses positions alors q […] Lire la suite

ALLEMAGNE - Les institutions

  • Écrit par 
  • Stéphane SCHOTT
  •  • 4 225 mots

Les institutions de la république fédérale d’Allemagne sont définies par la Loi fondamentale (L.F.), ou Grundgesetz, du 23 mai 1949. Pensé à l’origine comme une Constitution provisoire pour l’Allemagne de l’Ouest, le Grun […] Lire la suite

Voir aussi

Les derniers événements

22-25 mai 2014 Union européenne. Élections européennes

– Allemagne, 96 sièges : Union chrétienne-démocrate, 29 ; Parti social-démocrate, 27 ; Verts, 11 ; Die Linke (gauche radicale), 7 ; Alternative pour l'Allemagne (conservateur eurosceptique), 7 ; Union chrétienne-sociale (conservateur bavarois), 5 ; Parti libéral-démocrate, 3 ; Électeurs libres (conservateur), 1 ; Parti pirate (protection de la vie privée), 1 ; Parti de la protection des animaux, 1 ; Parti national-démocrate d'Allemagne (néonazi), 1 ; Parti de la famille (conservateur), 1 ; Parti écologiste démocrate (droite écologiste), 1 ; Le Parti (satirique), 1. […] Lire la suite

9-12 juin 1994 Union européenne. Élections européennes

– Allemagne, 99 sièges (+ 18). La majorité C.D.U.-C.S.U. du chancelier Helmut Kohl remporte un franc succès avec 38,8 p. 100 des suffrages et 47 sièges (+ 15). Avec 32,2 p. 100 des voix et 40 élus (+ 9), les sociaux-démocrates subissent un échec. Les Verts se maintiennent avec 10,1 p. 100 des suffrages et 12 députés (+ 4). Les Républicains (extrême droite) et les libéraux du F. […] Lire la suite

3-19 avril 1990 États-Unis – U.R.S.S. La Lituanie et l'O.T.A.N. au centre des discussions

Les deux hommes évoquent – sans réels progrès – la crise lituanienne, le désarmement et les problèmes régionaux, notamment l'appartenance de l'Allemagne unie à l'O.T.A.N. Ils annoncent l'avancée de la date du prochain sommet Bush-Gorbatchev, qui se tiendra aux États-Unis du 30 mai au 3 juin. Le 10, à Toronto, le président George Bush entame une série d'entretiens dans la perspective de ce sommet : il obtient l'appui du Premier ministre canadien Brian Mulroney à sa politique vis-à-vis de l'Est. […] Lire la suite

15-18 juin 1989 C.E.E. Élections européennes

La Gauche unie est le seul parti qui progresse en voix (de 5,3 à 6 p. 100) et en sièges (4, + 1), tandis que le reste des suffrages se disperse sur des listes régionales (basques, andalous). Le 18, les électeurs des autres pays votent à leur tour : – Allemagne fédérale : quatre-vingt-un sièges. La participation progresse par rapport à 1984 (61,5 p. […] Lire la suite

Pour citer l’article

Anne-Marie LE GLOANNEC, « ALLEMAGNE (Politique et économie depuis 1949) - L'Allemagne unie  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/allemagne-politique-et-economie-depuis-1949-l-allemagne-unie/