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Amour,pouvoir, mensonge…

Quand un ex-président de la République imagine ses amours avec une princesse britannique de légende. Un morceau d’anthologie.

Depuis le fameux débat télévisé qui l’opposa à François Mitterrand en 1974, les Français savent que Valéry Giscard d’Estaing, non content d’arborer une tête d’oeuf, bien faite et bien pleine, possède aussi un coeur. Et depuis l’incident du carambolage de sa voiture à l’heure du laitier, ils n’ignorent pas que ce coeur, non moins “innombrable” que celui d’Anna de Noailles, n’a pas battu que pour la France.

Ah, le coeur ! Si la chirurgie esthétique peut, d’éphémère façon, atténuer les ravages de l’âge, ses pouvoirs demeurent impuissants devant le racornissement de cet organe sentimental, aussi désordonné qu’imprévisible. Contre vents et marées, en dépit des outrages du temps, des blessures de l’Histoire et de l’ingratitude des électeurs, le privilège de notre ancien président, semble-t-il, est d’avoir conservé un coeur juvénile. Celui de Roméo sous le balcon de Juliette.

On se doutait un peu que l’amateur d’accordéon et de valses musettes dissimulait une sensibilité et des émois de collégien prolongé sous la carapace du grand fauve politique et du chasseur à l’oeil froid et à l’index infaillible. Lire la suite

Voyage dans la mémoire française

Roman.Frédéric Beigbeder découvre que l’art vit de contraintes et meurt de facilités.

C’est par le petit bout de la lorgnette, son histoire, que Frédéric Beigbeder, dans Un roman français, évoque celle de la France durant tout le XXe siècle. Tout y passe : de l’interprétation à New York, par son arrière-grand-mère à la « voix claire, soprano de large tessiture et d’agréable tonalité », de la fameuse mélodie de Puccini, O mio babbino caro, aux actes de bravoure de son grand-père durant la Seconde Guerre mondiale, Charles Beigbeder, qui sauva des juifs d’une déportation certaine. Ensuite, la rencontre puis le mariage de ses parents qui, pour se rejoindre, durent traverser un sentier appelé Damour, heureuse circonstance qui ne les empêchera pas, quelques années plus tard, de se séparer.

Enfin, l’enfance et l’adolescence de l’auteur, aussi ternes que rêveuses, dans la prison dorée de Neuilly, matière d’un des meilleurs chapitres du livre. Lire la suite

Fondation de Coubertin l’esprit et la main

L’institution est détentrice de savoir-faire ancestraux ou innovants sollicités dans le monde entier. Elle abrite aussi un musée de sculpture. Petite visite en coulisse.

Contrairement à d’autres lieux qui n’invitent les visiteurs qu’à la belle saison, la Fondation de Coubertin ouvre ses portes au moment de la chute des feuilles. Sa saison, c’est l’automne. L’automne qui paillette doucement son grand parc d’une poudre d’or, fait frissonner ses tilleuls centenaires et offre chaque année les fruits mûrs d’un talentueux plasticien. Antoine Poncet, auguste sculpteur, membre de l’Académie des beaux-arts qu’il pré­side actuellement, est, cette année, son invité avec une vingtaine de sculp­tures exposées aux côtés de poèmes de Jean Arp et de Philippe Jaccottet. Une occasion ­idéale pour découvrir ce lieu, secret entre tous, dont le président, Gilles de Na-vacelle, s’est vu récompenser, il y a quelques semaines, du dix-huitième prix Montblanc de la culture et dont les activités se par­tagent entre la ges­tion de ses collections, la formation de jeunes artisans d’art et la production, par ses ateliers, d’ouvrages internationalement reconnus. Lire la suite

Le dictionnaire de l’infini

Pourquoi le ciel est-il bleu ? Qu’est-ce que l’antimatière ? Pourrons-nous un jour nous télétransporter dans l’espace ? L’astrophysicien Trinh Xuan Thuan réconcilie poésie, science et métaphysique.

Chacun de nous a levé les yeux vers le ciel et a été ébloui par la magnificence d’un ciel nocturne. Chacun de nous s’est interrogé sur l’infini de l’Univers. Nous nous sommes tous posé des questions sur l’origine du cosmos et sa destinée. Pour tenter de répondre à ces interrogations aussi vieilles que l’humanité, Trinh Xuan Thuan, professeur d’astrophysique à l’université de Virginie (États-Unis), grand vulgarisateur francophone, publie aujourd’hui un Dictionnaire amoureux du ciel et des étoiles. Lire la suite

Le tout-à-l’ego des blogs littéraires

Quelle influence ont-ils sur le monde de l’édition ? Sont-ils prescripteurs auprès du public ? Ou ne s’agit-il que de “beaucoup de bruit pour rien” ?

Ils s’appellent Polémikoeur, White Spirit, Ouam-Chotte, Clopine Trouillefou, Pag, et ils commentent, discutent ou déblatèrent, selon la polémique du jour, sur une échelle qui va du dithyrambe à la diatribe dans les salons littéraires du XXIe siècle : les blogs.

Impossibles à dénombrer. Seul l’outil Wikio Top Blogs permet d’embrasser le panorama d’une centaine d’entre eux. Pour donner un ordre d’idées, le blog du très médiatique Pierre Assouline attire entre 10 000 et 15 000 visiteurs uniques par jour, soit 400 000 pages vues par mois. Celui, plus virulent, de Juan Asensio, Stalker, revendique pour sa part 40 000 visiteurs uniques par mois, soit 60 000 visites, 130 000 pages consultées. Lire la suite

Un enfant du Grand Siècle

Roman.Bruno de Cessole réhabilite le fils “moins aimé” de madame de Sévigné, brossant les fastes et l’envers du siècle de Louis XIV.

