Parlons Vrai

Parlons Vrai

mardi, 29/09/2009

Il est douteux que les Français comprennent grand-chose à la peu claire affaire Clearstream : enfin ouvert, le procès public permettra-t-il de glisser un peu de lumière parmi tant d’ombres ? Si le déroulé de l’affaire depuis son origine, la vente de frégates à Taiwan (voir Valeurs actuelles no 3 799 du 17 septembre), désigne le nœud apparent de l’affaire, la falsification d’une liste de comptes bancaires dans le but de “mouiller” une qua­rantaine de personnalités françaises qu’il était ensuite facile d’accuser de prévarication, tout le reste est énigmatique : quel était le vrai but de ce montage, d’ailleurs avoué ?

Com­ment expliquer que Nicolas Sarkozy se soit mis au centre de l’affaire, alors que bien d’autres personnalités, notamment socialistes, étaient visées tout autant que lui ? Pourquoi, apparemment informé avant tout le monde (en 2004), n’a-t-il porté plainte qu’en 2006, et pourquoi, devenu président de la République, poursuivre Dominique de Villepin avec tant de constance – ce 23 septembre encore, en marge du sommet de New York ?

Les Français, habitués à la dégradation des mœurs politiques, auraient sans doute admis que M. de Villepin ait flairé dans ­l’affaire une occasion de disqualifier son rival, comme ils auraient admis que le candidat Sarkozy démasque l’opération, la rendant immédiatement inopérante.

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mardi, 29/09/2009

A lire certains, qui s’appuient sur des indicateurs moins mauvais que prévu, le pire de la crise serait derrière nous. Les grands argentiers du monde ne partagent pas cet optimisme. Le 7 septembre, Jean-Claude Trichet déclarait : « Il n’est pas exclu que nous ayons devant nous une route cahoteuse. » Le président de la Banque centrale européenne connaît les lourdes menaces structurelles pointées dans son bulletin mensuel d’août: « Des inquiétudes subsistent quant à une interaction négative plus forte ou de plus longue durée entre l’économie réelle et les perturbations affectant les marchés financiers, à de nouvelles hausses des cours du pétrole et des autres matières premières, à l’intensification des pressions protectionnistes, à des évolutions plus défavorables que prévu des marchés du travail et, enfin, à des développements négatifs de l’économie internationale liés à une correction brutale des déséquilibres mondiaux. » De multiples obstacles peuvent faire trébucher l’économie: faillites bancaires, restrictions du crédit, hausses des matières premières, mises en place de mesures protectionnistes, hausses du chômage structurel, reconstitution de l’épargne détruite, etc. Or, ces évolutions sont à l’oeuvre. Si une seule prenait trop d’ampleur, ce serait la rechute.

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mardi, 29/09/2009

Avec frénésie, notre société s’ausculte afin de dépister tout symptôme d’une pathologie aussi diffuse que prégnante : la discrimination. Pas une semaine sans que le flux médiatique ne mette devant nos yeux ébahis l’action maléfique d’une telle pieuvre.Ainsi, dernièrement, sa présence a été repérée dans le fait que les pères n’ont pas des droits égaux à ceux des mères dans le calcul des annuités de retraite. La discrimination est encore invoquée pour recommander la suppression de la culture générale dans les concours d’accès aux grandes écoles.Voilà, en effet, une matière bien peu scolaire qui semble favoriser les jeunes gens issus de familles ayant un capital culturel supérieur aux autres. Comment enfin ne pas voir le signe majeur de cette frénésie dans le fait que la France possède depuis 2004 une institution spécialement chargée de la lutte contre les discriminations, la désormais célèbre et incontournable Halde?

« Pourquoi ce ton ironique? », pourrait-on objecter. Ce souci des discriminations n’est il pas tout simplement l’envers du principe de légitimité essentiel à notre régime démocratique: les droits de l’homme? N’est-ce pas l’authentique recherche de la justice qui se déploie aujourd’hui dans ce vocabulaire de la discrimination? Il convient d’examiner une telle hypothèse, car il se peut aussi qu’autour de la lutte contre la discrimination se joue une redéfinition du rapport politique entre la justice et l’être même de l’homme.

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mardi, 29/09/2009

Il est peu commun ce petit bouquin. En moins de cent pages, Gérard Leclerc non seulement nous brosse un tableau de la vie de l’Église durant les quarante dernières années, mais nous offre, mine de rien, un véritable mode d’emploi de sortie de crise pour l’institution vénérable qui a bâti l’Occident et qui, aujourd’hui, semble littéralement ne plus trop savoir… à quel saint se vouer!

Son angle d’attaque ? Rome et les lefebvristes. Gérard Leclerc n’est pas traditionaliste et, à tel ou tel moment, s’excuse de ce qu’il appelle sa “sévérité” à l’égard de ce mouvement qui, petit à petit, est en train de retrouver droit de cité dans l’Église. Gérard Leclerc n’est pas, comme tout le monde, revenu des vieilles lunes du progressisme, parce que, sur ces lunes-là, le chroniqueur de France Catholique n’est jamais parti. Il n’a jamais cru à ce que Jacques Maritain appelait, dans son Paysan de la Garonne, « la temporalisation du royaume de Dieu ». Son objectif dans ce livre ? Saisir, dans le psychodrame qui a opposé Rome et Écône (deux entités tellement disproportionnées, dissemblables, incomparables), ce qui résiste à l’analyse, ce qui constitue un vrai symptôme, ce qui trahit la réalité de la crise, derrière les démonstrations rhétoriques plus ou moins heureuses.

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