Au soir de sa vie, un homme écrit à sa mère sa douleur de ne pas avoir été assez aimé d’elle. Il a la noblesse de ceux qui sont affligés sans être aigris. Il se demande pourquoi il n’a pas mérité sa tendresse et récapitule les fautes dont il croit s’être rendu coupable. Cet homme pudique, c’est Charles de Sévigné,dont la postérité n’a pas retenu le prénom. Et cette mère avare, c’est Mme de Sévigné, dont on sait la débordante affection qu’elle vouait à sa fille, Mme de Grignan,principale destinataire de sa correspondance.Passion exclusive,qui laissait peu de place au “petit frater” Lire la suite

Quinze mille monuments à visiter édition de cet événement.

 Célébrant le cinquantième anniversaire du ministère de la Culture, les Journées sont placées sous le signe de l’accessibilité à tous.

Comme chaque année depuis leur lancement en 1984, les Journées (devenues européennes en 1991) du patrimoine attireront un public passionné et curieux pendant deux jours, les 19 et 20 septembre. L’an dernier, plus de 12 millions de visiteurs étaient présents sur les 15 000 sites et monuments ouverts au public et ont ainsi profité des 24 000 animations qui ont fait vivre les différents lieux du patrimoine français, sans doute le plus riche d’Europe. Le thème choisi en 2009 répond au voeu jadis exprimé par André Malraux : « Rendre accessible les oeuvres capitales de l’humanité, et d’abord de la France, au plus grand nombre possible de Français ». Dans cet esprit, ces XXVIes Journées du patrimoine favorisent l’accès au public handicapé et, de manière assez démagogique, les publics « empêchés » (sic), tels les pensionnaires des établissements pénitentiaires ou, de façon plus légitime, ceux des hôpitaux. Lire la suite

Jean Paulhan notre maître

Littérature. Gallimard édite le second tome des “OEuvres complètes” de l’essayiste. Une grande leçon d’écriture et d’intelligence.

Un critique emporté par la facilité (il en existe hélas) eût titré sans peur: “Paulhan le patron”, détournant ainsi le titre bien connu de Jean Paulhan sur Braque le Patron.Outre que ce genre de facilité est la mort de la critique – et sans doute la mort de l’intelligence – il eût mis à côté – ce qui,pour un titre, est assez fâcheux.Plus qu’un “patron”,Paulhan est un maître:à écrire,à lire (ce qui est plus rare), à penser (en décourageant les opinions indiscrètes). Ces oeuvres complètes, entreprises avec bonheur depuis trois ans, font apparaître sa souveraine modestie, qui demeure intacte et inexpugnable au milieu du champ de ruines des modes théoriques du XXe siècle. Lire la suite

A la lumière des grands Vénitiens

Le Louvre confronte les maîtres de la Sérénissime qui, dans la seconde moitié du XVIe siècle, se démarquèrent par leur style libre et coloré.

La beauté ne naîtrait-elle que dans le frottement des talents et des âmes? L’histoire des arts semble le prouver, ses plus belles perles résultant souvent de difficiles et incessantes confrontations.Ainsi, Venise,somptueuse et prospère,une des plus grandes cités de l’Europe renaissante, fut-elle l’arène, dans la seconde moitié du XVIe siècle, de rivalités ininterrompues de la part des artistes qui luttèrent à mort pour décorer ses murs et ses plafonds, ses églises et ses scuole (confréries laïques). Lire la suite

Saison parisienne : à vos agendas

Jusqu’à juin 2010, entre théâtres privés et institutions publiques, salles de concerts et lieux d’exposition, Paris demeure l’une des grandes capitales des arts.

Il y en aura pour tous les goûts, et à satiété. Abondance ne nuit jamais ? Certes.Reste à trier le bon grain de l’ivraie, à prendre garde aux affiches trop alléchantes, aux jeunes pousses qui sont propulsées un peu trop hâtivement et aux vieilles gloires montées en épingle – et qui, au vrai, ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes. Lire la suite

Henri Pourrat, l'Auvergnat universel

Loin d’être un régionaliste folklorique, Henri Pourrat parle d’une Auvergne du gypse, de la flore et de la tradition orale pour mieux découvrir et comprendre la nature et l’esprit paysan et, par là même, “atteindre l’universel”

Il restera comme un conteur, un épique et un grand poète. Un maître : car sa voix ne fut jamais qu’à lui. […] Il n’a eu que deux grands thèmes : l’amitié, la nature ; la charité, la Création. Toute son oeuvre est une impatience d’aider l’homme et de le hausser. Elle le prend par la main et elle lui montre l’aube. Elle n’a eu que les plus hauts soucis. Un orfèvre parle, Alexandre Vialatte. Lire la suite

Avec Besson, noir c'est noir

Une ancienne espionne reprend du service au Congo-Brazzaville. Livre complexe et foisonnant, “Mais le fleuve tuera l’homme blanc” marque un tournant dans l’oeuvre de Patrick Besson.

Une lumière étrange baigne cette histoire de violence et de mort.Une lumière immobile et aveuglante, qui s’avance doucement vers le crépuscule et la nuit. Deux femmes nagent dans la piscine d’un hôtel désert. Une espionne en bout de course et à bout de souffle, et une jeune Japonaise nymphomane et perdue, qui rappelle à la première la fille qu’elle n’a plus. Lire la suite

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